Figeac Aero, l'autre leader

Publié le par Jacques SAMELA.

Figeac Aero, l'autre leader
Figeac Aero, l'autre leader

Airbus, Dassault, vous connaissez, Safran, un petit peu moins si vous n’êtes pas au fait du secteur aéronautique, mais connaissez-vous la société Figeac Aero, un des acteurs florissants de la filière aéronautique française, elle-même florissante* ?

Créé en 1989 par Jean-Claude Maillard, ingénieur mécanicien de formation, Figeac Aero (www.figeac-aero.com), est donc devenu au fil du temps un acteur incontournable de la sous-traitance aéronautique française, avec comme siège social, la ville de Figeac dans le département du Lot.

Et c’est avec seulement 18 000 € qu’il commença cette aventure, se spécialisant rapidement dans l’usinage de pièces aluminium de petites dimensions, devenant également le premier sous-traitant aéronautique à utiliser la technologie UGV ou Usinage à Grande Vitesse.

Bien lui en a pris, car en 2006 Figeac Aero est certifié ISO 9001 et EN 9100, mais est surtout retenu en 2010 par Airbus dans le top 20 mondial de ses fournisseurs dans le domaine des pièces élémentaires.

Ensuite, ce sont des décisions purement réfléchies, comme l’entrée en 2013 sur le marché d’Alternext à Paris, lui donnant des moyens financiers suffisants pour passer à la vitesse supérieure, en l’occurrence le rachat d’un site industriel dans le Kansas (Etats-Unis), l’ouverture de filiales au Mexique, au Maroc, ainsi qu’à Saint Nazaire, lui permettant notamment de se rapprocher de ses principaux clients, mais aussi des investissements conséquents dans la compétitivité de ses usines, avec comme résultat, l’installation en 2015 d’une « usine du futur », avec une automatisation poussée au maximum.

Et aujourd’hui, Figeac Aero est devenu un des leaders européens de sa catégorie, plus précisément le deuxième, avec comme but avoué, de ravir la première place à son concurrent principal Asco (www.asco.be).

Et avec une croissance annuelle moyenne de 25 %, le groupe de plus de 3 000 salariés consacrant 5 % de son chiffre d’affaires (325 millions d’Euros en 2017) à la R&D, gage d’une compétitivité assurée pour les années à venir, il est fort à parier que son autre souhait, soit de conquérir le marché américain, n’est pas très loin, surtout que récemment, il vient de faire son entrée dans le club très restreint , pour un européen du moins, des fournisseurs directs de l’avionneur américain, Boeing, en fabricant notamment des structures d’ailes du futur B777X dans son usine de Wichita au Kansas, d’où l’importance de ce rachat (voir plus haut), mais sans négliger la France, avec une part non négligeable de l’industrialisation se déroulant sur le site historique de Figeac.

Et avec les derniers très bons chiffres de l’aéronautique française, ainsi que ceux concernant la croissance du secteur à l’échelle mondiale, il est fort à parier que Figeac Aero aura toute sa place dans le listing des acteurs qui compteront dans l’avenir, surtout que son fondateur prévoit de consacrer d’ici 2020 près de 70 millions d’Euros pour sa croissance externe, sans pour autant dégrever significativement son capital, ayant une large avance, on parle de près de 150 millions d’Euros de crédit auprès des banques, lui laissant une liberté totale quant à sa stratégie pour le futur, à tel point qu’il refuse même l’entrée au capital d’une éventuel industriel plus fortuné encore, préférant mettre à contribution les managers de son groupe.

Et puis, quitte à supporter d’éventuels retournements de l’industrie aéronautique mondiale, il préfèrera toujours gérer seul la situation, à des partenaires genre fonds de pension, soucieux d’une rentabilité à court termes, et susceptibles de le lâcher en route dès les premiers soubresauts.

Mais de cela on en reparlera peut-être après 2020, car d’après le groupe lui-même, un ralentissement est prévu, avec une progression annuelle estimée entre 10 % et 15 %, alors qu’elle est actuellement vous vous en souvenez, de 25 %.

Cependant, rien n’est moins sûr, car quand on connaît les estimations de l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (ICAO), qui estime que le nombre de passagers aériens devrait atteindre près de 6 milliards d’ici 2030, accompagné en cela d’un quasi doublement de la flotte mondiale, passant de près de 17 000 avions de passagers aujourd’hui, à plus de 30 000 d’ici 2034 (5 800 en 1980), on peut penser que le marché de l’aéronautique est loin de sa pente descendante, lot de tous secteurs industriels, que l’on appelle communément un retournement de cycle.

Mais étant du métier, il débuta sa carrière en 1983 chez Ratier Figeac (www.ratier-figeac.com), équipementier aéronautique créé en 1904, on peut penser qu’il sentira le vent venir, et qu’il saura en tenir compte pour éviter que son groupe en soit impacté.

*https://www.gifas.asso.fr/sites/default/files/video/gifas_rsultats_2017_planches.pdf

Jacques Samela

 

Sources :

. www.figeac-aero.com

. Sia Partners / Transport & Distribution du 26/02/16

. Challenges du 05/07/16

. Air & Cosmos du 20/10/17

. L’Usine Nouvelle du 19/03/18

 

Vus et lus dans l'Usine Nouvelle n° 3496 du 15/12/16, n° 3501 du 12/02/17, Machines Production du 26/05/17, Les Echos du 04/08/17, 09/01/18 et du 01/03/18
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Le sous-traitant Figeac Aéro s’envole vers la Chine

Publié le 19/03/2018 l’Usine Nouvelle

Le sous-traitant aéronautique Figeac Aéro, basé dans le Lot, va ouvrir une usine de pièces en aluminium en Chine. Un investissement réalisé via une société commune à 50/50 avec Shandong Nanshan Aluminium.

Début d’année frénétique pour Figeac Aéro. Il n’est pas un mois sans que le sous-traitant aéronautique du Lot (Occitanie) ne brandisse une nouvelle preuve de son surprenant dynamisme.

Après le contrat direct passé avec l'américain Boeing début janvier, la signature en février d’un accord de coopération avec des industriels saoudiens pour un site de production et l’acquisition de l’entreprise Tofer spécialisée dans les pièces mécaniques de haute technicité début mars, la PME a annoncé lundi 19 mars qu’elle préparait la création d’un centre d’usinage en Chine.

Figeac Aéro a signé avec l’entreprise chinoise Shandong Nanshan Aluminium une convention qui vise à la création d’une unité de production de pièces en aluminium.

Les deux industriels s’associent au travers d’une société commune, détenue à 50/50, au capital de 20 millions d’euros. "Elle aura vocation à produire des pièces usinées en aluminium de moyenne et grande dimension pour l'industrie aéronautique et aérospatiale", précise le sous-traitant dans son communiqué.

Belle opération pour cette PME, créée en 1989. Après la France, les Etats-Unis, la Tunisie, le Maroc, le Mexique et peut-être bientôt l’Arabie Saoudite et même la Russie, le truculent patron de Figeac Aéro, Jean-Claude Maillard, s’apprête à implanter son entreprise dans un pays où le développement de la filière aéronautique est considéré comme stratégique par les autorités.

Qui plus est avec un partenaire qui contrôle l’ensemble de la chaîne de valeur de l’aluminiumLe cap des 650 millions d'euros de chiffre d'affaires

Comment fonctionnera cette société commune ? "Shandong Nanshan Aluminium fournirait à cette nouvelle entité commune la matière première et Figeac Aéro mettrait à disposition son savoir-faire reconnu mondialement en matière d’usinage, détaille la PME.

Par ailleurs, Figeac Aéro et Shandong Nanshan Aluminium mutualiseront leurs réseaux de partenaires sur tout le territoire chinois afin d'accélérer le développement de cette nouvelle entité commune et ainsi capter des parts du marché de l’offset ainsi que du marché domestique".

Le groupe – qui emploie 3 300 salariés – ne précise pas à ce stade quand l’usine entrera en service.

Cette stratégie de captation de contrats en Chine devrait permettre à Figeac Aéro de rapidement gonfler son chiffre d’affaires, alors que l’entreprise vise un chiffre d’affaires d’au moins 650 millions d’euros pour l’exercice 2019/2020. Soit un doublement en l’espace de trois ans pour cette entreprise de bientôt trente ans qui aligne une croissance de start-up : les derniers résultats annuels de l’entreprise font état d’un chiffre d’affaires de 325 millions pour l’exercice 2016/2017.

"Cet accord permet à Figeac Aéro de s’implanter sur les marchés asiatiques à des coûts compétitifs, de promouvoir son savoir-faire en matière d’usinage et d’être en position de capter le développement prometteur de ce marché", souligne la PME.

Plus que jamais, Jean-Claude Maillard maintient le cap de sa stratégie, assise sur un pied français – pièces complexes, lignes robotisées – et des sites à bas coûts – pièces simples, activités manuelles – qui fait depuis ses débuts son succès.

 

Publié dans L'entreprise du mois

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