La Banque de France (suite) & Les français et l'économie (il va falloir s'y mettre)
https://www.banque-france.fr/statistiques/conjoncture/enquetes-de-conjoncture/point-de-conjoncture
https://publications.banque-france.fr/projections-macroeconomiques-juin-2020
Malgré la crise, la Banque de France poursuit ses travaux sur une e-monnaie
03/04/2020
Particulièrement mobilisée dans la crise économique liée à la pandémie du coronavirus, notamment via la médiation du Crédit, la Banque de France ne met pas pour autant de côté ses réflexions de plus long terme. Vendredi dernier, l'institution monétaire a donné le coup d'envoi de son appel à projets pour expérimenter une monnaie numérique basée sur une technologie blockchain. L'objectif n'est pas de tester un e-euro à destination du grand public, mais une Monnaie digitale de banque centrale (MDBC) destinée uniquement aux règlements interbancaires afin de répondre aux attentes des intermédiaires financiers en quête d'efficacité, toujours d'actualité malgré le fort ralentissement économique.
Concrètement, la Banque de France souhaite mener des expérimentations autour de deux grandes problématiques : comment échanger la représentation numérique d'un euro au sein d'un ensemble de participants et comment faire circuler une représentation numérique d'un euro contre une représentation numérique d'un titre financier, coté ou non coté.
Un appel à projets européen
"Beaucoup d'initiatives en France et à l'international se sont développées autour des opérations de règlement-livraison de titres financiers. Beaucoup de porteurs de projet ont pu conduire des expérimentations sur la partie livraison de titre, sans pouvoir intégrer la partie espèce, liée au règlement. Pour donner tout leur relief à ces expérimentations, il fallait aussi que la banque centrale réfléchisse à une représentation numérique de l'euro", explique l'institution qui mobilise une cinquantaine de collaborateurs autour de ces travaux.
L'appel à projets s'inscrit à l'échelle européenne et n'est donc pas uniquement réservé aux structures françaises. Les aspirants ont jusqu'au 15 mai prochain pour y répondre et les candidatures pourront se faire à titre individuel ou de manière groupée. "Une banque qui dispose d'un laboratoire d'innovation et qui a déjà un projet dans les cartons pourra déposer sa candidature, tout comme un groupement de circonstance composé d'acteurs bancaires en association avec un dépositaire central de titres, ou encore d'un acteur bancaire, associé à une ou plusieurs fintech", explique la banque centrale.
Pas de mise en production
Au total, l'institution monétaire retiendra un maximum de dix dossiers. Ces derniers seront sélectionnés selon le caractère innovant, mais aussi le niveau de maturité de la solution. Les porteurs de projet devront exposer leurs idées de la manière la plus claire possible, présenter leurs motivations et les ressources qu'ils entendent mobiliser pour mener à bien l'expérimentation. Ils devront également apporter un certain nombre d'éléments quant à la sécurité, la confidentialité et la conformité de leur projet avec la réglementation en vigueur. En résumé, la Banque de France retiendra le caractère innovant de l'approche et ce qu'elle peut apporter à la communauté financière. L'institution précise être très ouverte sur la technologie choisie.
Des entretiens avec les candidats dont les dossiers sont éligibles sont prévus courant juin et la sélection des dix structures retenues sera connue en juillet de manière à débuter les expérimentations. La durée de ces tests n'est pas encore arrêtée et variera, au cas par cas, selon la complexité de chaque projet. "Il s'agit d'une première tranche d'un programme d'expérimentation. Il est possible que nous rouvrons à l'avenir une deuxième tranche", indique l'institution, qui rappelle que cette démarche ne vise pas à acheter une solution ni à mettre en production un projet. "L'objectif est d'alimenter une réflexion plus globale menée au sein de l'Eurosystème [organe de l'Union européenne, qui regroupe la Banque centrale européenne (BCE) et les banques centrales nationales, ndlr] au travers de réflexions théoriques et opérationnelles".
La Banque de France ouvre une salle de marchés à Singapour
le 12 nov 2019
Après New York en 2010, la Banque de France va ouvrir une représentation à Singapour. Objectif : bénéficier d'une implantation dans une région qui occupe une place majeure dans l'économie mondiale. Mais aussi se rapprocher de ses clients institutionnels en Asie.
La Banque de France se met à l'heure asiatique. Un peu moins de 10 ans après l'ouverture de son bureau de New York, elle va se doter, en début d'année prochaine, d'une représentation à Singapour. Elle rejoindra notamment la Banque nationale suisse, qui possède un bureau dans la cité-Etat depuis 2013.
Cette implantation en Asie répond à la volonté de la Banque de France de renforcer sa présence dans une région qui représente 38 % du produit intérieur brut du monde et 50 % de la population. Mais également 60 % des réserves de changes mondiales. « L'ouverture prochaine de notre implantation à Singapour constitue une étape importante dans la consolidation de notre lien avec le continent asiatique, qui est aujourd'hui un enjeu financier de premier plan », confirme le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau.
Salle des marchés
Le représentant de la banque centrale, un cadre expérimenté qui viendra de Paris, exercera des fonctions « diplomatiques » auprès notamment des autres instituts d'émissions, des Etats et des régulateurs de la région. Il sera également chargé d'une veille sur les enjeux asiatiques en termes d'économie et de systèmes financiers.
La représentation est aussi chargée d'une mission plus commerciale, exercée par une salle des marchés qui sera installée dans ses murs. La Banque de France, outre ses missions régaliennes, propose en effet à une clientèle institutionnelle (banques centrales, Etats, fonds souverains, institutions supranationales,…) ses services en termes de gestion des réserves de change . A Singapour, elle gérera des dépôts à terme permettant à ses clients asiatiques de placer leurs euros de façon sécurisée.
Une mission qui s'inscrit, pour la Banque de France, dans la démarche de renforcement du rôle international de l'euro, initiée par la Banque centrale européenne, et dans une volonté de renforcer la stabilité financière mondiale. Mais elle constitue aussi une source de revenus.
Avec ce « desk » singapourien, la banque centrale disposera d'une présence sur les marchés 24 heures sur 24. A terme, il est envisageable que son équipe exécute des opérations en devises asiatiques pour le compte de la Banque de France. Mais à l'heure actuelle, la part de ces monnaies dans les réserves de change françaises reste très faible.
http://competitiviteinfrance.overblog.com/2018/09/la-banque-de-france-au-service-de-l-etat.html






