Le Rendez-Vous de l'Europe : ReArm, Sanctions, Industrie, Solaire, Aides
La Commission présente le livre blanc sur la défense européenne et le plan « ReArm Europe »
La Commission européenne a présenté aujourd'hui un ambitieux programme visant à stimuler les investissements en matière de défense dans l'UE, et, avec la haute représentante, a dévoilé un livre blanc sur la défense européenne.
Aujourd’hui, la Commission et la haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité ont présenté un livre blanc sur la défense européenne. La Commission a également présenté, dans le cadre du plan « ReArm Europe/Readiness 2030 », un ambitieux programme offrant aux États membres de l’UE des leviers financiers pour stimuler les investissements dans les capacités de défense.
Alors que le plan « ReArm Europe/Readiness 2030 » vise à renforcer les capacités de défense paneuropéennes grâce à de nouveaux moyens financiers, le livre blanc définit une nouvelle approche en matière de défense et identifie les besoins d’investissement.
La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a déclaré :
« L'ère des dividendes de la paix est révolue. L'architecture de sécurité sur laquelle nous comptions ne peut plus être considérée comme acquise. L'Europe est prête à passer à l'action. Nous devons investir dans la défense, renforcer nos capacités et adopter une approche proactive de la sécurité. Nous prenons des mesures décisives, en présentant une feuille de route vers l’état de préparation à l’horizon 2030, avec des dépenses de défense accrues, des investissements importants dans les capacités industrielles de défense européennes. Nous devons acheter davantage européen. Car cela signifie renforcer la base technologique et industrielle de défense européenne. Cela signifie stimuler l'innovation. Et cela signifie créer un marché européen pour les équipements de défense. »
Ces mesures visent à répondre à l'urgence à court terme de soutenir l'Ukraine, mais aussi à répondre au besoin urgent à long terme de renforcer la sécurité et la défense de l'Europe.
Plus d'informations sont disponibles en ligne :
- Communiqué de presse : https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/ip_25_793
- Fiche questions/réponses sur le livre blanc sur la défense européenne : https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/qanda_25_794
- Fiche questions/réponses sur le plan « ReArm Europe » : https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/qanda_25_790
- Fiche d'information sur le livre blanc sur la défense européenne : https://defence-industry-space.ec.europa.eu/document/download/3ce35bde-8519-416a-bc89-56a3681629ac_en?filename=WP%20on%20defence%20-%20factsheet%20v23_0.pdf
- Fiche d'information sur le plan « ReArm Europe » : https://defence-industry-space.ec.europa.eu/document/download/13ec18d2-8366-4fc8-a4ff-2bdfdf8e1f5f_en?filename=REARM%20Europe%20factsheet%20v17_1.pdf
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Sanctions contre la Russie : les principales cibles du 16ème paquet adopté par l’Union européenne
Le 03/03/25
Comme une réponse du berger à la bergère à la suite de la rencontre des émissaires américains et russes en Arabie Saoudite la semaine dernière, et le jour même du 3ème anniversaire de « l’agression illégale de la Russie » contre l’Ukraine, le Conseil de l’Union européenne (UE) a adopté, le 24 février, un 16ème paquet de sanctions ciblant la lutte contre les contournements, l’aluminium, les biens à double usage, les transports, notamment. Revue de détail.
Les termes du communiqué de presse de la Commission européenne montrent à quel point Bruxelles entend rester sur sa ligne malgré les tentatives de la Maison Blanche d’imposer un arrêt de la guerre via une négociation directe avec Vladimir Poutine mais sans ni l’Ukraine, ni ses alliés européens. « Alors que l’agression illégale de la Russie entre dans sa quatrième année, ce train de mesures vise à accroître encore la pression sur l’agresseur et s’inscrit dans le cadre de l’engagement indéfectible de l’UE en faveur d’une paix juste et durable pour l’Ukraine » déclare la Commission en introduction de son communiqué saluant le 16ème paquet de sanctions adopté le jour même, date du 3ème anniversaire du déclenchement de la tentative d’invasion de l’Ukraine par la Russie, par le Conseil de l’UE.
Ce 16ème paquet de sanctions, adopté deux mois et demie après un précédent qui ciblait les circuits de contournement, cible les secteurs considérés comme « d’importance systémique » pour de l’économie russe tels que l’énergie, le commerce, les transports, les infrastructures et les services financiers. Il comprend également des mesures visant à « lutter contre le contournement » des sanctions, et précise à cet égard que « certaines dispositions du 16e paquet sont désormais également reprises dans le régime de sanctions contre la Biélorussie ».
Enfin, l’UE indique avoir mis à jour et renforcé ses régimes de sanctions concernant la Crimée et Sébastopol, ainsi que les zones non contrôlées par le gouvernement des oblasts de Donetsk, Kherson, Louhansk et Zaporijjia.
Les principales mesures de ce 16ème paquet sont :
1/-Mesures anti-contournement
74 navires supplémentaires sont ajoutés à la liste des « navires fantôme » ou ayant contribué aux revenus énergétiques de la Russie, portant à 153 le nombre total de navires inscrits. Un nouveau critère d’inscription est désormais pris en compte, ciblant les navires qui soutiennent les opérations de pétroliers dangereux.
Le 16ème paquet impose par ailleurs des restrictions ciblées à l’exportation à 53 nouvelles entreprises soutenant le complexe militaro-industriel russe ou engagées dans le contournement des sanctions. Cela comprend 34 entreprises dans des pays autres que la Russie.
2/-Annonces complémentaires
Le 16ème paquet comprend 83 cotations supplémentaires, dont 48 personnes et 35 entités, telles que celles soutenant le complexe militaire russe, actif dans le contournement des sanctions, les échanges d’actifs cryptographiques russes et dans le secteur maritime.
Le 16e paquet ajoute également un autre nouveau critère pour l’inscription sur la liste des personnes et des entités qui font partie du complexe militaire et industriel de la Russie, qui le soutiennent ou qui en bénéficient.
3/-Mesures commerciales
–Aluminium : en plus de l’interdiction des importations de produits transformés en aluminium en provenance de Russie, déjà en place, ce 16ème paquet instaure dans l’UE l’interdiction des importations d’aluminium primaire en provenance de Russie. Toutefois, afin d’assurer une transition en douceur pour les entreprises, un mécanisme de quotas est mis en place, permettant d’utiliser 275 000 tonnes, ce qui équivaut à 80 % des importations de l’UE en 2024, sur une période de 12 mois.
-Biens à double usage : Les restrictions à l’exportation de biens à double usage sont étendues à d’autres articles afin de couper l’accès de la Russie aux technologies clés qu’elle utilise sur le champ de bataille, notamment :
- Précurseurs chimiques à double usage pour produire de la chloropicrine et d’autres agents antiémeutes utilisés comme armes chimiques par la Russie en violation de la Convention sur les armes chimiques.
- Logiciels liés aux machines-outils à commande numérique par ordinateur (CNC) utilisées pour fabriquer des armes et aux manettes de jeux vidéo utilisées par l’armée russe pour piloter des drones sur le champ de bataille.
- Minerais et composés de chrome en raison de leurs applications militaires.
Les dérogations et exemptions limitées pour certaines exportations de technologies à double usage et de pointe, par exemple à des fins médicales, ont été clarifiées et renforcées afin de favoriser une application efficace par les autorités douanières et les organismes de délivrance des licences.
De plus, des restrictions supplémentaires à l’exportation ont été introduites sur les produits industriels, ciblant spécifiquement les minéraux, les produits chimiques, l’acier, les matériaux en verre et les feux d’artifice, avec une signification militaire particulière.
4/-Mesures énergétiques
L’UE a décidé d’interdire totalement le stockage temporaire ou le placement sous des procédures de zone franche de pétrole brut ou de produits pétroliers russes dans les ports de l’UE, ce qui était jusqu’à présent autorisé, si le pétrole respectait le plafonnement des prix et partait vers un pays tiers.
Le 16ème paquet étend l’interdiction de fournir des biens, des technologies et des services pour l‘achèvement des projets de GNL russes pour qu’elle s’applique également aux projets de pétrole brut en Russie, tels que le projet pétrolier Vostok.
Le paquet étend l’interdiction existante des logiciels pour restreindre l’exportation, la fourniture ou la fourniture de logiciels d’exploration pétrolière et gazière à la Russie.
5/-Mesures de transport
-Aérien : Le 16ème paquet étend l’interdiction de vol afin de permettre l’inscription sur la liste des transporteurs de pays tiers effectuant des vols intérieurs en Russie ou fournissant des biens aéronautiques à des compagnies aériennes russes ou pour des vols intérieurs en Russie. Si elles figurent sur la liste, ces compagnies aériennes ne seront pas autorisées à voler vers l’UE.
–Transport routier : le 16ème paquet ajoute un amendement qui empêche l’augmentation de la participation russe au-dessus de 25 % dans les entreprises de transport routier de l’UE, comblant ainsi les lacunes potentielles permettant de contourner les sanctions existantes.
6/-Mesures d’infrastructures
Le 16ème paquet introduit l’interdiction totale de transaction sur certaines infrastructures russes : cela comprend deux aéroports de Moscou (l’aéroport de Vnoukovo et l’aéroport de Joukovski), quatre aéroports régionaux et le port de la Volga d’Astrakhan et le port de Makhatchkala sur la mer Caspienne. Les ports maritimes d’Oust-Louga et de Primorsk sur la mer Baltique et de Novorossiysk sur la mer Noire ont également été inclus.
Est également instaurée l’interdiction des services de construction fournis par les opérateurs de l’UE en Russie.
7/-Mesures concernant le secteur financier
La Russie a détourné une grande partie de ses flux financiers par l’intermédiaire de banques plus petites. Le 16e paquet renforce les mesures sur le secteur financier, en particulier :
- Ajout de 13 établissements financiers à la liste des entités soumises à l’interdiction de fournir des services de messagerie financière spécialisée.
- Ajout de trois banques à l’interdiction de transaction en raison de leur utilisation du système de messagerie financière de la Banque centrale de Russie (SPFS) pour contourner les sanctions de l’UE.
- Extension de l’interdiction des transactions pour permettre à l’UE d’inscrire sur la liste les établissements financiers et les fournisseurs d’actifs cryptographiques qui participent au contournement du plafonnement des prix du pétrole et facilitent les transactions avec les navires cotés de la flotte fantôme.
8/-Lutte contre la désinformation
Suspension des activités de diffusion de huit autres médias dans l’UE ou à destination de l’UE, compte tenu de leur rôle de soutien et de justification de la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine.
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Comment l’Europe compte sauver son industrie
https://www.lejournaldesentreprises.com/article/comment-leurope-compte-sauver-son-industrie-2114372
le 26 février 2025
Pour tenter d’améliorer la compétitivité de l’industrie du Vieux-continent, la Commission européenne vient de dévoiler son plan pour une industrie propre. Il tente de redonner des moyens aux industriels européens dans la compétition internationale tout en les incitant à se décarboner.
Le plan de Bruxelles affiche un double objectif : redonner de la compétitivité tout en accélérant la décarbonation des usines
L’Europe dégaine son "Clean Industrial Deal", son plan pour tenter de sauver son industrie. Face aux récents appels à l’aide de la chimie, de la sidérurgie ou encore de l’automobile, "les industries européennes ont besoin d’un soutien urgent", indique la Commission européenne. Le plan de Bruxelles affiche un double objectif : redonner de la compétitivité tout en accélérant la décarbonation des usines. Ce plan est dévoilé le même jour que le projet Omnibus, destiné à simplifier les réglementations auxquelles sont soumises les entreprises, notamment en matière de durabilité (CSRD) et de vigilance (CS3D).
"Les coûts élevés de l’énergie nuisent aux citoyens et aux entreprises de l’union Européenne"
Le plan pour l’industrie s’attaque d’abord aux coûts de l’énergie, devenue trop chère en Europe. "Les coûts élevés de l’énergie nuisent aux citoyens et aux entreprises de l’Union Européenne", assure la Commission européenne. Celle-ci indique que l’électricité est trois fois plus onéreuse que le gaz dans de nombreux pays européens et que les prix de détails pour les industriels ont presque doublé depuis entre 2021 et 2023 (ils ont baissé depuis, NDLR).
De la visibilité pour les industriels énergivores
Pour rendre l’énergie plus abordable, la Commission européenne propose plusieurs actions d’urgence. Pour les industries les plus consommatrices en énergie, la Commission compte mettre en place des contrats tripartites entre les pouvoirs publics, les producteurs d’énergies et les industriels. Ces contrats de longs termes devront offrir de la visibilité aux industriels comme la chimie ou la sidérurgie et leur proposer des prix attractifs. En janvier, le président d’ArcelorMittal France Alain Le Grix de La Salle avait alerté sur la situation des producteurs d’acier en Europe, pointant notamment du doigt les coûts énergétiques en Europe.
"Le coût de l’énergie est le principal facteur qui explique notre retard de compétitivité. Afin de convaincre les fournisseurs d’électricité propre de consentir des contrats à long terme aux industriels, et donc de désindexer le prix qu’ils consentent de celui du marché, la Banque européenne d’investissement se portera garante", explique Stéphane Séjourné, vice-président exécutif de la Commission européenne dans une interview accordée à nos confrères du Monde.
Des mesures pour baisser les coûts de l’énergie
Dans le but de réduire la facture, l’Europe veut massifier ses achats de gaz. La Commission "étudiera comment exploiter le pouvoir d’achat de l’Union pour obtenir de meilleurs prix pour le gaz naturel importé".
Au niveau de l’électricité, la Commission proposera une méthodologie devant permettre aux pays membres d’utiliser plus efficacement le réseau, en réduisant les coûts de fonctionnement et d’investissement. Cela pourrait se traduire pour les consommateurs par une réduction des taxes nationales sur l’électricité.
Énergies renouvelables et économies d’énergie
La Commission compte mettre en œuvre des mesures permettant d’accélérer les procédures d’autorisations des projets énergétiques. Elle encouragera par ailleurs les acteurs du marché qui fournissent des solutions d’efficacité énergétiques aux entreprises (en matière de rénovation de bâtiment ou de solutions d’éclairage), par le biais d’incitations financières.
Le plan européen ne modifie toutefois pas les règles controversées de construction du prix de l’électricité, qui font que ce dernier est lié au prix du gaz. "Cette discussion devra avoir lieu. Mais les différences de mix énergétique entre États membres la rendent très difficile", assure Stéphane Séjourné au Monde.
45 milliards d'économies sur l'énergie dès cette année
L'ensemble de ces mesures doit dégager des résultats dès à présent. Pour la Commission européenne, elles permettront "de réaliser des économies globales estimées à 45 milliards d'euros en 2025, avec une augmentation progressive jusqu'à 130 milliards d'euros par an d'ici 2030, et 260 milliards d'euros par an d'ici 2040".
Favoriser le made in Europe
Outre l’énergie, l’Europe annonce qu’elle va favoriser les produits fabriqués en Europe. Dans les marchés publics, la Commission examinera en 2026 la préférence européenne pour des secteurs jugés stratégiques. Cela va passer par l’introduction de "critères de durabilité, de résilience" et de "fabriqué en Europe" dans les marchés publics.
100 milliards d’euros d’aides
Le pacte industriel européen s’appuiera sur une enveloppe de 100 milliards d’euros. "Nous mobiliserons 100 milliards d'euros afin d'établir une nouvelle banque de la décarbonation. Nous lancerons bientôt de nouveaux appels à propositions dans le domaine de la décarbonation de l'industrie, en nous appuyant sur un modèle particulièrement réussi, celui de la Banque de l'hydrogène", indique Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne. Contrairement à ce que son nom suggère, la Banque de l'hydrogène n'est pas une institution financière. Mais un mécanisme qui vise à doper la production d'hydrogène en allouant les fonds européens disponibles.
Sécuriser l’approvisionnement
Pour permettre aux industriels européens de sécuriser leur approvisionnement, la Commission compte jouer la carte collective. Elle veut mettre en place un mécanisme permettant aux industriels de se regrouper pour massifier leurs achats de matières premières critiques, ce qui leur permettra de créer des économies d’échelles et d’avoir plus de poids dans les négociations commerciales.
Taxe carbone revisitée
Enfin, pour se protéger de la concurrence internationale, la Commission annonce qu’elle simplifiera et renforcera le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières.
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Electricité : le solaire supplante enfin le charbon dans l'UE
Publié le 23/01/25
L'énergie solaire a supplanté pour la première fois le charbon dans l'Union européenne en 2024 et permis de porter la part des énergies renouvelables à près de la moitié de la production d'électricité des 27, selon un rapport diffusé ce jeudi.
En 2024, les énergies renouvelables ont représenté 47 % de la production totale d'électricité des 27, contre 29 % pour les fossiles. En comparaison, les renouvelables n'atteignaient que 34 % en 2019.
Pour la première fois, la production d'électricité solaire a surpassé celle du charbon dans l'Union européenne en 2024, indique le think tank Ember dans son rapport annuel sur l'électricité en Europe. Dans le même temps, la production à partir de gaz a enregistré sa cinquième année consécutive de baisse, ramenant la part totale des combustibles fossiles à son plus bas niveau historique.
« Les combustibles fossiles perdent leur emprise sur l'énergie de l'UE »,observe le Dr Chris Rosslowe, auteur principal du rapport.« Depuis le lancement du Pacte Vert en 2019, peu imaginaient une transition aussi rapide : le solaire et l'éolien relèguent le charbon aux marges et accélèrent le déclin structurel du gaz. »
En 2024, les énergies renouvelables ont représenté 47 % de la production totale d'électricité des 27, contre 29 % pour les fossiles. En comparaison, les renouvelables n'atteignaient que 34 % en 2019. Cette transition a permis à l'UE d'économiser 59 milliards d'euros en importations de combustibles fossiles.
Un mouvement généralisé en Europe
La progression de l'énergie solaire s'observe dans tous les États membres, souligne Ember. Plus de la moitié des pays européens ont réduit la part du charbon dans leur mix énergétique à moins de 5 %, et plusieurs l'ont totalement éliminé. Toutefois, les défis demeurent. « L'éolien doit doubler ses capacités d'ici 2030 », avertit Chris Rosslowe. De plus, le système électrique européen devra se doter de solutions plus flexibles, notamment pour gérer les intermittences des énergies renouvelables.
L'abondance d'énergie solaire en 2024 a généré des effets inattendus sur les marchés. Les prix de l'électricité en milieu de journée ont chuté, atteignant parfois des valeurs négatives : durant 4 % des heures de l'année, l'électricité a été vendue à un prix inférieur à zéro, soit le double de 2023.
Un besoin urgent de solutions de stockage
Ces prix bas offrent cependant des opportunités pour les consommateurs, à condition de pouvoir ajuster la demande en fonction des périodes d'abondance. Les fournisseurs d'électricité pourraient également stocker l'énergie produite en surplus et la redistribuer lors des pics de consommation, comme en fin de journée.
Le déploiement des batteries s'accélère : la capacité installée a doublé en un an, passant de 8 GW en 2022 à 16 GW en 2023. Cependant, 70 % de ces capacités sont concentrées en Allemagne et en Italie. « Nous devons renforcer la flexibilité du système énergétique pour s'adapter aux nouvelles réalités », insiste Walburga Hemetsberger, PDG de SolarPower Europe. « Les énergies renouvelables et le stockage sont désormais les piliers de la transition énergétique. »
Face au retrait climatique de Trump, l'UE regarde du côté de la Chine
L'Union européenne a une longue tradition de leadership climatique et a réduit ses émissions de 7.5% entre 2022 et 2023, loin devant les autres grands pays riches. Elle est également le premier bailleur international de la lutte contre le changement climatique. « L'accord de Paris reste le meilleur espoir de l'humanité. L'Europe maintiendra donc le cap et continuera à travailler avec toutes les nations qui veulent protéger la nature et stopper le réchauffement climatique » a assuré mardi Ursula von der Leyen, chef de l'UE. Lors du premier mandat de Donald Trump, l'UE et la Chine avaient lancé un dialogue sur le climat avec le Canada, en attendant le retour des Américains. Il faudra un effort similaire, dans la période mouvementée qui s'annonce, anticipe Alex Scott, du groupe de réflexion italien sur le climat ECCO. Mais l'UE est aux prises avec d'importantes difficultés budgétaires et des revirements politiques en faveur de partis plutôt hostiles aux éoliennes ou aux véhicules électriques. Tandis que Pékin est dans un conflit commercial avec Bruxelles à cause de sa taxe carbone sur les importations.
(Avec AFP)
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La Commission autorise un régime français d'aides d'État d'un montant de 500 millions d'euros destiné à favoriser le recyclage chimique des déchets plastiques
Le 3 février 2025
La Commission européenne a autorisé, en vertu des règles de l'UE en matière d'aides d'État, un régime français d'un montant de 500 millions d'euros destiné à faciliter le recyclage chimique de certains types de déchets plastiques. Cette mesure d'aide contribue à la réalisation des priorités de la Commission européenne pour la période 2024-2029, fondées sur les orientations politiques, qui appellent à améliorer la circularité et la résilience de l'économie.
Le régime français
La France a notifié à la Commission son intention de mettre en place un régime d'aides de 500 millions d'euros destiné à soutenir les investissements en faveur du recyclage chimique de certains types de déchets plastiques, tels que les plateaux, les films, les bouteilles autres que celles pour boissons et les matières textiles contenant une certaine quantité de polyester. Ce régime vise à soutenir les technologies de recyclage chimique qui convertissent les déchets plastiques mélangés et/ou contaminés en matières premières «vierges». Il contribuera à la réalisation de l'objectif de l'UE en matière de circularité des processus de production et de consommation, qui s'inscrit dans le cadre d'une transformation plus large de l'industrie en vue d'atteindre la neutralité climatique.
Dans le cadre de ce régime, qui est ouvert aux entreprises de toutes tailles et de tous secteurs, l'aide sera accordée sous la forme de subventions directes. Son montant maximal est fixé à 40 % des coûts admissibles, qui correspondent aux coûts d'investissement supplémentaires déterminés en comparant les coûts d'investissement totaux d'un projet de recyclage chimique des déchets plastiques avec ceux de projets moins respectueux de l'environnement.
L'appréciation de la Commission
La Commission a apprécié la mesure au regard des règles de l'UE en matière d'aides d'État, en particulier de l'article 107, paragraphe 3, point c), du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne («TFUE»), qui permet aux États membres de soutenir le développement de certaines activités économiques sous certaines conditions, et des lignes directrices concernant les aides d'État au climat, à la protection de l'environnement et à l'énergie pour 2022 (les «CEEAG»).
Il s'agit du premier régime d'aides d'État examiné au titre de la section 4.4 des CEEAG, qui autorise les aides à l'utilisation efficace des ressources et au soutien à la transition vers une économie circulaire.
La Commission a conclu que :
- le régime est nécessaire et approprié pour permettre le déploiement du recyclage chimique des plastiques;
- la mesure a un «effet incitatif», sachant que les bénéficiaires ne réaliseraient pas les investissements concernés sans ce soutien public;
- la France a mis en place des garde-fous suffisants pour garantir que le régime a une incidence limitée sur la concurrence et les échanges dans l'UE. En particulier, le régime est ouvert à toutes les entreprises de tous les secteurs, et l'aide se limite au minimum nécessaire pour mener les projets.
Sur cette base, la Commission a autorisé le régime français en vertu des règles de l'UE en matière d'aides d'État.
Contexte
Les CEEAG de 2022 fournissent des orientations sur la manière dont la Commission appréciera la compatibilité des mesures d'aide à la protection de l'environnement, y compris la protection du climat, et d'aide à l'énergie qui sont soumises à l'obligation de notification en vertu de l'article 107, paragraphe 3, point c), du TFUE.
La version non confidentielle de la décision sera publiée sous le numéro SA.108044 dans le registre des aides d'État figurant sur le site web de la DG Concurrence, dès que les éventuels problèmes de confidentialité auront été résolus. Le bulletin d'information électronique Competition Weekly e-News fournit la liste des dernières décisions relatives aux aides d'État publiées au Journal officiel et sur l'internet.
Citations
Le régime français autorisé aujourd’hui soutiendra les investissements en faveur du recyclage chimique des plastiques. Il contribuera à la réalisation de l’objectif de l’UE de parvenir à la neutralité climatique d’ici à 2050, en encourageant une utilisation des ressources existantes fondée sur les principes d’efficacité et de circularité. Dans le même temps, les éventuelles distorsions de concurrence causées par ce régime seront réduites au minimum.
Teresa Ribera, vice-présidente exécutive chargée d’une transition propre, juste et compétitive
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