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SCOP-TI, résilience apaisante ?

Publié le par Jacques SAMELA.

SCOP-TI, résilience apaisante ?
SCOP-TI, résilience apaisante ?

Alors que la parole résilience* devient l’un des mots phares de cette période particulière que nous vivons aujourd’hui, il en est certains qui l’emploient chaque jour pour réussir ce qu’ils ont entrepris il y a de cela 6 ans, soit les salariés de la Société Coopérative Ouvrière Provençale de Thés et Infusions, plus connue sous l’appellation Scop-Ti (www.scop-ti.com).

En effet, se clôturait en 2014 une aventure initiée en 1977 à Géménos avec la société Fralib et les thés de la marque « Elephant », qui à cette époque faisait partie du groupe Unilever, et dont le souhait depuis 2010, était de transférer la production en Pologne.

Mais, c’était sans compter sur les salariés (près de 200), qui eux bien évidemment refusaient cet état de fait, et commença donc un combat de longue haleine, entre une direction persuadée que ce conflit ne durerai pas, et l’ensemble des salariés, aidé par un charisme certains des leaders syndicaux en poste, toute obédience confondue.

Et c’est finalement après trois plans sociaux, tous annulés par la justice quand même, et 1 336 jours de conflit, qu’un accord est enfin trouvé entre les protagonistes, assurant à ceux qui eurent l’idée de cette nouvelle structure, germée durant ces longs moments de combat, de bénéficier de la remise pour un Euro symbolique de l’ensemble des machines pour continuer toute fabrication, et une participation de 2,85 millions d’Euros de la part d’Unilever pour la création de la SCOP (http://competitiviteinfrance.overblog.com/2013/10/les-scop-ou-societes-cooperatives-et-participatives.html). La seule chose que le groupe ne lâcha pas, c’est l’appellation et la marque « Elephant », qui existe toujours.

Loin de les décourager, car ayant finalement obtenus certainement plus que ce qu’ils en attendaient, ils se lancent donc en 2014, ils, les 58 anciens salariés qui investissent dans l’aventure leurs indemnités de licenciement, représentant 177 000 Euros, se rajoutant à la somme versée par Unilever (voir plus haut), en créant donc Scop-Ti.

Et depuis, ils ont élaborés tout une gamme de produits au nom symbolique de « 1336 », rappelant en cela le nombre de jours de lutte engagés avec leur ancien employeur.

Gamme de produits plutôt naturels, avec dès le début l’idée de privilégier ce que l’on appelle aujourd’hui le circuit court, et surtout la filière tilleul, qui stagnait depuis de nombreuses années dans son fief de la Drôme à Buis-Les-Baronnies, avec une cueillette annuelle de 10 à 15 tonnes par an, alors qu’aux meilleurs années, dans les années 80 et 90, elle montait à près de 500 tonnes, sans oublier également la camomille, la verveine ou encore la mélisse.

Seule la partie ayant trait au thé, avec des produits plus difficiles à trouver sur place, n’est donc pas concerné, mais sans pour autant empêcher le souhait de privilégier à nouveau le naturel, en pratiquant des partenariats en commerce équitable, dont les produits au final sont vendus essentiellement en circuit bio.

Et en additionnant l’ensemble de la gamme proposée à la vente, ce sont près d’une quarantaine de thés et infusions qui représentent haut et fort aujourd’hui cette marque atypique.

Seulement, et tout en espérant que la situation actuelle n’enraye en rien ce succès plus que probant, passant notamment d’un chiffre d’affaires de 460 000 €uros la première année, à près de 4 millions en 2019, il y avait encore un léger problème de trésorerie, et ce malgré les diverses campagnes de financement participatif.

Mais au vu de ce qu’ils ont endurés toutes ces années, ce n’est certainement pas ce contretemps fâcheux, mais pas que pour eux malheureusement, qui va les faire plier, ayant déjà quelques solutions complémentaires pour y remédier, comme la prise de fonds par des mutuelles, ou encore la vente d’une partie des équipements non utilisés, sachant qu’ils n’occupent que 20 % des capacités de l’usine aujourd’hui, tout en comptant également sur ce qu’ils appellent le socio-financement, avec l’achat en ligne de leurs produits sur le site internet (https://www.scop-ti.info/campagne-de-sociofinancement.html).

Donc, si vous aimez vous désaltérer ou tout simplement vous faire du bien, tout en privilégiant les produits naturels et le « Fait en France », n’hésitez-pas et achetez sans retenue le résultat de leurs rêves.

*La résilience est la capacité que nous avons tous à nous adapter et à affronter les situations les moins favorables.

Jacques Samela

 

Sources :

. www.scop-ti.com

. www.1336.fr

. Wikipedia

. https://france3-regions.francetvinfo.fr/provence-alpes-cote-d-azur/bouches-du-rhone/aubagne/gemenos-face-au-succes-the-1336-scop-ti-ex-fralib-ont-besoin-tresorerie-1694650.html

. https://lentreprise.lexpress.fr/actualites/1/actualites/premiers-benefices-en-vue-pour-scop-ti-thes-et-infusions_2100064.html

 

 

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Publié dans L'entreprise du mois

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On en reparlera certainement dans quelques semaines

Publié le par Jacques SAMELA.

On en reparlera certainement dans quelques semaines
On en reparlera certainement dans quelques semaines

. Pour plus d'informations sur la relocalisation des entreprises, n'hésitez-donc pas à lire ou à relire le dossier du 22 septembre 2014.

http://competitiviteinfrance.overblog.com/2014/09/delocalisations-relocalisations.html

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Covid-19, une première de cette ampleur en France, vraiment ?

Publié le par Jacques SAMELA.

Covid-19, une première de cette ampleur en France, vraiment ?
Covid-19, une première de cette ampleur en France, vraiment ?

Covid-19, SRAS, H1N1, MERS, effectivement, on a l'impression de les découvrir récemment, et pourtant ce n'est pas le cas. Lisez donc les liens ci-dessous, cela vous démontrera certainement que notre mémoire collective (pas seulement dans ce domaine précis) est plus que défaillante :

 

https://www.latribune.fr/journal/edition-du-2210/enquete/294134/1957-100.000-morts.html

https://www.liberation.fr/france/2005/12/07/1968-la-planete-grippee_540957

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JEDI (suite)

Publié le par Jacques SAMELA.

JEDI (suite)
JEDI (suite)

La fondation JEDI lance un challenge pour trouver un traitement thérapeutique contre le Covid-19

 Le 10/04/2020

Nous avons échangé avec André Loesekrug-Pietri, directeur de JEDI, une fondation européenne pour créer un écosystème technologique pour penser aux défis de demain à travers l’innovation de rupture. JEDI vient de lancer un nouveau challenge pour augmenter les chances de trouver un traitement thérapeutique contre le Covid-19. L’équipe gagnante peut remporter jusqu’à 2 millions d’euros.

« L’idée est de mettre en concurrence mais aussi d’inciter différentes disciplines scientifiques et technologiques à travailler ensemble dans le but de réussir à tester des milliards de molécules pour essayer d’identifier une ou plusieurs qui ont un impact décisif sur le virus. Pour le moment, on test seulement quelques molécules individuelles. L’objectif est de passer à une échelle jamais connue auparavant en réunissant des grands professionnels du calcul à haute performance, de intelligence artificielle, des spécialistes de biologie moléculaire et des épidémiologistes », met en avant André Loesekrug-Pietri, directeur de JEDI.

Retrouvez l’intégralité de l’interview d’André Loesekrug-Pietri, directeur de la fondation JEDI :

https://www.frenchweb.fr/la-fondation-jedi-lance-un-challenge-pour-trouver-un-traitement-therapeutique-contre-le-covid-19/398115

 

Et pour plus d'informations, n'hésitez-pas à lire ou à relire le dossier du 29 juillet 2019 :

http://competitiviteinfrance.overblog.com/2019/07/le-rendez-vous-de-l-europe-jedi-un-modele-une-ambition-pour-l-europe.html

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Luc Besson, Xavier Niel (suites)

Publié le par Jacques SAMELA.

Luc Besson, Xavier Niel (suites)
Luc Besson, Xavier Niel (suites)
Vu et lu dans Les Echos du 02/03/20
Vu et lu dans Les Echos du 02/03/20

Vu et lu dans Les Echos du 02/03/20

. Pour plus d'information, n'hésitez-pas à lire ou relire le portrait français du 29 septembre 2015, intitulé : Luc Besson : Attention, silence, actions

 

Iliad: son fondateur Xavier Niel reprend les rênes

18/03/2020

https://www.frenchweb.fr/iliad-son-fondateur-xavier-niel-reprend-les-renes/396185

 

Le groupe Iliad, maison mère de l’opérateur Free, s’est félicité mardi d’un retour à la croissance de ses ventes en France et de « bons résultats » annuels, dans un contexte de pandémie qui trouble certains objectifs pour 2020. Iliad a également annoncé le retour à la présidence du conseil d’administration de son fondateur et premier actionnaire Xavier Niel, passé en début d’année de 50% à 71% du capital en souscrivant pour 1,3 milliard d’euros à une opération de rachat d’actions. M. Niel avait quitté la présidence du conseil d’administration en 2004 sur fond d’ennuis judiciaires, pour devenir vice-président et directeur général chargé de la stratégie.

Après une année 2018 difficile en raison notamment d’un contexte concurrentiel très fort en France -les ventes avaient reculé de 2% dans le pays, entraînées par la baisse du nombre d’abonnés- Iliad a observé en 2019 une progression de 9% à 5,3 milliards d’euros de son chiffre d’affaires consolidé, et de 3% pour ses activités en France. Le groupe a publié pour 2019 un bénéfice net de 1,7 milliard d’euros, multiplié par cinq sur un an, grâce notamment à la cession de pylônes télécoms en France et en Italie. Le titre d’Iliad s’est envolé mardi en Bourse de 17% à 15h00, dans un marché qui perdait encore du terrain à 1,58%.

Depuis le début de l’année, il n’a baissé que de 1,17%, marquant une très bonne résistance aux conséquences économiques de l’épidémie de coronavirus. Le nombre d’abonnés français repart même à la hausse au quatrième trimestre (+17 000 abonnés mobiles, +32 000 abonnés fixes), même s’il s’inscrit en baisse de 0,5% sur un an à 19,8 millions.

« Possible report » des enchères 5G 

En Italie, la base d’abonnés mobiles progresse et dépasse les cinq millions au 4ème trimestre, mais les efforts d’investissement réalisés dans ce pays pèsent pour 253 millions d’euros sur le résultat opérationnel (Ebitdaal) du groupe et le font diminuer de 6%. « L’épidémie actuelle pourrait impacter Iliad et ses objectifs comme l’ensemble des entreprises évoluant dans le secteur des télécommunications », a cependant déploré Iliad dans son communiqué. Les risques concernent la pénurie de certains composants électroniques et le ralentissement du déploiement de ses réseaux fixes et mobiles. Le groupe a notamment réévalué le nombre de « sites » mobiles qu’il veut activer d’ici à la fin de l’année en Italie, très touchée par le coronavirus, à 5 000, et attend de ce fait des « pertes d’Ebitdaal 2020 (résultat opérationnel courant) en réduction par rapport à 2019 ».

Le groupe a également « intégré un possible report de l’appel d’offres » dans la procédure d’enchères sur l’acquisition des fréquences 5G qui doit commencer en avril en France, mais espère toujours lancer ses forfaits commerciaux 5G d’ici la fin de l’année, a déclaré le directeur général du groupe Thomas Reynaud, lors d’un échange téléphonique avec des journalistes. La position actuelle du groupe est identique sur l’offre professionnelle ou la nouvelle Freebox, dont les lancements sont pour le moment maintenus pendant l’année.

Le groupe s’est voulu rassurant sur les capacités de son réseau à soutenir la hausse continue des usages en période de confinement. Ils sont « très sollicités » en Italie, avec « une hausse du trafic en soirée de l’ordre de 15% à 20% sur le réseau mobile et une occupation plus forte dans la journée », et en France avec des pics très forts après les allocutions du Président de la République, mais « aucune congestion » n’est visible à ce stade, en France ou en Italie.

 

. Pour plus d'informations, n'hésitez-pas à lire ou à relire le portrait français du 25/09/17, intitulé : Xavier Niel, l'oncle d'Amérique de la French Tech.

 

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De l’importance de l’Europe, et bien d’autres choses

Publié le par Jacques SAMELA.

De l’importance de l’Europe, et bien d’autres choses
De l’importance de l’Europe, et bien d’autres choses

Vous qui me suivez, pour certains depuis le début, pour d’autres depuis moins longtemps, vous devez donc savoir que je suis plutôt pro-européen, mes écrits de l’année dernière, élections obligent, l’attestent, eh bien je me demande si ce n’est pas durant des moments aussi difficile que celui que nous vivons aujourd’hui, que l’Union européenne devrait justement être à l’origine de réponses attendus par l’ensemble de la population européenne.

Alors il est vrai que la crise inhérente au Covid-19 est mondiale, mais il vrai aussi que l’Europe et notamment l’Italie, l’Espagne, la France y payent un lourd tribut.

Mais que dire des crises précédentes, celle financière en 2008, celle des réfugiés, qui comme nous le savons tous, est loin d’être terminée, le terrorisme dans bon nombres de pays européen, loin d’être terminé également, les incendies de forêt récurrents au Portugal chaque été, ceux de l’année dernière en Suède, une première, le Brexit, actée en début d’année, et peut être encore repoussé, eu égard à la situation actuelle, sans oublier également l’émergence d’un monde politique, économique et militaire plus acerbe que jamais, avec notamment des changements flagrants dans certaines alliances anciennes, une concurrence économique privilégiant le rapport de force au détriment d’ententes commerciales en œuvre depuis de nombreuses années, et également des menaces nouvelles, plus militaires cette fois-ci, aux portes de l’Union, obligeant en cela les 27 à réfléchir vraiment à ce qu’ils veulent pour leur défense commune, sachant par exemple que le dit parapluie américain, ouvert depuis la fin de la 2ème guerre mondiale, a plutôt tendance aujourd’hui, à se rétracter.

Alors, que faire, attendre sagement la prochaine, après avoir bien évidemment réglée celle d’aujourd’hui, l’urgence étant effectivement de traiter les conséquences directes du Covid19, c’est-à-dire de gérer l’afflux des malades dans de bonnes conditions, afin de limiter bien évidemment au maximum les décès ?

Avec une question quand même, comment se fait-il que les dernières épidémies comme le H1N1, le SRAS, mais aussi les récurrentes grippes aviaires et porcines, viennent essentiellement d’Asie, et notamment de Chine ?  Pour un pays qui ne cache pas son désir de devenir le leader du monde, ce qu’il n’est pas encore, risquant même avec cette crise de perdre du terrain à l’échelle économique, même si actuellement il en « profite » quelque peu en nous vendant des millions de masques, il devrait avant tout en suivre les règles, sanitaires déjà, c’est ce qui nous préoccupe aujourd’hui, mais aussi économiques, démocratiques et politiques, ce qui est loin d’être le cas, car par exemple, en nombre de décès dus au Covid19, il ne dépasse toujours pas les 4 000 (chiffre officiel), alors que d’autres sources, non gouvernementales bien sûr, mais se référant à la remise des urnes aux familles des défunts, il s’avère que l’on serait plus proche de 40 000, voire de 60 000 décès, d’après d’autres. Quand on voit les chiffres en Europe, effectivement, il y a anguille sous roche.

Donc, clairement, et on ne remerciera pas assez ces femmes et ces hommes, en première ligne, au détriment parfois, souvent, de leur santé, mais heureusement accompagnés, soutenus même chaque soir par une bonne partie de la population, je pense qu’ils mériteraient amplement d’être remerciés durant la fête nationale, défilant au-devant de ceux qui habituellement sont dédiés à la défense de notre pays, également en soutien, par l’apport de moyens militaires aériens, terrestres, maritimes, et bien évidemment de santé.

Sans oublier également tous ceux qui font que l’on continue à vivre presque normalement, soit les livreurs, les facteurs, les éboueurs, les caissières et l’ensemble des salariés des commerces dits de nécessités, les forces de l’ordres, les équipes de nettoyage, notamment dans les hôpitaux, mais aussi ailleurs, les routiers, fondamentaux pour l’approvisionnement, les entreprises qui changent leurs productions pour fabriquer des masques, des blouses, du gel, et j’en oublie certainement. Bravo à eux Tous.

Mais pour revenir au sujet du jour, j’ose espérer que cette crise sanitaire engagera les pays européens à réfléchir à comment ensemble ils doivent désormais préparer celles qui arrivent, car nous ne sommes plus à l’abri d’autres du même genre, voire de nouvelles, dont celle qui pour moi pourrait, et d’autres, des spécialistes, plus à même que moi le disent depuis longtemps, déclencher des dégâts exceptionnels sur nos sociétés, et donc sur nos vies, j’entends des cyber-attaques généralisées (revoir le film « Die Hard 4 avec Bruce Willis), de la part de cyber-terroristes ayant des moyens suffisants, ou alors secondés par des états malveillants, souhaitant mettre à genoux nos pays, car représentant pour eux un monde honni, loin de leurs critères de fonctionnement.

Donc, que ce soient l’une ou l’autre de ces crises, je pense qu’il serait judicieux de créer des sortes de Task Force sur chaque sujet défini, avec une concertation hors normes pour préparer l’impensable.

Par exemple, dans le cadre de feux de forêt comme ceux du Portugal, pourquoi ne pas mettre en commun une force d’intervention spéciale, avec hommes et moyens conséquents, mise en réserve dans plusieurs lieux stratégiques, prête à l’emploi à tous moments, afin d’éviter comme presque à chaque fois des dégâts considérables et des morts ?

Et dans le cadre d’une crise sanitaire comme celle que nous vivons aujourd’hui, pourquoi ne pas créer des réserves plus que suffisantes dans l’ensemble des pays européens, afin de pallier rapidement aux réponses à donner pour juguler ce genre de situation, avant une intervention plus générale ?

Bien évidemment, tout cela serait financé par les instances européennes, avec pour chaque pays, des moyens donnés après évaluation, en fonction de sa taille, de sa population, de ses besoins concrets, etc….

Et pour se faire, l’idée serait donc de réfléchir en amont des dangers possibles, probables, même peu réalisables, afin justement d’éviter de réagir chacun de son côté, et donc de se retrouver seul, en tous les cas au début, face à des situations exceptionnelles comme celle d’aujourd’hui.

Mais malheureusement, ce n’est pas encore gagné, car malgré la situation, les discussions pour l’après, notamment en termes économiques, sont de nouveau l’occasion de voir revenir ce fossé séparant les pays européens dits du sud, dont la France, à ceux du nord, comme les Pays Bas, voire l’Allemagne, soucieux de leurs équilibres budgétaires, et peu enclins à déroger à leurs règles établies, soit de ne pas dépenser à tout va, ce qu’ils reprochent de temps en temps aux autres pays. Mais, attention, car manifestement, d’autres voies se font entendre dans ces pays pour changer cela, en poussant les plus récalcitrants à envisager une autre voie, qui est celle notamment d’émettre ce que l’on appelle déjà des « coronabonds* ».

Car cette fois-ci, c’est tout le monde qui va souffrir, et c’est donc ensemble que l’Union européenne se devra de répondre aux suites de cette crise. Et heureusement que les différentes instances européennes ont clairement annoncées que des mesures extraordinaires seront prises, comme par exemple par la BCE (Banque centrale européenne), souhaitant mettre en place un plan de 750 milliards d’Euros pour le rachat de dettes privées et publiques, en attendant d’autres actions pour accompagner le retour à une normalité qui mettra du temps à se concrétiser, voire à faire que l’Union européenne devienne enfin cet espace économique, démocratique, politique, exceptionnel dans l’histoire, que les pères fondateurs ont souhaités créer, mais par étapes comme ils disaient. Cette crise en est donc une nouvelle.

Et pour finir, un coup de gueule, et un message adressé à tous ceux qui selon eux, auraient mieux fait que les autres, avant, pendant, et même certainement après cette crise sanitaire, ils ne se gêneront pas vous verrez, taisez-vous, car c’est toujours plus facile de le dire que de le faire. Ce n’est certainement pas Roselyne Bachelot qui dira le contraire, elle qui devant l’imminence de l’arrivée de la grippe H1N1 en 2009, avec de la pression, déjà, décida de commander des millions de vaccins pour répondre à ce virus.

Heureusement, cette fois-ci, le risque disparu assez rapidement, ne faisant finalement « que » 349 morts, sans empêcher pour autant que beaucoup se ruèrent sur la ministre, en disant que l’argent dépassé n’en valait pas la peine. Et aujourd’hui, certains de ceux-ci ont le culot de dire que finalement elle avait eu raison. Gonflé quand même.

A bon entendeur salut, et surtout, RESTEZ CHEZ VOUS.

*Les coronabonds sont la contraction des mots coronavirus et eurobonds, le mot anglais pour euro-obligations. Les euro-obligations sont des emprunts émis en commun par les pays de la zone euro sur les marchés financiers. Concrètement, les eurobonds consistent à mutualiser, à l’échelle européenne, la dette des pays de la zone euro. Les pays émettent ensemble des obligations sur les marchés financiers. Ceux qui versent habituellement les taux d'intérêt les plus élevés peuvent ainsi bénéficier des taux plus bas des pays plus solides.

Jacques Samela

 

A lire :

. https://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/les-coronabonds-en-sept-questions-843086.html

. https://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/bouclier-reconstruction-collective-croissance-verte-christine-lagarde-donne-ses-remedes-anti-crise-844769.html?xtor=EPR-2-[l-actu-du-jour]-20200409&_ope=eyJndWlkIjoiODg0MzIyNjY3OWUxNzQwOGMwNTk3YWFlZTFiNGIxODYifQ%3D%3D

.https://rep.repubblica.it/pwa/commento/2020/04/01/news/europa_ursula_von_der_leyen_bruxelles_scusateci_ora_la_ue_e_con_voi-252912437/?ref=RHPPTP-BH-I252740655-C12-P4-S1.8-T1

. https://www.batiactu.com/edito/face-au-coronavirus-europe-debloque-8-milliards-euros-59260.php?MD5email=8843226679e17408c0597aaee1b4b186&utm_source=news_actu&utm_medium=edito&utm_content=article

 

 

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Airbus, Dassault (suites)

Publié le par Jacques SAMELA.

Airbus, Dassault (suites)
Airbus, Dassault (suites)

L'A400M d'Airbus et le Falcon de Dassault rejoignent l'opération de transport aérien de malades du Covid-19 "Résilience"

PUBLIÉ LE 06/04/2020

https://www.usinenouvelle.com/article/depuis-debut-avril-l-operation-resilience-multiplie-le-transport-aerien-de-malades-du-covid-19.N950561#xtor=EPR-

 

Depuis sa mise en place fin mars, l'opération "Résilience" de l'armée française mobilise nombre de ses appareils pour le transport aérien de malades du Covid-19. 

Dans le cadre de l'opération "Résilience" des armées françaises, mise en place pour lutter contre le Covid-19, les transports aériens de malades et de personnels soignants se multiplient, notamment grâce aux acteurs du secteur, comme Airbus et Dassault.

Le vendredi 3 avril, quatre patients ont été transférés d'Île-de-France vers Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), à l'aide d'un A400M de l'Armée de l'Air. L'appareil a atterri en soirée à l'aéroport d'Aulnat, où des équipes médicales ont pris en charge les malades. Capable de faire voler jusqu'à 37 tonnes ou 116 passagers, l'A400M est utilisé, depuis sa mise en service en 2013, par l'armée française pour le transport, l'aérolargage de personnel et de matériel y compris à très grande hauteur, le ravitaillement en vol ou les évacuations sanitaires.

 

. Pour plus d'informations, n'hésitez-pas à lire ou à relire le dossier du 03 juin 2013, intitulé : Airbus, de l'A300 à l'A350.

Vu et lu dans Les Echos du 08/01/20

Vu et lu dans Les Echos du 08/01/20

Dassault compte livrer 13 Rafale et 40 Falcon en 2020

Le 2 Mars 2020

https://vipress.net/dassault-compte-livrer-13-rafale-et-40-falcon-en-2020/

 

Dassault Aviation a réalisé un crû exceptionnel en 2019 : porté par une livraison record de 26 avions de combat Rafale à l’export, son chiffre d’affaires a bondi de 44%, à 7341 millions d’euros.

Les prises de commandes 2019, comprenant le contrat pour le maintien en condition opérationnelle (« MCO ») du Rafale France RAVEL (RAfale VErticaLisé), se sont élevées à 5693 millions d’euros, en hausse de 13% par rapport à 2018, qui avait enregistré la prise de commande de 12 Rafale supplémentaires Qatar.

Le résultat net ajusté 2019 est de 814 millions d’euros en hausse de 20%, (681 millions d’euros en 2018), soit une marge nette de 11,1% du chiffre d’affaires.

« L’année 2019 a été singulièrement dense pour notre groupe : la livraison de 26 Rafale Export, des avancées importantes sur le Système de Combat Aérien Futur (SCAF) avec, au centre, le futur avion de combat New Generation Fighter (NGF) pour lequel nous avons été désigné leader industriel, la livraison de 40 Falcon et l’enregistrement de 40 prises de commandes de Falcon dans un marché difficile », commente Éric Trappier, p-dg de Dassault Aviation.

Le carnet de commandes au 31 décembre 2019 est de 17 798 millions d’euros contre 19 376 millions d’euros au 31 décembre 2018. Il est composé :

  • du carnet de commandes Défense Export qui s’élève à 10 725 millions d’euros contre 14 217 millions d’euros au 31 décembre 2018. Il est constitué principalement de 47 Rafale contre 73 Rafale au 31 décembre 2018.
  • du carnet de commandes Défense France qui s’élève à 4 740 millions d’euros contre 3 011 millions d’euros au 31 décembre 2018. Il comprend en particulier 28 Rafale (comme au 31 décembre 2018), le contrat MCO RAVEL pour le Rafale et le standard F4 du Rafale.
  • du carnet de commandes Falcon qui s’élève à 2 333 millions d’euros contre 2 148 millions d’euros au 31 décembre 2018. Il comprend notamment 53 Falcon (dont les 2 Falcon 8X Archange) comme au 31 décembre 2018.

Dans ce contexte, le groupe prévoit, en 2020, la livraison de 40 Falcon comme en 2019 et de 13 Rafale (contre 26 en 2019) et un chiffre d’affaires en retrait.

 

. Pour plus d'informations, n'hésitez-pas à lire ou à relire le dossier du 19 juin 2017, intitulé : Dassault, cent et, un ans d'innovations.

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Christian Louboutin, retour à la source

Publié le par Jacques SAMELA.

Photo J.S.
Photo J.S.

Photo J.S.

Alors que venait de s’ouvrir au palais de la Porte Dorée (www.palais-portedoree.fr) l’exposition intitulée « L’Exhibitioniste », condensé de 30 ans de carrière du créateur Christian Louboutin, voici avant sa  réouverture, et donc la fin de notre confinement, un petit retour en arrière sur la vie et l’avènement du roi de vos pieds Mesdames, mais pas que, j’y reviendrai.

Né à Paris en 1964, il est le petit dernier d’une famille composée déjà de trois grandes filles, avec il l’apprendra bien plus tard, une petite différence venue manifestement de très loin, rapport à sa peau mate, en totale contraire de ses trois sœurs plutôt blondinettes.

Fréquentant assidûment les lieux emblématiques de son quartier, comme le Zoo de Vincennes, la Foire du Trône, ou l’aquarium tropical, c’est justement durant une de ses visites du Palais de la Porte Dorée, chef d’œuvre de style art déco, créé à l’occasion de l’exposition coloniale de 1931, et désormais Musée national de l’immigration, qu’il découvrit un panneau indiquant que le port de talons aiguilles y était interdit, en raison du parquet ancien.

Il y fût saisi par ce dessin, représentant à la perfection un escarpin noir, avec un talon pointu et vertigineux, qui deviendra justement une de ses marques de fabrique, et juste après cette vision, une fixation, se mettant à dessiner avec frénésie ce même type de soulier, notamment en classe.

Ensuite, et après une adolescence plutôt chaotique, le menant notamment à fréquenter certains lieux de nuit, et notamment le Palace, temple de la nuit parisienne de l’époque, il devient à 18 ans stagiaire chez le chausseur de luxe, Charles Jourdan (1883-1976), considéré comme l’inventeur du talon aiguille, où, en titi parisien qu’il était, et accueilli plutôt fraichement, il apprends la technique de la création, ainsi que le métier de modéliste. Il y restera seulement un an.

Travaillant par la suite en free-lance pour Hervé Léger ou Chanel, il devint en 1988 l’assistant personnel de Roger Vivier (1913-1998), styliste français spécialisé également dans la chaussure, avec pour l’occasion, la possibilité de participer à l’organisation d’une exposition dédiée à son œuvre.

Cependant, après cette expérience certes enrichissante, il bifurque pourtant vers une activité totalement différente, mais déjà une passion pour lui, celle de paysagiste. Il y officiera pendant plusieurs années, avant d’ouvrir finalement sa première boutique à la fin de l’année 1991, lançant en cela sa marque définitivement. Deux autres suivront les années suivantes, avant celles de New York.

Quatre ans après, et quelques tâtonnements, il devient le chausseur attitré des défilés de créateurs comme Jean-Paul Gaultier, Azzaro, Givenchy, Lanvin, ou encore Yves Saint Laurent, pour qui il crée une marque éphémère pour ses adieux, appelée « Christian Louboutin for Yves Saint Laurent Haute Couture 1962 – 2002 ».

Il lance également sa première collection de sacs à main, prémisses d’une diversification à venir, dont celle consacrée au monde de l’homme, avec l’ouverture notamment de sa 45ème boutique en 2011, la création en 2014 de sa première collection de vernis à ongles, la commercialisation en 2015 de sa première gamme de rouge à lèvres, ses premiers parfums en 2016, suivi en 2017 d’une gamme de maquillage pour les yeux.

Et comme vous pouvez le voir, on parle de couleurs, et notamment de ce rouge, utilisé pour les semelles de ses chaussures, reconnues entres toutes, et qui bien sûr est devenu sa marque de fabrique. Mais d’où cela vient t’-il exactement ?

Eh bien tout simplement d’une de ses collaboratrices, qui un jour, se faisant les ongles avec un vernis de la marque Chanel rouge, interpella le créateur, qui de suite eu l’idée d’en badigeonner une semelle de chaussure à sa disposition, habituellement noire, comme l’ensemble des chaussures en fait. L’effet est saisissant, rappelant en lui cette couleur rouge utilisé par Andy Warhol et son désormais pop art, dont il raffole. Il vient de trouver là une nouvelle différence, et qui fera date celle-ci. Pour la petite histoire, et pour être technique, le rouge employé est la couleur numéro 18.1663TP du nuancier Pantone (www.planetecouleur.com).

Depuis, et après quelques collaborations avec Ladurée pour ses macarons, le groupe Mattel pour quelques-unes de ses poupées Barbie, Disney pour une (la) chaussure de Cendrillon, ou encore le Crazy Horse dans le cadre du spectacle intitulé Désirs, il s’est effectivement adressé aux hommes, avec comme déclencheur, le chanteur Mika, qui un jour en 2007,  lui demanda de réfléchir à une chaussure pour sa prochaine tournée.

Ravi certainement du résultat, mais surtout du ressenti plus que favorable du chanteur, il se lança donc trois ans plus tard en créant sa première collection masculine, avec bien évidemment, la semelle rouge, il n’y pas de raison.

Et depuis, ce sont près d’une quinzaine de boutiques pour hommes qui ont été ouvertes, complétant en cela la centaine de points de ventes mixtes à travers le monde, démontrant la montée en puissance de la gent masculine dans la clientèle autrefois essentiellement féminine.

Et que dire de cette édition limitée en 2017, dédiée aux bébés et appelée Loubibabys ?

Une demande de ses aficionados, désormais parents et souhaitant perpétuer une tradition dans le temps, ou tout simplement un  souhait du créateur afin de préparer les futures générations à ses modèles moins classiques comme les baskets, qui, désormais partie plus que prenante de sa panoplie de modèles, sont même devenues les plus contrefaites de sa collection, avec la petite maroquinerie ?

Sans oublier bien évidemment sa fameuse semelle rouge, qui, succès oblige, occasionna des litiges assez longs contre des marques comme la Maison Yves Saint Laurent aux Etats-Unis, Zara, ou encore la marque brésilienne Carmen Steffens, car proposant également des semelles rouges sur leurs modèles de chaussures, sciemment ou pas, ou en tout cas avec le souhait de surfer sur la vague, firent que Christian Louboutin, en plus de ces actions de justice, créa un site en ligne (www.stopfakelouboutin.com), afin d’informer sa clientèle de ces agissements, mais également de leur donner des indications pour obtenir réparation, réparation qu’il obtint lui finalement en 2018 par la Cour de justice européenne, après la cour d’appel de paris, en précisant que sa semelle rouge représentait bien une marque en soi, avec possibilité de la protéger par tous les moyens légaux.

Victoire donc, qu’il souhaitait certainement partager avec ses fidèles, ainsi qu’avec ce public, attendu en nombre, mais, c’était compter sans ce virus, qui malheureusement nous obligera à attendre, avant d’aller voir son univers haut (comme ses chaussures) en couleurs.

Jacques Samela

 

Sources :

. Wikipedia

. Le Parisien Weekend du 15/09/17

. Le Parisien Weekend du 14/02/20

. Elle n° 3870 du 21/02/20

 

 

 

Vu dans Le Parisien Weekend du 14/02/20

Vu dans Le Parisien Weekend du 14/02/20

Vu et lu dans Le Parisien Weekend du 14/02/20
Vu et lu dans Le Parisien Weekend du 14/02/20
Vu et lu dans Le Parisien Weekend du 14/02/20

Vu et lu dans Le Parisien Weekend du 14/02/20

Vu et lu dans Elle n° 3870 du 21/02/20
Vu et lu dans Elle n° 3870 du 21/02/20
Vu et lu dans Elle n° 3870 du 21/02/20

Vu et lu dans Elle n° 3870 du 21/02/20

Vu et lu dans le Parisien Weekend du 15/09/17
Vu et lu dans le Parisien Weekend du 15/09/17

Vu et lu dans le Parisien Weekend du 15/09/17

Vu et lu dans le Parisien Weekend du 15/09/17
Vu et lu dans le Parisien Weekend du 15/09/17

Vu et lu dans le Parisien Weekend du 15/09/17

Vus et lus dans Les Echos du 11/06/18, et Challenges n° 571 du 21/06/18
Vus et lus dans Les Echos du 11/06/18, et Challenges n° 571 du 21/06/18

Vus et lus dans Les Echos du 11/06/18, et Challenges n° 571 du 21/06/18

Vus et lus dans Gala n° 1394 du 27/02/20, Stylist n° 281 du 13/02/20, et M et magazine du Monde n° 442 du 07/03/20
Vus et lus dans Gala n° 1394 du 27/02/20, Stylist n° 281 du 13/02/20, et M et magazine du Monde n° 442 du 07/03/20

Vus et lus dans Gala n° 1394 du 27/02/20, Stylist n° 281 du 13/02/20, et M et magazine du Monde n° 442 du 07/03/20

Publié dans Portrait français.

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Actronika (suite)

Publié le par Jacques SAMELA.

Actronika (suite)
Actronika (suite)
Vu et lu dans L'Usine Nouvelle n° 3647 du 20/02/20

Vu et lu dans L'Usine Nouvelle n° 3647 du 20/02/20

. Pour plus d'informations, n'hésitez-pas à lire ou à relire l'intervention exceptionnelle de cette société le 05 février dernier dans la rubrique intitulée "Les Experts".

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En attendant de trouver un remède

Publié le par Jacques SAMELA.

En attendant de trouver un remède
En attendant de trouver un remède

Qui est Moderna, la biotech américaine à l'origine du premier vaccin expérimental contre le Covid-19 ?

https://www.usine-digitale.fr/article/qui-est-moderna-la-biotech-americaine-a-l-origine-du-premier-vaccin-experimental-contre-le-covid-19.N941291

 

Dirigée par le Français Stéphane Bancel, la biotech américaine Moderna Therapeutics s'est spécialisée dans les traitements à base d'ARN. Cette technologie est à l'origine de la fabrication du premier vaccin expérimental contre le Covid-19, qui est actuellement testé sur un groupe de 45 patients sains aux Etats-Unis. Les autorités sanitaires appellent tout de même à la prudence car il faudra entre un an et un an et demi pour que le vaccin soit disponible sur le marché.

Les Instituts américains de la santé (NIH) ont annoncé, le 16 mars 2020, le début d'un premier essai clinique pour un vaccin contre le Covid-19. 45 participants sains recevront deux doses du vaccin par injection intramusculaire à environ 28 jours d'intervalle.

C'est la start-up Moderna Therapeutics, fondée en 2011, qui à l'origine de ce précieux sérum. Elle a réussi un tour de force en le fabriquant en seulement 42 jours, contre environ un an habituellement. Si les scientifiques ont pu fabriquer si vite ce vaccin, c'est grâce aux études qu'ils avaient menées en interne sur le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) et le syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS). Cette annonce a fait bondir son action de 12,3% à 20,90 dollars à la Bourse de New York, à contre-courant des principaux indices américains qui sont profondément dans le rouge.


SPÉCIALISTE DES TRAITEMENTS À BASE D'ARN
Basée à Cambridge, dans le Massachusetts, cette biotech est actuellement dirigée par le Français Stéphane Bancel. Elle s'est spécialisée dans les traitements à base d'ARN (acide ribonucléique) et travaille sur un large éventail de traitements : anticorps, protéines thérapeutiques et vaccins. En octobre 2013, la Defense Advanced Research Projects Agency (Darpa) lui a accordé une subvention d'une valeur de 24,6 millions de dollars pour la recherche et le développement de sa technologie anti-ARNm, afin de lutter contre les maladies infectieuses et les armes biologiques.

Dans le fonctionnement des cellules, l'ARN constitue l'étape intermédiaire entre l'ADN et les protéines. Plutôt que d'administrer les protéines contenues dans les médicaments actuels, l'idée est d'administrer directement l'ARN, c'est-à-dire le "programme" qui produit ces protéines. Une approche qui semble simple mais dont l'exécution en pratique est très compliquée.


Le vaccin expérimental "ARNm-1273" repose justement sur cette technique. Il doit ordonner aux cellules de l'organisme d'exprimer une protéine virale dont les scientifiques espèrent qu'elle produira une réponse immunitaire robuste. Pour l'instant, il s'est révélé prometteur sur les animaux, d'où la possibilité de l'administrer à l'humain et à débuter la phase 1 de l'essai clinique. L'objectif de cette étape est de vérifier l'innocuité d'un vaccin, démontrer qu'il atteint la région cible dans l'organisme et acquérir des preuves préliminaires affirmant sa valeur thérapeutique.

UN LONG CHEMIN À PARCOURIR
Les phases 2 et 3 permettent d'accroître le nombre de participants à l'essai. Avant de mettre le produit sur le marché, l'étape de pharmacovigilance devra surveiller l'efficacité des médicaments et la prévention du risque d’effet indésirable résultant de leur utilisation, que ce risque soit potentiel ou avéré. Le chemin est donc encore long... et pourrait par ailleurs être considérablement affecté en cas de mutation du virus.

ALICE VITARD

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