Lending Club, réussite américaine

Publié le par Jacques SAMELA.

Son siège est basé à San Francisco, sa dernière levée à de fonds Wall Street, 870 millions de dollars, lui a permis de se valoriser à hauteur de 5,4 milliards de dollars, son activité, appelée « peer to peer », consiste à gérer une plate-forme de prêts en ligne entre particuliers, et son fondateur, français, est originaire de Montpellier et s’appelle Renaud Laplanche.

En effet, avant de fonder sa société, Renaud Laplanche étudiait le droit à Montpellier, tout en pratiquant à un très bon niveau la voile, tellement bon, qu’il fut à deux doigts de représenter la France aux Jeux Olympiques de Barcelone.

Rêve ou pas rêve, son parcours ne le mèna pourtant pas en Catalogne, mais à Paris où il fit un master à HEC, et à Londres à la London School of Economics.

Ensuite, à la sortie de ses études, il entra au cabinet d’avocats Cleary Gottlieb Steen & hamilton, où il travailla sur les fusions-acquisitions technologiques, avant d’être envoyé à New York. Mais, désireux de suivre la frénésie internet, et de se lancer dans l’entrepreneuriat, il créa sa première société, TripleHop Technologies, dont le siège se trouvait dans l’une des tours du World Trade Center, touchée par l’attentat du 11 septembre, mais heureusement sans conséquences pour lui, ses salariés et les serveurs de la société.

Donc, après cet évènement exceptionnel, mais aussi en raison d’un contexte économique difficile, la société se repositionna en lançant en 2003 un moteur de recherche pour entreprises appelé « MatchPoint », et dont le succès fut immédiat auprès de groupes comme CNN, ABC News, AOL ou Dow Jones. La société fut ensuite revendue au groupe Oracle en 2005, avec une plus-value intéressante pour son fondateur, on parle d’une dizaine de millions de dollars, et un poste de salarié au siège du groupe en Californie, où il s’installa. Seulement, étant peu à l’aise dans cette grosse structure, mais surtout ayant de nouveau envie d’entreprendre, Renaud Laplanche quitta rapidement ce groupe.

Et, c’est à ce moment que l’idée de Lending Club germa. En effet, regardant un jour son relevé de compte, il remarqua que les frais de sa carte de crédit étaient très élevés, et, cherchant un moyen de faire baisser les taux d’intérêts, il conçut une plate-forme de prêts entre particuliers, permettant justement d’économiser les frais de gestion, et de proposer des taux plus avantageux que ceux des banques. Mais, ne souhaitant pas s’attirer les foudres de celles-ci, il réussit à convaincre les autorités américaines de régulation de la complémentarité de leurs offres, et donc de la pertinence de son idée.

Depuis, c’est à une expansion continue à laquelle nous avons à faire, car six mois après sa création, Lending Club (www.lendingclub.com) avait déjà facilité près d’un quart de millions de dollars de prêts, un an plus tard, c’est près de 10 millions, les 100 millions furent atteints en 2010, le milliard deux ans plus tard, et en 2014, la valeur totale de prêts à atteint les 6 milliards de dollars.

Et avec un marché estimé à près de 1 300 milliards de dollars, sa marge de manœuvre est énorme, tellement énorme que Google y a investi en 2013 près de 125 millions de dollars, ce qui fait qu’avant cette levée de fonds, Lending Club avait déjà levé en 8 ans d’existence près de 390 millions de dollars auprès d’investisseurs flairant le bon filon.

Et aujourd’hui, avec cette manne financière exceptionnelle, l’ambition de Renaud Laplanche est simple, transformer le système bancaire américain. Ce qui, avec un réseau comptant près de 80 000 investisseurs actifs pour près de 120 000 emprunteurs, un rythme d’embauche de 100 personnes tous les six mois, pour un effectif actuel de 600 employés, un chiffre d’affaires de près de 140 millions de dollars, peut déjà assurer à l’ancien entrepreneur de l’année 2012 aux BFM Awards la place de leader d’un marché naissant et en croissance.

Ne connaissant par les arcanes de ce secteur au moment de la création de son entreprise, mais s’étant bien entouré tout au long de ces années, en l’occurrence de Larry Summers, ancien secrétaire au Trésor de Bill Clinton, de John Mack, ancien patron de la banque Morgan Stanley, ou encore de Mary Meeker, investisseur de renom de la Silicon Valley, il y a fort à parier que cette réussite, qui est aussi la sienne, sera tout d’abord américaine avant d’être internationale, car le marché américain, si vaste, avec notamment un solde des cartes de crédits pesant près de 800 milliards de dollars, ou celui du crédit à la consommation qui lui pèserait 2 700 milliards de dollars, ce sont des années de croissance à laquelle il doit s’attendre. Le reste du monde et la France, son pays d'origine, attendront donc.

Jacques Samela

Sources :

. Wikipedia

. Le journal du net du 24/05/13

. L’Expansion du 08/07/14

. Le Figaro du 08/12/14

. Les Echos du 12/12/14

Lending Club, réussite américaine
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Publié dans L'entreprise du mois

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