Airbus, Arianespace (suite)
L'A380 redécolle avec Emirates
Le Figaro / Le 18/01/18
Emirates annonce une nouvelle commande d'Airbus A380 qui porte sur 36 superjumbos, dont 20 fermes et 16 en option. Le contrat, qui redonne un avenir à l'appareil géant, est estimé à 16 milliards de dollars, au tarif catalogue.
L'A380 reprend de l'altitude. Emirates a annoncé une nouvelle commande, qui porte sur 36 superjumbos, dont 20 fermes et 16 en option, pour une valeur de 16 milliards de dollars, au tarif catalogue. Un soulagement pour Airbus qui, faute de nouvelles commandes, n'excluait plus d'arrêter le programme, dix ans à peine après la mise en service du premier A380 par Singapore Airlines. «Emirates est la clef pour l'avenir à long terme du programme. Très honnêtement, si nous n'arrivons pas à un accord, nous n'aurons d'autre choix que d'arrêter l'A380», avait alerté John Leahy, le directeur commercial d'Airbus, lundi 15 janvier, en marge de la présentation du bilan commercial du géant européen de l'aéronautique.
Avec cette nouvelle commande, Emirates redonne un horizon au superjumbo européen et marque sa confiance dans le programme. La compagnie de Dubaï renforce son rang de tout premier client de l'A380 avec un total de 178 appareils commandés sur 353 accumulés par l'appareil. Elle a obtenu des garanties de la part de l'avionneur sur la pérennité du programme.
Une bouffée d'oxygène pour les salariés et les sous-traitants
Airbus espérait annoncer cette commande pendant le salon aéronautique de Dubaï en novembre dernier. Mais les négociations n'avaient pas abouti. L'avionneur et son client avaient poursuivi les discussions depuis. Le week-end dernier, un nouveau round de négociations avait tourné court. John Leahy, le légendaire supervendeur d'Airbus, avec 16.000 ventes à son actif, restait malgré tout optimiste. Il avait précisé, lundi dernier, que plusieurs négociations étaient sur le point d'aboutir «dans les prochains jours ou les prochaines semaines».
John Leahy peut partir à la retraite, à la fin du mois de janvier, avec le sentiment du devoir accompli. De son côté, Cheikh Ahmed Ben Saïd al-Maktoum, président d'Emirates, a tenu sa promesse. «Je ne crois pas que je laisserai John Leahy partir à la retraite avant d'avoir signé encore une grosse commande d'A380 au moins», avait-il lâché début novembre. Les deux hommes ont signé, ce jeudi matin à Dubaï, l'engagement d'achat, le contrat en bonne et due forme devant être paraphé rapidement.
Cette nouvelle commande apporte une bouffée d'oxygène aux quelque 5000 salariés d'Airbus qui travaillent sur le programme A380, aux sous-traitants ainsi que plus généralement à l'Europe qui a soutenu le projet, dès le lancement en 2000, sous forme d'avances remboursables.
Ce contrat sécurise un flux de production d'un A380 par mois jusqu'aux alentours de 2028. Airbus, qui a réduit la cadence de 2,5 avions par mois en 2016 à 0,7 en 2017 et qui devait encore la baisser en 2018, devra procéder à un léger ajustement à la hausse de la production. Il faudra attendre les premières commandes chinoises pour réenclencher une véritable remontée de cadence.
Ce nouveau contrat peut également créer le déclic chez d'autres compagnies aériennes et entraîner une nouvelle vague de commandes. Pour imposer l'A380 en Chine, Airbus est prêt à nouer un partenariat industriel comme l'avionneur l'a fait pour l'A320 et l'A330 à Tianjin.
«Nous y sommes ouverts», a souligné Fabrice Brégier, président d'Airbus aviation commerciale. Il plaide pour davantage «de marketing et de pédagogie» afin que «l'A380 soit vu non pas comme un risque mais comme un atout pour que les compagnies chinoises captent la hausse du trafic qui est aujourd'hui aux mains des compagnies internationales». «Le plus grand marché au monde mérite le plus grand avion au monde», a-t-il conclu.
. Pour plus d'informations, n'hésitez-pas à lire ou à relire le dossier du 03 juin 2013, intitulé : Airbus, de l'A300 à A350
1 milliard d’euros pour la production des 10 dernières Ariane 5
La Tribune / 11/01/2018
ArianeGroup et sa filiale Arianespace annoncent la commande de 10 lanceurs Ariane 5 ECA. Les 10 Ariane 5 de ce lot seront lancées à partir de 2020 depuis le Centre Spatial Guyanais, à la suite des 18 Ariane 5 commandées en 2013. Cette mise en production représente un total de plus d’1 milliard d’euros pour l’industrie spatiale européenne, soit plus de 600 sociétés dans 12 pays européens, dont 350 petites et moyennes entreprises.
Avec cette commande, le nombre de lanceurs Ariane 5 en cours de production ou restant à produire est porté à 23. L’industrie confirme ainsi son engagement à consolider la compétitivité de l‘offre de lancement européenne avant même l’arrivée d’Ariane 6, dont le 1er vol est prévu mi-2020 pour une pleine capacité en 2023.
Cette décision permet ainsi à ArianeGroup, maître d’oeuvre industriel du développement et de l’exploitation des lanceurs Ariane 5 et Ariane 6, ainsi qu’à ses partenaires industriels européens (plus de 600 sociétés dans 13 pays européens, dont 350 petites et moyennes entreprises), d’engager les activités de production de ces lanceurs additionnels.
ArianeGroup est maître d’oeuvre des familles de lanceurs européens Ariane 5 et Ariane 6, dont il assure la conception et l’ensemble de la chaîne de production, jusqu’à la commercialisation par sa filiale Arianespace, ainsi que des missiles de la force de dissuasion océanique française. Co-entreprise à 50/50 d’Airbus et de Safran, le groupe emploie près de 9000 personnes en France et en Allemagne. Son chiffre d’affaires proforma estimé est supérieur à 3 milliards d’euros.
Depuis 1980, Arianespace a mis en orbite plus de 550 satellites, grâce à ses 3 lanceurs (Ariane, Soyuz et Vega), depuis l’Amérique du sud en Guyane française et depuis l’Asie centrale à Baïkonour. Arianespace est une filiale d’ArianeGroup qui détient 74% de son capital, les 17 autres actionnaires représentant l’industrie européenne des lanceurs.
. Pour plus d'informations, n'hésitez-pas à lire ou à relire le dossier du 21 février 2014, intitulé : Arianespace, à la croisée des chemins.




