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portrait francais.

Marc Simoncini, le serial investisseur

Publié le par Jacques SAMELA.

Marc Simoncini, le serial investisseur
Marc Simoncini, le serial investisseur

Avec Xavier Niel, dont j’ai déjà relaté son parcours (http://competitiviteinfrance.overblog.com/2017/09/xavier-niel-l-oncle-d-amerique-de-la-french-tech.html), et Jacques-Antoine Granjon (le prochain portrait ?), co-fondateur et PDG du site d’e-commerce Veepee, anciennement Vente-privee.com, il est le troisième larron de ce que j’appellerai le « Crew » des business angels hexagonaux, de la tech française à plus si affinités.

Je veux bien évidemment parler de Marc Simoncini (le titre donne une bonne indication), le créateur du site de rencontres devenu mythique, j’ai nommé Meetic.

Seulement, vous allez voir que son parcours ne s’arrête pas seulement à ce seul fait d’armes, au contraire, même si ses débuts ne furent pas de tout repos.

En effet, ayant eu un parcours scolaire plutôt chaotique, avec redoublements de sa 4ème et de sa 1ère, il obtint malgré tout son bac au rattrapage, et incorpora par la suite l’Ecole Supérieure d’Informatique de Montreuil, devenue aujourd’hui Supinfo. Il en sortira diplômé en 1984.

Ne souhaitant pas continuer outre mesure ses études, il créa dès l’année suivante sa première société, du nom de CTB, proposant des services dédiés au Minitel (https://www.techno-science.net/definition/3781.html), invention française, mais malheureusement dépassé par d’autres.

Sa société quant à elle, sera liquidée pour défaut de paiement d’un de ses plus gros clients. D’où peut-être ses multiples casquettes aujourd’hui, mais de cela vous le lirez par la suite.

Donc, après ce coup d’arrêt, il créa très rapidement une nouvelle société, une SSII cette fois-ci, appelée Option Innovation, spécialisée dans le développement de solutions interactives sous UNIX (pour les pros), avec quelques années plus tard, la création d’une nouvelle structure, appelée IFrance, devenant l’un des premiers sites de communauté français à succès.

Il la revendra par la suite pour 45 millions d’Euros et 1 000 000 actions au groupe Vivendi, qui la relèguera au placard, mais cela est une autre histoire, celle des grands groupes qui préfère acheter des pépites, pour,  par la suite, les rendre inopérantes.

Et en parlant d’histoire, c’est durant ces différentes années de créations, qu’il rencontrera Xavier Niel, alors client, manifestement  déjà fidèle.

Quant à l’aventure Meetic, elle débutera elle en novembre 2001, avec pour son créateur peu d’attention, la ressentant plutôt comme un hobby, mais qui finalement, au fur et à mesure de son succès, devint l’air de rien le premier acteur de la catégorie en Europe avec près de 30 millions de profils enregistrés, et près de 30 % de part de marché, soit derrière son principal concurrent, le leader mondial, Match Group, connu notamment pour son propre site de rencontres, Tinder.

Concurrent dont il rachètera les activités en Europe.

Vu et lu dans Le Journal du Dimanche du 28/03/21
Vu et lu dans Le Journal du Dimanche du 28/03/21

Vu et lu dans Le Journal du Dimanche du 28/03/21

Par la suite, après une expansion réussie à l’internationale, et une introduction à la bourse en 2005 pour 500 millions d’Euros, tout en restant avec 20 % des parts l’actionnaire de référence, il développa en parallèle son profil d’investisseur invétéré, en devenant tout d’abord actionnaire du site de poker en ligne Winamax, et en créant en 2009 Jaïna Capital , un fonds d’investissement , dont l’objectif est de privilégier l’innovation dans sa plus pure expression.

EN 2011, il investit près de 8 millions d’Euros dans le site Lentillesmoinscheres.com, tout en créant son propre groupe optique, Sensee (www.sensee.com), avec comme objectif de vendre à bas prix, mais sans négliger la qualité, cela serait même son crédo selon moi, lentilles de contact, lunettes de soleil ou correctrices.

La même année par-contre, il cède 70 % de sa participation de Meetic à son concurrent (voir plus haut), mais il en reste membre du conseil d’administration.

Et l’année d’après, c’est accompagné de ses compères qu’il investira 3 millions d’Euros dans la société française Devialet (http://competitiviteinfrance.overblog.com/2015/07/devialet-une-pepite-francaise-a-l-ecoute.html), ainsi que 1,5 millions d’euros dans une société produisant elle des dameuses à neige, Aztec.

Ensuite, toujours avec ses compères, il(s) organise(nt) le concours appelé « 101 projets », permettant à 300 jeunes de moins de 25 ans de présenter leur projet en moins de 60 secondes, avec pour ceux étant retenus, une dotation de 25 000 €, représentant en tout et pour tout une enveloppe globale de 25 millions d’€ (https://www.polytechnique.edu/fr/startups-laureates-101-projets?language=en). Manifestement non réitéré, que sont devenus les principaux vainqueurs, quoique dans le lien précédent, vous trouverez le nom de la société Ynsect, présentée récemment, et ayant réalisée une levée de fonds exceptionnelle (http://competitiviteinfrance.overblog.com/2021/04/ynsect-innovafeed-tomojo-le-trio-de-tete-de-la-coleocuture.html).

Il(s) participe(nt) également à la création d’une société de production de spectacles, intitulée Arts Live (www.artslive-entertainment.com), et ouvre(nt) l’Ecole Européenne des Métiers de l’Internet (www.eemi.com). L’union fait manifestement la force.

Ce qui le l’empêche pas pour autant d’avancer seul, avec en 2015, la création de sa maison de production appelée Reborn Production, avec laquelle il s’implique dans le financement de films comme Neruda de Pablo Larrain, ou Arnaud fait son 2ème film, de Arnaud Viard.

Seul également (ou presque) pour son nouveau dada, la petite reine, en élaborant en 2016 un modèle de course appelé Heroin (https://www.maddyness.com/2016/05/11/heroin-simoncini-velo/), produit seulement à 349 exemplaires, mais surtout en créant en 2018 la société Angell, spécialisée dans la conception et la vente de vélos électriques et connectés, et dont la réussite vient tout récemment d’interpeller le groupe d’électroménager SEB, apportant sa part, non négligeable, à une levée de fonds de 12 millions d’Euros, ainsi que son aide à la production de son nouveau modèle, l’Angell / S, prévu pour la rentrée, et dont l’objectif sera de renforcer ses ventes, déjà bien avancées en Europe, revendiquant déjà plus de 2 000 vélos de sa gamme d’origine en circulation l’année dernière. La prochaine étape, après une nouvelle levée de fonds certainement, les Etats-Unis (2022).

Vu et lu dans Le Journal du Dimanche du 04/07/21

Vu et lu dans Le Journal du Dimanche du 04/07/21

Vu dans Elle n°3895 du 14/08/20

Vu dans Elle n°3895 du 14/08/20

Et comme le manque de temps ne semble pas être un problème pour lui, il n’a pas manqué d’accepter de participer à l’émission de M6 intitulée « Qui veut être mon associé », auprès notamment de Frédéric Mazzella, le créateur de BlaBlaCar (http://competitiviteinfrance.overblog.com/2015/01/blablacar-en-voiture-tout-le-monde.html), afin d’y découvrir des projets d’investissements, lui rappelant en cela une de ses nombreuses activités, si ce n’est la principale.

Complétée également par la publication en 2018 d’un livre, qui enrichira certainement ce sujet,  intitulé « Une vie choisie », que vous pourrez même lire en écoutant chanter sa fille, connue sous le nom de scène Seemone.

Que d’activités, mais justement, tout en terminant ce sujet, qui je l’espère vous aura plu, une question me trotte dans la tête depuis de nombreuses années,  comment fait-il, font-ils, pour se démultiplier autant ? Vous avez la réponse ? Si oui, revenez vers moi, je serai tout ouïe.

Car j’imagine qu’il y aura une suite, où, surprises.

Jacques Samela

 

Sources :

. Wikipedia

. https://fr.wikipedia.org/wiki/Marc_Simoncini

. https://business-cool.com/vie-pro/portraits-inspirants/marc-simoncini-meetic-sensee-angell/

. https://www.frenchweb.fr/velos-connectes-angell-la-startup-de-marc-simoncini-leve-12-millions-deuros-aupres-de-seb/425587

 

A lire :

. https://www.lefigaro.fr/entrepreneur/2018/03/16/09007-20180316ARTFIG00008-marc-simoncini-c-est-l-histoire-d-un-echec-qui-m-a-coute-7-millions.php

. https://www.capital.fr/votre-carriere/le-pire-cest-de-fermer-sa-gueule-les-conseils-de-management-de-marc-simoncini-1318042

. https://business.lesechos.fr/entrepreneurs/communaute/0302311163853-marc-simoncini-il-se-passe-vraiment-quelque-chose-en-france-323707.php

 

Avant d’acheter :

. https://quelveloelectrique.fr/2020/10/16/test-velo-angell-simoncini/

 

Publié dans Portrait français.

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Ora Ïto, l’enfant terrible du design français

Publié le par Jacques SAMELA.

Ora Ïto, l’enfant terrible du design français
Ora Ïto, l’enfant terrible du design français

Il n’a de japonais (et encore) que son nom, car en fait il est français, d’où son portrait aujourd’hui, et son vrai nom est Ito Morabito, fils du joaillier Pascal Morabito (www.pascalmorabito.com).

Issu d’une famille d’architectes, de galeristes, et de stylistes, il côtoyait dans sa jeunesse des artistes de renom, comme Keith Haring (1958-1990), le pape du graffiti, Andy Warhol (1928-1987), lui, le pape du Pop Art, ou encore César (19921-1998), célèbre sculpteur français, à l’origine du trophée du même nom, mais bien évidemment pas que.

Certainement inspiré par ceux qui l’entouraient, ainsi que par ses « idoles » que sont les architectes Le Corbusier, Oscar Niemeyer, ou encore le designer Philippe Stark (http://competitiviteinfrance.overblog.com/2015/03/philippe-starck-le-touche-a-tout-du-design-francais.html), à qui il refusa la possibilité de le rejoindre, prétextant qu’il ne voulait pas que l’on puisse dire par la suite qu’il lui avait tout appris,  il décida donc d’entamer des études de design, qu’il interrompra rapidement, en se lançant dans une activité qui marquera à tout jamais sa carrière, soit de créer virtuellement des objets  inspirés de grandes marques françaises et internationales, dont le succès auprès des internautes interpellera ces marques en question, lui demandant très rapidement de travailler cette fois-ci pour elles, pour de vrai. Il s’agissait entre-autres de Vuitton, Apple, Nike, etc…

Vus et lus dans Le Parisien
Vus et lus dans Le Parisien
Vus et lus dans Le Parisien

Vus et lus dans Le Parisien

Et ce succès lui donnera l’occasion en 2000 de créer son propre studio, avec comme clients, Guerlain, l’éditeur de mobilier Artemide, Christofle, mais surtout d’obtenir par la suite une multitude de récompenses, comme l’oscar de l’emballage en 2002 pour la bouteille Heineken en aluminium, le Red Dot Design Awards (www.red-dot.org) en 2004 pour sa lampe One Line (Artemide) durant le salon international du meuble de Milan, il en gagnera au final et pour l’instant 6, ou encore, dans le cadre de sa nouvelle marque, Ora ïto Mobility, créée en 2013, proposant une gamme d’accessoires téléphoniques, pour laquelle il recevra un an plus tard, trois iF Product Design Awards (www.ifworlddesignguide.com) pour des casques intitulés Gïotto, Ayrtön, et un chargeur appelé lui Mïcha (remarquez la présence récurrente du i tréma).

Sans oublier également l’obtention d’un prix durant les Globes de Cristal (www.lesglobes.com) en 2007, le désignant meilleur designer de l’année, et en 2011, sa nomination  au titre de Chevalier des arts et des lettres.

Et entre ses autres clients prestigieux comme Adidas, Biotherm, Danone, Kenzo, LG Electronics, Habitat, le groupe français Air, ses nombreux projets comme la conception d’une cuisine équipée pour la marque Gorenje, la création du décor du showroom français de Nike en 2003, d’un point de vente pour Mugler parfums en 2005, du flagship du constructeur japonais Toyota sur les Champs Elysées en 2007, la création de l’identité visuelle de la chaine de télévision Pink TV, dont il devint même le directeur artistique, ou encore le lancement en 2013 à Marseille, sur le toit de la cité radieuse de Le Corbusier (un de ses inspirateurs, voir plus haut) de son « MaMo » pour Marseille Modulor, librement inspiré du MoMA de New York, et, devenant après restauration un lieu d’exposition, il élabore ainsi depuis ses débuts ce qu’il appelle la simplexité, soit l’art de rendre simple des objets complexes.

Vu et lu dans Art & décoration et Le Journal de la Maison
Vu et lu dans Art & décoration et Le Journal de la Maison

Vu et lu dans Art & décoration et Le Journal de la Maison

Alors, avec les objets peut-être, certainement même vu son succès, mais par-contre avec certains, et notamment les architectes, on ne peut pas dire que leurs relations furent simples justement. En effet, dans le cadre de l’exercice de ses fonctions en tant qu’architecte d’intérieur, il s’est un jour déclaré comme architecte au sens noble du terme, ce qui a eu pour effet un retour cinglant de la profession, lui précisant que n’ayant pas effectué les six ans d’études pour le devenir, il ne pouvait de ce fait se prétendre comme tel.

Et comme en plus il en a rajouta, précisant quand même que ce diplôme justement ne servait pas à grand-chose, le fossé entre lui et les architectes ne pouvait que s’élargir.

Et aujourd’hui me direz-vous, qu’en est-il de cette brouille ?

Dépassé manifestement, car finalement, et assez rapidement, il s’excusa en précisant que bien évidemment il n’était pas architecte, qu’il ne l’a jamais été, qu’il ne le sera jamais, et qu’en plus c’était une profession pour laquelle il avait une grande admiration, collaborant souvent avec certains de ses représentants dans le cadre de ses projets.

Finalement, c’était peut-être dû à son « statut » d’autodidacte, soit toujours à chercher sa place, à prouver aux autres ainsi qu’à soit même que la réussite peut sourire à quiconque, même sans diplôme, mais aussi dû à un caractère plutôt bien trempé, que certains prenaient, à juste titre ou pas, comme le signe d’un narcissisme envahissant, autocentré, ne refusant en rien la vie mondaine du tout Paris.  

Vu et lu dans Télérama n° 3427 du 16/09/15

Vu et lu dans Télérama n° 3427 du 16/09/15

Mais, comme tout hyperactif qui se respecte, ces problèmes d’égos dirions-nous, ne l’ont pas empêché d’avancer dans sa quête de nouveaux challenges, en dessinant par exemple le tramway de Nice, mis en service en 2018, la réfection de la place Castellane à Marseille et l’attribution de l’appel d’offres avec Alstom pour le futur métro automatisé, les marchés du mobilier urbain des villes de Troyes et Nice avec JCDecaux, tout en rêvant  de créer une station de ski, des robots, ou encore une voiture à hydrogène, de marque française.

Et aussi, il y a un projet auquel il tient particulièrement, depuis l’enfance dit-il même, c’est de créer une « Villa Médicis de l’environnement et de la Méditerranée », au fort de Bregantin, situé sur l’une des îles de l’archipel du Frioul (celle appelée de Ratonneau), achetée en 2003, laissée en friche depuis, mais qui, « grâce » au confinement de l’année dernière, lui permis de s’y pencher  à nouveau avec entrain, car, souhaitant en faire un centre de recherche autour des thématiques environnementales et océanographiques, il estime justement que la situation d’aujourd’hui est un formidable terreau pour aboutir enfin à quelque chose de vraiment concret.

Ce rêve donc, lui permettra certainement d’associer ainsi son acquis d’expériences, diverses et variées, sa soif de nouveaux challenges, jamais démentis jusqu’à maintenant, et peut-être de laisser une trace plus  immatérielle que ses objets, pérenne dans le temps, comme j’imagine son modèle de référence (rappelez-vous), créée en 1666 ? A suivre donc.

Jacques Samela

 

Sources :

. Wikipedia

. https://o.nouvelobs.com/design/20150824.OBS4645/portrait-ora-ito-le-designer-le-plus-deteste-de-france.html#modal-msg

. https://www.lemoniteur.fr/article/ora-ito-le-designer-qui-se-revait-architecte.619774#!

. https://sosoir.lesoir.be/ora-ito-le-design-comme-aujourdhui-cest-fini

 

. Le Parisien du 01/03/21

 

A lire :

. http://www.larevuedudesign.com/2020/05/12/dessine-par-ora-ito-le-futur-metro-de-marseille-se-devoile/

. https://www.technikart.com/ora-ito-jai-du-me-mettre-au-velo/

 

A découvrir :

. www.citedudesign.com

Vus et lus dans Télérama n° 3542 & 3545
Vus et lus dans Télérama n° 3542 & 3545

Vus et lus dans Télérama n° 3542 & 3545

Vus et lus dans Télérama n° 3542 & 3604
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Vu et lu dans Télérama n° 3508 du 05/04/17
Vu et lu dans Télérama n° 3508 du 05/04/17
Vu et lu dans Télérama n° 3508 du 05/04/17
Vu et lu dans Télérama n° 3508 du 05/04/17

Vu et lu dans Télérama n° 3508 du 05/04/17

Vus et lus dans Télérama, M Le magazine du Monde du 23/12/17, et Le Parisien Weekend du 08/12/17
Vus et lus dans Télérama, M Le magazine du Monde du 23/12/17, et Le Parisien Weekend du 08/12/17

Vus et lus dans Télérama, M Le magazine du Monde du 23/12/17, et Le Parisien Weekend du 08/12/17

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Louis Gallois, l’homme de la compétitivité française

Publié le par Jacques SAMELA.

Louis Gallois, l’homme de la compétitivité française
Louis Gallois, l’homme de la compétitivité française

Pour la petite histoire, et avant de vous présenter ce nouveau portrait français, il faut savoir que j’ai rencontré deux  fois Louis Gallois dans ma vie.

En effet, une première fois durant un salon professionnel auquel je participais, et où j’eu l’occasion de m’entretenir quelques minutes avec lui, mais sans avoir eu la bonne idée de lui donner la carte de visite de mon blog, et une deuxième fois dans l’avion me menant aux Etats-Unis pour mes vacances d’été, où lui, placé devant moi, s’étant même demandé, quand nos regards se croisèrent au moment de notre installation à nos places, s’il ne me connaissait pas, descendit à Reykjavik, avec manifestement la ferme intention de profiter de la fraîcheur d’été de l’Islande en famille.

Mais, ne souhaitant pas le déranger, et ce même si l’envie de le faire me démangeait, j’oubliai malgré tout mon idée de lui remettre enfin cette carte de visite. Jamais deux sans trois dit-on, on verra bien, car aujourd’hui, sonne pour ce monsieur l’heure de la retraite, après une vie active rondement menée, enclenchée durant la présidence de Valéry Giscard d’Estaing, récemment décédé, et entièrement dédiée à l’industrie française, notamment sa compétitivité.

Mais, avant de devenir ce personnage incontournable de l’industrie française, apprécié par ses pairs, reconnu pour son empathie non simulée, cet originaire de Montauban dans le Tarn et Garonne, où il naquit en 1944, obtint son bac au tout début des années 60, intégrant par la suite en 1963, grâce aux conseils, certainement avisés, de ses enseignants, de suivre une classe préparatoire économique, l’école HEC Paris, dont il sortira diplômé trois ans plus tard, avant de rentrer cette fois-ci à l’ENA, dans la promotion Charles de Gaulle, d’où il en sortira également diplômé quelques années plus tard.

Quant à sa longue carrière, elle débuta elle en 1972, en devenant tout d’abord administrateur civil à la direction du Trésor, fonction qu’il gardera jusqu’en 1981, où après l’élection de François Mitterrand, il devint le directeur de cabinet de Jean-Pierre Chevènement, ministre de la Recherche et de la technologie.

Il occupera par la suite les postes de directeur général de l’industrie, chargé de mission au ministère de l’Economie, des Finances et de la Privatisation, fonctions qui le rapprocheront sans équivoque vers ce monde de l’industrie, où il va par la suite asseoir sa réputation.

Et cela commence en 1989, avec l’obtention du poste de PDG de l’entreprise Snecma, suivi en 1992 par celui de PDG de l’Aérospatiale.

Ensuite, et après ces années aéronautiques, certainement formatrices, il est appelé à présider la SNCF en 1996, où l’un de ses faits d’armes fût de négocier un pacte social avec la CGT, permettant une cogestion de cette entreprise nationale avec les salariés. Il en partira en 2006, avec les satisfécits plus qu’appuyés de l’ensemble des syndicats du groupe, reconnaissants en lui des qualités plus qu’atypiques, et certainement jamais vu en son sein depuis sa création, pour retourner à nouveau dans l’aéronautique, en prenant cette fois-ci la co-présidence du groupe EADS, suivi quelques mois plus tard de la présidence de la branche civile du groupe Airbus. En 2007, il deviendra cette fois-ci PDG du groupe EADS, qu’il quittera en mai 2012.

En parallèle de ces fonctions stratégiques, voire politiques, il prendra la présidence en octobre 2011 de la Fabrique de l’industrie (www.la-fabrique.fr), laboratoire d’idées dédié aux problématiques de l’industrie et de l’économie, prémisse de ce que sera sa future fonction sous la présidence Hollande, en obtenant le poste de commissaire général à l’investissement, dont sa mission sera de rédiger le fameux rapport sur la compétitivité française, composé de 74 pages et de 22 propositions, que vous trouverez sur ce lien : (Rapport sur la compétitivité française).

La question à lui poser, serait de savoir s’il estime  avoir été suivi ? Peut-être durant ma troisième rencontre, si elle a lieu un jour ?

Au moins, et si cela n’a pas été le cas, il est indéniable que ce rapport aura certainement eu le mérite de poser les bonnes questions, notamment pour comprendre les problématiques de l’économie française dans son ensemble et depuis de nombreuses années, obligeant en cela une remise en question général des décideurs français, industriels comme politiques, pour que la France retrouve enfin la place qu’elle n’aurait jamais dû quitter.

Et aujourd’hui, après avoir clôturé en tant que président du conseil de surveillance la dernière assemblée générale du groupe PSA,  avant sa fusion avec le groupe italien FIAT, sous l’appellation Stellantis, prendra-t-il une vraie retraite, ou sera-t-il tenté par d’autres fonctions déjà d’actualités au sein d’organismes comme celui qu’il préside actuellement, le Fonds d’expérimentation contre le chômage de longue durée (www.etcld.fr), à l’origine de l’initiative intitulée  « Territoires zéro chômeurs » ?

On a du mal à y croire, surtout que quand on  lui pose la question quant à son sentiment personnel sur sa carrière, il répond, des fiertés, pas de regrets, mais aussi et surtout, on peut toujours faire mieux dans la vie.

Jacques Samela

Sources :

. Wikipedia

. L’AFP

A lire et à écouter :

. https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-18-janvier-2021

La Croix

La Croix

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Christian Louboutin, retour à la source

Publié le par Jacques SAMELA.

Photo J.S.
Photo J.S.

Photo J.S.

Alors que venait de s’ouvrir au palais de la Porte Dorée (www.palais-portedoree.fr) l’exposition intitulée « L’Exhibitioniste », condensé de 30 ans de carrière du créateur Christian Louboutin, voici avant sa  réouverture, et donc la fin de notre confinement, un petit retour en arrière sur la vie et l’avènement du roi de vos pieds Mesdames, mais pas que, j’y reviendrai.

Né à Paris en 1964, il est le petit dernier d’une famille composée déjà de trois grandes filles, avec il l’apprendra bien plus tard, une petite différence venue manifestement de très loin, rapport à sa peau mate, en totale contraire de ses trois sœurs plutôt blondinettes.

Fréquentant assidûment les lieux emblématiques de son quartier, comme le Zoo de Vincennes, la Foire du Trône, ou l’aquarium tropical, c’est justement durant une de ses visites du Palais de la Porte Dorée, chef d’œuvre de style art déco, créé à l’occasion de l’exposition coloniale de 1931, et désormais Musée national de l’immigration, qu’il découvrit un panneau indiquant que le port de talons aiguilles y était interdit, en raison du parquet ancien.

Il y fût saisi par ce dessin, représentant à la perfection un escarpin noir, avec un talon pointu et vertigineux, qui deviendra justement une de ses marques de fabrique, et juste après cette vision, une fixation, se mettant à dessiner avec frénésie ce même type de soulier, notamment en classe.

Ensuite, et après une adolescence plutôt chaotique, le menant notamment à fréquenter certains lieux de nuit, et notamment le Palace, temple de la nuit parisienne de l’époque, il devient à 18 ans stagiaire chez le chausseur de luxe, Charles Jourdan (1883-1976), considéré comme l’inventeur du talon aiguille, où, en titi parisien qu’il était, et accueilli plutôt fraichement, il apprends la technique de la création, ainsi que le métier de modéliste. Il y restera seulement un an.

Travaillant par la suite en free-lance pour Hervé Léger ou Chanel, il devint en 1988 l’assistant personnel de Roger Vivier (1913-1998), styliste français spécialisé également dans la chaussure, avec pour l’occasion, la possibilité de participer à l’organisation d’une exposition dédiée à son œuvre.

Cependant, après cette expérience certes enrichissante, il bifurque pourtant vers une activité totalement différente, mais déjà une passion pour lui, celle de paysagiste. Il y officiera pendant plusieurs années, avant d’ouvrir finalement sa première boutique à la fin de l’année 1991, lançant en cela sa marque définitivement. Deux autres suivront les années suivantes, avant celles de New York.

Quatre ans après, et quelques tâtonnements, il devient le chausseur attitré des défilés de créateurs comme Jean-Paul Gaultier, Azzaro, Givenchy, Lanvin, ou encore Yves Saint Laurent, pour qui il crée une marque éphémère pour ses adieux, appelée « Christian Louboutin for Yves Saint Laurent Haute Couture 1962 – 2002 ».

Il lance également sa première collection de sacs à main, prémisses d’une diversification à venir, dont celle consacrée au monde de l’homme, avec l’ouverture notamment de sa 45ème boutique en 2011, la création en 2014 de sa première collection de vernis à ongles, la commercialisation en 2015 de sa première gamme de rouge à lèvres, ses premiers parfums en 2016, suivi en 2017 d’une gamme de maquillage pour les yeux.

Et comme vous pouvez le voir, on parle de couleurs, et notamment de ce rouge, utilisé pour les semelles de ses chaussures, reconnues entres toutes, et qui bien sûr est devenu sa marque de fabrique. Mais d’où cela vient t’-il exactement ?

Eh bien tout simplement d’une de ses collaboratrices, qui un jour, se faisant les ongles avec un vernis de la marque Chanel rouge, interpella le créateur, qui de suite eu l’idée d’en badigeonner une semelle de chaussure à sa disposition, habituellement noire, comme l’ensemble des chaussures en fait. L’effet est saisissant, rappelant en lui cette couleur rouge utilisé par Andy Warhol et son désormais pop art, dont il raffole. Il vient de trouver là une nouvelle différence, et qui fera date celle-ci. Pour la petite histoire, et pour être technique, le rouge employé est la couleur numéro 18.1663TP du nuancier Pantone (www.planetecouleur.com).

Depuis, et après quelques collaborations avec Ladurée pour ses macarons, le groupe Mattel pour quelques-unes de ses poupées Barbie, Disney pour une (la) chaussure de Cendrillon, ou encore le Crazy Horse dans le cadre du spectacle intitulé Désirs, il s’est effectivement adressé aux hommes, avec comme déclencheur, le chanteur Mika, qui un jour en 2007,  lui demanda de réfléchir à une chaussure pour sa prochaine tournée.

Ravi certainement du résultat, mais surtout du ressenti plus que favorable du chanteur, il se lança donc trois ans plus tard en créant sa première collection masculine, avec bien évidemment, la semelle rouge, il n’y pas de raison.

Et depuis, ce sont près d’une quinzaine de boutiques pour hommes qui ont été ouvertes, complétant en cela la centaine de points de ventes mixtes à travers le monde, démontrant la montée en puissance de la gent masculine dans la clientèle autrefois essentiellement féminine.

Et que dire de cette édition limitée en 2017, dédiée aux bébés et appelée Loubibabys ?

Une demande de ses aficionados, désormais parents et souhaitant perpétuer une tradition dans le temps, ou tout simplement un  souhait du créateur afin de préparer les futures générations à ses modèles moins classiques comme les baskets, qui, désormais partie plus que prenante de sa panoplie de modèles, sont même devenues les plus contrefaites de sa collection, avec la petite maroquinerie ?

Sans oublier bien évidemment sa fameuse semelle rouge, qui, succès oblige, occasionna des litiges assez longs contre des marques comme la Maison Yves Saint Laurent aux Etats-Unis, Zara, ou encore la marque brésilienne Carmen Steffens, car proposant également des semelles rouges sur leurs modèles de chaussures, sciemment ou pas, ou en tout cas avec le souhait de surfer sur la vague, firent que Christian Louboutin, en plus de ces actions de justice, créa un site en ligne (www.stopfakelouboutin.com), afin d’informer sa clientèle de ces agissements, mais également de leur donner des indications pour obtenir réparation, réparation qu’il obtint lui finalement en 2018 par la Cour de justice européenne, après la cour d’appel de paris, en précisant que sa semelle rouge représentait bien une marque en soi, avec possibilité de la protéger par tous les moyens légaux.

Victoire donc, qu’il souhaitait certainement partager avec ses fidèles, ainsi qu’avec ce public, attendu en nombre, mais, c’était compter sans ce virus, qui malheureusement nous obligera à attendre, avant d’aller voir son univers haut (comme ses chaussures) en couleurs.

Jacques Samela

 

Sources :

. Wikipedia

. Le Parisien Weekend du 15/09/17

. Le Parisien Weekend du 14/02/20

. Elle n° 3870 du 21/02/20

 

 

 

Vu dans Le Parisien Weekend du 14/02/20

Vu dans Le Parisien Weekend du 14/02/20

Vu et lu dans Le Parisien Weekend du 14/02/20
Vu et lu dans Le Parisien Weekend du 14/02/20
Vu et lu dans Le Parisien Weekend du 14/02/20

Vu et lu dans Le Parisien Weekend du 14/02/20

Vu et lu dans Elle n° 3870 du 21/02/20
Vu et lu dans Elle n° 3870 du 21/02/20
Vu et lu dans Elle n° 3870 du 21/02/20

Vu et lu dans Elle n° 3870 du 21/02/20

Vu et lu dans le Parisien Weekend du 15/09/17
Vu et lu dans le Parisien Weekend du 15/09/17

Vu et lu dans le Parisien Weekend du 15/09/17

Vu et lu dans le Parisien Weekend du 15/09/17
Vu et lu dans le Parisien Weekend du 15/09/17

Vu et lu dans le Parisien Weekend du 15/09/17

Vus et lus dans Les Echos du 11/06/18, et Challenges n° 571 du 21/06/18
Vus et lus dans Les Echos du 11/06/18, et Challenges n° 571 du 21/06/18

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Vus et lus dans Gala n° 1394 du 27/02/20, Stylist n° 281 du 13/02/20, et M et magazine du Monde n° 442 du 07/03/20
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L’Opéra Garnier, quand le rideau se lève

Publié le par Jacques SAMELA.

L’Opéra Garnier, quand le rideau se lève
Photo de C. Samela

Photo de C. Samela

Après l’interview, imaginaire de la Tour Eiffel, et avant les Journées européennes du patrimoine, me voici donc avec un autre monument phare de Paris, j’ai nommé l’Opéra de Paris ou Opéra Garnier ou encore Palais Garnier, c’est selon, et c’est parti.

Jacques Samela. Bonjour, je me présente, Jacques de Compétitivité In France

Opéra Garnier. Bonjour, enchanté de vous recevoir, surtout après l’entrevue de ma grande amie La Tour Eiffel que j’ai particulièrement appréciée

JS. Merci. Je souhaitais justement avant l’ouverture des Journées européennes du patrimoine, rencontrer un autre monument phare de la scène parisienne, et bien évidemment j’ai pensé à vous.

OG. Je vous en remercie, commençons donc sans attendre alors, j’ai du monde qui m’attend ce weekend.

JS. Allons-y. Vous venez de fêter vos 350 années d’existence, que pouvez-vous nous en dire ?

OG. Eh bien que cela a commencé tout d’abord en 1661 avec le roi Louis XIV, qui décida de créer l’Académie royale de danse, mais effectivement, c’est surtout en 1669, sous l’égide de Colbert, informé qu’en Italie de multiples académies appelés Opéras avaient été créés, que fût ouvert l’ Académie royale de Musique, sous la tutelle du roi bien sûr, rassemblant en son sein une troupe de chanteurs, le 1er orchestre professionnel de France, et aussi le corps de ballet de l’Académie royale de danse, précédemment créé.

JS. Et tout cela toujours au même endroit qu’aujourd’hui ?

OG. Non, car avant d’être où nous sommes aujourd’hui, ce sont onze lieux différents qui m’accueillirent. Des salles de la Bouteille de 1670 à 1672, à celle du Jeu de Paume de 1672 à 1673, en passant par la porte Saint-Martin de 1781 à 1794, et pour finir, à la salle le Peletier de 1821 à 1873.

JS. Avant d’être donc sur cette fameuse place de l’Opéra

Art et Décoration n° 543 de septembre 2019
Art et Décoration n° 543 de septembre 2019

Art et Décoration n° 543 de septembre 2019

OG. En effet, dû notamment à l’attentat perpétré à l’époque (14 janvier 1858) par l’anarchiste italien Félice Orsini contre l’empereur Napoléon III devant la façade de l’Opéra de l’époque, qui, sans pour autant le toucher directement, grâce notamment à un blindage astucieux sous le carrosse impérial, et même si l’impératrice Eugénie, fût retrouvée couverte de sang, mais saine et sauve, ne les empêcha en rien à participer comme si de rien n’était à la représentation prévue, et l’empereur, peut-être pour éviter de laisser une trace maculée de sang, décida dès le lendemain de construire une nouvelle salle. Finalement une bonne idée, car la salle disparut complètement durant un incendie en 1873.

JS. Par le biais d’un concours si je ne m’abuse ?

OG. Tout à fait, concours international même, lancé deux ans plus tard avec 171 architectes à y prendre part, dont celui qui deviendra mon créateur, Charles Garnier.

JS. Plutôt méconnu à l’époque

OG. Complètement, âgé juste de 35 ans, jeune pour l’époque, mais avec un culot certain, qui lui permit de vaincre ce concours au nez et à la barbe de ses congénères plus expérimentés.

JS. C’est-à-dire ?

OG. Eh bien, durant la présentation finale des projets, l’impératrice, plutôt porté sur le projet de Viollet-Le-Duc, lui demanda quel était le style de son projet, vu que pour elle, il n’était ni grec, ni Louis XV, et encore moins Louis XVI ? Sans se dégonfler, l’apanage de la jeunesse certainement, il lui répondit du tac au tac en disant, mais majesté, c’est du Napoléon III.

JS. Effectivement, plutôt culotté ce monsieur

OG. Judicieux même, car l’empereur, également présent, apprécia bien évidemment cette réponse, et lui décerna au final le premier prix.

JS. Et ce fut certainement les prémisses de ce que l’on appelle aujourd’hui le style Napoléon III, connu également sous l’appellation style second empire

OG. Certainement, surtout que ma construction, qui dura quand même 14 ans, fut totalement intégrée dans les grands travaux d’urbanisme du baron Haussmann voulus par l’empereur, englobant également la réalisation de la place de l’opéra.

JS. De grands travaux qui durèrent eux près de 20 ans

OG. Oui, il se dit que ces travaux ont modifiés la ville de Paris de près de 60 %

Art et Décoration n° 543 de septembre 2019
Art et Décoration n° 543 de septembre 2019

Art et Décoration n° 543 de septembre 2019

JS. Et aujourd’hui cela représente une des images de marque de la ville de Paris. Mais pour en revenir à vous, votre inauguration fût faite en 1875 je crois ?

OG. En effet, et en présence du président de la république Patrice de Mc Mahon, l’empereur étant décédé deux ans auparavant, n’ayant pas vu son idée terminée

JS. Et avec Charles Garnier également, qui d’après mes informations, dut payer sa place pour assister à votre inauguration, est-ce vrai ?

OG. Je ne sais pas, il parait, mais c’est peut-être une des légendes me concernant ?

JS. Comme celle du fantôme par exemple ?

OG. Oui, et celle-ci perdure dans le temps

JS. Vous pouvez nous en raconter l’histoire ?

OG. Disons qu’en 1873, un incendie se déclarant au conservatoire de la rue Le Peletier, l’ancien Opéra, occasionna des brûlures graves au visage d’un jeune pianiste appelé Ernest, mais surtout le décès de sa fiancée, ballerine. Inconsolable, on dit qu’il errera dans les souterrains durant ma construction. Par la suite, divers évènements plutôt mystérieux s’y déroulèrent, comme le décrochage d’un lustre, s’écrasant sur un spectateur assis à la place n° 13, un machiniste retrouvé pendu, une danseuse faisant une chute, occasionnant son décès, ou encore, un mystérieux spectateur exigeant qu’on lui réserve à chaque représentation la loge n° 5, toujours visible aujourd’hui, et dont l’origine pour beaucoup était ce pauvre Ernest. Et avec le roman de Gaston Leroux, il est clair que cette « légende » est depuis passée à la postérité, puisqu’aujourd’hui, des visites s’organisent autour de ce personnage. Pour ma part, je ne l’ai jamais vu. Et vous ?

Photo de C. Samela

Photo de C. Samela

JS. Moi non plus, mais durant ma première et seule visite pour l’instant, j’ai pu voir effectivement nombre de vos visiteurs munis de masques blancs. Mais pour rester dans le monde des légendes, que dire de celles qui ont jalonnées votre vie ?

OG. Vous voulez parler des musiciens ?

JS. Oui, et pas n’importe lesquels

OG. En effet, avec comme précurseur Lully, qui de 1672 à 1687 en devint mon directeur, tout en composant vingt ouvrages, dont celui considéré comme le premier opéra français, Cadmus et Hermione en 1673, suivi en 1733 par Jean-Philippe Rameau, qui lui composera en vingt ans une douzaine d’ouvrages, dont Les Indes galantes en 1735 et Les Paladins en 1757, en 1782, c’est Luigi Cherubini qui y composera son premier opéra, Anacréon ou l’Amour fugitif, et Gioacchino Rossini, ses derniers opéras, dont le monumental Guillaume tell en 1829, Gaetano Donizetti y créa également son premier opéra appelé La favorite en 1840, Giuseppe Verdi y composa lui Les Vêpres siciliennes en 1855 et Don Carlos en 1867, et au final, Richard Wagner, qui avec Tannhaüser en 1861 déclencha une polémique telle, qu’il quitta précipitamment la ville de Paris. Ses œuvres seront représentées par la suite avec plus ou moins de succès.

JS. Nos amis mélomanes apprécieront

OG. Et encore j’en ai oubliés.

JS. Ne vous inquiétez-pas, nos lecteurs pourront retrouver les liens à la fin de cette entrevue

OG. Deux informations quand même, tout d’abord la création d’une école de danse par l’entremise du roi Louis XVI en 1784, et, la création par Philippe Taglioni du premier ballet à être dansé en tutus blanc, dénommée La Sylphide

JS. Effectivement, vous avez raison, l’information c’est sacré

OG. Oui, surtout aujourd’hui, à l’ère des dites « fake news ou infox »

Art et Décoration n° 543 de septembre 2019
Art et Décoration n° 543 de septembre 2019

Art et Décoration n° 543 de septembre 2019

JS. Eh bien justement, reprenons donc le cours de cette entrevue, avec quelques dates significatives de votre existence, comme par  exemple ce fameux 19 août 1932, que s’est-il passé ?

OG. Les premières retransmissions radiophoniques d’un opéra, depuis l’émetteur de mon amie La Tour Eiffel. Il s’agissait de Mârouf, savetier du Caire de Henri Rabaud. Ensuite, c’est un peu le mélange des genres, avec la politique qui vient mettre son nez dans mes affaires, en m’associant l’Opéra-Comique (décidé en 1936 et promulgué en 1939 par le Front populaire) afin de créer un établissement public appelé la Réunion des théâtres lyriques nationaux (RTLN). Supprimé en 1978, il fera place au théâtre de l’Opéra de Paris. Quant à l’Opéra-Comique, il ne retrouvera son autonomie qu’en 1990.

JS. Et en 1982, le coup de tonnerre

OG. Oui, jugeant ma jauge peu satisfaisante, le président de l’époque, François Mitterrand, décida la construction d’un nouvel opéra à Paris, considéré plus moderne et plus populaire.

JS. Vous n’en meniez pas large

OG. C’est peu de le dire. Un concours international fût donc lancé, avec 1 700 architectes et 756 projets reçus. Comparé à celui de ma création, il y a une sacrée différence.

JS. Autre époque, et je crois que c’est un architecte uruguayen qui a gagné ?

OG. Oui, il s’appelle Carlos Ott, et comme Charles Garnier, il était assez jeune, puisqu’il avait 37 ans.

JS. Ah la jeunesse.

OG. A qui le dites-vous

JS. Donc, après plusieurs années de travaux, l’Opéra Bastille est inauguré en 1989 ?

OG. Oui, dans le cadre notamment des manifestations du Bicentenaire de la révolution française, et avec comme directeur du conseil d’administration, Pierre Bergé, le cofondateur et président de la maison de couture Yves Saint-Laurent.

JS. Et un an plus tard, les deux opéras formeront l’Opéra de Paris ?

OG. Oui, mais pas longtemps, puisqu’en 1994, l’Opéra de Paris deviendra l’Opéra national de Paris, soulignant là la volonté de l’institution de rayonner au-delà de Paris.

Photo C. Samela

Photo C. Samela

JS. Pari réussi ?

OG. Je le pense, et comme je ne ressens aucune concurrence de la part de mon petit frère, je me dis que finalement deux opéras à Paris peuvent sans problèmes coexister, apportant même à la ville une plus-value exceptionnelle en termes de spectacles de renom. La ville de Francfort en Allemagne en a également deux, et Prague, la capitale de la république tchèque en a même trois.

JS. Donc, saine concurrence et apport mutuel ?

OG. Oui

JS. Eh bien c’est avec cette évidence que se termine cette longue entrevue, sans omettre quelques informations sur notre interlocuteur, soit que le lustre de la salle pèse 8 tonnes, et, est descendu une fois par an pour son nettoyage, que la scène peut contenir près de 400 personnes, que le plafond, représentant 14 scènes des plus célèbres opéras et ballets a été réalisé par le peintre Chagall, que l’école de danse, celle des petits rats, se trouve depuis 1987 à Nanterre, et que depuis 1982, des ruches sont installé sur le toit, dont le miel est vendu à la boutique.

Art et Décoration n° 543 de septembre 2019 et Photo de C. Samela
Art et Décoration n° 543 de septembre 2019 et Photo de C. Samela

Art et Décoration n° 543 de septembre 2019 et Photo de C. Samela

OG. Que d’informations pour vos lecteurs, j’espère justement avoir été à la hauteur de vos attentes, même si bien sur je n’atteindrai jamais celle de mon amie La Tour Eiffel. Merci pour ce moment, qui je l’espère intéressera vos lectrices et lecteurs.

JS. Merci à vous surtout, et que s’ouvrent donc vos portes pour ces 36èmes Journées Européennes du Patrimoine, dédiées justement cette année à l’art et au divertissement.

Jacques Samela

 

Sources :

. www.operadeparis.fr

. www.histoire-de-paris.fr

. www.paris1900;Lartnouveau.com

. www.parisbalade.fr

. https://www.lemonde.fr/culture/article/2019/02/08/les-dates-qui-ont-marque-l-histoire-de-l-opera-de-paris_5420845_3246.html

. Art et Décoration n° 543 de septembre 2019

A voir :

. Habiller l'opéra, costumes et ateliers de l'Opéra de Paris / https://www.cncs.fr/costumes-de-lopera-de-paris

 

Art et Décoration n° 543 de septembre 2019
Art et Décoration n° 543 de septembre 2019

Art et Décoration n° 543 de septembre 2019

Télé-Loisirs n° 1750 du 14/09/19
Télé-Loisirs n° 1750 du 14/09/19

Télé-Loisirs n° 1750 du 14/09/19

. Pour plus d'informations, n'hésitez-pas à lire ou à relire l'interview du 30 mars 2018, intitulé : La Tour Eiffel, 129 ans et la vie devant elle

Publié dans Portrait français.

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Claudie Haigneré, objectif lune

Publié le par Jacques SAMELA.

Photo J.S.
Photo J.S.

Photo J.S.

Après la clôture du 53ème salon international du Bourget (http://competitiviteinfrance.overblog.com/le-dossier-du-mois-le-salon-du-bourget) et la publication du sujet sur Starburst (http://competitiviteinfrance.overblog.com/2019/06/starburst-accelerator-l-ambition-d-un-visionnaire.html), je reste dans les airs, même plus haut, avec comme portrait, celui de la première française à avoir en 1996 voyagé dans l’espace, j’ai nommé Claudie Haigneré.

En effet, celle que l’on surnomme « Bac+19 », participa donc à la mission franco-russe Cassiopée à bord de la station MIR pendant 16 jours, avant de réitérer l’expérience avec cette fois-ci en 2001, neuf mois comme ingénieur de bord n°1 durant la mission franco-russe Perseus, où elle réalisera un programme expérimental  dans les domaines de l’observation de la terre, de l’étude de l’ionosphère*, des sciences de la vie, et des sciences de la matière.

La première fût consacré à des expériences médico-physiologiques, techniques et biologiques, suite à un cursus scolaire de premier plan ayant débuté à 15 ans avec l’obtention de son bac, la menant par la suite à l’obtention de diplômes en sciences (option neurosciences), en biomécanique et physiologique du mouvement (DEA), ou encore en médecine aéronautique et spatiale, ainsi qu’en rhumatologie, fonction qu’elle exercera de 1984 à 1992, parallèlement à son travail au sein du laboratoire de physiologie neuro-sensorielle du CNRS (www.cnrs.fr), où elle prépara les expériences Physalie et Viminal, menées par la suite en 1988 par l’astronaute français, Jean-Loup Chrétien, durant la mission franco-soviétique Aragatz, avant d’être sélectionnée par le CNES (www.cnes.fr) comme candidate spationaute, la seule parmi le groupe de sept retenu sur le millier de postulants, qui pour la petite anecdote, est le terme utilisé en France, alors qu’aux Etats-Unis, c’est astronaute, en Russie, cosmonaute, et en Chine, Taïkonaute.

Ensuite, de 1990 à 1992, elle sera la responsable des programmes de physiologie et de médecine spatiale à la division « Sciences de la Vie » au sein du CNES, tout en assurant depuis 1989 et ce jusqu’en 1992, la coordination scientifique de la mission franco-russe Antarès, à laquelle prit part l’astronaute français Michel Tognini.

Et de cette expérience unique, elle s’en servira au profit cette fois-ci de la politique, en devenant de juin 2002 à mars 2004, ministre déléguée à la recherche et aux Nouvelles technologies, et de mars 2004 à mai 2005, ministre aux Affaires européennes des gouvernements Raffarin, sous la présidence de Jacques Chirac. Elle deviendra par la suite (2005), conseillère auprès du directeur général de l’Agence Spatiale Européenne (ESA), et en 2009, présidente de la Cité des Sciences et de l’Industrie (CSI) et du Palais de la découverte.

Et aujourd’hui, revenue à l’ESA comme conseillère auprès du nouveau directeur, l’allemand Johann-Dietrich Wörner, elle participe pleinement au projet qui pourrait amener l’Europe à créer une base sur la lune appelé Moon Village** (www.moonvillageassociation.org), imaginé par l’association du même nom, et dont le but, au de-là des études scientifiques qui y seraient menées, pourrait devenir une étape intermédiaire sur le chemin de la planète Mars.

Alors, de là à dire et à m’avancer qu’elle serait partante pour une nouvelle mission, avec son mari peut-être, le spationaute français, Jean-Pierre Haigneré, afin notamment de se rapprocher au plus près de l’astéroïde portant en leur hommage leur nom, (135268) Haigneré, situé dans la ceinture principale d’astéroïdes, région du système solaire situé entre les orbites de Mars (on y revient justement) et Jupiter, il y a peu de chances que je me trompe, sachant qu’à chaque retours de l’espace, l’objectif est d’y retourner au plus vite, Thomas Pesquet ne disant pas autre chose, cependant, ayant tous les deux plus que dépassés l’âge moyen pour aller dans l’espace, leur unique moyen sera de continuer à contribuer à la mise en place de nouvelles missions, formant également les futurs spationautes français et européens.

Mais bon, comme le dit Buzz (Aldrin ou l’Eclair ?), vers l’infini et au-delà !

Ce qui veut dire que, si on suit à la lettre cette devise mondialement connue, rien n’est totalement acquis, et qu’une petite dernière (mission) avant une retraite bien méritée, ne serait peut-être pas pour déplaire à l’héroïne de ce portrait.

*Ionosphère : Partie de l'atmosphère où les molécules sont ionisées par le rayonnement ultraviolet solaire. L'ionosphère terrestre est comprise entre environ 80 et 500 km d'altitude. (https://www.futura-sciences.com/sciences/definitions/univers-ionosphere-871/).

**https://moonvillageassociation.org/event/the-3rd-international-moon-village-workshop-symposium-2019/

Jacques Samela

 

Sources :

. Wikipedia

. www.futura-sciences .com

. Le Parisien Weekend du 19 janvier 2018

Vue et lu dans Le Parisien Weekend du 19/01/18
Vue et lu dans Le Parisien Weekend du 19/01/18

Vue et lu dans Le Parisien Weekend du 19/01/18

Vus et lu dans National Geographic Hors-Série de juin - juillet 2019
Vus et lu dans National Geographic Hors-Série de juin - juillet 2019

Vus et lu dans National Geographic Hors-Série de juin - juillet 2019

Vus et lu dans National Geographic Hors-Série de juin - juillet 2019
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L'industrie aéronautique en France attire de plus en plus de femmes

https://www.usinenouvelle.com/article/video-l-industrie-aeronautique-en-france-attire-de-plus-en-plus-de-femmes.N838480#xtor=EPR-169&

 Le 03/05/2019 / L'Usine Nouvelle

La présence féminine augmente dans l'industrie aéronautique française. Selon le Groupement des industries françaises (Gifas), sa part est passée de 18% à 23% entre 2007 et 2017. Des chiffres positifs, mais encore en deçà de ceux de l'industrie en général, où on compte 30% de femmes.

L'industrie aéronautique en France serait-elle en voie de féminisation ? Selon les chiffres du Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (Gifas), le pourcentage de femmes travaillant dans ce secteur est passé de 18% à 23% entre 2007 et 2017.

En regardant par catégorie, on observe que l'évolution de la présence féminine est similaire chez les cadres & ingénieurs (18% en 2007 et 23% en 2017), et encore plus forte chez les ouvriers (de 9% à 16 %). Des chiffres en relative baisse cependant du côté des employés (de 63% à 62%) et des techniciens et agents de maîtrise (de 16% à 14).

Des chiffres plutôt positifs, qui doivent cependant être tempérés. Les 23% de femmes dans l'industrie aéronautique sont encore bien inférieurs aux 30% de femmes présentes dans l'industrie en général, selon les chiffres de l'Insee. On est encore loin d'une parité femme-homme, mais les mentalités évoluent petit à petit en ce sens.

Qu'il s'agisse d'hommes ou de femmes, le déficit de main d’œuvre sur certains profils, notamment manuels, reste un problème récurrent dans l'industrie. Comme depuis plusieurs années, 15 000 recrutements dans l'industrie aérospatiale sont prévus en 2019.

 

Vus et lus dans 20 minutes du 20/06/19
Vus et lus dans 20 minutes du 20/06/19

Vus et lus dans 20 minutes du 20/06/19

National Geographic Hors-Série de juin - juillet 2019

National Geographic Hors-Série de juin - juillet 2019

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Et de un, et de deux, et de trois architectes

Publié le par Jacques SAMELA.

Photo J.S.
Photo J.S.

Photo J.S.

Comme cela est déjà arrivé (voir le sujet sur Alain Ducasse et Pierre Gagnaire), ce n’est pas un portrait mais deux que je vais vous présenter.

Il s’agit cette fois-ci des deux plus grands architectes français en exercice, que sont Jean Nouvel et Christian de Portzamparc.

Attention, ce choix m’appartient totalement, et ne souhaitant pas me mettre à dos la profession, je choisi tout bonnement l’alphabet pour les départager, et non les succès, n’étant pas compétent en la matière pour le faire.

C’est donc Christian de Portzamparc (www.christiandeportzamparc.com) qui l’emporte.

74 ans, il vient d’obtenir le prix de la 30ème édition des prix Praemium impérial, considéré comme le prix Nobel des arts, créé en 1988 par la Japan Art Association,  récompensant chaque année cinq artistes, ce qui fait que cette année, deux autres français ont obtenus ce prix, l’actrice Catherine Deneuve, et le peintre Pierre Alechinsky. Les lauréats recevront la somme de 15 millions de yens (environ 117 000 €) lors d’une cérémonie à Tokyo le 23 octobre prochain, en présence du frère cadet de l’empereur actuel Akihito, le prince Hitachi. Rien à voir je pense avec la marque que nous connaissons tous.

Alors, ce prix, il n’est pas le premier architecte à l’obtenir, puisque jean Nouvel, notre deuxième portrait français, l’a déjà obtenu, ainsi qu’un autre du nom de Dominique Perrault. Par-contre, il fut le premier lauréat français du prestigieux prix international d’architecture, le Pritzker (www.pritzkerprice.com), que Jean Nouvel, encore lui, obtint en 2008.

Architecte et urbaniste, il étudia aux Beaux-Arts de 1962 à 1969, où la découverte des croquis de l’architecte suisse Le Corbusier (www.sitelecorbusier.com), le poussa à s’orienter vers l’architecture moderniste, marque de fabrique de son mentor, mais sans pour autant embrasser totalement ce modèle, estimant par exemple qu’à Paris, il serait difficile de faire table rase du passé.

En ce qui me concerne, en amateur non éclairé de l’architecture, j’aime assez les œuvres de Le Corbusier, synonyme d’une époque appelée art-déco que j’apprécie, mais aussi d’une certaine bande dessinée belge, que j’apprécie également. Lignes claires, précision du détail.

Mais pour en revenir à Christian de Portzamparc, membre d’honneur de l’America Institute of Architects (AIA), il participa à la consultation sur le Grand-Paris de 2008 à 2009, y défendant une conception « rhizomatique » de la métropole, soit la connexion des différents territoires, grâce à leurs fonctions complémentaires, mais sans que cela apparaisse clairement. Me suis-je fais comprendre ?

Depuis, c’est surtout vers le concept dit de « l’îlot ouvert » qu’il façonne son travail, en énonçant une théorie qu’il appelle l’âge III en opposition à l’âge I et II, soit l’urbanisation avec des formes asymétriques non figées, des bâtiments autonomes mais non identiques, autour d’une rue traditionnelle, contre ce que l’on appelle la ville traditionnelle, se composant elle d’un alignement de bâtiments mitoyens autour d’une rue fermée (bloc haussmannien), et les villes d’après-guerre, bâties selon le mouvement moderne, comme par exemple la ville du Havre, ayant obtenue en 2005, le label UNESCO, récompensant en cela l’architecte mondialement connu, chargé de la reconstruction de la ville, Auguste Perret.

Loin de vouloir couler une retraite paisible, âge aidant, des projets ambitieux et de dimension mondiale l’occupant encore aujourd’hui, voici avant d’en voir justement le résultat, quelques œuvres de renom, démontrant son positionnement incontournable dans l’architecture d’aujourd’hui.

A l’étranger tout d’abord avec le Musé Hergé à Louvain La Neuve (Belgique), l’ambassade de France à Berlin, la tour LVMH ainsi que la Prism Tower à New York, la cité des arts à Rio, et donc en France avec l’hôpital de la Croix Rousse à Lyon, la cité de la musique au Parc de la Villette à Paris, et récemment, la plus grande salle de spectacle d’Europe, la U Arena Stadium à Nanterre-La Défense. J’en oublie bien sûr, mais il fallait faire des choix.

 

 

 

 

Vu et lu dans Les Echos du 19/09/17

Vu et lu dans Les Echos du 19/09/17

Passons dès à présent, sans pause aucune, à Jean Nouvel (www.jeannouvel.com), qui si ils sont de la même génération, non bien sûr pas le même parcours, même si quelques similitudes apparaitront, ou sont déjà apparues.

Initié en seconde au dessin et à la peinture, il dit avoir été largement influencé par la ville de Sarlat et les châteaux de Dordogne, région où il passa toute sa jeunesse. Cependant, n’étant pas d’une famille d’artistes, peu férue d’arts, il dût démontrer haut et fort son désir de rentrer aux Beaux-Arts (comme son comparse donc), avec comme preuve à l’appui, sa première place au concours.

A 21 ans, durant ses études, il collabore avec l’atelier d’architecture de Claude Parent, considéré à l’époque comme l’architecte du moment, où très rapidement mis à l’épreuve, il dirigea des chantiers, avec au final, la création de sa propre agence à 26 ans, devenant grâce  à son mentor, l’architecte de La Biennale de Paris (www.labiennaleparis.com), organisant durant quinze ans d’activités, 7 biennales dans des lieux prestigieux de la capitale.

Quant à son diplôme, il dit qu’avec les évènements de Mai 68, sa remise n’en fût que plus facile. De toute manière, l’apprentissage, trop dogmatique à son goût, n’était justement pas pour lui, voyant notamment l’ensemble de ses projets refusés. De là à dire qu’il a depuis usurpé sa fonction, je ne le pense pas, et sa carrière le démontre amplement.

Et la suite justement, c’est ce concours qu’il gagnera haut la main avec ses camarades du syndicat de l’architecture (Pierre Soria, Gilbert Lézénès, Martin Robain), lancé par le président de l’époque, François Mitterrand, consistant à créer l’Institut du monde arabe (IMA), dont la façade à moucharabiehs deviendra par la suite une signature et un signe de reconnaissance pour la suite de sa carrière, avec à la clé, l’obtention du prestigieux prix Pritzker en 2008, récompense incontournable de l’architecture mondiale, vous le savez à présent, rejoignant donc Christian de Portzamparc, nouvelle similitude.

Suivront par la suite des œuvres de renom comme l’opéra de Lyon, la Fondation Cartier et le Musée du quai Branly à Paris, récemment le Louvre d’Abou Dhabi, et l’inauguration imminente de la tour intitulée La Marseillaise (http://www.tourisme-marseille.com/fiche/tour-la-marseillaise-marseille/), à Marseille justement, avant d’autres projets devant le mener cette fois-ci en Chine ou au Qatar.

En ce qui concerne son métier, après toutes ces années, et à la question si il referait la même chose, il dit oui, mais avec quelques bémols sur le devenir de l’architecture, estimant que depuis de nombreuses années, nous assistons carrément à ce qu’il appelle un clonage planétaire avec l’élaboration de bâtiments similaires, sans relations avec la géographie des lieux (les villes), son climat, son histoire, estimant même que les gestionnaires financiers ont pris le pouvoir au détriment de ces visionnaires dont il se sent l’un des plus ardents représentant et défenseur, accompagné certainement par son comparse Christian de Portzamparc, voire peut-être de l’ensemble de la profession ?

Et s’il n’y avait pas tous ces concours, maladie de son métier comme il dit, il en serait encore plus ravi, mais,  pour faire vivre son agence et sa centaine de salarié, il est obligé d’en passer par là.

Vus et lus dans Télérama n° 3539 du 08/11/17, Les Echos du 06/12/17 et du 30/08/18
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Et finalement, cause actualité, plus si récente en fait, mais bon, ce n’est finalement pas à deux mais à trois portraits auxquels vous aurez droit cette fois-ci, avec pour terminer, l’architecte Manuelle Gautrand (www.manuelle-gautrand.com), titulaire récemment d’un prix qu’aucun autre architecte français, ni aucune femme n’avait encore reçu, en l’occurrence le prix européen d’architecture 2017, remis conjointement par The European Centre (www.europeanarch.eu) et The Chicago Athenaeum (www.chi-athenaeum.com), soit un doublé exceptionnel.

Diplômée en 1985, et après quelques années dans différentes agences, elle créa en 1991 à Lyon sa propre agence appelée tout simplement « Manuelle Gautrand Architecture », avant de la réinstaller plus tard à Paris. Elle obtiendra par la suite en 2014, le Prix de la femme architecte (www.femmes-archi.org).

Bureaux, bâtiments culturels, équipements commerciaux et de loisirs, telles sont ses spécialités, mais c’est par le biais de l’élaboration en 2007 du showroom de Citroën sur les Champs-Elysées, appelé « C42 » (désormais fermé), que le grand public et l’international  la découvre, avec à la clé de nombreux prix. Ensuite, auréolée de ces titres, elle livre son premier bâtiment à l’étranger, un centre commercial à Bangkok (Thaïlande), suivi en 2010 par la livraison de deux œuvres importantes que sont Le Lam (www.musee-lam.fr), Musée d’art moderne, d’art contemporain et d’art brut de Lille, et la cité des affaires à Saint Etienne, doté d’un immeuble de bureaux de 25 000 m2.

Aujourd’hui, avec ce nouveau prix, il est fort à parier que sa renommée ne retombera pas de sitôt, mais plutôt qu’il déclenchera certainement de nouvelles commandes, après avoir gagné des concours bien sûr, lui permettant peut-être de concurrencer ces prestigieux ainés.

En tout cas, avec ces trois exemples, on peut penser que l’architecture française à de beaux jours devant elle, avec je l’imagine de jeunes architectes attendant avec patience le moment qui les fera passer à un échelon supérieur, à cette reconnaissance internationale, devenant en cela les dignes héritiers de leurs illustres prédécesseurs.

Et comme s’ouvre prochainement la 3ème édition des  Journées nationales de l’architecture (www.journeesarchitecture.culture.gouv.fr), vous aurez peut-être l’occasion de découvrir vous-mêmes ces futurs champions, et les tendances architecturales de demain.

Jacques Samela

 

Sources :

. Wikipedia

. Télérama n° 3539 du 08 novembre 2017

. Les Echos du 06 décembre 2017, du 08 janvier 2018

. Le Monde du 30 août 2018

. Les Echos Weekend

 

A suivre :

. https://journeesarchitecture.culture.gouv.fr/

Vu et lu dans Les Echos du 14/12/17

Vu et lu dans Les Echos du 14/12/17

Vu et lu dans Le Monde du 17/10/18
Vu et lu dans Le Monde du 17/10/18

Vu et lu dans Le Monde du 17/10/18

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La Tour Eiffel, 129 ans et la vie devant elle

Publié le par Jacques SAMELA.

La Tour Eiffel, 129 ans et la vie devant elle
La Tour Eiffel, 129 ans et la vie devant elle

Jacques Samela. Bonjourc’est donc à ma première entrevue à laquelle vous allez avoir droit, qui plus est avec un personnage français de renom, que tout le monde connait, voici donc pour vous, mes chères lectrices et mes chers lecteurs, La Tour Eiffel.

JS. Bonjour Madame, je me présente, Jacques, de Compétitivité In France.

La Tour Eiffel. Bonjour Jacques

JS. Au fait, comment doit-on vous appeler ? Madame, mademoiselle ?

LTE. Comme bon vous semble. La majorité des gens m’appelle tout simplement La Tour Eiffel, ou quelque fois la Dame de fer.

JS. D’accord, et je vais justement commencer par vous poser deux questions que l’on ne doit aucunement poser à une dame, soit votre âge et votre poids ?

LTE. C’est vrai, vous avez raison, mais comme vos lectrices et vos lecteurs sont en attente de cette information, je vais y répondre sans en prendre ombrage. Donc, si mes souvenirs ne me font pas défaut, les premières esquisses furent réalisées en 1884, par Maurice Koechlin et Emile Nauguier, employés de la société Eiffel & Cie, ensuite, le montage débuta au mois de juillet de 1887, mais mon acte de naissance démarre vraiment le 31 mars 1889, avec l’inauguration de l’Exposition Universelle. Quand à mon poids, je pèse près de 10 000 tonnes.

JS. Et votre taille ?

LTE. Je mesure près de 300 mètres, ce qui à l’époque me permit de devenir l’édifice le plus haut du monde, loin devant les pyramides d’Egypte, les flèches des plus hautes cathédrales, ou encore l’obélisque de la ville de Washington, qui lui culmine à 169 mètres. Aujourd’hui, c’est moi qui suis loin derrière, notamment la tour de Burj Khalifa à Dubaï, qui elle culmine à 828 mètres. Ce n’est donc plus ma taille qui en impose, mais plutôt ce que je représente comme symbole, mais on en reparlera certainement.

JS. On y reviendra effectivement, car j’aimerai tout d’abord connaître le vrai rôle de Gustave Eiffel (1832 – 1923) dans votre naissance ?

LTE. C’est vrai que j’ai son nom, mais au début, il n’était pas trop pour le projet initié par ses employés (voir plus haut), mais avec l’intervention d’un autre de ses employés, en l’occurrence, Stephen Sauvestre, architecte en chef des projets, il en devint rapidement le plus fervent supporter, avec comme idée de démontrer, durant cette exposition universelle, la croissance exponentielle de ce que l’on appellera par la suite, la révolution industrielle, dont il était également un fervent précurseur, cherchant justement à positionner La France comme la nouvelle puissance économique, face à ses principales concurrentes qu’étaient à l’époque l’Allemagne et la Grande-Bretagne.

JS. Et le résultat fût ?

LTE. Un succès, en tout cas durant l’exposition universelle, avec notamment près de 2 millions de visiteurs la première année, car par la suite, on passa à 1 million en 1900, et à moins de 300 000 dans les années 30. Il faut savoir aussi qu’à la clôture de l’exposition, j’aurai dû être détruite, comme l’ensemble des monuments érigés pour celle-ci. Mais grâce à Gustave Eiffel, qui eut l’idée d’organiser des expérimentations scientifiques comme la mise en place d’un pendule de Foucault, la mesure de la température atmosphérique, ou encore le calcul de la vitesse du vent, je fus donc sauvée de la dite destruction.

JS. Je pense que personne ne s’en plaint aujourd’hui, au contraire.

LTE. C’est vrai, et j’en suis ravie.

Vu et lu dans Les Echos de décembre 2014 et janvier 2015
Vu et lu dans Les Echos de décembre 2014 et janvier 2015

Vu et lu dans Les Echos de décembre 2014 et janvier 2015

JS. Mais pour en revenir à votre nom, pourquoi avoir pris celui que l’on connaît, alors que Gustave Eiffel n’en est pas l’initiateur ?

LTE. C’est je crois après avoir racheté un brevet signé entre lui et ses trois employés qu’il décida de me baptiser ainsi.

JS. Ils ne lui en tinrent pas rigueur ?

LTF. Manifestement pas, ils obtinrent même la légion d’honneur pour leur participation à ma création.

JS. Pour en revenir justement à votre création, elle ne fut pas appréciée par tous manifestement ?

LTF. En effet, et je rejoins là mon concurrent mais néanmoins ami, le centre Beaubourg, qui lui aussi ne fut pas apprécié à ses débuts. En ce qui me concerne, on parlait de moi en ces termes, « cette tour vertigineusement ridicule, dominant Paris, ainsi qu’une noire et gigantesque cheminée d’usine, odieuse colonne de tôle boulonnée ».

JS. Quand on voit ce que vous représentez aujourd’hui à Paris ?

LTF. Eh oui, et les exemples ne sont pas rares, mon autre amie, la Pyramide du Louvres pourrait vous en raconter des vertes et des pas mures.

JS. C’est vrai, les exemples ne manquent pas. Sinon, pour en revenir à toutes ces années après votre sauvetage, que s’est-il passé ?

LTF. Eh bien, en octobre 1898, la 1ère liaison téléphonique entre moi et le Panthéon a été établie, suivie en 1907, de l’installation de la TSF (télégraphique sans fil), permettant une liaison jusqu’à Bizerte (Tunisie), et les USA en 1912. Ensuite, pendant la 1ère guerre mondiale, l’interception d’un radiogramme de la victoire allemande imminente, permit de déjouer l’attaque sur la Marne. En 1922, est inaugurée Radio Tour Eiffel, 1925 voit les balbutiements de la télévision en France, et en 1959, l’installation d’un nouveau mât de télédiffusion me permit de grandir de 20 m (320,75 m).

JS. Que d’aventures.

LTF. Oui, et encore celles-ci sont positives, car je ne sais si vous vous en souvenez, mais en 1912, un nommé Franz Reichelt, tailleur de profession, voulut tester un parachute de sa conception en se lançant du 1er étage, avec malheureusement une issue fatale. Et je préfère même oublier les autres évènements qui m’ont endeuillé. Trop nombreux pour moi.

JS. Effectivement, on parle de plus de 300 incidents ou accidents majeurs depuis votre naissance.

LTF. Effectivement vraiment trop pour moi. Heureusement, cela n’a pas été que mon lot quotidien.

JS. Non c’est vrai, et c’est même plutôt l’accueil de votre public votre lot quotidien.

LTF. Oui, toujours aussi nombreux chaque jour (20 000), avec près de 7 millions de visiteurs en 2016, dont 90 % de touristes étrangers, ce qui représente quand même presque 300 millions de visiteurs depuis mon inauguration. Pas mal en 129 ans d’existence, et avec les nouvelles directives de la SETE (Société d’exploitation de la Tour Eiffel), ce n’est pas près de se tarir.

JS. Surtout au vu des estimations concernant la croissance touristique en France et à Paris en particulier, considérée comme la reine mondiale du tourisme, et dont vous en représentez l’image de marque, estimée en valeur à près de 434 milliards d’Euros.

LTF. Oui, il paraît, je dois même m’attendre à accueillir des visiteurs en plus grands nombres, mais avec une meilleure fluidité cette fois-ci, car les files d’attentes, toujours plus longues, donnent plutôt une image de désorganisation. Cela fait justement parti des idées qui seront misent en place bientôt, en privilégiant notamment l’achat des billets en ligne, passant de 10 % aujourd’hui à près de 50 % à l’orée de la nouvelle saison d’été.

JS. Ce qui j’imagine aidera au mieux ceux qui vous épaulent 365 jours par an ?

LTF. Oui, notamment ceux qui sont chargés de l’accueil, le 1er contact entre les visiteurs et moi, mais sans oublier bien sur les autres, les électriciens, les soudeurs, les menuisiers, les peintres, les mécaniciens, enfin tous ceux qui font plus que le nécessaire pour assurer cette prestation tant appréciée de par le monde.

JS. Avec tous les 7 ans une toilette totale ?

LTF. Vous me faîtes rougir jeune homme, à mon âge, mais oui c’est vrai, tous les 7 ans j’ai droit à un lifting, ce qui représente quand même près de 60 tonnes de peinture, avec de temps en temps quelques changements quant à ma couleur, qui aujourd’hui est plutôt brun avec trois tons de dégradés, passant du plus foncé en bas au plus clair en haut, plus en harmonie avec le paysage parisien. A ma naissance, j’étais plutôt couleur « rouge Venise ».

JS. Loin de là mon idée, mais ce lifting sera donc accompagné d’un plan de modernisation de près de 300 millions d’Euros, dont 30 millions cette année pour la seule réalisation de la clôture anti-balles.

LTF. Eh oui, ma beauté associée à la sécurité de mes visiteurs. Bien obligée, car perçue comme le symbole de Paris, et donc de la France, le risque d’attirer le genre d’actions que nous avons vécus récemment, est plus que tentant.

JS. En espérant juste que cela ne dénature pas le site ?

LTF. On verra au moment de l’inauguration, mais je fais entièrement confiance à ma nourrice actuelle, la SETE.

JS. Cela sera donc l’occasion de vous revoir. Et c’est en prenant ce prochain rendez-vous avec vous, que je clôturerai cette entrevue, qui vous ne le savez peut-être pas, était ma première.

LTF. Si je comprends bien je deviens votre marraine dans cet exercice ?

JS. Oui, cela serait même avec plaisir.

LTF. Eh bien faisons comme cela, et j’espère avoir été à la hauteur de vos attentes, ainsi qu’à celles de vos lectrices et lecteurs ?

JS. Oui, je dirai même à hauteur de vos plus de 300 mètres. Merci à vous surtout, et à très bientôt.

LTF. Au revoir, et bon vent pour votre blog.

JS. Merci, et au revoir également.

Jacques Samela

 

Sources :

. www.toureiffel.paris

. Enjeux Les Echos / Décembre 2014

. Les Echos du 20/12/17

. Management / Décembre 2017

. Capital Hors-Série / Février – mars 2018

 

 

Capital Hors-Série de février-mars 2018
Capital Hors-Série de février-mars 2018

Capital Hors-Série de février-mars 2018

Vu et lu dans Management de décembre 2017
Vu et lu dans Management de décembre 2017
Vu et lu dans Management de décembre 2017
Vu et lu dans Management de décembre 2017
Vu et lu dans Management de décembre 2017

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Vu et lu dans Les Echos du 20/12/17

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Xavier Niel, l'oncle d'Amérique de la French Tech

Publié le par Jacques SAMELA.

Photo J.S.
Photo J.S.

Photo J.S.

L’année de ses quinze ans, à noël, il reçoit de son père un ordinateur Sinclair ZX81, qui restera dans sa légende, comme le premier contact de Xavier Niel avec l’informatique naissante, et certainement le déclencheur de ce qu’il est aujourd’hui.

En effet, lycéen, il teste en 1983 le potentiel du désormais célèbre Minitel, en proposant des services pour sa partie la plus coquine, les messageries roses, dont les plus connues se nommaient 3615 Ulla, Sarah, Mytilène, ou encore Cum. Les plus anciens s’en souviendront certainement.

Pressentant le potentiel de ces nouveaux usages, il abandonne sa classe préparatoire, afin de se lancer à plein temps dans une entreprise de services érotiques avec un certain Fernand Develter, ancien de la Société générale, reconverti dans les serveurs érotiques et les sex-shops.

Cette nouvelle activité lui rapporta suffisamment pour lui permettre de racheter en 1990 les parts de son associé dans la société éditrice de Minitel rose appelée Fermic multimédia, qu’il rebaptisera rapidement Iliad (www.iliad.fr), aujourd’hui connue pour être le nom de sa holding.

Ses premiers produits furent « 3617 Annu », lancé en 1996, et « sociéte.com ».

Entre temps, en 1995, il investit dans Worldnet, premier fournisseur d’accès à Internet grand public en France, qu’il revend cinq ans plus tard.

En 1999, commence alors le développement d’une offre d’accès à Internet, connue sous le nom de Free. Elle sera lancée en 2002, devenant au passage l’initiateur des offres triple pay et du concept de box en France.

Depuis, et après avoir largement chamboulé le secteur des télécoms, son groupe affiche toujours des résultats positifs, améliorant sa rentabilité globale, gagnant même au passage sur les six premiers mois de l’année en cours, 440 000 nouveaux abonnés dans le mobile, soit 45 000 de plus que sur la même période l’année dernière, et sur la partie fixe, 83 000 nouveaux abonnés.

Cependant, afin de contrecarrer une concurrence toujours plus vive et requinquée, une nouvelle box est en cours d’élaboration, considéré par son instigateur comme disruptive, très avancée, haut de gamme, et ne correspondant à rien sur le marché d’aujourd’hui.

Quant à lui, désigné en 2015 comme la septième personnalité mondiale la plus influente du numérique par le magazine américain Wired, il serait à la tête aujourd’hui d’une fortune estimée à 9,7 milliards de dollars, occupant le poste de septième fortune de France (Forbes), et la 132ème dans le monde.

Belle réussite que la sienne, qui, tout en gardant son esprit rebelle, son côté « geek » (piratage à 20 ans du réseau PTT de l’Elysée, bricolage de faux décodeurs Canal+), lui permet aujourd’hui d’être à l’origine d’un certains nombres d’initiatives plus ou moins connues comme très récemment l’ouverture de la désormais renommée Station F (www.stationf.co), inaugurée cet été en présence d’Emmanuel Macron, et censée devenir le plus grand campus de startups au monde, l’école d’informatique 42*, créée en 2013, totalement gratuite, dupliquée aux Etats-Unis au sein de la Silicon Valley, avec comme souhait d’y accueillir 10 000 étudiants d’ici cinq ans, attendue à Lyon cette année, et déclinée sous forme de partenariat en Afrique du Sud, Roumanie, ou en Ukraine, mais aussi ses nombreux investissements dans plusieurs start-ups comme Deezer, Ateme, ou encore Mediapart et Bakchich, créant au passage un fonds d’investissement du nom de Kima Ventures (www.kimaventures.com), dont l’objectif est d’investir dans une ou deux start-ups à travers le monde chaque semaine (plus de 300 dans 30 pays), sans pour autant oublier également le rachat avec Mathieu Pigasse, propriétaire du journal Libération, et du magazine Les Inrocks, et Pierre Bergé, récemment décédé, du quotidien prestigieux Le Monde, son apport financier à l’hebdomadaire L’Obs, et tant d’autres choses qui n’ont rien à voir avec la FrenchTech et les nouvelles technologies, mais qui lui permettent aujourd’hui de côtoyer les grands pontes de l’industrie et de la finance française, ce qui pour lui n’était pas garanti au début de son aventure.

Donc oui belle réussite, je me répète, mais avec quand même au final, un positionnement devenu presque incontournable dans le financement des nouvelles pépites françaises, au même titre que ses compères que sont Marc Simoncini (fondateur de Meetic) et Jacques-Antoine Granjon (fondateur de Vente privée), avec qui justement il s’associe souvent, rendant possible l’émergence de jeunes pousses innovantes, à la recherche de fonds importants pour se développer et grandir.

Alors il est vrai qu’il ne fait pas cela juste pour aider, il ne faut pas se leurrer non plus, son but est aussi de gagner de l’argent en retour, mais quand même, il pourrait garder tout ce qu’il gagne pour son groupe ou pour lui, sans en faire profiter les autres, mais se rappelant certainement son parcours atypique, et afin d’éviter que ces sociétés prometteuses se perdent dans les méandres de la recherche de subsides, au détriment souvent de ce qui fait l’innovation , il intervient rapidement (après étude j’imagine), afin qu’elles puissent se développer rapidement, dans de bonnes conditions, garant de ce qui fera demain leur réussite, mais aussi celle de la France, une autre de ses marottes.

Donc, que dire de plus, si ce n’est qu’il est devenu un investisseur incontournable pour la nouvelle génération d’entrepreneurs, qu’il est également un défricheur incontournable du monde numérique, participant il y a quelques années (2012) à l’écriture d’un livre intitulé « Les 100 mots de l’internet » dans la collection « Que sais-je ? », mais qu’il est peut-être aussi pour tous ceux qui comme lui n’ont pas fait de grandes écoles, ou ne sont pas nés avec une cuillère d’argent dans la bouche, un exemple à suivre, notamment quand on veut créer son entreprise, sans justement avoir au départ les éléments nécessaires pour réussir, mais par-contre avec une volonté permettant d’éviter tous les écueils de ce genre d’aventure, avec pourquoi pas en plus, si l’innovation est démontré, une intervention de sa part en finançant justement ces projets d'avenir.

*Pourquoi 42 ? Cela serait un clin d’œil au « Guide du voyageur galactique », une référence dans le monde des « geeks », avec une place prépondérante de ce chiffre dans l’ouvrage, apparaissant comme la réponse à toutes les questions que l’être humain se pose sur l’univers et sur la vie en général.

Jacques Samela

 

Sources :

. Wikipedia

. Europe 1 du 26 mars 2013

. Enjeux Les Echos de décembre 2014 – janvier 2015

. Le Journal du net du 05 avril 2016

. La Tribune du 03 novembre 2016

. Capital Hors-Série de novembre – décembre 2016

. Frenchweb.fr du 31 janvier 2017

. LSA-conso.fr du 27 avril 2017

. Capital n° 312 de septembre 2017

. Les Echos du 04 septembre 2017

Vus et lus dans Enjeux Les Echos de décembre 2014 - janvier 2015, Les Echos du 03 & 08 mars 2017, du 19 mai 2017, du 21 juin 2017, La Tribune du 07 juillet 2017, et Le Figaro du 31 janvier 2017
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Roger Tallon, en voiture Simone*

Publié le par Jacques SAMELA.

Roger Tallon, en voiture Simone*
Roger Tallon, en voiture Simone*

Pour ceux qui comme moi apprécient la bande dessinée, ce patronyme vous dira certainement quelque chose, sauf que là, il ne s’agit donc pas du héros du dessinateur Greg (1931/1999), Achille Talon (www.achilletalon.fr), mais bien de Roger Tallon (avec deux l), considéré lui comme le pape du design industriel français.

Né en 1929, et mort en 2011, nous avons, sans le connaître vraiment, plus ou moins bénéficié de ses œuvres comme par exemple des brosses à dents pour Fluocaril ou des chaussures de ski pour Salomon, mais c’est surtout dans le domaine du transport qu’il va vraiment assoir sa notoriété, avec l’élaboration des voitures ferroviaires Corail (contraction de « confort sur rail »), la conception de la livrée (la décoration extérieure) et l’aménagement intérieur du TGV Atlantique, le TGV Duplex, l’Eurostar, la ligne 14 à Paris, ou encore la création en 1976 de la signalétique du futur RER.

Mais avant cela, tout jeune ingénieur, il commence sa carrière professionnelle chez Caterpillar et Dupont de Nemours, avant d’intégrer en 1953 le bureau d’études techniques et d’esthétique (Technès) fondé par Jacques Viénot (1893-1959), considéré comme l’une des grandes figures du mouvement de l’esthétique industrielle.

A la mort de celui-ci, Roger Tallon prend sa suite, et fait découvrir cette nouvelle discipline qu’est le design industriel en 1957, en donnant le 1er cours de design de France à l’école des arts appliquées de Paris. Il créera par la suite le département design de l’Ecole nationale supérieure des arts décoratifs, qu’il animera jusqu’en 1994.

Il fut également consultant de la filiale du groupe General Motors, Frigidaire, où il y dessine des réfrigérateurs et des machines à laver tout en y créant son département design.

Quant au début de sa notoriété, on peut considérer qu’elle commença en 1966 avec la mise sur le marché, contre l’avis de la direction de l’entreprise, du téléviseur portable Téléavia P111, considéré par tous comme un bouleversement de l’architecture du téléviseur, devenant au passage un objet culte, mais surtout un énorme succès commercial.

Suivront par la suite la création de machines à écrire de la marque Japy, des projecteurs et des caméras Pathé, dont la première caméra sans viseur apparent appelée Veronic, et bien sur d’autres objets déjà relatés plus haut.

Ensuite, il crée sa propre agence en 1973 appelée Design Programmes, avec comme première œuvre, le métro de Mexico, des motos, des projets d’automobiles, le tramway de la ville de Tour avec l’appui de l’artiste Daniel Buren, le créateur des colonnes du même nom au Palais Royal à Paris, et bien sur l’ensemble de ses œuvres ferroviaires, dont j’ai déjà parlé plus haut.

Et justement, cette collaboration avec l’artiste Buren, nous fait apparaître un autre aspect de sa personnalité, en l’occurrence le fait d’être amateur d’art contemporain, plutôt inhabituel dans son milieu plutôt industriel, ami d’artistes de renom comme Yves Klein, Arman, ou encore César (celui des trophées de la cérémonie du même nom, et donc du cinéma français), avec qui il réalisa en 1966 pour la crèche de l’aéroport de Paris des sièges portraits de célébrités de l’époque (Mireille Mathieu, Léon Zitrone, Brigitte Bardot, le général de Gaulle). Aspect que vous pourrez découvrir durant l’exposition au musée des Arts décoratifs de Paris jusqu’au 08 janvier 2017, et dont le titre est Roger Tallon, le design en mouvement.

Mais c’est quand même dans le monde de l’industrie qu’il recevra les honneurs dues à ses créations, en étant élu notamment Royal Designer for Industry à titre Honoris Causa par la Royal Society of Arts, en reconnaissance de l’ensemble du programme dédié aux voitures Corail, en recevant en 1985 le Grand Prix national de la création industrielle, remis  par le Ministère de la culture, ou alors en recevant en 1992 des mains du président de la SNCF, les insignes de Commandeur de l’Ordre des Arts et des Lettres.

Et comme son œuvre à l’époque fut considéré comme novatrice, la SNCF continue aujourd’hui à s’inspirer de son héritage pour concevoir ses projets futurs, et même si le design industriel en France n’a pas encore pris la place qu’il peut avoir en Italie par exemple, des héritiers de ce précurseur comme Philippe Starck (voir le Portrait Français du 31 mars 2015), ou encore Ora Ïto (www.ora-ito.com), qui lui collabore avec le groupe Alstom pour les tramway de la gamme Citadis, sont malgré tout de formidables ambassadeurs français de ce savoir-faire en perpétuel mouvement, alliant l’utile à l’agréable.

Jacques Samela

* www.sncf.com/fr/identite/simone-voix-sncf   

Sources :

. Wikipedia

. Groupe SNCF / http://www.sncf.com/fr/identite/roger-tallon-design-sncf

. Le Monde du 07/09/16 / http://www.lemonde.fr/m-design-deco/article/2016/09/07/roger-tallon-designer-a-grande-vitesse_4994044_4497702.html

. http://opac.lesartsdecoratifs.fr/fiche/la-donation-roger-tallon-aux-arts-decoratifs

 

Vus et lus dans Télérama n° 3477 du 31 août 2016, n° 3479 du 14 septembre 2016, et ElleDeco de septembre 2016

Vus et lus dans Télérama n° 3477 du 31 août 2016, n° 3479 du 14 septembre 2016, et ElleDeco de septembre 2016

Publié dans Portrait français.

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