Des changements à venir ?

Publié le par Jacques SAMELA.

Des changements à venir ?
Des changements à venir ?

Pour l'instant, rien n'est encore acquis définitivement, mais si changement à la tête des Etats-Unis, lequel de ces mots, que sont protectionnisme et multilatéralisme, redeviendra à la mode ?

Avant de le savoir, lisez donc ce texte ci-dessous, il date de 2018.

Bonne lecture.

Jacques Samela

 

Multilatéralisme VS Protectionnisme, ou tel est pris qui croyait prendre ?

En ce moment, si il est un mot on ne peut plus utilisé dans les médias, c’est bien celui que Mister T à remis au goût du jour, et qui s’appelle le protectionnisme.

Son contraire, si vous ne le savez pas, et encore à l’ordre du jour, se nomme lui le multilatéralisme.

Mais, afin d’appuyer mon sujet, et avant de rentrer de plein pied dans ce double sujet, et afin de vous donner l’occasion de vous faire votre propre opinion, voici leurs définitions (Wikipedia) :

Multilatéralisme : Le multilatéralisme est un concept utilisé dans le champ des relations internationales. Il se définit comme un mode d'organisation des relations inter-étatiques. Il se traduit par la coopération de trois États au moins dans le but d'instaurer des règles communes. Il concerne essentiellement la forme institutionnalisée de ces relations (au sein des organisations internationales).

 Protectionnisme : Le protectionnisme est une politique économique interventionniste menée par un État ou un groupe d'États, consistant à protéger ses producteurs contre la concurrence des producteurs étrangers. Les buts peuvent être le maintien de l'emploi dans certains secteurs d'activité, la diminution du déficit commercial, ou la défense du niveau de vie. Les mesures protectionnistes consistent essentiellement à freiner les importations (barrières douanièresnormes contraignantes, freins administratifs...), encourager les exportations (subventions diverses, incitations fiscales, dévaluation, dumping comme le « protectionnisme offensif »), privilégier les entreprises nationales dans les appels d'offres de marchés publics, ou empêcher les investisseurs étrangers de prendre le contrôle d'entreprises nationales.

 

Alors, tout en commençant par ce qui est donc actuellement en cours, le multilatéralisme, il faut savoir que contrairement à ce que l’on pourrait penser, il n’a pas été inventé durant le XX siècle, puisque dès le traité de paix dit de Westphalie en 1648, et ce jusqu’au Congrès de Vienne en 1814, on trouve déjà des prémisses d’accords entre états, plutôt européens à cette époque, facilitant en cela leurs coopérations et leurs relations commerciales, afin d’obtenir une stabilité doublée d’une prospérité, évitant au final des tensions inhérentes à toute relation internationale, communément décrite comme un domaine anarchique.

Ensuite, il prendrait également sa source dans la tradition dite des Lumières, dont ses penseurs (Jean-Jacques Rousseau, Voltaire, Kant, Benjamin Franklin, Georges Washington, etc…), dotés d’un idéalisme à toute épreuve, et opposés à une vision sombre des relations humaines, estimaient que par la création d’institutions dont nous connaissons aujourd’hui des exemples comme l’ONU ou l’UE, pouvaient instaurer des relations favorables et pacifiques au bénéfice de chacun.

Quant à celui que nous connaissons aujourd’hui, il serait issu de ce que l’on appelle l’idéalisme wilsonien, du nom du président américain Woodrow Wilson (1856 – 1924), à l’origine de la Société des Nations, créée au sortir de la 1ère guerre mondiale, rejetée à l’époque par le Congrès des Etats-Unis, mais ayant largement inspiré l’ONU en 1945, et dont l’action est toujours en œuvre aujourd’hui.

C’est donc au XX siècle qu’il devient la norme, avec deux voies bien distinctes que sont la partie économique, mise en évidence avec la création du système monétaire et financier, connu sous l’appellation BrettonWoods, ainsi que du Gatt (General Agreement Trade and Tarrifs), sous l’égide notamment des Etats-Unis, considéré à l’époque comme son principal instigateur. Quand on voit ce que fait aujourd’hui Mister T, décrit comme un serial entrepreneur, dans le bâtiment il est vrai, on peut se poser des questions. Mais de cela j’en reparlerai.

Et donc, la partie politique, avec l’idée que le développement du commerce facilite la négociation politique, permettant en cela de régler pacifiquement les différends entre les états, devant en retour bénéficier à la population, en favorisant notamment leur prospérité.

C’est par essence la tradition universaliste, idéaliste, libérale et démocratique de l’ONU qui est mise en œuvre ici. Alors, oui, il est vrai que cela est loin, voire parfois même très loin de réussir à chaque fois, de nombreux exemples en attestent, la cause souvent aux états eux-mêmes, ce que l’on appelle généralement la théorie réaliste, soit que les grandes puissances, notamment au Conseil de sécurité de l’ONU, donnant aux petites et moyennes nations l’illusion de leur importance durant les prises de décisions, mais qu’au final, ce sont presque toujours leurs intérêts qui l’emportent.

Et pour le malheur de beaucoup, les exemples sont malheureusement plus que nombreux, comme pour la Syrie récemment, avec le blocage permanent de la Russie, son alliée, empêchant tout vote d’une résolution.

On dit donc du multilatéralisme, qu’il est à l’intersection de la coopération et de l’anarchie, soit un mécanisme imparfait de régulation des relations entre les états.

 

Et maintenant, le protectionnisme, remis au goût du jour par qui vous savez, mais dont le principe existe lui depuis des siècles, puisque les Etats-Unis (déjà), l’Angleterre du XVème au XVIIIème siècle, mais aussi le Japon, plus récemment, au XXème siècle, ont eu recours à ce procédé censé défendre leurs intérêts, et faire face à une concurrence dite déloyale.

Les USA aujourd’hui, invoque eux une atteinte à la sécurité nationale, notamment en ciblant la Chine, mais on a pu voir que d’autres étaient également dans la ligne de mire (UE, Canada, Mexique, etc…), pour la plupart partenaires de longue date. Comme quoi.

Seulement voilà, comme sa définition ne l’indique pas toujours (voir plus haut), ce procédé est à double tranchant. En effet, à première vue, il paraît positif et digne de bon sens, mais quand on y regarde de plus près, on remarque malgré tout qu’au-delà des discours criant haut et fort que le but de ces mesures n’est que de protéger des secteurs en difficultés, d’éviter des délocalisations,  il y a au final une réalité toute simple, qui est celle du pouvoir d’achat, car avec l’augmentation des taxes sur les produits importés, et donc des prix, ce sont les acheteurs finaux qui en pâtiront, notamment les moins aisés, mais pas seulement, pourtant souvent favorables à la mise en place de ces mesures, mais malheureusement sans se rendre compte des conséquences à plus ou moins longs termes pour eux. Attention aux « fake news ».

Nous, qui sommes des consommateurs compulsifs (parfois), habitués à des prix défiants toute logique, notamment dans le domaine de l’habillement, mais dans bien d’autres également, serions-nous ravis de les voir augmenter significativement, nous obligeant par exemple dans le domaine alimentaire de privilégier notre porte-monnaie au détriment de notre alimentation, et donc de notre santé ? Non bien sûr. Eh bien, nos amis américains risquent d’y avoir droit, car quand un pays établi des mesures protectionnistes vers d’autres pays, il doit s’attendre à des mesures similaires.

Et pas seulement au détriment des consommateurs finaux, mais aussi des entreprises. L’un des exemples les plus marquants aujourd’hui concerne les producteurs américains de soja, vivier électoral de Mister T, et pourvoyeur de soja vers la Chine pour 12 milliards de dollars en 2017, soit 30 % de la production américaine, se retrouvant aujourd’hui taxé de 25 %, obligeant la profession à demander de l’aide à son gouvernement.

Que dire également du désir de la marque mythique Harley-Davidson de délocaliser une partie non négligeable de sa production en Europe (Belgique) afin d’éviter les taxes de rétorsions européennes ?

 

Alors, certains pourraient me dire que la Chine l’a peut-être bien mérité, que l’UE aurait bien aimée le faire, voire peut-être avec les Etats-Unis, partenaire de longue date, mais non, Mister T en a décidé autrement, souhaitant mettre dans le même panier ceux qui pour lui représentent des concurrents potentiels comme la Chine, le Mexique, le Canada, et l’UE, qui, souhaitant éviter toute escalade, n’en n’a pas moins pris la décision de riposter malgré tout, dans les règles de l’OMC (www.wto.org), touchant des produits ciblés (20 % des exportations américaines), mais également des emplois (près de 500 000), situés pour la plupart dans les régions ayant votées massivement pour le président américain actuel, le but, à quelques semaines des élections de mi-mandat en novembre, étant de démonter l’incongruité de ces attaques vers un partenaire, mais néanmoins concurrent il est vrai, en lançant un message fort aux électeurs, en leur disant, attention, votre champion est en train de vous rendre la vie plus difficile. Sera-t-elle entendue ?

Quelques avancées, mais avec un sentiment que rien n’est acquis, au contraire, car comme le dit le proverbe, la méfiance est la fille de de la prudence.

Et avant de voir si comme à chaque fois le président en exercice perd sa majorité, vous aurez eu je l’espère, grâce à ce sujet, l’occasion de vous faire une idée précise, personnelle, en vous posant même la question, suis-je protectionnisme, multilatéralisme, ou les deux ?

Pour ma part, mon choix est fait, devinez ?

Jacques Samela

 Sources :

. Wikipedia

. Les Echos du 03/07/18

. Capital n° 323

http://competitiviteinfrance.overblog.com/2018/09/multilateralisme-vs-protectionnisme-ou-tel-est-pris-qui-croyait-prendre.html

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