Liberté, Egalité, Fraternité ?

Publié le par Jacques SAMELA.

Liberté, Egalité, Fraternité ?
Liberté, Egalité, Fraternité ?

Comme vous le savez, ces trois mots ci-dessus représentent la devise de la République française, et ce depuis 1879, sous la 3ème République, avec une inscription sur les édifices publics à partir de la célébration du 14 juillet 1880 (http://competitiviteinfrance.overblog.com/2020/07/ma-petite-histoire-du-14-juillet.html), remise au gout du jour après la promulgation d’une loi quelques jours avant, le 06 juillet 1880.

Et pourtant, durant tout l’été, et encore maintenant, un certain nombre de personnes se sont empressées (s’empressent) de défendre nos libertés (la leur ?), chèrement acquises, et manifestement en danger.

Mais est-ce vraiment cela, quand on voit que certains ont plutôt des arrières pensées politiques, liées bien évidemment à la prochaine échéance nationale que représente la présidentielle, que d’autres, « anciennes gloires » du showbiz, de la téléréalité, en mal de visibilité, espèrent trouver ici un public leur permettant d’asseoir une nouvelle notoriété, quelques « GJ », en manque eux de camarades du samedi, retrouvant finalement à qui parler, relançant peut-être ce que les médias appellent la convergence des luttes, sujet relancé de temps en temps, en fonction d’une actualité s’en rapprochant, mais aussi des non vaccinés, sans masques, des vaccinés obligés, pas toujours masqués, des adeptes des médecines douces, des anti pass et j’en passe, revisitant pour certains l’histoire de France, celle où vraiment notre liberté était à défendre, mais par-contre avec quelques « libertés » grossières, voire nauséabondes, colportées là à bon escient et avec une totale volonté de nuire à notre démocratie.

Il y en a même qui ose parler de dictature, après la mise en place du pass sanitaire, estimant que cette obligation dirige notre pays vers les plus sombres dictatures du passé.

Alors, je ne sais pas vous, mais me concernant, « subissant » depuis l’été l’utilisation de ce pass honni, je n’ai pas eu le sentiment de me retrouver face à des nervis imposant leurs volontés, mais plutôt l’impression de me retrouver dans des endroits surs, à même de retrouver un semblant de vie d’avant, celle où plutôt, nous n’étions pas confrontés à ce virus, la vraie cause rappelons-le de notre situation d’aujourd’hui, et pas le fruit d’une volonté supputée des plus hautes instances de l’Etat.

Mais y croient-ils vraiment quand ils énoncent leurs arguments ?

Car si nous étions dans une vraie dictature, tout d’abord, ils ne pourraient même pas défiler dans les rues, ou alors avec de grosses difficultés, il suffit de voir ce qu’il se passe ailleurs (vous avez le choix) pour se dire, se sentir, réellement sous le joug d’un vrai régime non démocratique.

Et puis, eu égard à cette situation, une question me vient à l’esprit. Sont-ce les mêmes qui au début des années 70 percevaient l’obligation du port de la ceinture de sécurité en voiture comme une atteinte à leur liberté de se mouvoir (https://www.ouest-france.fr/economie/automobile/dangereuse-ridicule-genante-quand-la-ceinture-de-securite-faisait-debat-b8236d6e-ef98-11eb-8f8e-fe71c11b7838), au détriment de leur propre sécurité, ou de celle de leurs proches ?

A priori peu de chances, quoique finalement ce n’est pas si vieux. En tout cas ce parallèle ne me semble pas si osé, car cette obligation à l’époque, n’était-elle pas de diminuer le nombre de décès sur les routes de France, près de 20 000 en 1972, et celle d’aujourd’hui, n’est-elle pas d’épargner le plus de vies possibles, et faire que ce que nous vivons encore aujourd’hui, et qui n’a que trop duré (pour toutes et tous je pense), devienne un souvenir, douloureux pour beaucoup, il est bon de le rappeler, mais quand cela ne touche pas directement, c’est différent, donc un souvenir, mais par-contre à ne pas oublier, pour ne pas être surpris et démuni la prochaine fois.

Alors oui, je le consens, le recul concernant les différents vaccins à l’œuvre peut sembler court, mais devions nous attendre des mois, des années, et donc des milliers de morts en plus, avant de considérer que tels ou tels vaccins répondent aux desiderata de chacun de nous ? Le sida en est un exemple probant, toujours pas de vaccin, combien de morts depuis son apparition durant les années 80 ?

Eh bien justement, avec ces vaccins à ARN, un espoir de trouver un remède efficace et définitif est plus que jamais à l’horizon, alors pourquoi pas pour cette situation ci, considéré par certains (pas les mêmes), comme l’avènement d’une nouvelle ère scientifique et médicale, avec la possibilité par la suite de traiter certaines maladies comme le cancer, à l’origine justement des premiers travaux de recherche consacrés à l’ARN messager (https://www.santemagazine.fr/traitement/medicaments/vaccins/quest-ce-que-larn-messager-dans-quels-domaines-est-il-utilise-895183).

Espérons-le, et au vu des résultats de la vaccination intensive effectué en France aujourd’hui, avec une 4ème vague plutôt contenue, finalement, nous pouvons augurer que cette situation, que nous vivons depuis trop de temps, s’amenuise effectivement durant les prochains mois.

Donc, il serait vraiment judicieux de croire à nouveau à ce qui a nous permis d’éradiquer de nombreuses maladies mortelles (Pasteur, Fleming, etc…), de faire le tri dans les informations que nous recevons chaque jour, et effectivement, de continuer à défendre notre devise, louable, mais par-contre dans son intégralité, ce qu’oublie bon nombre de personnes malheureusement.

Devise qui devrait selon moi être accompagné de deux autres mots que sont « droits et devoirs », et non ordre ou je ne sais quoi d’autres, entendu de ci de là dans les cortèges et les médias, médias (pas tous) qui, selon moi, ont plutôt privilégiés leur idée de liberté d’informer, au détriment par-contre de ce qui fait justement l’essence de ce que représente justement son message, soit les uns avec les autres (les mots et nous en tant que citoyens), et non l’inverse.

Qu’en pensez-vous ? D’accord, pas d’accord ? Vous avez le droit bien évidemment.

Jacques Samela

 

A lire

 

Liberté

 

Sur mes cahiers d’écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J’écris ton nom

Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J’écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J’écris ton nom

Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l’écho de mon enfance
J’écris ton nom

Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J’écris ton nom

Sur tous mes chiffons d’azur
Sur l’étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J’écris ton nom

Sur les champs sur l’horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J’écris ton nom

Sur chaque bouffée d’aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J’écris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l’orage
Sur la pluie épaisse et fade
J’écris ton nom

Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J’écris ton nom

Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J’écris ton nom

Sur la lampe qui s’allume
Sur la lampe qui s’éteint
Sur mes maisons réunies
J’écris ton nom

Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J’écris ton nom

Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J’écris ton nom

Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J’écris ton nom

Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J’écris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attentives
Bien au-dessus du silence
J’écris ton nom

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J’écris ton nom

Sur l’absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J’écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l’espoir sans souvenir
J’écris ton nom

Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Liberté.

Paul Eluard

Poésie et vérité 1942 (recueil clandestin)
Au rendez-vous allemand (1945, Les Editions de Minuit)

https://www.poetica.fr/poeme-279/liberte-paul-eluard/

https://www.poetica.fr/biographie-paul-eluard/

 

 
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