Le CAC 40 (suite)

Publié le par Jacques SAMELA.

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Vus et lus dans Les Echos du 16/05/18, et Le Monde du 19/06/18
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Le CAC 40, en pleine forme mais en panne d'investissement

Par Delphine Cuny  |  25/06/2018 / La tribune

Les secteurs des industries et du BTP dominent et ont enregistré la plus forte croissance du chiffre d'affaires au sein de l'indice (+8%), avec l'énergie et les matières premières.

Les entreprises de l'indice phare de la Bourse de Paris ont retrouvé la croissance, des marges confortables et des bilans solides l'an dernier, selon la 12ème édition de l'étude Ricol Lasteyrie-EY. Mais l'investissement a fortement chuté, à son plus bas niveau jamais mesuré.

Dix ans après la crise financière, les entreprises du CAC 40 ont retrouvé des marges de manœuvre. Mais elles se montrent encore prudentes.

La 12ème édition de l'étude Ricol Lasteyrie-EY dressant le « profil financier du CAC 40 », publiée ce lundi 25 juin, montre que les membres de l'indice phare de la Bourse de Paris ont retrouvé la croissance, des marges confortables et des bilans solides l'an dernier, mais l'investissement a fortement chuté, à son plus bas niveau jamais mesuré.

« Pour le trentième anniversaire de l'indice que l'on vient de fêter, les entreprises du CAC 40 signent un exercice d'excellente facture : presque tous les indicateurs sont au vert.

Elles ont augmenté leur chiffre d'affaires, amélioré leur rentabilité, leur situation financière est très saine, leurs fondamentaux solides » résume Marc Lefèvre associé France Ricol Lasteyrie Corporate Finance - EY France.

Le chiffre d'affaires a augmenté de 5%, « la première croissance significative depuis six ans », atteignant 1.306 milliards d'euros en cumulé, le plus haut niveau depuis 2011. Seules 8 sociétés ont vu leur chiffre d'affaires diminuer en 2017, contre 17 l'année précédente. 

Chute inédite des investissements

Du côté des bénéfices, les entreprises du CAC 40 ont retrouvé leur niveau de 2007, à 94 milliards d'euros, en hausse de 22%. La marge opérationnelle s'est améliorée à 7,9%, toutefois elle « reste loin de son niveau d'avant-crise, qui atteignait 10,8% en 2007 » relève l'étude.

« Le seul indicateur qui ne soit pas dans le vert est l'investissement, qui est en recul marqué de 12 milliards d'euros, à son plus bas niveau depuis la création de ce baromètre il y a douze ans [à 69 milliards d'euros, hors banques et assurances].

Cela vient essentiellement de Total, dans un contexte de baisse du prix du pétrole, et d'Accor, qui avait connu une année exceptionnelle. Les effets de périmètre ont joué aussi » analyse Marc Lefèvre.

En excluant ces effets, l'investissement apparaîtrait stable de 2015 à 2017. Total demeure le premier investisseur, devant Orange et Engie, puis les constructeurs auto PSA et Renault. Cette baisse inédite peut surprendre car l'endettement net des groupes du CAC a diminué, pour la sixième année consécutive, à 159 milliards d'euros, son niveau le plus bas depuis 2006.

« Vu la croissance de l'économie et l'alignement des planètes, on aurait pu attendre davantage d'investissement. Ceci dit, il est rassurant de voir plusieurs belles histoires depuis le début de l'année, à l'image du rachat de l'Australien Westfield par Unibail Rodamco et des acquisitions de deux biotechs par Sanofi » nous confie l'associé d'EY France.

Le luxe à égalité avec le BTP

L'année 2018 a d'ailleurs bien commencé pour les grandes entreprises du CAC 40.

« Au vu des résultats du premier trimestre, qui étaient supérieurs au consensus pour la plupart, elles sont extrêmement bien positionnées pour l'année 2018, qui devrait être bonne, si les tensions protectionnistes ne perdurent pas » relève Marc Lefèvre.

Avec l'entrée d'Hermès le 18 juin dernier à la place de LafargeHolcim, le profil financier de l'indice va être profondément modifié pour l'étude de l'an prochain.

En effet, en 2017, la répartition du chiffre d'affaires par secteur faisait apparaître une nette prépondérance du secteur industries et BTP, avec 16 sociétés sur 40 et 39% du chiffre d'affaires total. Avec Kering (Gucci), L'Oréal et LVMH, ce sont quatre fleurons français du luxe pesant ensemble quelque 380 milliards d'euros de capitalisation qui figurent parmi les 40 valeurs vedettes (sur un total de 1.500 milliards). Le secteur des biens de consommation devrait ainsi être à quasi égalité avec le BTP.

« Le CAC 40 est un très bel indice, diversifié. Il incarne une France redevenue ambitieuse, audacieuse et conquérante » considère l'associé d'EY France.

La cote parisienne ne s'est en revanche pas beaucoup étoffée ces derniers mois. Le fournisseur d'équipements pour infrastructures ferroviaires et portuaires Delachaux a renoncé à la mi-juin à son introduction le valorisant 1,5 milliard d'euros, préférant rester dans le monde du non-coté, avec une reprise des parts du fonds CVC par la famille Delachaux et la Caisse de dépôt et placement du Québec.

« Le premier semestre a été plutôt décevant pour la Bourse de Paris : il n'y a eu que 7 IPO [Initial Public Offerings, introductions en Bourse] pour 250 millions d'euros et aucun "deal" de taille importante » observe Marc Lefèvre, qui ajoute : « les privatisations [ADP, Engie, FDJ] devraient animer le marché dans les mois à venir. »

 

. Pour plus d'informations, n'hésitez-pas à lire ou à relire le dossier du 31 janvier 2018, intitulé : CAC 40, le meilleur est à venir ?

 

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