La semaine américaine (Part 2)

Publié le par Jacques SAMELA.

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Entreprendre aux États-Unis : mode d’emploi

https://www.ecoreseau.fr/expressions/tribune-libre/entreprendre-aux-etats-unis-mode-demploi-2024-10-28-109089?utm_campaign=Mardi%2029102024&utm_medium=email&utm_source=brevo

Le 28 octobre 2024

 

Pour créer une entreprise aux États-Unis, il faut résider là-bas et cela ne se fait pas du jour au lendemain.

TRIBUNE. Thibaut Guéant et Romain Daniellou, expatriés français fondateurs de Landquire, solution d’achat-revente de terrains aux États-Unis, partagent leurs conseils pour réussir son projet de création d’entreprise outre-Atlantique.

Le rêve américain, oui mais pas forcément accessible à tous

Différents types de visas permettent d’y vivre plus ou moins longtemps. Pour y travailler comme salarié, les visas L1 ou H1B sont accessibles sous certaines conditions. Le J1 est destiné aux moins de 38 ans voulant faire un stage, un job d’été ou pour un premier emploi aux États-Unis et n’est valable que 18 mois. Dans le cas d’une création d’entreprise, ce sont les visas E1 ou E2, valables 25 mois. Il faudra, alors, investir une certaine somme d’argent (pour soit créer une nouvelle affaire, ou bien acheter une société déjà existante. Il est difficile de fixer une somme minimum, car chaque projet professionnel est étudié au cas par cas, avec l’aide d’un avocat spécialisé dans l’immigration et les visas E1 ou E2.

La carte verte peut, elle, se faire grâce à une société qui sponsorise le candidat, il y a plusieurs conditions (du côté de l’entreprise et du profil du postulant) à respecter et les démarches (sur l’année 2022) prennent entre 14 et 18 mois. Mieux vaut avoir un dossier en béton réalisé avec l’aide d’un avocat spécialiste de l’immigration. Les démarches peuvent être longues et fastidieuses, il faut s’armer de patience.

Logement et démarches administratives sur place

N’attendez pas d’être sur place pour démarrer certaines démarches administratives indispensables au bon déroulement de la vie courante. Cela se prépare idéalement 6 mois avant le grand départ. Sur Facebook, plusieurs communautés se sont créées afin de partager les bons plans hébergement et colocation. Si une location courte durée type Airbnb peut dépanner au début, cela revient vite cher. Sinon, parcourez le site de petites annonces Craigslist, il y a tous les types d’hébergement possibles (colocation, location, achat, maisons, appartement, studio, etc.). Les sites French District et French Morning sont aussi de véritables boites à outils pour faciliter son installation aux États-Unis.

Pour la santé, il est fortement conseillé de souscrire à une assurance santé internationale. Conçue pour les expatriés français qui travaillent plus de 90 jours à l’étranger, elle couvre les traitements pour les soins de santé d’urgence mais aussi ceux de routine. Si elle est moins intéressante que les mutuelles traditionnelles françaises, elle reste avantageuse pour les expatriés aux États-Unis, où le système de santé est très couteux.

Une création d’entreprise beaucoup plus simple qu’en France

Les deux types d’entreprise les plus répandus sont la LLC (Limited Liability Company), un modèle hybride proche de l’entreprise à responsabilité limitée, et une Corporation, l’équivalent d’une Société Anonyme. S’il ne faut que 48 heures pour créer une LLC (Limited Liability Company) et 2 semaines pour obtenir un numéro EIN, l’équivalent de notre SIRET, un avocat ou un comptable d’affaires vous évitera de commettre certaines erreurs et vous fera gagner du temps.

En effet, selon les États, les règles diffèrent. Par exemple, vous devrez enregistrer votre entreprise dans chaque état où vous souhaitez développer l’activité. Il en va de même pour le droit de la propriété intellectuelle, son nom n’est protégé que dans l’État dans lequel vous l’avez enregistré. Pour la recherche de bureaux et de locaux, il est préférable de passer par un broker, un agent immobilier spécialiste de ce type de biens.

On s’adapte au pays et à la culture (et pas l’inverse !)

Prenons l’exemple de l’ouverture d’une filiale aux États-Unis, après un succès commercial en France et ailleurs. Cela ne signifie pas forcément que le produit/service tel qu’il est proposé ailleurs fonctionnera sur le marché américain. A l’image d’une création d’entreprise en France, il faut repartir de zéro et faire une étude de marché auprès de la clientèle américaine potentielle. Mieux vaut donc ne pas être trop sûr de soi au début, ni prétentieux, car plus dure pourrait être la chute. La culture de l’échec est une des grandes différences culturelles entre la France et les États-Unis.

Si un échec est souvent mal vu en France, aux États-Unis il est perçu comme formateur, voire même comme un préalable nécessaire à la réussite. Si les diplômes sont moins importants qu’en France, la volonté et la capacité à se relever sont grandement appréciés chez les porteurs de projets. Il n’y a aucun tabou sur l’argent, aucune polémique sur les salaires des patrons eux États-Unis, chacun mène sa vie comme il l’entend. Ce rêve est donc accessible à tous, à condition d’avoir beaucoup d’économies et de préparation en amont.

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États-Unis : le protectionnisme de Trump, une arme à double tranchant selon le Cepii

https://www.lemoci.com/etats-unis-le-protectionnisme-de-trump-une-arme-a-double-tranchant-selon-le-cepii/

 Le 25/10/24

 

Quelle politique commerciale mèneraient les États-Unis et avec quelles conséquences sur les flux commerciaux transatlantiques si Donald Trump venait à être élu ? Telle est la question à laquelle tentent de répondre de nombreux analystes. A son tour, le Centre d’études prospectives et d’informations internationales (Cepii) vient de publier une étude inédite grâce à un outil d’analyse des politiques commerciales. Résultat : les envolées tarifaires prônées par le candidat républicain pourraient non seulement nuire aux flux avec l’Europe, mais également… aux États-Unis eux-mêmes.

Si Kamala Harris parle très peu de politique commerciale, Donald Trump a récemment multiplié les déclarations sur des hausses de droits de douane, toujours plus importantes et concernant plus de produits. Ce coup de barre vers un protectionnisme plus dur que celui mis en place lors de son premier mandat repose sur un discours valorisant la préservation des emplois et de la production américains. Suivant l’argumentaire trumpien, d’importantes hausses de droits de douane permettraient, en outre, de compenser la suppression de l’impôt sur le revenu, bête noire des Républicains.

Pour prendre la mesure des répercussions sur les échanges des États-Unis avec le reste du monde en cas de victoire de Donald Trump, l’économiste Antoine Bouët, chercheur au Cepii, et les deux co-auteurs de cette étude ont simulé une guerre commerciale d’ampleur en 2025. Pour ce faire, les trois chercheurs ont utilisé le modèle MIRAGE (Modelling International Relationships in Applied General Equilibrium). Développé par le Cepii, il incorpore notamment des éléments de concurrence imparfaite, de différenciation des produis par variété et gamme ainsi qu’une base de données des droits de douane et des accords commerciaux.

Canada et Mexique seraient les grands gagnants

Encore faut-il savoir ce qu’il est pertinent de modéliser. L’ex-président a en effet commencé par évoquer une hausse jusqu’à 100 % des droits de douane sur les marchandises en provenance de Chine et de 10 % pour toutes les autres provenances avant de proposer 20 %, puis 50 % (hors Chine).   Finalement le scénario central retenu combine une hausse de 10 %, sauf sur les biens en provenance du Canada et du Mexique, pays avec lesquels les États-Unis ont un accord de libre-échange (USMCA), et une hausse de 60 % sur les produits fabriqués en Chine. A ces hausses correspondraient des mesures de rétorsion douanière, avec des hausses tarifaires identiques.

Premier constat : la promesse de remplacer les revenus de l’impôt par ceux des tarifs douaniers semble impossible à tenir. Les taxes sur les importations rapporteraient en effet 819,3 milliards de dollars (Md USD), un chiffre largement inférieur aux au montant réel de l’impôt fédéral sur le revenu (autour de 2 000 Md USD).

Deuxièmement, la géographie du commerce extérieur américain en sortirait profondément changée. En cas de guerre commerciale, les exportations chinoises vers les États-Unis reculeraient de 80,5 %, tandis que les exportations des États-Unis vers la Chine diminueraient de 58 %.

Les échanges mondiaux baisseraient de 3,4 % supplémentaires

Les exportations américaines vers toutes les destinations, à l’exception des pays de l’USMCA et du reste de l’Amérique, chuteraient d’au moins 20 % par rapport à leur évolution supposée sans modification des droits de douane. Toutefois, les exportations américaines vers le Canada et le Mexique augmenteraient de 4 % et de 16,8 % respectivement. Les importations américaines en provenance du Canada et du Mexique augmenteraient quant à elles 17,5 % et 33,6 %.

Nous assisterions clairement à une réorientation significative du commerce vers des voisins proches.

Selon le schéma ci-dessus, les exportations françaises vers la Chine seraient inférieures de 6 %, tandis que les importations françaises en provenance de la Chine augmenteraient de 7,1 %. L’ensemble du commerce mondial dévisserait de 3,4 %.

Cependant si Trump était élu et s’il souhaitait mettre en place une telle politique commerciale, il y aurait loin de la coupe aux lèvres. Pour modifier l’ensemble des droits de douane, le contrôle des deux chambres du Congrès par le parti républicain pourrait s’avérer nécessaire pour mettre en œuvre son projet, ce qui est loin d’être gagné. Quant au programme de Kamala Harris, s’il n’évoque pas de hausse des droits de douane, il reste néanmoins très discret sur le commerce en général.

Sophie Creusillet

 

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