Carmat : Un rêve se réalise.

Publié le par Jacques SAMELA.

Première mondiale à l’hôpital Georges Pompidou à Paris. En effet, le 18 décembre dernier, une équipe de 16 personnes a réussi, après 10 heures d’intervention, à implanter le premier cœur artificiel autonome sur un patient. Il est l’œuvre de la société française Carmat (www.carmatsa.com).

Imaginé par l’éminent cardiologue Alain Carpentier, déjà inventeur dans les années 60 d’une valve aortique en tissu animal, utilisée dans le monde entier, et dont la création fut primée par le prestigieux prix Albert Lasker pour la recherche médicale, son rêve, car cela en est un, et ce depuis 20 ans, se réalise enfin.

Initié au cours d’un diner avec Jean Luc Lagardère, à l’époque patron du groupe Matra, aujourd’hui EADS, devenant même un ami cher par la suite, le projet pris vraiment forme avec la création d’une structure quasi secrète, composée d’une part de médecins et de biologistes, et d’autre part d’ingénieurs issus du secteur industriel et spatial, capables selon eux d’unir leurs connaissances et savoir-faire pour aboutir à une miniaturisation de ce futur système embarqué, condition sinequanone pour envisager de futures transplantations.

Aujourd’hui, le prototype actuel, appelé « bioprothèse », pèse environ 900 grammes contre 300 grammes pour un cœur d’homme adulte, et, est assez proche du cœur humain avec 4 valves et 2 ventricules, séparé en deux volumes, un pour le sang et un pour un liquide d’actionnement. Prévu pour répondre à l’insuffisance cardiaque, dont la pathologie est en augmentation depuis 20 ans (1 million à 1,5 millions de français touchés), la rendant même plus grave que la plupart des cancers, il tentera d’apporter une solution aux contre-indications à la transplantation, et servira espérons-le, à pallier également à la pénurie des cœurs à greffer.

En ce qui concerne son avenir proche et lointain, tout d’abord, pendant plusieurs mois, une étude de faisabilité sera effectuée sur d’autres malades dont le pronostic vital est engagé à très brève échéance, comme pour le premier patient, âgé de 75 ans, et dont les premiers résultats sont plutôt encourageants, puisqu’après une vingtaine de jours après l’opération, il mange normalement, et a même pu s’assoir trois heures dans un fauteuil auprès de sa famille, ensuite, si la viabilité du projet est assuré, le cœur artificiel pourrait être commercialisé d’ici cinq ans maximum, avec la possibilité à l’avenir de répondre à l’attente de plus de 100 000 malades en Europe, aux Etats-Unis ensuite, et bien évidemment dans le reste du monde.

Quant à Alain Carpentier, dont la présence durant les journées européennes de la Société française de cardiologues fut accueillie par des praticiens, debout, applaudissant l’exploit et son inventeur, du jamais vu auparavant, on n’ose imaginer son bonheur d’avoir enfin pu réaliser son rêve, avec pourquoi pas le prix Nobel de la médecine, ce qui serait je crois une juste récompense. A suivre.

Et pour la petite histoire, familiale, sachez que sa femme, Sophie Carpentier, généticienne, fut et reste une assistante assidue, et que leurs enfants, ayant vécu de près cette magnifique aventure, ils sont aujourd’hui tous médecins. L’avenir est donc assuré.

Carmat : Un rêve se réalise.
Carmat : Un rêve se réalise.
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article