Les Experts

Publié le par Jacques SAMELA.

Les Experts

Les machines industrielles et l'industrie 4.0

Le marché des machines industrielles, de base très traditionnel, se transforme en un domaine complètement connecté et numérisé.

L’industrie classique est en train d'évoluer vers un secteur complètement connecté, c’est ce que l’on appelle l’industrie 4.0 (ou IIOT pour Industrial internet of things). Ces changements sont récents, créant une nouvelle dynamique de marché, grâce à de nouvelles innovations. L’usine connecté sera entièrement numérisée. Toutes les composantes de l’usine du futur seront connectées et échangeront des informations et données afin d'améliorer la productivité et la flexibilité.

Le marché des machines, un marché conservateur...de base

Jusqu'à récemment, le marché des machines industrielles était très classique : des marques bien établies (Mazak, DMG, Trump, Lectra par exemple ), une offre qui s'axe beaucoup sur la proximité entre vendeurs et acheteurs et des innovations mineures…

Le secteur n’a guère évolué depuis les dernières années, notamment parce que même les vieilles machines sont toujours très efficaces et très prisées par les vendeurs.

Le premier changement majeur au niveau du marché des machines est la méthode d’offre : S’axant auparavant sur des ventes très sédentaires, le secteur est en train de devenir complètement digital, avec l’apparition des places de marchés Internet, ou les acheteurs et vendeurs peuvent vendre leurs machines d’occasion. Les avantages sont nombreux : un plus grand catalogue (parfois plusieurs dizaines de milliers de machines), plus de barrières physiques, gain de temps et d’argent. Exapro (lien vers (  https://www.exapro.fr/    // ) est une de ces places de marché. De plus, la crise économique a rendu les cycles de production instable, il y a donc un réel besoin en équipements d’occasion.

Des machines qui surfent sur la vague industrie 4.0

Les equipements industriels sont en pleine mutation avec l'émergence de l’usine connectée, que l’on caractérise par l'interconnection de tout le processus de production d’une usine. Toutes les composantes de cette nouvelle usine échangent des informations afin d’avoir une production en temps réel. Il est possible d’anticiper les problèmes et risques et aussi d’adapter les stocks et la production.

Les machines industrielles sont désormais totalement intégrées dans ce concept d’Industrie 4.0, principalement grâce à ces nouvelles machines connectées et CNC (computer numerical control). Ces machines permettent une production plus rapide, sont plus faciles à utiliser et sont adaptables en quelques réglages.

Les données recueillies (que l’on appelle Big Data) permettent d’analyser les cycles de production, la vitesse et donc d’effectuer les modifications nécessaires en fonction de ces données.

But typique d’une machine connectée.

- Anticiper les risques (panne, sécurité, blocage dans la production…)

- Pré-visualisation d’un cycle de production

- Traçabilité du produit

- Optimisation automatique de l'énergie consommée par la machine

- Adapté en temps réel la production en fonction des data collectées par la machine

Le constructeur DMG Mori a par exemple développé une machine qui fournit en temps réel des graphiques sur différentes statistiques de production.

Où en est la France ?

La France a longtemps accusé un retard dans ce domaine par rapport à la concurrence Européenne. Rappelons que la France est en processus de désindustrialisation au profit du tertiaire. Les Allemands (historiquement leader en Europe pour les machines outils) sont déjà très avancés sur ce sujet : les industriels ont investi 11 milliards d’euros entre 2014 et 2020 pour développer ce secteur. L’Italie et l’Angleterre ont suivi avec les programmes Fabrica del futuro et High Value Manufacturing.

La France a suivi tardivement avec le projet “Industrie du futur” début 2015. Emmanuel Macron avait déploré le retard francais en 2014. "On se retrouve aujourd'hui avec cinq fois moins de robots en France qu'en Allemagne, deux fois moins qu'en Italie". Mais depuis, les choses bougent dans le bon sens : 5 milliards d’euros ont été mobilisés (pour 2015) pour développer ce secteur. L’objectif étant de présenter 15 usines intelligentes d’ici début 2017 mais aussi de développer les PME du secteur.

 

Publié dans Les Experts

Commenter cet article