L'inflation, qu'est-ce donc vraiment ?

Publié le par Jacques SAMELA.

L'inflation, qu'est-ce donc vraiment ?
L'inflation, qu'est-ce donc vraiment ?
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Définition

Du latin inflare, qui veut dire « enfler », « gonfler », le mot « inflation » désigne habituellement le processus d'augmentation continue des prix des biens de consommation. Parce que bon nombre d'économistes associent, comme on le verra, cette hausse des prix des biens de consommation à une augmentation excessive de la quantité de monnaie en circulation dans l'économie, le terme peut également faire référence au « gonflement » de la masse monétaire.

Les prix des biens de consommation subissant une augmentation – volontiers dénommée « vie chère » –, il s'ensuit que le « pouvoir d'achat » des revenus et des patrimoines, c'est-à-dire la quantité de biens qui peut être achetée avec une unité de revenu ou de patrimoine, mais également le pouvoir d'achat de la monnaie, c'est-à-dire ce qui peut être acheté avec une unité de monnaie, diminue au rythme de l'inflation, dont on dit qu'elle ampute le pouvoir d'achat, sauf dans le cas où les revenus ou les patrimoines sont indexés sur une mesure du niveau des prix à la consommation : on parle alors de maintien de la valeur « réelle » du revenu ou du patrimoine, c'est-à-dire de maintien du pouvoir d'achat.

Lorsque le niveau général des prix à la consommation baisse de façon prolongée, on parle de « déflation », qui est donc une inflation négative. Rare depuis la Seconde Guerre mondiale, la déflation est généralement considérée comme une situation dangereuse pour l'économie, parce que l'anticipation d'une baisse future des prix des biens incite les consommateurs à différer leurs achats, ce qui engendre une baisse de la demande adressée aux entreprises, donc une baisse ultérieure des prix, etc.

En revanche, la « désinflation », qui est un ralentissement de l'inflation, est généralement saluée comme une évolution favorable, notamment dans les pays où l'inflation a été forte et durable. Pourtant, même lorsque l'inflation est basse, certains gouvernements peuvent être tentés par des stratégies de « désinflation compétitive » : il s'agit alors, comme l'a fait la France au cours de la seconde moitié des années 1980, ou l'Allemagne au début des années 2000, de chercher à obtenir un taux d'inflation plus faible que ceux des principaux partenaires, notamment ceux avec qui l'on entretient une parité fixe de la monnaie nationale, de manière à accroître ainsi la compétitivité des producteurs nationaux par rapport à leurs concurrents étrangers. Une telle stratégie, non coopérative par nature puisque son éventuel succès dépend de la passivité des partenaires et ne peut être que relatif, est souvent tentante dans les unions monétaires : elle se substitue alors aux « dévaluations compétitives » de la monnaie nationale que l'existence d'une monnaie unique rend impossibles.

En présence d'inflation, les grandeurs économiques mesurées ne sont que des valeurs nominales, qui sont susceptibles d'engendrer une « illusion monétaire » ; pour être pertinentes, ces valeurs doivent être corrigées des variations des prix à la consommation : on parle alors de « grandeurs réelles », les revenus « réels » étant mesurés en termes de pouvoir d'achat, les taux d'intérêt « réels » résultant de la soustraction du taux d'inflation au taux d'intérêt nominal, etc.

La mesure de l'inflation

Mesurer l'inflation est une opération simple en théorie, puisqu'il s'agit d'évaluer l'évolution de grandeurs observables. Mais cette évaluation est compliquée par le fait qu'il faut en donner une mesure synthétique, qui permette à tous les citoyens usagers d'une monnaie de juger de l'évolution du pouvoir d'achat de leurs encaisses, de leurs revenus et de leur patrimoine. C'est d'autant plus difficile qu'il existe une large gamme de biens et services différents, dont les prix n'évoluent pas de manière identique, et que les structures de consommation des individus composant la société diffèrent significativement. Dans une société homogène dont l'économie produirait un petit nombre de biens et services consommés par tous dans des proportions voisines, l'opération serait relativement simple : on aura reconnu là le fameux « panier de la ménagère », consommé par le « Français moyen », ou la non moins célèbre « ménagère de moins de 50 ans », chère aux annonceurs publicitaires sur les chaînes de télévision.

https://www.universalis.fr/encyclopedie/inflation/1-qu-est-ce-que-l-inflation/

Publié dans Les Experts

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