La Femtech, en quête d’émancipation
Saviez-vous que l’inégalité homme-femme touchait également le domaine de la santé ?
En effet, longtemps exclues de la recherche clinique, la R&D dédiée essentiellement à la santé féminine ne représente encore aujourd’hui que 4 % du financement global des produits et des services de santé, alors que, pour donner un exemple plus que probant, le financement total dédié à la recherche spécifique sur le cancer de la prostate représente à lui seul 2 %.
Et pourtant, il faut savoir que les femmes passent en moyenne 25 % de leur vie en moins bonne santé que les hommes, même si l’espérance de vie est toujours en leur faveur (https://www.insee.fr/fr/statistiques/1285433#:~:text=Cette%20plus%20grande%20esp%C3%A9rance%20de,produits%20nocifs...).), que la 1ère cause de mortalité féminine, en France, concerne les maladies cardiovasculaires, avec 56 % de décès, contre 46 % pour les hommes, que la santé mentale, première cause de handicap dans le monde, les concernent plus particulièrement, car manifestement plus exposées, et/ou se manifestant différemment, et que pour l’endométriose, elles doivent attendre en moyenne sept ans pour que la médecine puisse la déterminer et poser un vrai diagnostic.
Mais heureusement depuis quelques années, les choses changent, et vont de plus en plus vers une prise en compte ciblé des maux spécifiquement féminins.
Et donc, nous pouvons dire que l’année 2016 restera comme le vrai début de l’aventure de ce que l’on nomme aujourd’hui la « Femtech » pour « female technology », expression introduite dans le langage médical et désormais courant par une certaine Ida Tin (https://smarthealth.live/fr/2021/03/12/lentrepreneur-femtech-ida-tin/), créatrice d’une des premières applications de suivi de règles appelée Clue (https://helloclue.com/fr).
En effet, elle donnera avec la création de son application, et donc de cette appellation, le départ à un changement de paradigme dans le monde de la santé qui est que les spécificités féminines peuvent et doivent être prisent en compte pour répondre enfin à leurs besoins.
Et les besoins semblent nombreux, car d’après de nombreuses études, ce secteur devrait peser d’ici 2027 près de 60 milliards de dollars, et 97,3 milliards d’ici 2030. Chiffres corroborés par la création en 2023 du réseau intitulé « Femtech Across Borders », fédérant aujourd’hui 75 Pays à travers 46 organisations.
Et la France me direz-vous ? Dépassée ?
Eh bien non, car comme souvent dans les domaines se terminant par « Tech », elle se positionne déjà parmi les leaders qui compte aujourd’hui, notamment à l’échelle européenne, où, comptant le plus grand nombre de start-ups, les derniers chiffres indiquent plus de 200, dont 23 % seraient déjà rentables, 14 % dépasseraient le million d’Euros de C.A, et que 39 de celles-ci auraient générées en 2025 un chiffre d’affaires de 28,5 millions d’Euros, elle est surtout l’unique pays à ce jour, à s’être doté d’un fonds d’investissements entièrement dédié à ce sujet, à l’initiative de la Région Ile de France, avec comme partenaires, Turenne Groupe et l’Université Paris Cité, et dont l’objectif est de déployer 50 millions d’Euros pour soutenir la recherche et le développement de solutions médicales spécifiques et ciblées (https://presseagence.fr/paris-valerie-pecresse-nous-creons-le-premier-fonds-dedie-a-la-sante-des-femmes-en-europe/).
Oui spécifiques et ciblées, comme peuvent l’être l’hygiène menstruelle, son cycle, le diagnostic de l’endométriose, les solutions de contraception, les technologies de fécondation in vitro, la maternité, la ménopause, et même les technologies de bien-être sexuel, mais par autant sans ostracisme, car cette nouvelle manière d’envisager la médecine permettra au contraire de prendre en compte différemment la santé des hommes, avec des parcours de soins plus précis, des diagnostics plus personnalisés, et des traitements mieux adaptés.
Soit finalement une prise en compte différenciée, prenant en compte désormais la diversité des corps, des parcours, ainsi que des vécus, bien évidemment différents.
En revanche, sur l’idée de départ, il faut savoir que sur l’ensemble des start-ups françaises actives à ce jour, 94 % de ces structures ont été fondées par des femmes, ce qui finalement parait plutôt normal, car qui mieux qu’elles pour se lancer sur des sujets qui les touchent intimement ?
Maintenant, passé cet engouement, certains le pensent encore passager, et pour concrétiser la suite, il faudra tout d’abord matérialiser l’apport de financements de plus en plus importants pour accompagner le développement de ce nouveau marché, qui je le rappelle concerne ni plus ni moins que la moitié du genre humain, et qu’ensuite, après un long chemin de validations cliniques et d’homologations, nécessaires pour passer d’une simple application smartphone à des pratiques médicales courantes, obtiennent enfin le graal que représente le remboursement par l’assurance maladie, synonyme enfin d’une reconnaissance réelle de leur intérêt médical.
Gageons que l’entité regroupant l’ensemble de l’écosystème national, en l’occurrence Femtech France, s’aura s’impliquer comme il se doit pour aider ces pépites à grandir, et faire que cette nouvelle branche d’activité demeure à la pointe des nouveaux usages dans le domaine de la santé.
Jacques Samela
Sources :
. https://www.femtechfrance.org/
. https://bigmedia.bpifrance.fr/news/quest-ce-que-la-femtech
. https://www.gminsights.com/fr/industry-analysis/femtech-market
. https://buzz-esante.fr/ces-2026-la-femtech-simpose-comme-un-pilier-de-linnovation-sante/
A découvrir :
. https://www.femtechconnect.com/a-propos
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