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L' Union Européenne : Ma petite histoire (suite)

Publié le par Jacques SAMELA.

Vus et lus dans l'Usine Nouvelle n° 3504 du 23 février 2017, le magazine Val d'Oise, et Les Echos du 13 décembre 2016 et du 13 janvier 2017
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Vus et lus dans l'Usine Nouvelle n° 3504 du 23 février 2017, le magazine Val d'Oise, et Les Echos du 13 décembre 2016 et du 13 janvier 2017

Vus et lus dans l'Usine Nouvelle n° 3504 du 23 février 2017, le magazine Val d'Oise, et Les Echos du 13 décembre 2016 et du 13 janvier 2017

La France dans l’UE

Idéalement placée géographiquement parlé au sein des pays membres de l’Union Européenne, la France, de par son poids politique, économique, militaire et démographique, tient toujours un rôle de premier plan dans son fonctionnement actuel.

Comme vous le savez, elle fût l’une des instigatrices de sa création, grâce notamment à la réconciliation franco-allemande, scellée en 1963 par le traité de l’Elysée, faisant de ces deux pays le moteur de la construction européenne naissante.

Aujourd’hui donc, La France représente la 2ème puissance économique de l’UE, et en est également le deuxième pays contributeur au budget de l’Union (19,01 milliards d’Euros en 2015) derrière l’Allemagne, tout en étant redevenu le premier bénéficiaire en volume des dépenses de l’Union Européenne, avec par exemple les 7 milliards d’Euros versés aux agriculteurs français.

En 2012, la Banque européenne d’investissement (BEI) avait accordé plus de 8 milliards d’Euros de nouveaux financements pour des infrastructures et des projets d’entreprises, soit une hausse de 80 %, avec en 2013, une somme quasi similaire, complétée en cela par les 546 millions d’Euros du Fonds européen d’investissement (FEI) pour les PME et les TPE françaises, passant même à 1,15 milliards d’Euros, soit une hausse de 74 % en un an, après l’accord conclu avec la Caisse des dépôts en juin de cette même année.

N’ayant pas toujours été un élément fédérateur et sans reproche dans la construction européenne, avec notamment les rejets en 1954 de la Communauté européenne de défense (on en reparle aujourd’hui), et en 2005 de la constitution européenne, elle reste malgré tout incontournable, avec l’Allemagne aujourd’hui, et encore plus demain avec le départ de la Grande-Bretagne, pour relancer la maison Europe en mal d’actions créatrices d’espoirs et d’adhésions pour un futur de paix, de sécurité, de démocratie et de prospérité, et donc de retrouver les fondamentaux sur lesquels s’est créée l’Union Européenne.

Donnons-lui rendez-vous en 2022 (1er semestre), année où la France assurera à nouveau sa présidence, après celle assurée en 2008.

Jacques Samela

Vus et lus dans Direct Matin du 07 février 2017, Les Echos du 29 février 2017 et Le Parisien du 07 février 2017
Vus et lus dans Direct Matin du 07 février 2017, Les Echos du 29 février 2017 et Le Parisien du 07 février 2017
Vus et lus dans Direct Matin du 07 février 2017, Les Echos du 29 février 2017 et Le Parisien du 07 février 2017
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L'Union Européenne : Ma petite histoire (suite)

Publié le par Jacques SAMELA.

Vus et lus dans La croix du 09 mai 2016, et le Parisien Magazine du 07 octobre 2016
Vus et lus dans La croix du 09 mai 2016, et le Parisien Magazine du 07 octobre 2016
Vus et lus dans La croix du 09 mai 2016, et le Parisien Magazine du 07 octobre 2016

Vus et lus dans La croix du 09 mai 2016, et le Parisien Magazine du 07 octobre 2016

Une puissance qui s’ignore

Aujourd’hui donc, l’Union Européenne c’est encore 28 pays, plus de 500 millions d’habitants (8 % de la population mondiale), un drapeau bleu avec douze étoiles représentant les peuples d’Europe, reprenant en cela le symbole de la perfection et de la plénitude dans la Grèce antique, un hymne tiré de la 9ème symphonie de Ludwig Van Beethoven qui s’appelle l’hymne à la joie, une devise, « In varietat concordia », qui veut dire « unie dans la diversité », une journée, celle du 09 mai, commémorant la déclaration de Robert Schuman (vu dans le précédent chapitre), une monnaie unique, l’Euro, et même un prix Nobel de la paix, obtenu en 2012 pour l’ensemble de son œuvre.

Mais bien évidemment, c’est plus que cela.

En effet, elle est tout d’abord une confédération d’Etats, avec des caractéristiques d’Etat fédéral. Elle est dotée de sept institutions principales que sont le Conseil de l’Union Européenne et le parlement européen pour la partie législative, le conseil européen et la commission européenne pour la partie exécutive, la cour de justice pour la partie judiciaire, la cour des comptes et la Banque centrale européenne pour la partie économique et financière. Elle est complétée par le comité économique et social, le comité des régions, le médiateur européen et la Banque européenne d’investissement (BEI).

Et elle est aussi un modèle, car depuis sa création, elle a inspiré la formation d’autres entités similaires comme l’Union africaine crée en 2002, l’Union des nations sud-américaines crée elle en 2008, et l’Union économique eurasiatique en 2015.

Mais c’est surtout un géant économique, et ça peu de gens le savent, car elle représente près de 24 % des richesses mondiales avec un PIB d’environ 15 754 milliards d’Euros, elle est le premier ensemble du commerce mondial ainsi que le 1er exportateur mondial de biens manufacturés et de services, le premier partenaire commercial des Etats-Unis, de la Chine, de l’Inde, de la Russie, de la Corée du Sud, ainsi que les pays composant le Mercosur et l’OPEP, soit 60 partenaires commerciaux, et bien sur sa monnaie, l’Euro, qui est aujourd’hui la deuxième monnaie de réserve dans le monde, la deuxième également pour les transactions financières, et la première pour ce qui est de la quantité de billets en circulation. Et elle représente encore aujourd’hui la 3ème puissance démographique mondiale.

Donc, pas si mal pour une Union Européenne à la dérive, enfin pour certains, car comme je l’ai déjà dit dans les chapitres précédents, son existence et son rôle sont devenus primordiaux pour la bonne marche économique mondiale, gênante aussi, car elle est justement une concurrente de premier plan, tout en étant à l’intérieur de ses frontières, garante d’une solidarité entre ses Etats membres, même si certains l’oublient, participant au budget européen en fonction de sa situation économique et démographique, recevant en retour des aides en fonction de sa situation économique et donc de sa richesse, notamment de ses habitants, tout en assurant également une libre circulation des marchandises en son sein, sans contrôles aux frontières et sans droits de douane, facilitant en cela les échanges, une liberté dans les mouvements de capitaux, et bien sur une libre concurrence, devant assurer à l’ensemble des citoyens européens une totale transparence ainsi qu’un libre choix à une échelle jamais vu auparavant.

Et si il est une réussite hautement fédératrice aujourd’hui, c’est bien celle concernant le programme européen de mobilité pour les étudiants et les enseignants, plus connu sous le nom d’Erasmus, qui, venant de fêter ses trente d’existence, avec un budget en hausse de 40 % pour la période 2014-2020, ayant permis à plus de 5 millions de jeunes européens de se confronter à d’autres horizons dans les domaines du savoir, à comme ambition pour l’avenir de l’ouvrir à de nouveaux types de populations, comme les apprentis, les bénévoles ou ceux qui suivent une formation professionnelle, devenant au passage Erasmus +.

Mais que dire également du programme spatial européen, leader mondial grâce à l’apport du lanceur Ariane, avec également l’avènement récent et la mise en service de Galileo, le système européen de positionnement par satellites, dont l’objectif est de donner à l’Europe une indépendance stratégique et économique par rapport au GPS américain.

Donc, je me répète, même si l’Union Européenne est loin d’être « has been », il est certainement vrai aussi qu’elle doit se renouveler, fédérer à nouveau ses citoyens avec des projets d’envergure, et affirmer sans faiblesse son positionnement au sein du monde d’aujourd’hui et bien sûr de demain.

Jacques Samela

 

Vus eu lus dans Les Echos du 21 décembre 2016, du 10 janvier 2017, du 22 février 2017, et du 07 mars 2017, du Parisien Eco du 20 février 2017, et La Croix du 16 février 2017
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L'Union Européenne : Ma petite histoire (suite)

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L'Union Européenne : Ma petite histoire (suite)
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La fondation ou le projet des pères fondateurs

Au sortir de la seconde guerre mondiale, l’Europe est à genoux, aidé par le plan Marshall, appelé par la suite « Programme de rétablissement européen », mais avec déjà les prémices de la guerre froide à l’horizon, avec notamment le Coup de Prague avec la prise de contrôle de la Tchécoslovaquie en février 1948 par le parti communiste tchécoslovaque, sous l’emprise de l’Union soviétique.

Donc, afin d’éviter un retour rapide de la guerre sur le continent européen, des hommes se sont levés avec comme idée de créer une association d’Etats européens de libre-échange, synonyme pour eux d’une intégration inédite, visant à rapprocher des pays récemment antagonistes, vainqueurs comme vaincus.

Il s’agissait du français Jean Monnet (1888-1979), de l’allemand Konrad Adenauer (1876-1967), et de l’italien Alcide De Gasperi (1881-1954). On les appelle aujourd’hui les « Pères fondateurs ».

Cependant, on estime que le discours de Robert Schuman, alors ministre français des Affaires étrangères, en date du 09 mai 1950, est considéré comme le texte fondateur de la construction européenne, suivi en 1951 par la création de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) à l’instigation de six pays que furent la France, l’Allemagne, la Belgique, l’Italie, le Luxembourg, et les Pays-Bas.

Cette nouvelle entité aura donc pour but de favoriser les échanges de matières premières nécessaires à la sidérurgie afin d’accélérer la dynamique économique, et de doter l’Europe d’une capacité de production autonome.

Le traité de Rome, acte fondateur de l’Europe telle que nous la connaissons aujourd’hui, sera lui signé le 25 mars 1957, avec comme idée d’approfondir la coopération des signataires dans les domaines économique, politique et sociaux, et d’aboutir au final à un marché commun permettant la libre circulation des personnes, des marchandises et des capitaux. Elle donc deviendra la CEE pour Communauté économique européenne.

Et, suivant la doctrine des « petits pas » de Robert Schuman, les six premiers signataires seront rejoints en 1973 par le Danemark, l’Irlande et le Royaume-Uni, en 1981 par la Grèce, en 1986 par l’Espagne et le Portugal, en 1995 par l’Autriche, la Finlande et la Suède, en 2004 par Chypre, l’Estonie, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, Malte, la Pologne, la république Tchèque, la Slovaquie et la Slovénie, en 2007 par la Bulgarie et la Roumanie, et en 2013 par la Croatie.

Entre-temps, tout au long de ces nouvelles adhésions, de nouveaux traités furent signés comme celui concernant la fusion des exécutifs à Bruxelles en 1965, l’Acte unique européen à Luxembourg en 1986, entré en vigueur l’année d’après, avec pour but de redynamiser la construction européenne, tout en consacrant l’existence du Conseil européen, réunissant les chefs d’Etats et de gouvernement, renforçant également les pouvoirs du parlement européen, le fameux traité de Maastricht en 1992 où la CEE devint l’Union Européenne, et où apparut la citoyenneté européenne permettant la circulation et la possibilité de résider librement dans les pays de l’Union, donnant également le droit à ceux-ci de voter et d’être élu où ils résident durant les élections européennes et municipales, et aussi l’avènement de la monnaie unique, l’Euro.

D’autres traités seront mis en vigueur, comme celui d’Amsterdam en 1999, celui de Nice en 2003, et celui de Lisbonne en 2007, qui régit actuellement le fonctionnement de l’Union Européenne, et légèrement modifié en 2012, afin de répondre aux changements issus de la crise des dettes publiques au sein de la zone Euro.

Jacques Samela

Vu et lu dans La Croix du 09 mai 2016

Vu et lu dans La Croix du 09 mai 2016

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L'Union Européenne : Ma petite histoire

Publié le par Jacques SAMELA.

Vu dans La Croix du 09 mai 2016
Vu dans La Croix du 09 mai 2016

Vu dans La Croix du 09 mai 2016

D’aucuns, que j’appellerai les ennemis de l’intérieur, la compare à l’Union Soviétique, tout en appréciant la politique menée aujourd’hui par ce qui est devenue aujourd’hui la Russie.

D’autres, les ennemis de l’extérieur cette fois-ci, la souhaite divisée. A vous de deviner qui ils sont.

Les raisons ?

D’une part, ces attaques permanentes, rabâchées maintes et maintes fois depuis de nombreuses années, rarement démenties (une erreur ?) sur le fait que l’UE ne représente plus les nations et les citoyens qui la composent.

D’autre part, son poids économique, politique, sociétal, qui nous le savons peu (encore une erreur ?) est devenu au fil du temps un modèle envié de par le monde.

Et pourtant, n’est-elle pas celle qui nous assure depuis 60 ans une paix durable, alors que le continent européen sortait d’une énième guerre meurtrière ?

Je n’en ai pas connu directement, mes parents oui, et je ne souhaite pas que mes enfants en connaissent une nouvelle.

Alors il est vrai qu’elle n’est pas parfaite, loin de là même, car la difficulté à prendre des décisions rapides à 28 (bientôt 27), les atermoiements permanents, toujours bien relayés (trop certainement) sur des sujets forts comme la problématique de la dette, les réfugiés, ou bien évidemment le terrorisme, ne jouent pas en sa faveur, mais pour prendre un exemple un peu similaire, en l’occurrence les Etats-Unis, son histoire fut loin d’être de tout repos, et je crois que cela n’est pas fini.

Et comme le disait l’un des instigateurs de l’UE, le français Robert Schuman (1886-1963), l’Europe ne se fera pas d’un coup, ni dans une construction d’ensemble. Elle se fera par des réalisations concrètes, créant d’abord une solidarité de fait.

Donc, voici une petite histoire de l’Union Européenne, la mienne, chaque jour de la semaine, lui souhaitant au passage un excellent anniversaire. 60 ans quand même.

Jacques Samela

 

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Pour mes lectrices

Publié le par Jacques SAMELA.

Vus et lus dans Les Echos du 12 janvier 2017, et Stylist du 23 février 2017
Vus et lus dans Les Echos du 12 janvier 2017, et Stylist du 23 février 2017
Vus et lus dans Les Echos du 12 janvier 2017, et Stylist du 23 février 2017
Vus et lus dans Les Echos du 12 janvier 2017, et Stylist du 23 février 2017

Vus et lus dans Les Echos du 12 janvier 2017, et Stylist du 23 février 2017

Startups : pourquoi les femmes lèvent deux fois moins d’argent que les hommes

Par Sylvain Rolland | 01/03/2017 / La tribune

Fleur Pellerin, ancienne ministre reconvertie dans l'investissement avec son fonds Korelya Capital, fait partie des rares "stars" françaises de l'entrepreneuriat féminin. (Crédits : Reuters) Selon le baromètre 2017 réalisé par l’association StartHer avec KPMG, les startups dirigées par des femmes ont levé 126,6 millions d’euros en 2016 en France. C’est mieux qu’en 2015 (+84%) mais cela ne représente que 7% du montant total et 13% des levées. Comment rendre la tech plus paritaire ?

Certains clichés ont la vie dure. Notamment celui du profil du startuppeur, qui est souvent un homme, blanc, trentenaire et CSP+. Sans surprise, l'analyse des levées de fonds en France en 2016, menée par l'association StartHer (anciennement Girls in Tech) avec le cabinet d'audit KPMG dans le cadre de leur baromètre annuel publié mercredi 1er mars, tend à confirmer que la parité dans le milieu de la tech reste, en 2017, un combat de longue haleine.

Sous-représentées en général dans le milieu technologique, que ce soit dans les écoles d'ingénieurs et aux manettes d'une startup (en 2016, seules 8% des startups en France étaient créées ou dirigées par des femmes, un chiffre en baisse), les femmes sont mécaniquement moins présentes au moment de lever des fonds. Sur 100 levées réussies en 2016, seules 13 correspondent à une startup dirigée par une femme (15 en 2015). Mais si le montant des fonds levés est en augmentation par rapport à l'année précédente (126,6 millions d'euros, +86%), les femmes ne rattrapent toujours pas leur retard sur leurs homologues masculins. Car ces 126 millions ne représentent que 7% du montant total. La faute à un ticket moyen d'à peine 1,8 million d'euros, contre près du double pour les hommes (3,5 millions). D'ailleurs, si les femmes ont davantage levé en 2016 qu'en 2015, la progression est moins rapide que celle du marché global.

Le crowdfunding prisé par les startuppeuses

Cette inégalité pousse les femmes à se tourner vers d'autres canaux de financement que les traditionnels « VC ». Ainsi, deux plateformes de financement participatif (crowdfunding) se placent cette année dans le Top 5 des investisseurs les plus actifs pour soutenir l'entrepreneuriat féminin. Sowefund a réalisé 60% de ses tours de financement avec des entreprises dirigées par des femmes, et Wiseed 29%.

« En désintermédiant le processus de financement à un grand nombre, les plateformes de crowdfunding s'adressent à des profils d'investisseurs plus diversifiés que les acteurs traditionnels du financement early-stage, qui sont majoritairement dirigés par des hommes », écrit l'étude.

Autre fait intéressant : le réseau Femmes Business Angels, composé uniquement de femmes investisseuses, est l'acteur qui a le plus investi en 2016 dans les startups féminines.

« Il y a même une très large sur-représentation des startups dirigées par des femmes dans leurs choix d'investissements. Cela montre que les biais sont aussi forts pour les investisseurs hommes que pour les femmes : on a tendance à investir dans des profils qui nous ressemblent », décrypte Audrey Soussa, auteure du baromètre et investisseuse chez le fonds Ventech.

Les femmes plus terre-à-terre que les hommes face aux investisseurs

Pas de quoi se réjouir, donc. Seules trois startups dirigées par une femme ont levé plus de 10 millions d'euros : le service de livraison de repas à domicile Frichti (12 millions), le logiciel dédié à l'expérience client Splio (11 millions) et la plateforme d'e-commerce Afrimarket (10 millions). Le faible ticket moyen s'explique aussi par le fait que 47% des levées de fonds féminines concernent des startups en phase d'amorçage, où les montants récoltés sont plus faibles (626.000 euros levés en moyenne), tandis que 41% des opérations sont des premiers tours de table, 9% des deuxièmes tours, et 3% des troisièmes tours.

« La différence au niveau du ticket moyen est toujours la même : quel que soit le degré de maturité de la startup, les femmes lèvent environ moitié moins que les hommes », explique Audrey Soussan.

S'agit-il d'une discrimination, d'une réticence des investisseurs -eux aussi quasi-exclusivement des hommes- à financer des projets portés par des femmes ? Si certaines entrepreneures ont déjà témoigné du sexisme conscient ou inconscient qu'elles rencontrent au moment de demander des fonds, les témoignages de la plupart des femmes qui ont levé en 2016 indiquent qu'elles ont obtenu ce qu'elles souhaitaient.

« Les femmes ne sont pas victimes d'une volonté empêchée de lever davantage. Les comportements dans la tech sont genrés, il ne faut pas le nier. Les femmes sont simplement plus pragmatiques que les hommes, peut-être plus rigoureuses dans leur business plan, elles demandent et obtiennent en général juste ce dont elles ont besoin », affirme Audrey Soussan.

Caroline Ramade, la directrice générale de l'incubateur Paris Pionnières (voir son interview ici), va un peu plus loin. Elle estime que la différence entre les hommes et les femmes sur le montant moyen du ticket s'explique par les codes de l'entrepreneuriat :

« La tech est un milieu très masculin qui promeut des valeurs et des codes associés à la masculinité, comme la culture du risque, le pitch agressif, le discours devenu un cliché qui consiste à dire qu'on va conquérir le monde, ou encore le fait de demander plus que ce que l'on souhaite vraiment. Les femmes sont moins imprégnées de cet état d'esprit »

Les femmes sur-représentées dans le e-commerce... et, surprise, dans les biotech

L'analyse des levées de fonds dans les différents secteurs d'activité n'échappe pas aux idées reçues. Ainsi, les startuppeuses sont sur-représentées dans le e-commerce, qui concentre 59% des levées féminines de 2016. Logique : il y a moins de barrières technologiques à l'entrée dans le e-commerce, c'est donc un secteur que privilégient les femmes entrepreneures, qui sont sous-représentées dans les écoles d'ingénieurs mais dominantes dans les écoles de commerce. A l'inverse, aucune startup qui a levé des fonds en 2016 dans le secteur des matériaux, des matières premières et de l'énergie n'était dirigée par une femme.

 

[Un graphique de notre partenaire Statista]

Mais il y a aussi quelques surprises. Les femmes sont ainsi sur-représentées dans deux secteurs très masculins : les biotech et l'électronique/informatique (respectivement 13% et 17% des levées sont féminines, contre 7% dans l'ensemble). « On assiste à un renouvellement générationnel. Maintenant que l'écosystème est plus mature, on voit davantage de femmes créer leur société ou diriger des startups dans le hardware, dans tous les pays », confirme Barbara Belvisi, la cofondatrice du Hardware Club. Même logique dans les biotech. « Il y a énormément de femmes chercheures et médecins de très haut niveau », ajoute Audrey Soussan.

De plus en plus de réseaux féminins et de « role models »

Comment rendre le milieu de la tech plus paritaire ? Sur le terrain, de nombreux acteurs (et actrices) travaillent d'arrache-pied pour inciter les femmes à entreprendre et à investir. L'incubateur Paris Pionnières, créé en 2006, a déjà aidé plus de 200 startups créées ou dirigées par des femmes à se lancer, et a mis au point plusieurs programmes pour casser les freins à l'innovation féminine. Des réseaux, comme StartHer du côté des startus ou Femmes Business Angels du côté des investisseurs, promeuvent l'entrepreneuriat féminin, tout comme de nombreux événements, à commencer par la Journée de la femme digitale du 9 mars, ou encore Les EntrepreneurEs de la Niaque, un événement organisé par La Tribune en décembre dernier.

Toutes ces initiatives ont le même but : pousser les femmes à s'impliquer, valoriser celles qui ont réussi, et créer des « role models » pour la nouvelle génération. Pour l'heure, seule une dizaine de femmes détiennent des postes de dirigeants dans les fonds d'investissements français, dont Marie Ekeland, cofondatrice de France Digitale et du fonds Daphni, lancé en 2016 (voir son interview ici). Marie Ekeland fait partie des rares "role models" de la high tech française, avec Fleur Pellerin, qui a quitté la politique pour monter son propre fonds, Korelya Capital, ou encore Axelle Lemaire, qui vient de démissionner de son poste de secrétaire d'Etat au Numérique et à l'Innovation. Un travail de longue haleine.

 

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Mars 2017

Publié le par Jacques SAMELA.

Mars 2017
Mars 2017

Du 01 au 02 mars 2017

. Journées de l’intelligence artificielle / www.evenbrite.fr
Mise en place de la stratégie nationale de la France en IA.

 

Le 02 mars 2017

. DataPOC / www.datapoc.fr
Réunion de lancement des challenges numériques.

. Conférence Automobile Connectée / www.alenique@newscoevents.fr
La référence en matière de conférence sur le véhicule connecté.

 

Du 08 au 10 mars 2017

. BePositive / www.bepositive-events.com
ENR & Territoires, Energies dans le bâtiment, Bâtiment & Aménagement.

 

Le 10 mars 2017

. Nanolille / forum@nanoresp.fr
Productions, activités et usages des « nanos » : Les conditions de la confiance.

 

Du 14 au 15 mars 2017

. Produrable / www.produrable.com
Le Salon des acteurs et des solutions pour le Développement Durable & la RSE.

 

Du 15 au 16 mars 2017

. Enova / www.enova-events.com
Le salon des technologies pour les innovations de demain.

. Analyse Industrielle / www.analyse-industrielle.fr
Le salon des solutions en analyse industrielle.

 

Le 16 mars 2017

. Workshop Territoires & International / www.parcoursfrance.com
Convention d’affaires autour de la thématique des jumelages et des coopérations «économiques.

 

Du 19 au 21 mars 2017

. Les journées Granvelle Besançon / www.investbesancon.fr
Comment l’industrie et les services se réinventent grâce au numérique ?

 

Du 20 au 21 mars 2017

. BigUP4StartUP / www.bigup4startup.com
Développer les opportunités de business numérique entre les grands groupes et les start-up.

 

Du 21 au 23 mars 2017

. Rist / www.rist.org
Rencontres interrégionales de sous-traitance et de la fourniture industrielle.

. Intranet collaboratif & RSE / www.salon-intranet.com
L’intranet 2.0 et les réseaux sociaux d’entreprise au service de la stratégie, de la performance et de la productivité de l’entreprise.

. Solutions RH et eL / www.solutions-ressources-humaines.com
Salon des outils et services pour dirigeants d’entreprises, DRH, responsables de la formation et DSI.

 

Du 22 au 23 mars 2017

. IOT World / www.iot-world.fr
L’industrie de l’objet connecté et du Machine to Machine.

. Embedded Systems / www.embedded-mtom.com
Systèmes et logiciels embarqués.

. Microwave & RF / www.microwave-rf.com
Le salon des radiofréquences, des hyperfréquences, du wireless, de la CEM et de la fibre optique.

. APS Meetings / www.apsmeetings.com
Fabrication additive, impression 3D, prototypage rapide et développement de produit.

 

Du 22 au 26 mars 2017

. Laval Virtual / www.laval-virtual.org
Nouvelles technologies et usages du virtuel.

 

DU 23 au 25 mars 2017

. Aff’Tech / www.afftech.fr
Le salon de l’affûtage, de la rectification et de la fabrication des outils.

 

Du 28 au 30 mars 2017

. Forum Labo / www.forumlabo.com
Le salon des fournisseurs de matériels et services pour le laboratoire.

 

Du 28 au 30 mars 2017

. ContaminExpo / www.contaminexpo.fr
Le salon de la maîtrise de la contamination et des salles propres.

 

Du 29 au 30 mars 2017

. BIM World / www.bim-w.com
Promoteur de la transformation digitale pour la construction, l’immobilier et l’aménagement urbain.

. La mode est un territoire / www.salonmadeinfrance.com
Savoir-faire des fabricants de la filière mode française.

 

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Publié le par Jacques SAMELA.

Vus et lus dans Libération du 17 janvier 2017, et Les Echos du 14 et du 31 janvier 2017
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Vus et lus dans Libération du 17 janvier 2017, et Les Echos du 14 et du 31 janvier 2017

Vus et lus dans Les Echos du 31 janvier 2017 et du 07 février 2017, et l'Usine Nouvelle n°3502 du 07 février 2017
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Vus et lus dans Les Echos du 31 janvier 2017 et du 07 février 2017, et l'Usine Nouvelle n°3502 du 07 février 2017
Vus et lus dans Les Echos du 31 janvier 2017 et du 07 février 2017, et l'Usine Nouvelle n°3502 du 07 février 2017

Vus et lus dans Les Echos du 31 janvier 2017 et du 07 février 2017, et l'Usine Nouvelle n°3502 du 07 février 2017

Le déficit commercial s'est creusé en 2016

Le Figaro / Le 07/02/17

 

Le secrétaire d'État chargé du Commerce extérieur, Matthias Fekl, estime que des retards chez les fournisseurs d'Airbus et le mauvais temps qui a freiné les récoltes de céréales sont en grande partie responsables de cette dégradation.

Alors que l'Allemagne a ravi y a quelques jours la place de premier exportateur mondial à la Chine, la France présente ce mardi un triste bilan de son commerce extérieur ce mardi. Le déficit commercial français s'est dégradé en effet plus que prévu en 2016 pour s'établir à 48,1 milliards d'euros, nettement au-dessus de l'objectif du gouvernement fixé à 45,3 milliards, a annoncé mardi la direction générale des douanes. Très loin aussi donc des 278 milliards d'euros d'excédent enregistré par l'Allemagne. «Ce ne sont pas des bons chiffres. Ce n'est pas une bonne année», a reconnu le secrétaire d'État chargé du Commerce extérieur, Matthias Fekl, interrogé par l'AFP.

Il a attribué cette hausse du déficit commercial à «des retards chez les fournisseurs d'Airbus qui ont décalé des livraisons», soit une aggravation du solde de l'aéronautique de 4,7 milliards d'euros «qui a contribué fortement à la dégradation globale». Matthias Fekl a également pointé une baisse de 2,5 milliards d'euros des exportations agricoles «en raison d'une mauvaise saison dans les céréales». Dans le projet de loi de finances (PLF) pour 2017, le gouvernement s'était fixé un objectif de déficit de 45,3 milliards d'euros pour cette année, après avoir initialement tablé sur une amélioration à 40,3 milliards.

Baisse des exportations de 0,6%

Cette aggravation du déficit est due à «un accroissement du déficit manufacturier supérieur à l'allégement de la facture énergétique», soulignent les douanes dans un communiqué. Les exportations françaises ont baissé de 0,6% en 2016 après avoir connu un bond de 4,4% en 2015. Les exportations de produits énergétiques ont affiché «un nouveau repli». En revanche, les ventes de véhicules automobiles sont en hausse pour la troisième année consécutive, selon les Douanes.

Matthias Fekl a toutefois souligné que le secteur automobile avait connu «une dégradation liée à une hausse des importations». «Nous avons des importations élevées et une part de délocalisation de production, que ce soit en Europe de l'Est ou dans les pays du Maghreb qui est une réalité», a-t-il expliqué. Les importations ont «stagné (+0,1%) du fait de la forte contraction au premier semestre des approvisionnements énergétiques», précisent les douanes. Pour 2017, le gouvernement a prévu un déficit commercial de 48,9 milliards dans son projet de budget.

 

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Mais au fait, c'est quoi l'innovation ?

Publié le par Jacques SAMELA.

Vu et lu dans Les défis du CEA n° 213 de décembre 2016 - Janvier 2017
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SIMSEO & DataPoc

Publié le par Jacques SAMELA.

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SIMSEO & DataPoc
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In & Motion (suite), l'or blanc

Publié le par Jacques SAMELA.

In & Motion (suite), l'or blanc

. La start-up d’Annecy profite du salon Ispo pour officialiser son partenariat avec le groupe Rossignol. Elle lance un nouveau gilet airbag intelligent pour protéger les skieurs en cas de chute.

05 février 2017 / Eco Savoie Mont Blanc

In&motion et Rossignol officialisent, lors du salon Ispo (5 – 8 février, Munich) un partenariat pour le lancement d’un gilet airbag intelligent afin de protéger les skieurs en cas de chute : la Rossignol Protective Gear In&motion Airbag Vest. Comme annoncé par Eco Savoie Mont-Blanc, le 20 janvier, ce produit est développé et assemblé par la jeune entreprise annécienne, basée à Chavanod.

Système autonome

Homologué par la Fédération internationale de ski (FIS), il se présente sous la forme d’un gilet muni d’une dorsale certifiée, qui se porte sous une combinaison de ski. C’est un système totalement autonome, capable d’analyser les mouvements du skieur en temps réel et de détecter une chute critique. Avant l’impact au sol, il déclenche le gonflage de l’airbag en moins d’un dixième de seconde, afin de protéger les zones les plus sensibles (dos, thorax, colonne vertébrale et hanches). Cette protection airbag permet une absorption de la force du choc quatre fois supérieure, en comparaison à une protection dorsale classique.

Ce système est déjà utilisé depuis deux ans par de nombreux athlètes de ski alpin et de ski cross, pendant les étapes de Coupe du monde et à l’entraînement.

Pour Jérome Noviant, en charge des gammes Racing chez Rossignol, «In&motion a apporté son savoir-faire au travers de la technologie que l’entreprise a su développer au cours de ces dernières années. Chez Rossignol, nous nous sommes concentrés sur l’amélioration de l’ergonomie et du confort liée au port de ce gilet airbag. Nous avons travaillé sur les matières, l’optimisation de la protection dorsale et le design».

Pour rappel, la start-up annécienne a remporté, en janvier un CES Award au Consumer Electronic Show (CES) de Las Vegas. Créée en 2014 par trois ingénieurs de l’ECAM Lyon – Rémi Thomas, Pierre-François Tissot et Valentin Honoré -, elle commercialise déjà un airbag pour skieurs sous la marque Poc dans une dizaine de pays.

Dans le monde de la moto, In&motion équipe plusieurs pilotes en MotoGP, en partenariat avec l’équipementier Ixon. Elle finalise également un gilet airbag destiné à un plus grand public, récompensé à Las Vegas. Enfin, elle a développé un airbag mécanique nouvelle génération à destination des cavaliers, disponible en juin, via son partenaire Horse Pilot.

La société, qui a connu «une forte progression en 2016», prévoit de déménager pour faire face à l’essor de son activité.

 

. Pour plus d'informations, n'hésitez-pas à lire ou à relire le dossier du 06/02/17, intitulé : In & Motion, tout schuss.

 

Vu et lu dans Le Parisien Economie du 13 février 2017

Vu et lu dans Le Parisien Economie du 13 février 2017

. Montagne : la communication s’engage sur de nouvelles pistes

08 février 2017 / Présences-Grenoble.fr  

 

Dans un contexte de concurrence renforcée, les stations de montagne doivent répondre à de nouveaux enjeux de promotion. Quelle est leur stratégie ? Comment les acteurs de la communication et du numérique accompagnent-ils leurs efforts de visibilité ? Stratégies médias, outils innovants… le point sur ces actions qui vendent et confortent l’identité des territoires d’altitude.

Avec plus de 350 stations de ski, la France reste une terre d’élection pour le tourisme montagnard. Selon France Montagnes, le secteur a engrangé en 2016 plus de 9 milliards de recettes toutes activités confondues (dont 1,3 Md€ pour les remontées mécaniques) et emploie jusqu’à 120 000 personnes durant l’hiver. Quand la concurrence internationale fait rage, et face aux aléas climatiques, les massifs doivent redoubler d’efforts qualitatifs. Tout en s’attachant à d’optimiser chaque année leur domaine skiable, encouragées en ce sens par la Région et le Département, les stations iséroises ont aussi entrepris de renouveler leur discours. Avec un double enjeu : “Il s’agit pour elles à la fois de renforcer leur identité et de resserrer les liens avec leurs clients”, observe Sophie Mérindol-Bonnécuelle, dirigeante fondatrice d’InfluenSo by Le Service Kom. Membre du cluster Montagne, l’agence de communication basée à Saint-Ismier accompagne de nombreuses stations alpines dans la conception et la mise en œuvre de leur stratégie. Selon elle, ces stations ont intérêt à s’engager dans la définition d’une marque qui leur soit propre. Une marque fédératrice, “construite avec l’ensemble des acteurs de leur territoire pour afficher une totale cohérence”.

Maîtriser l’expérience Web
Ces marques doivent véhiculer des valeurs communes : sport, détente, famille, bien-être, ou encore nature. Elles se bâtissent d’abord sur le Net : “85 % des séjours sont préparés sur Internet”, chiffre Olivier Boursier. Le dirigeant de l’agence d’ingénierie touristique
Alp’Evasion, à Grenoble, insiste sur la nécessité d’offrir sur son site une image “rassurante et qualitative”. Il pointe les multiples critères à surveiller : un référencement pertinent, une bonne visibilité, la véracité des contenus, la touche humaine, les différentes langues… “Le client étant infidèle par nature, c’est la qualité de l’expérience numérique qui peut faire la différence”, assure-t-il. La station de Chamrousse a pris conscience du défi. Elle a investi massivement l’an passé dans un nouveau site Web, comme pour signaler un nouveau départ. L’outil a été développé par Ingénie, agence Web dédiée au tourisme, basée au Cheylas : “La majeure partie de nos investissements en communication portent sur le Web. Nous avons voulu ce site responsive, bien sûr, pour coller aux pratiques mobiles, et très complet en matière de contenus, en y associant un module de réservation et une procédure poussée de gestion de la relation client”, confirme Franck Lecoutre, directeur de l’office de tourisme de Chamrousse. Dans le Vercors, Villard-de-Lans prépare également un site entièrement renouvelé. “­­­­Nous savons qu’il nous faudra miser davantage sur le digital. Ce futur site, plus facile à consulter, plus complet aussi, se concentrera en particulier sur les activités hors ski, tout en s’appuyant sur la marque Vercors, aujourd’hui très qualitative”, dévoile Fabrice Mielzarek, nouveau directeur de l’office de tourisme de la station.

Réseaux sociaux : avec et sans modération
C’est aussi sur les réseaux sociaux que s’engagent les grandes batailles d’influence. Avec un changement majeur : “Le client s’est approprié la parole. Il devient puissant, s’exprime partout sur le web et fait ou défait la réputation”, pointe Olivier Boursier. Une analyse partagée par l’Alpe-d’Huez : “Le sens de nos messages, c’est d’abord donner envie, explique François Badjily, directeur de l’office de tourisme. On part du principe que c’est finalement la parole de nos clients qui est la plus crédible : nous leur proposons donc de s’exprimer sur leur expérience séjour, à travers les réseaux sociaux.” L’Alpe-d’Huez s’efforce de mener cette campagne toute l’année, en s’appuyant sur un vaste stock d’images, actualisées en permanence. Et en veillant à une modération assidue : “Les pages doivent être alimentées très régulièrement, avec des informations calibrées pour faire réagir. Il faut aussi être en mesure d’apporter des réponses rapides et argumentées”, souligne Patrick Dallut, fondateur de l’agence de communication
Prisme à Grenoble, qui a accompagné Lans-en-Vercors et L’Alpe du Grand-Serre. Les Deux-Alpes ont également mis le paquet dans les réseaux sociaux : “Notre community manageuse répond à autant de questions que trois hôtesses d’accueil”, sourit Gilles Vanheule, le directeur de l’office de tourisme, où s’active une équipe digitale de trois personnes. La station injecte massivement images et vidéos sur Facebook et YouTube. Une récente opération avec Orange, qui a choisi les Deux-Alpes pour tourner une web série pour sa 4G, a encore accéléré le buzz. Plus que jamais, l’heure est à la viralité : “C’est la course aux “like”, aux commentaires et aux partages”, remarque Jérôme Burdet, gérant de Jour J, à Saint-Vincent-de-Mercuze. Pour promouvoir l’opération Skiez en Décalé menée par Isère Tourisme, l’agence a conçu l’an passé une série de petites vidéos humoristiques : “Un format très court, pas plus d’une trentaine de secondes en moyenne, et un acteur professionnel, pour accéder facilement à une audience massive”, résume Jérôme Burdet. Gérer la relation client : la méthode douce Mot d’ordre des stations : la fidélisation. Avant même la conquête : “Il est moins coûteux aujourd’hui de faire revenir un client que d’en acquérir de nouveaux”, admet Fabrice Mielzarek. D’où l’intérêt de tisser des liens durables, par la méthode douce de préférence. Dix fois par an, la station de l’Alpe-d’Huez s’adresse à ses clients par e-mail, sans forcer le trait commercial, mais de manière personnalisée. “Nos messages sont d’abord conviviaux et informatifs. Nous présentons les nouveautés de l’année, des bons plans pour optimiser leur futur séjour”, dévoile François Badjily. Le numérique permet aussi de mieux connaître les motivations et les centres d’intérêt du client. Les Deux-Alpes disposent d’un outil de gestion de la relation clients avec des données mutualisées, récupérées auprès de l’ensemble des acteurs, agences immobilières, remontées mécaniques... loueurs de matériel. “Notre base de données contient plus de 100 000 adresses qualifiées, incluant les numéros de mobile et les centres d’intérêt de chaque usager, ce qui permet de personnaliser nos messages, détaille Gilles Vanheule. Nous n’y associons pas d’offre promotionnelle. En revanche, chaque acteur mène librement sa politique commerciale à partir de ses propres données.” L’effort est payant : pour un investissement d’environ 260 k€, l’outil CRM des Deux-Alpes aurait généré la saison dernière un chiffre d’affaires de 1,5 M€ au total.

Incontournable technologie
Rentable, le numérique s’érige aussi en argument différenciant.
La carte Ski Express permet aux clients réguliers de l’Alpe-d’Huez de ne payer qu’en fin de mois leurs prestations (forfaits, patinoire, salle de fitness, équipements divers) et de profiter en exclusivité d’opérations promotionnelles. Pas forcément liées au ski : “C’est aussi une carte qui incite le client à découvrir et pratiquer différentes activités, à un moment où il passe moins de temps sur les pistes”, observe François Badjily. À l’échelle du département tout entier, le lancement de la carte RFID Play Alpes permet aujourd’hui de s’abonner à 13 domaines skiables en Isère, sans passer par les caisses pour récupérer son forfait. Les bornes de paiement et le site web ont été conçus par JB Concept, spécialiste de la relation client à Grenoble, tandis que l’agence FX Com’Unik, à Eybens, a créé l’identité du produit. C’est enfin sur leur smartphone que les skieurs peuvent constater la différence, précisément avec le portail wifi captif de la station. À Grenoble, Neptune Internet Services (CA 2016 : 1,5 M€, 15 personnes) intervient auprès des stations pour les accompagner dans cette stratégie : “Elles ont compris l’intérêt d’un réseau wifi puissant pour développer une gamme de services innovants. Elles savent également que le portail captif est un outil de webmarketing : la page de connexion au wifi est soignée et propose du contenu de qualité”, précise Arturo Montes. Le président de Neptune Internet Services met aussi en garde : à l’heure de l’hyperconnexion, les stations doivent investir dans une bande passante de qualité professionnelle. “Il en va de leur image”, assure-t-il.

À chaque cible son média
Une chose est sûre : le redéploiement massif des stations à travers le numérique a entraîné une diminution de la communication print. “Il y a encore une dizaine d’années, on envoyait 90 000 brochures par la Poste. L’an passé, nous n’en avons imprimé que 30 000”, reconnaît Gilles Vanheule. Cette digitalisation a aussi modifié le public des voyages de presse : “Nous invitons chaque année 500 journalistes du monde entier, mais pas seulement de la presse écrite. Nous accueillons de plus en plus de personnalités influentes sur Instagram et YouTube”, précise le directeur de l’OT des Deux-Alpes. Les réseaux sociaux n’ont pas enterré les autres supports. “Nous restons fidèles aux médias classiques, et notamment à la télé.” L’Alpe-d’Huez s’est récemment affichée sur Canal+ et Eurosport pour asseoir sa notoriété. Son mix media inclut aussi les radios, comme Virgin à l’échelle nationale et France Bleu Isère pour sa clientèle de proximité. “C’est aussi pour une question de souplesse, que ne permet pas l’affichage par exemple.” Les panneaux 4x3, Chamrousse ne les délaisse pas : “Nous sommes en recherche d’urbanité, et à ce titre nous devons être présents dans la ville”, confirme Franck Lecoutre. La moitié de ses clients provenant de la métropole grenobloise, la station olympique compte sur l’affichage pour s’offrir en local une visibilité récurrente.

L’affectif en première ligne
Les innovations les plus sophistiquées ne sauraient cependant se substituer au discours. “Avant de développer la technique, il faut avoir un concept de communication, et s’y tenir !”, avertit Patrick Dallut. En affichant le plaisir et le bien-être prodigués par la montagne et sa beauté. En insistant peut-être aussi sur l’affectif. À chacun sa manière pour faire grimper sa cote d’amour. Station modeste mais mythique, le
col de Porte a été repris l’an passé en DSP par un entrepreneur, Didier Bic, directeur général de Kässborher France. C’est sur la plateforme de crowdfunding Ulule qu’il a choisi de financer une partie des investissements nécessaires au redéploiement du site chartrousin. “Nous avons atteint 36 000 euros pour un objectif de 30 000, ce qui a notamment permis d’installer un nouveau petit téléski et de développer le snowpark.” Au-delà de ce succès, l’opération a concentré l’attention des Grenoblois sur la revitalisation d’une station de proximité chère à leur cœur : “Combien sommes-nous à avoir appris à faire du ski au col de Porte ?”, sourit Didier Bic, qui compte aussi raconter l’histoire de la station sur un site dédié, alimenté par d’anciennes photos. “Les stations de ski doivent avant tout apprendre à fabriquer des souvenirs pour leurs clients”, confirme Olivier Boursier. L’émotionnel comme moteur d’avenir ?
R. Gonzalez

 

. Pour plus d'informations, n'hésitez-pas à lire ou à relire le dossier du 15/02/17, intitulé : La France, en haut des sommets.

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