Le crowdfunding : Une chance pour nos entreprises ?

Publié le par Jacques SAMELA.

Tout d’abord, qu’est-ce que ce mot ?

La traduction littérale serait « financement par la foule », mais les termes les plus utilisés sont plutôt « financement participatif », « financement collectif », ou « financement populaire ».

Dans la langue de Shakespeare, on parle également de « crowdfinancing » ou de « crowdsource capital ».

Et après, à quoi cela sert ?

A remplacer les banques par des plateformes (j’y reviendrai), où l’échange d’information est automatisé.

Bien sûr, on connait déjà les formules dans le cinéma, la musique, mais moins dans le monde industriel. Et pourtant, près de 30 000 entreprises françaises y ont déjà recourues en 2013. Mais avec 2 % de volume mondial, soit près de 4 milliards levés en 2013, la France est encore loin de rattraper ce retard (c’est malheureusement une habitude), même si de 2012 à 2013, les financements participatifs sont passés de 7,9 à 78,3 millions d’Euros.

Et justement, afin de rattraper ce retard, et permettre aux entreprises françaises (start-up, tpe, PME) de bénéficier de ces nouveaux modes de financement, le gouvernement a rendu le 30 mai dernier une ordonnance encadrant ces nouvelles pratiques. Elle sera applicable dès le 1er octobre, et aura pour but de faire de la France un modèle de l’économie alternative, car premier pays à se doter d’une telle réglementation.

Et, en plus d’être unique, cette ordonnance sera également innovatrice. En effet, imposant une dérogation au monopole bancaire, elle permettra le prêt de particuliers à des personnes morales (entreprises, associations). Ensuite, avec la création de statuts régulés pour les plateformes de crowdfunding, les opérateurs de prêts participatifs en ligne seront tenus d’adopter le nouveau statut d’intermédiaire en financement participatif (IFP), obligeant l’inscription au registre des intermédiaires financiers (ORIAS), ainsi que le respect des règles de bonne conduite et de transparence.

Sinon, pour revenir aux plateformes en question, on peut en ressortir trois. En premier, les plus nombreuses, les plateformes de don ou reward-based crowdfunding. Basées sur l’idée de financer un projet, les donateurs reçoivent en contrepartie l’objet que l’argent a aidé à fabriquer, ou, une rencontre avec le porteur du projet en question, rarement un retour financier comme un pourcentage sur les ventes par exemple. La plus connue en France aujourd’hui est MyMajorCompany (www.mymajorcompany.com). En deuxième, les plateformes de prêt ou peer-to-peer lending. Les moins nombreuses, et les plus risquées. Elles proposent des prêts rémunérés ou à taux zéro, avec comme risque justement de ne pas récupérer la somme prêtée. Et en troisième, les plateformes d’investissements ou equity based crowdfunding. Celles-ci sont particulièrement spécialisées dans l’investissement dans les entreprises. Elles aident notamment les start-up à lever des fonds, permettant aux investisseurs de devenir finalement des actionnaires, et de toucher des dividendes par la suite.

Donc, même si en France le crowdfunding est bien moins développé que dans les pays anglo-saxons, plusieurs indices indiquent que ce mode de financement devrait dans les années à venir représenter une manne financière importante pour les entreprises. En effet, vu que les français sont des champions de l’épargne, que les PME françaises innovantes tiennent largement leur rang (malgré ce l’on entend ou lit), et qu’il existe également une culture institutionnelle de l’investissement vers les PME, accentuée notamment par l’incitation fiscale connue sous l’appellation de loi dite TEPA, il est fort à parier que ce modèle aura une croissance élevé.

Ce qui bien sûr ne peut qu’être bénéficiaire pour les PME françaises, à la recherche de financements pour se développer, mais ne trouvant pas ou peu l’écoute des banques. Et, comme la tendance des futurs épargnants est de privilégier l’investissement local ou à circuit court, sans pour autant donner l’image d’un repli sur soi, mais au contraire avec comme souhait d’appuyer les projets ou les produits fabriqués sur son territoire, le rapprochement devrait être porteur de confiance et d’échange gagnant-gagnant pour chacun.

Et, sans attendre cet essor attendu et souhaité, des start-up françaises ont déjà pu bénéficier de ce mode de financement comme par exemple la société grenobloise Squadrone System (www.squadrone-system.net) qui a levé dernièrement auprès de la plateforme kickstarter (www.kickstarter.com) près de 1 million de dollars pour son drone Hexo+.

Et comme les start-up ont également besoin de visibilité, une autre spécificité de crowdfunding vient de se révéler, cela s’appelle le « media for equity ». C’est une forme de capital-risque qui consiste à proposer à ces structures en devenir de financer leurs campagnes publicitaires en cédant une partie de leur capital aux médias qui en font la promotion. En France, c’est le jeune fond d’investissement 5M Ventures (www.5m-ventures.com) qui le propose, avec la levée il y a de cela peu, de près de 500 000 €uros de fonds.

Donc, dans l’état actuel des choses, soit cette prise de risques minime de la part des établissements bancaires français (c’est malheureusement pas nouveau), ces nouveaux modes de financement permettront justement aux entreprises françaises de pallier ce manque, car, ce qui fait qu’une entreprise passe ou ne passe pas les caps inhérents à sa construction et surtout à sa pérennisation, c’est justement cette problématique fondamentale qui est l’absence de fonds suffisants.

Et, comme on parle de créer des champions industriels ou de la nouvelle économie au même titre que certains grands groupes mondiaux, il faudra bien que nos entreprises puissent justement trouver le carburant nécessaire pour envisager l’avenir avec succès.

Souhaitons donc que cela prenne enfin son essor.

Jacques Samela.

. Sources :

. www.decideursenregion.fr/National/Financer-Pour-innover/entreprises

. La Tribune du 03/04/14 : Vers un modèle de crowdfunding à la française.

. La Tribune du 12/03/14 : Le crowdfunding, une vraie source de financement

des PME.

. Les Echos du 11/06/14 : Les internautes s'invitent dans le financement des

entreprises.

. Le Figaro du 16/07/14 : Les médias séduisent les start-up à moindre frais.

. Autres :

. www.crowdfunding.fr

. www.tousnosprojets.fr

. www.financeparticipative.org

. www.uniland.fr

Baromètre 2013 du crowdfunding en France.

Baromètre 2013 du crowdfunding en France.

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W
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