L'industrie de défense (suite)

Publié le par Jacques SAMELA.

L'industrie de défense (suite)
L'industrie de défense (suite)

Pourquoi la France figure dans le top 3 mondial des vendeurs d’armes

Publié le 13/03/2018 L’Usine Nouvelle

L’industrie française de la défense a gagné des parts de marché à l’international.

Figurant dans le top trois mondial des exportateurs d'armes et équipements (comme le Rafale) entre 2013 et 2017, selon le Sipri.

L’Usine Nouvelle vous dit pourquoi.

Entre 2013 et 2017, l’industrie française de la défense a encore gagné du terrain à l’international. Selon le Sipri (Institut international de recherche pour la paix de Stockholm), qui comptabilise tous les transferts internationaux d’armes majeures aux États, organisations internationales et groupes armés non étatiques (par volume de livraisons, et non par valeur financière des transactions), les Français ont vu leur part de marché croître de près d’un point, sur la période 2013-2017 par rapport à 2008-2012, pour atteindre 6,7%.

Sur ce marché en hausse en volume de 10% par rapport au quinquennat précédent, les industriels hexagonaux ont vendu 27% d’armes en plus. Dépassant l’Allemagne et s’offrant ainsi la place de troisième exportateur mondial, derrière les Etats-Unis, toujours loin devant avec 34 % de part de marché, et la Russie, aux 22 % de part de marché malgré des volumes en reculL'Egypte, premier client de nos Rafale et Mistral

Parmi les clients de l’industrie française dispersés dans 81 pays, l’Egypte figure en tête : elle lui a acheté un quart des ventes de Rafale et de navires de guerre comme les Mistral entre 2013 et 2017. Arrivent ensuite la Chine et l’Inde.

Comment expliquer le succès de groupes comme Dassault, Naval Group, ou encore Thales ? Innovant, conquérant à l’export, créateur d’emplois, ancré dans les territoires… l’écosystème de défense repose sur une véritable politique industrielle (voir notre grande enquête).

Sans remonter à Richelieu et Colbert et la création des arsenaux qui ont doté la France d’une véritable puissance maritime, la décision du général de Gaulle de lancer le programme nucléaire militaire français et la politique de dissuasion ont structuré l’effort de défense.

Une véritable base industrielle et technologique

Depuis, le pays s’est construit une véritable base industrielle et technologique, que tous les ministres de la Défense à l’hôtel de Brienne se sont attaché à développer.

Les gouvernements s’appuient sur la Direction générale de l’armement (DGA), véritable cheville ouvrière de la politique industrielle du ministère de la Défense. Son rôle : équiper les forces armées, soutenir les industriels, favoriser les exportations.

L’industrie française profite aussi d’un marché militaire "porteur", si l'on peut dire. En Asie du Sud-Est, les rivalités territoriales en mer de Chine méridionale amènent les pays de la zone à relever leur effort de défense. Même en Europe, les budgets militaires ont été revus à la hausse.

Au Levant, les États se réarment, notamment pour faire face aux ambitions du groupe terroriste Daech. L’an dernier, au salon IDEX, qui se tenait à Abou Dhabi, grands groupes français et PME présentaient ainsi leurs dernières innovations pour lorgner le marché de l'armement au Moyen-Orient. Malheureusement porté par les conflits et tensions territoriales qui y règnent.

 

Dassault, MBDA, Thales, Nexter... L'insolente santé des vendeurs d'armes français

Challenges / Antoine Izambard / Le 27/03/18

Les grands groupes français du secteur de la défense ont annoncé en mars des résultats records principalement portés par les ventes du Rafale et un marché plus dynamique que jamais.

Antoine Bouvier avait le sourire ce mardi matin dans les salons ouatés du Cercle national des armées à Paris, où étaient présentés les résultats 2017 du missilier MBDA.

Et pour cause, le patron du groupe européen qui fournit son matériel à 90 armées dans le monde, a annoncé avoir engrangé 4,2 milliards d'euros de commandes l'année dernière (contre 4,7 milliards en 2016) et généré le chiffre d'affaires record de 3,1 milliards d'euros. "C'est de nouveau une excellente année pour MBDA dont la taille devient semblable à celle de nos deux concurrents" (NDLR : les Américains Raytheon et Lockheed Martin, les leaders du secteur), a confié Antoine Bouvier.

Une dynamique qui va aussi permettre au missilier détenu par Airbus Group (37,5%), BAE Systems (37,5%), et Leonardo (ex-Finmeccanica, 25 %), de recruter 1.200 personnes en 2018, après l'embauche de 1.000 salariés en 2017.

Chiffres records

MBDA n'est toutefois pas un cas isolé dans le monde des vendeurs d'armes tricolores. Courant mars, la plupart des mastodontes français du secteur ont eux aussi affiché une santé de fer.

À commencer par Dassault-Aviation, qui avec un chiffre d’affaires de 4,8 milliards et un carnet de commandes de 18,8 milliards pour 101 Rafales, dont 70 à l’export, sert de locomotive à l'armement "Made in France". Thales, qui conçoit 25% de l'avion de combat de Dassault, avait aussi annoncé au début du mois des résultats dépassant tous ses objectifs, notamment une croissance organique de 7,2%, à 15,9 milliards d'euros et une marge opérationnelle de 9,8%. Quelques jours plus tôt, le groupe Safran - qui fournit également de nombreux équipements du Rafale - avait aussi affiché un résultat net consolidé de 4,79 milliards d'euros contre 1,9 milliard l'année précédente. Également à la fête, le fabricant de véhicules blindés Nexter, qui a enregistré en 2017 pour 1,6 milliard d'euros de contrats, soit sa meilleure performance sur ces 20 dernières années.

Une santé insolente qui s'explique par la bonne dynamique du secteur. La dernière étude annuelle de l'Institut international de recherche sur la paix basé à Stockholm (Sipri), publiée mi-mars, faisait à ce sujet état d'une augmentation de 10 % en volume des transferts d'armes entre la période 2008-2012 et 2013-2017.

Quant à la France, elle conforte plus que jamais sa place sur le podium des exportateurs d'armes. Selon le cabinet IHS, avec 5,2 milliards de dollars de livraisons en 2017, la France, troisième exportateur mondial, n'est devancée que par le leader mondial incontesté, les États-Unis (26,9 milliards de dollars), et par la Russie (7,2 milliards). Elle devance en revanche l'Allemagne (4,3 milliards), le Royaume-Uni (4 milliards), Israël (2,1 milliards) et le Canada (1,9 milliard). Selon IHS, Paris pourrait même doubler Moscou et devenir le deuxième exportateur mondial derrière les États-Unis en 2018.

L'Inde, meilleur client de la France

Dans le sillage des 96 Rafale vendus à l'Égypte, au Qatar et à l'Inde, ce marché de l'export est ainsi de plus en plus ciblé par les entreprises françaises.

En 2017, MBDA y a par exemple enregistré 2,6 milliards d'euros de commandes (sur un total de 4,2 milliards), essentiellement grâce au Qatar. Le missilier européen a aussi créé une société commune avec son partenaire indien pour répondre à l'appétit grandissant du pays dirigé par Narendra Modi. Celui-ci est d'ailleurs devenu le premier client de Paris lors des dix dernières années, totalisant 15% des prises de commandes françaises.

Longtemps premier client de l'armement "made in France", l'Arabie saoudite s'est montrée ces dernières années moins généreuses avec les industriels français. Symbole de cette perte de vitesse de la France en terre saoudienne : sur la période 2011-2015, le Qatar, qui a acheté 24 chasseurs Rafale pour 6,3 milliards d'euros en 2015, est devenu le meilleur client de la France dans le Golfe. 

À l'avenir, les vendeurs d'armes ont aussi plusieurs raisons d'espérer malgré une concurrence américaine plus féroce que par le passé, comme l'a admis ce mardi Antoine Bouvier.  D'une part car le gouvernement a décidé de choyer son armée en décidant d'injecter 300 milliards d'euros en sept ans, comme le prévoit la loi de programmation militaire 2019-2025.

Et d'autre part parce que l'Asie et le Moyen-Orient devraient continuer de tirer un marché qui pourrait se contracter légèrement mais rester dynamique en 2018, selon IHS.

À cela, il convient d'ajouter certaines initiatives européennes, comme le nouveau projet européen de défense (PESCO) ou la création d'un fonds européen de défense dont pourraient tirer profit les industriels français de la défense. 

Vus et lus dans Le Monde du 10/02/18, l'Usine Nouvelle n° 3550 du 15/02/18, et Les Echos du 19/03/18
Vus et lus dans Le Monde du 10/02/18, l'Usine Nouvelle n° 3550 du 15/02/18, et Les Echos du 19/03/18
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