Le rendez-vous de l'Europe : La France à la barre

Publié le par Jacques SAMELA.

Le rendez-vous de l'Europe : La France à la barre
Le rendez-vous de l'Europe : La France à la barre

En ce début d’année, toujours perturbé par le Covid, c’est le moins que l’on puisse dire, et en attente de la très prochaine élection présidentielle, il est un sujet cher au président en exercice qui s’impose également, c’est celui de l’Europe, avec pendant six mois la présidence du Conseil de l’Union Européenne à la France, qui, un peu de politique, malgré l’étonnement de certains quant à ce timing, estimant que cela avait dû être manigancé au plus haut de l’Etat, est seulement dû au départ de la Grande Bretagne après le Brexit, chamboulant l’ordre établi depuis de nombreuses années.

L’Etat français ayant même demandé à la Slovénie, pays prédécesseur, d’intervertir l’ordre des présidences, ce qu’il refusa.

Vus et lus dans Les Echos du 10/12/21,
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Vu et lu dans Le Parisien Week-end du 14/01/22, et le JDD du 02/01/22
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Sinon, vous savez certainement que la France est pour une grande part, avec la célèbre déclaration du 09 mai 1950 de Robert Schuman (https://www.robert-schuman.eu/fr/declaration-du-9-mai-1950), de la création de l’ancêtre de l’UE, la CECA (https://maison-europe-rennes.org/histoire-de-la-creation-de-lunion-europeenne/#:~:text=Rapidement%2C%20le%20trait%C3%A9%20de%20Paris,l'acier%20(CECA).), avec l’Allemagne, l’Italie, et les pays dits du Benelux (Belgique, Luxembourg, Pays-Bas).

Mais par-contre, connaissez-vous le poids réel de notre pays au sein de l’UE aujourd’hui ?

Unique puissance nucléaire depuis le départ de la Grande-Bretagne, unique puissance de l’UE également à avoir un siège permanent à l’ONU, la France est de par son territoire, d’une superficie 550 000 km2, auquel il faut ajouter les 120 000 km2 des départements et des territoires d’outre-mer, le pays le plus vaste de l’UE (15 %), avec en plus une position géographique très centrale en Europe occidentale, ayant des frontières terrestres avec huit pays européens.

Ensuite, avec plus de 67 millions d’habitants (au 1er janvier 2021), il est le 2ème pays le plus peuplé d’Europe, derrière l’Allemagne (82 millions d’habitants), mais avec une situation qui pourrait évoluer dans les années à venir, puisque la France pourrait la dépasser à l’horizon 2045. Par-contre à l’échelle mondiale cela ne représente que 1 % de la population mondiale, à méditer.

Concernant son poids économique, la France est la 2ème puissance au sein de l’UE, qui je le rappelle est toujours la 2ème puissance économique mondiale derrière les Etats-Unis, représentant 17,9 %du PIB mondial.

1er producteur agricole, et 1er exportateur d’armement, la France à une part non négligeable dans le fait que l’Europe est aujourd’hui à la 1ère place du marché mondial de l’aéronautique, grâce bien évidemment au groupe franco-allemand Airbus, son secteur bancaire se situe dans le trio de tête, elle dispose de la 1ère flotte de pêche, plus de 2 % de son PIB est consacré à la recherche et au développement, soit légèrement au-dessus de la moyenne européenne, et elle est le pays recevant le plus de touriste chaque année, l’étant même à l’échelle mondiale (90 millions de visiteurs en 2017), générant en cela plus de 7 % de son PIB.

Vu et lu dans Pleine Vie de juillet 2021

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Quant à son implication dans la construction européenne, elle est bien évidemment fondamentale, car au de-là de son positionnement de pays fondateur, la France est souvent à l’origine, ce que d’aucuns appellent une vision française de l’Europe.

En effet, de la création d’actions devenues pérennes, comme l’instauration de la politique agricole commune (PAC) durant la création de la CEE ou Communauté Economique Européenne en 1957, de la mise en place dès 1974, sous l’égide du président Valéry Giscard d’Estaing, des Conseils européens, désormais installés, la création du système monétaire européen en 1979, avec l'Allemagne comme partenaire primordial, l’adoption en 1985, durant la présidence Mitterrand, de l’accord de Schengen, de l’acte unique en 1986, ou encore la signature du traité de Maastricht en 1992, accepté par les français à la marge durant le référendum qui suivit son adoption, et sans oublier plus récemment, son rôle majeur dans l’adoption du plan de relance de 750 milliards d’Euros, appelé « NextGenerationEU » basé sur le principe d’un endettement commun des 27, censé répondre aux conséquences de la crise sanitaire du Covid 19, certainement un événement majeur de l’histoire de l’UE.

Cependant, il ne faut pas occulter que la France (les français ?), est également à l’origine de blocages importants, comme par exemple en 1954, où l’assemblée nationale de l’époque repoussa la création de la Communauté européenne de défense (CED), alors qu’elle était pourtant à l’origine de ce projet, et qui vous le savez certainement, est remis sur la table par le président Macron, ou encore le refus par 55 % des français du projet de traité constitutionnel lors du référendum de mai 2005, pourtant élaboré par l’ancien président, Valéry Giscard d’Estaing. Comme quoi, cette cohabitation entre l’idée d’une Europe unie, et une France très à cheval sur son indépendance, est loin d’être un long fleuve tranquille.

Quant à ce que l’Europe a apporté ou apporte à la France, souvent occulté par ses détracteurs, il faut justement savoir qu’avec l’instauration de la libre circulation des biens, 60 % de ses exportations se portent aujourd’hui vers l’UE, que la libre circulation des services représente 80 % de son PNB, et qu’au cours des deux premières décennies de son appartenance au marché unique, elle aurait bénéficié d’un surcroit de croissance de 2 %, et d’une amélioration de 1,5 % sur le marché de l’emploi.

Ensuite, bénéficiant de plus de la moitié des financements européens dans le cadre des grands projets d’infrastructures comme Galileo, Egnos, ou encore ITER, il apparait que le « plan Juncker », mis en place en 2015, a permis le financement d’une quinzaine de projets en France d’un montant de 7 milliards d’Euros, et en 2017, elle était le 3ème pays bénéficiaire en volume des dépenses de l’UE, recevant cette même année, 13,5 milliards d’Euros, dont 9,2 pour la PAC.

Vu et lu dans Les Echos du 15/12/21

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Vu et lu dans l'Usine Nouvelle n° 3691 de mars 2021

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Quant à sa contribution, elle était  de l’ordre de 26,9 milliards en 2021, devenant, derrière l’Allemagne, le 2ème pays contributeur au budget de l’Union.

Alors, même si la France perdit un peu de son influence, notamment durant la réunification allemande, le départ de la Grande-Bretagne à, et va certainement repositionner celle-ci au centre des décisions importantes pour l’avenir de l’UE, comme par exemple avec son implication dans la création du Fonds européen de défense, l’instauration d’une taxe carbone aux frontières de l’UE, ou encore la mise en place de consultations européennes tout au long de l’année 2018.

Et sans oublier également l’apport d’éléments de valeur dans les instances européennes que sont Christine Lagarde (http://competitiviteinfrance.overblog.com/2016/03/christine-lagarde-une-femme-francaise-d-influence.html) au poste de présidente de la Banque centrale européenne, ou encore Thierry Breton, ayant obtenu lui le poste si convoité de commissaire au Marché intérieur, portefeuille allant du numérique à la défense, en passant par le programme spatial européen, et sans oublier également les 79 sièges de députés européens, sur les 705 du Parlement européen, et ce même si certains naviguent à contre-courant.

Et puis ne n’oublions pas, la ville de Strasbourg accueille toujours le siège du Parlement européen, et plusieurs agences européennes sont présentes sur le sol français, comme par exemple l’Autorité européennes des marchés financiers (AEMF), dont le siège est Paris.

 

Sinon, au-delà d’organiser et de présider l’ensemble des réunions du Conseil de l’UE, par domaine d’activité, neuf en tout, le Conseil des Affaires étrangères étant lui présidé pendant cinq ans par le haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, quels seront les objectifs affirmés de la France sur cette présidence ?

Plus que des objectifs, ce seront surtout des priorités, et elles concernent tout d’abord la souveraineté européenne, qui selon le président Macron, doit être pleine et entière, garante d’une Europe puissante, libre de ses choix et surtout maitre de son destin. Ensuite, la création d’un réel marché unique du numérique, censé apporter une indépendance de choix dans un avenir prochain, un nouveau modèle de croissance, apportant à l’horizon 2030 une capacité d’innovations, de production et de créations d’emplois, lui permettant d’assoir sa compétitivité face au duo chinois et américain, un rappel de l’état de droit, en appuyant particulièrement sur le sujet de la liberté de la presse, avec la création d’un fonds européen de soutien au journalisme indépendant et d’investigation, et bien évidemment la promotion de la transition écologique, accompagnant en cela le Pacte vert européen, dont le but est de viser la neutralité climatique à l’horizon 2050.

Vus et lus dans Les Echos du 22/11/21 et du 09/12/21
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Vus et lus dans l'Usine Nouvelle n° 3691 de mars 2021, et Gaz d'aujourd'hui n°2 de 2021
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Mais d’autres thèmes auront l’occasion de se retrouver sur le devant de la scène, comme par exemple l’idée d’une nouvelle relation dite structurante entre l’Europe et l’Afrique, le réengagement de l’Europe dans les Balkans occidentaux, terrains de chasse actuels d’influences étrangères, russe, turque et même chinoise, mais aussi l’adoption de la directive sur les salaires minimums, ainsi que celle concernant la transparence salariale, ayant pour objectif de réduire les écarts de salaire entre les femmes et les hommes. Tout en imaginant que d’autres encore, à définir, et en fonction d’une actualité, s’intercaleront et s’imposeront peut-être.

Donc, du travail en perspective pour la « team » France, en charge de préparer et traiter tous ces dossiers, avec succès, tout en s’intéressant bien évidemment de très près à la présidentielle, pas une première dans le cadre d’une présidence française.

En tout cas, quoiqu’il se passe, pour ma part je choisi le meilleur, l’exercice sera gravé sur une nouvelle pièce de deux Euros, et la devise choisie, Relance, puissance, appartenance » guidera pendant ces six mois la gouvernance européenne de la France.

Jacques Samela

 

Sources :

. https://www.vie-publique.fr/parole-dexpert/269913-la-france-et-leurope

. https://www.touteleurope.eu/vie-politique-des-etats-membres/la-france-dans-l-union-europeenne/

. https://www.touteleurope.eu/presidence-du-conseil-de-l-union-europeenne/qu-est-ce-que-la-pfue-la-presidence-francaise-du-conseil-de-l-union-europeenne/

. https://www.touteleurope.eu/presidence-du-conseil-de-l-union-europeenne/emmanuel-macron-devoile-les-priorites-de-la-presidence-francaise-du-conseil-de-l-ue-pfue/

 

A lire :

. https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/union-europeenne/presidence-francaise-de-l-ue/presidence-francaise-du-conseil-de-l-union-europeenne-ce-qu-il-faut-retenir-de-l-intervention-d-emmanuel-macron-devant-le-parlement_4922431.html

. https://www.europe-en-france.gouv.fr/fr

. https://vipress.net/thierry-breton-reitere-son-credo-pro-semiconducteurs-a-la-pointe-des-technologies/

. https://www.horizon-europe.gouv.fr/le-conseil-europeen-de-l-innovation-24119

. https://vipress.net/la-france-dedie-8-milliards-deuros-pour-soutenir-les-pieec/

. https://www.vie-publique.fr/parole-dexpert/269913-la-france-et-leurope

. https://vipress.net/semi-exhorte-la-presidence-francaise-de-leurope-a-faire-des-semiconducteurs-une-priorite/

. https://www.latribune.fr/opinions/tribunes/quelle-nation-francaise-pour-2022-899503.html?utm_term=Autofeed&utm_medium=Social&utm_source=LinkedIn#Echobox=1641530183

 

Bibliographie :

. Thierry Chopin, “Emmanuel Macron, la France et l’Europe.

. Le « retour de la France en Europe » : à quelles conditions ?”,  Marc Lazar et Ricardo Brizzi (dir.) 

. La France d’Emmanuel Macron, Presses universitaires de Rennes, 2018.

. Jacques Delors, Mémoires, Plon, 2004.

Philippe Huberdeau, La Construction européenne est-elle irréversible ?, La Documentation française, coll. “Réflexe Europe”, série Débats, 2017.

. Jean Monnet, Mémoires, Fayard, 1976.

 

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