Les SCOP ou sociétés coopératives et participatives

Publié le par Jacques SAMELA.

Les sociétés coopératives et participatives (www.les-scop.coop), ont aujourd’hui le vent en poupe.

Héritières des coopératives ouvrières de la fin du 19ème siècle, elles tendent aujourd’hui à répondre à nouveau aux attentes d’une société en pleine mutation, soit comme presque à chaque période de crise.

Mais au fait, qu’est-ce qu’une « Scop », et surtout comment cela fonctionne ?

De forme SA ou Sarl, elle est détenue majoritairement par ses salariés avec 51 % du capital social et 65 % des droits de vote. Ils élisent justement leur dirigeant, avec le principe d’une personne égale une voix, avec le risque pour celui-ci de ne pas être réélu en cas d’échec de sa mission. C’est ce que l’on peut appeler une gouvernance démocratique, avec un bon niveau d’autonomie accordée aux salariés, tout en donnant malgré tout à la direction les moyens de mener à bien la mission proposé. Son capital est constitué de parts sociales et non d’actions, elle ne peut être cotée, et aucunes plus-value n’est possible lors du remboursement des parts. Enfin, en mettant 40 % des résultats en réserve, le règlement en impose habituellement 16 %, cela permet de renforcer les fonds propres en période bénéficiaire, et de passer plus confortablement les périodes difficiles.

Et justement, étant en période quelque peu difficile, donc propice à ce genre de structures, la Confédération générale des sociétés coopératives et participatives nous indique que 248 nouvelles sociétés ont été créées en 2012, portant le nombre à 2 165, que ces dernières emploient 43 860 salariés, dont 23 370 sont associés, et qu’elles réalisent un chiffre d’affaires de 3,9 milliards d’Euros et 130 millions de résultat net. Et parmi celles créées depuis trois ans, 82,5 % poursuivent aujourd’hui leur activité, alors que pour les entreprises françaises en général, le taux descend à 66 %.

Souhaitant justement accompagner ce mouvement, le ministre délégué à l’Economie sociale, Benoit Hamon, compte doubler d’ici cinq ans le nombre de structures similaires, en créant notamment un nouveau statut appelé « Scop d’amorçage », facilitant la création de ce type de structure, avec comme modèle phare, la société Acome (www.acome.fr), une des plus anciennes de France (création en 1932), et dont le chiffre d’affaires avoisine aujourd’hui les 350 millions d’Euros avec près de 1350 salariés actionnaires. Elle fabrique des câbles de haute technologie pour les télécoms, l’automobile et le bâtiment. Précisons justement que sur l’ensemble des Scop (voir ci-dessus), 300 évoluent dans l’industrie.

Donc, donner du pouvoir aux salariés, même limité, mais avec l’assurance d’une organisation où le respect des autres, le sens du collectif, voire l’attachement à la pérennité de leur entreprise priment au cœur même du statut des Scop, peut justement être une des nombreuses réponses attendues à la crise de confiance actuelle dans l’industrie française, en donnant envie à ceux qui le désirent de créer leur propre entreprise.

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