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l'entreprise du mois

Le Wagon, sur de bons rails

Publié le par Jacques SAMELA.

Le Wagon, sur de bons rails
Le Wagon, sur de bons rails

Il est considéré comme le premier réseau planétaire d’enseignement intensif dans les métiers du codage, dont la formation initiale est fondée sur ce que l’on appelle le « learning by doing ».

Son nom, Le Wagon (www.lewagon.com), sa nationalité, française, sa signification, aucune idée, si ce n’est qu’à priori cela n’a rien à voir avec le secteur ferroviaire. Leur logo ressemble même plutôt à un bus. Mais bon, si quelqu’un sait, n’hésitez-pas à me le dire.

Sinon, imaginé et fondé en 2013 par deux frères, Romain et Boris Paillard, autour d’un apéro, selon la légende, rejoint par la suite par celui qui deviendra leur associé, Sébastien saunier, les premiers cours furent proposés sous forme de cours du soir, mais très vite, avec le succès aidant, le besoin de professeurs se faisant pressant, ils créèrent finalement leur premier « bootcamp » un an après la création de leur structure.

Ah au fait, je pense connaître désormais la signification du nom, qui, si mes informations sont exactes, émanerait des deux frères, souhaitant prendre le train de la French Tech, en y rajoutant justement leur propre wagon. Il fallait y penser.

Mais pour en revenir au lancement de leur premier « bootcamp », il faut savoir que depuis, plus de 11 000 personnes y ont été formés, et ce dans les 25 pays et 40 villes (https://www.lewagon.com/fr/campuses), où la start-up dispose déjà de campus, répondant en cela à la demande pressante de Développeurs Web, de Product Managers, de designers, ou encore de Growth Hackers, confirmé en cela par la Commission européenne début 2020, qui estima justement qu’à l’horizon 2022, nous y sommes, 200 000 de ces postes n’y seraient pas pourvus.

Alors, à la différence de ses nombreux concurrents, Le wagon s’appuie lui sur une plateforme en ligne, dite par définition scalable*, offrant des outils clés en main aux professeurs et à leurs étudiants, afin d’apprendre en neuf semaines et 400 heures de cours, c’est le temps imparti de cette formation choc, le développement web et la data science.

Formation intensive donc, mais au final, équivalente après son obtention à un bac+3.

Et c’est sur cette particularité, son efficacité, désormais éprouvée, qu’ils souhaitent comptabiliser, afin d’asseoir encore plus leur rôle de leader, démontré notamment par sa notation sur la plateforme de référence SwitchUp (www.switchup.org), frôlant le maximum, en obtenant 4,98 sur 5.

Ce qui a eu pour effet d’attirer l’œil d’investisseurs potentiels, interpellés dès le début par sa rentabilité immédiate, avec en prime en 2020, une première levée de fonds de 17 millions d’Euros, leur permettant de préparer l’avenir sereinement, sans se préoccuper de leurs concurrents.

Et l’avenir, il est multiple. En effet, depuis 2018, leurs prestations s’adressent également aux grands groupes (Total, LVMH, l’Oréal, Decathlon, etc…) par le biais de leur programme intitulé « Le Wagon Executives », axé lui sur des formations d’une demi-journée, censées « acculturer » leurs salariés à la révolution numérique, des formations spécifiques, afin d’élargir les compétences des profils plus techniques, et bien évidemment des formations sur le modèle du bootcamp (voir plus haut), afin de transformer cette fois-ci en profondeur les compétences de l’ensemble des salariés (+ de 1 000 à ce jour).

Ensuite, et afin de ne pas fermer la porte à celles et ceux qui ne peuvent se rendre dans les campus actuellement en activité, des formations en lignes consacrées au développement web et à la data science ont été créées en octobre dernier, en français ou en anglais, avec à la clé une certification professionnelle reconnue par l’Etat.

Et comme le marché hexagonal intéresse autant que le marché international, hors Etats-Unis, concurrence autrement plus féroce que celle française, Le Wagon va ouvrir deux nouveau campus d’un nouveau genre, en Essonne et en Seine-et-Marne, afin de s’adresser cette fois-ci aux demandeurs d’emplois, peu ou pas diplômés, résidents de quartiers prioritaires ou de zones de revitalisation rurale. Entièrement financés par Pôle Emploi et l’Etat, les formations devraient durer cette fois-ci entre treize et quinze semaines (460 heures), certifiantes de niveau 6 (bac+3/+4), avec comme souhait d’y enrôler 200 candidats d’ici 2024.

Un troisième est prévu en Martinique, avec comme idée cette fois-ci d’y former en priorité des femmes, également demandeuses d’emplois. Le chiffre avancé est de 250.

Et pour mener ces futures formations, que j’appellerai de secondes chances, elles seront assurées par des professeurs similaires aux autres formations relatées ci-dessus, pour la plupart anciens alumni ou « wagonneurs » comme ils aiment à se distinguer, donnant un gage supplémentaire de leur efficacité et une assurance quant aux résultats attendus. Ils sont aujourd’hui plus de 1 200, tous en free-lance, et payés à la journée.

Mais, tous ceux qui sont passés par Le Wagon ne sont pas devenus professeurs, en effet, près de 200 start-ups auraient été créées par d’anciens élèves diplômés, dont leur propre structure auraient levée plus de 300 millions de dollars.

S’il fallait des preuves du niveau des formations proposées, en voici une belle.

Allez, je prends le pari que nous avons affaire-là, à une future Licorne, et vous, qu’en pensez-vous ?

Rendez-vous dans quelques mois.

*La « scalabilité » est la capacité d'un dispositif informatique à s'adapter au rythme de la demande. La capacité du matériel étant fixe, en particulier le débit binaire des réseaux et des disques durs, il existe une limite dans le nombre de demandes qui peuvent être traitées dans un temps donné. Au-dessus de cette limite les demandes sont multiplexées et la concurrence entre les demandes traitées simultanément provoque des délais d'attente supplémentaires qui font effet de goulot d'étranglement (Wikipedia)

Jacques Samela

 

Sources :

. https://www.latribune.fr/technos-medias/innovation-et-start-up/formation-au-code-le-wagon-leve-17-millions-d-euros-pour-devenir-une-reference-mondiale-841000.html

. https://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-le-wagon-bascule-ses-formations-au-code-en-mode-virtuel-83833.html

. https://www.maddyness.com/2021/12/02/pole-emploi-wagon-formation-code/

. https://business.lesechos.fr/entrepreneurs/success-stories/0700904475777-le-wagon-cette-ecole-made-in-france-qui-apprend-au-monde-entier-a-coder-347134.php

 

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Tehtris, la parade assurée

Publié le par Jacques SAMELA.

Tehtris, la parade assurée
Tehtris, la parade assurée

Alors que le Campus Cyber (https://www.ssi.gouv.fr/agence/cybersecurite/un-campus-dedie-a-la-cybersecurite/) vient d’être inauguré dernièrement, et que les cyberattaques deviennent de plus en plus courantes, touchant non seulement les activités que j’appellerai critiques, comme les infrastructures de défense, énergétiques, de transports, les Etats, mais aussi depuis peu les villes, les hôpitaux, ainsi que de plus en plus les entreprises, grandes comme petites, avec tout ce que cela peut causer comme nuisances pour des structures n’ayant pas toujours les moyens de combattre ces menaces.

Menaces, dont on ne dit jamais d’où elles viennent, mais dont on imagine aisément la provenance, certains s’en étant même fait une spécialité.

Et justement, une question me revient à chaque fois qu’un sujet comme celui-ci arrive sur le devant de la scène. Faisons-nous la même chose à ces assaillants soit disant inconnus ? Ne pouvant interroger les services en question, j’espère que oui, mais de cela nous n’en saurions rien. Il n’y aurait aucunes raisons de ne pas le faire selon moi.

En tout cas, sur ce créneau en pleine expansion, de nombreuses entreprises proposent déjà leurs services, mais manifestement, un acteur français semble lui se démarquer, parlant déjà de lui comme d’une future licorne, il s’agit de la société appelée Tehtris* (www.tehtris.com), éditrice de logiciels de luttes contre les cyberattaques, basée à Pessac, et créée par une ancienne de la DGSE (www.dgse.com), Elena Poincet.

Vus et lus dans Les Echos du 18/11/21, et Challenges n° 720 du 25/11/21

Vus et lus dans Les Echos du 18/11/21, et Challenges n° 720 du 25/11/21

La DGSE, elle y entrera après une carrière militaire de près de 10 ans, et y officiera pendant douze ans, au service Action, sans rien divulguer de ses missions bien sûr, et comme je ne suis pas un journaliste d’investigation, avec mes entrées dans les ministères, il faudra vous contenter de ce que j’ai trouvé, navré.

Donc, après des années de surveillance et de protection de notre pays, elle décida d’utiliser ses compétences au sein tout d’abord d’un cabinet d’audit, créé avec celui qui après avoir été celui de missions, deviendra plus tard son compagnon de vie, Laurent Oudot,  et qui pendant deux ans tenteront d’attirer l’attention des entreprises sur ces menaces de plus en plus précises, démontrant, preuves à l‘appui, la faiblesse de leur pare-feu et autres coffres forts numériques, récupérant même, au su de celles-ci leurs données les plus cachées, et par la suite donc, sa propre entreprise, en 2010, toujours accompagné de son binôme, surs de leur fait, de leurs compétences, et donc de l’avènement de cette ère d’attaques en tout genre, difficilement prévisibles, et bien évidemment indétectables.

Cependant, même suivie d’une réputation plus que favorable, eu égard à leurs parcours hors normes, les débuts furent plutôt difficiles, les entreprises minimisant les risques quant à leur vulnérabilité, ne se sentant pas encore comme des cibles potentielles.

Et pourtant, quand on sait que près de 300 000 virus se répandent chaque jour sur la toile, il y a pourtant de quoi se méfier.

Cependant, une prise en compte de la situation semblant être de mise aujourd’hui au sein des entreprises, confortant en cela la vision de ses dirigeants sur ce marché, avec une levée de fonds de 20 millions effectué fin 2020, un record en Europe, qui devrait justement leur permettre de répondre aux nombreux besoins, passant également de 40 salariés à 195 en l’espace d’un an, avec comme souhait d’ouvrir des filiales en Europe, mais aussi au Canada et à Singapour. Aujourd’hui, elle s’occupe déjà de protéger une vingtaine de multinationales, les aéroports de Paris et Bordeaux, analysant chaque année via sa plateforme plusieurs milliards d’alertes de cybersécurité.

Vu et lu dans Les Défis du CEA n° 242
Vu et lu dans Les Défis du CEA n° 242
Vu et lu dans Les Défis du CEA n° 242

Vu et lu dans Les Défis du CEA n° 242

Vu et lu dans Les Echos du 02/02/22
Vu et lu dans Les Echos du 02/02/22

Vu et lu dans Les Echos du 02/02/22

Et ce n’est pas l’affaire Pegasus (https://www.amnesty.fr/liberte-d-expression/actualites/pegasus-quelles-avancees-depuis-les-revelations-surveillance-logiciel-espion) qui les feront changer de paradigme, au contraire, car étant capable de détecter ce mouchard ultra-discret, il y a fort à parier que cette possibilité n’est pas passé inaperçu, notamment au sein des plus hautes instances de l’Etat, ce qui au cas où, et si ce n’est déjà fait, que des contrats pourraient émaner d’un certains nombres de ministères sensibles, cela serait tout bonnement un petit retour en arrière, non plus en personne propre, mais via le biais de leur société cette fois-ci. Servir, toujours ? Il y a des chances.

En tout cas, le chemin semble tout tracé pour que Tehtris devienne effectivement une nouvelle licorne française, 26 à ce jour, ce qui est justement le souhait clairement avoué de ses créateurs, sentant le sujet enfin pris à bras le corps, et se sentant également  plus que capable pour répondre dès à présent, et ainsi que dans les années à venir aux sollicitations de plus en plus nombreuses, car ne nous leurrons pas, elles le seront.

*Technical, Ethical, Hackers, Trusted, Robust, Information Security

Jacques Samela

 

Sources :

. Le Parisien Week-end u 12/11/21

. Les Echos du 18/11/21

. Wikipedia

 

A lire :

. https://www.alliancy.fr/cybersecurite-que-manque-t-il-pour-transformer-des-start-up-francaises-en-leader?ct=YTo1OntzOjY6InNvdXJjZSI7YToyOntpOjA7czo1OiJlbWFpbCI7aToxO2k6MTAzNTt9czo1OiJlbWFpbCI7aToxMDM1O3M6NDoic3RhdCI7czoyMjoiNjIxODhkODQ1YjdjMTI3MzU3NTY5NSI7czo0OiJsZWFkIjtzOjU6IjE1MTU2IjtzOjc6ImNoYW5uZWwiO2E6MTp7czo1OiJlbWFpbCI7aToxMDM1O319&utm_source=Email&utm_medium=Newsletter&utm_campaign=NewsletterAlliancy&utm_content=20220225

. https://www.alliancy.fr/nouveau-cursus-cyberdefense?ct=YTo1OntzOjY6InNvdXJjZSI7YToyOntpOjA7czo1OiJlbWFpbCI7aToxO2k6MTAzNTt9czo1OiJlbWFpbCI7aToxMDM1O3M6NDoic3RhdCI7czoyMjoiNjIxODhkODQ1YjdjMTI3MzU3NTY5NSI7czo0OiJsZWFkIjtzOjU6IjE1MTU2IjtzOjc6ImNoYW5uZWwiO2E6MTp7czo1OiJlbWFpbCI7aToxMDM1O319&utm_source=Email&utm_medium=Newsletter&utm_campaign=NewsletterAlliancy&utm_content=20220225

 

Vu et lu dans Le Parisien Week-end du 12/11/21
Vu et lu dans Le Parisien Week-end du 12/11/21

Vu et lu dans Le Parisien Week-end du 12/11/21

Vu et lu dans Les défis du CEA n° 245

Vu et lu dans Les défis du CEA n° 245

Vu et lu dans Les Echos du 01/02/22
Vu et lu dans Les Echos du 01/02/22

Vu et lu dans Les Echos du 01/02/22

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Biomemory, l’ADN au service du stockage numérique

Publié le par Jacques SAMELA.

Biomemory, l’ADN au service du stockage numérique
Biomemory, l’ADN au service du stockage numérique

Les supports pour stocker nos données numériques, qu’ils soient sous forme de bandes magnétiques ou de disques durs, sont fragiles, ont une espérance de vie allant de 5 à 7 ans, ils sont énergivores, notamment les data centers, consommant désormais près de 2 % de la production électrique, et ils deviennent de plus en plus volumineux, occupant déjà 167 m2 à l’échelle mondiale.

Et comme l’humanité à produit en 2020 45 zettaoctets de données numériques, avec comme prévision pour 2025 de passer à 175 Zo, il y a semble-t-il urgence à trouver des solutions idoines pour limiter cette problématique à venir.

Et bien manifestement, une jeune start-up française, appelée Biomemory (www.biomemory-labs.com), aurait trouvé La Solution idéale.

Créée en 2018 par Stéphane Lemaire, directeur de recherche au CNRS, Pierre Crozet, maître de conférences à Sorbonne Université, et Erfane Arwani, entrepreneur du numérique, sa particularité résiderait dans le fait d’utiliser de l’ADN, car de par ses caractéristiques chimiques comme molécule biologique, permettrait de conserver des données dans un volume des milliards de fois plus petits que les supports habituels.

Cette technologie, ils l’appellent « DNA Drive », elle a déjà fait l’objet d’un dépôt de brevet, et a permis à la société d’obtenir l’an dernier le prix de la 24ème édition d’innovation i-Lab 2021 (https://www.sorbonne-universite.fr/actualites/biomemory-laureate-du-concours-i-lab-2021), financé par le programme d’investissement d’avenir, et opéré par Bpifrance (http://competitiviteinfrance.overblog.com/bpi-france-la-banque-de-la-reconqu%C3%AAte).

Alors manifestement cette technologie ne serait pas vraiment récente, puisque l’idée émanerait du physicien américain Richard Feynman en 1959, prix Nobel en 1965, avec une concrétisation seulement en 2012, mais, selon Stéphane Lemaire, sans en avoir encore exploré la partie biologique, à la différence des méthodes chimiques, physiques et mathématiques, utilisées aujourd’hui dans les technologies de stockage connus.

Ce qui fait que depuis trois ans, avec ses partenaires, ils s’affairent à développer leur propre technologie, avec justement comme idée d’utiliser les mécanismes hérités de la biologie, afin de pouvoir éditer et copier facilement des données sur des grands fragments d’ADN.

On parlerait là d’une « Révolution de l’ADN ».

Et comme ces recherches intéressaient déjà des historiens, des philosophes, des informaticiens, des archivistes, mais aussi des étudiants, qui par jeu, les mirent au défi de prouver leurs dires, il a été décidé de faire un test grandeur (si je puis dire) nature, en stockant dans deux petites capsules (voir photo), 200 milliards, soit 100 chacune, de copies de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, et de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, rédigée par Olympe de Gouges en 1791 (https://www.larecherche.fr/technologie/des-documents-stock%C3%A9s-sur-adn-entrent-aux-archives-nationales), rejoignant en cela aux Archives nationales l’ensemble des constitutions françaises, le journal de Louis XVI, ou encore le testament de Louis XIV.

Vu et lu dans Télérama n° 3751 du 01/12/21

Vu et lu dans Télérama n° 3751 du 01/12/21

Bon, et alors même que ce premier test est plutôt une réussite, le stockage sur ADN n’en est malgré tout qu’à ses balbutiements, on parle là d’une exploitation possible d’ici à 2030, le fait que l’encodage prenne plusieurs jours, qu’il soit cher, coûtant actuellement 10 000 dollars par mégaoctets, et que le décodage prenne lui plusieurs heures, cette technologie que l’on peut dire de rupture, considérée comme bio-inspirée, bio-compatible, et même bio-sécurisée, et qui plus est avec une capacité de stockage pratiquement illimitée, plusieurs milliers d’années, dans des capsules métalliques de la taille d’un grain de riz, à l’abri de l’eau, de l’air, de la lumière, et ce sans apport énergétique, elle répondra aisément aux enjeux de demain que seront la collecte des données numériques en constante croissance, au lieu de ne pas pouvoir les conserver dans de bonne conditions, et au final de les perdre à tous jamais. Cela serait dommageable pour la mémoire de l’humanité.

Pour ma part, j’y vois également une utilisation possible dans l’exploration spatiale, au-delà de notre système solaire, car vu la taille et la durée de vie de ce support, on pourrait y entreposer l’histoire de l’humanité, susceptible d’intéresser d’autres mondes bien bien lointains, si ils existent bien sûr.

Science-fiction me direz-vous, eh bien pas du tout, car en 1977, un disque d’un diamètre de 30 centimètres a été envoyé dans l’espace dans deux sondes appelées Voyager, afin de présenter à d’éventuels mondes extraterrestres, sous formes de sons et d’images, un portrait assez large de la vie et de la culture terrestre. Son nom, « The sounds of Earth » (https://fr.wikipedia.org/wiki/Voyager_Golden_Record).

L’ESA, l’Agence spatiale européenne (c'est un exemple comme un autre), devrait rapidement se mettre sur les rangs, avant que d’autres n’y voient grand intérêt, et viennent, à notre détriment, se servir.

Gageons quand même qu’aujourd’hui, au moment où la souveraineté, nationale, européenne, revient en force, on ne laissera pas (plus) une pépite comme celle-ci aller vers d’autres cieux.

Jacques Samela

 

Sources :

. https://www.sorbonne-universite.fr/actualites/biomemory-laureate-du-concours-i-lab-2021

. https://lejournal.cnrs.fr/articles/stockage-de-donnees-la-revolution-sur-adn

 

A lire :

. https://www.lebigdata.fr/stockage-adn-tout-savoir

. https://theconversation.com/ladn-sera-t-il-lavenir-du-stockage-de-donnees-159387

. https://www.francetvinfo.fr/sciences/high-tech/une-solution-au-stockage-des-donnees-numeriques-des-documents-encodes-sur-adn-font-leur-entree-aux-archives-nationales_4854803.html

Vu et lu dans Le Parisien Week-end du 03/12/21

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L’INPI, le « saint » protecteur des entrepreneurs en tous genres

Publié le par Jacques SAMELA.

L’INPI, le « saint » protecteur des entrepreneurs en tous genres
L’INPI, le « saint » protecteur des entrepreneurs en tous genres

Dans le cadre de la création de ce blog, et donc de son appellation, j’ai souhaité, vu son thème, déposer cette idée vers qui de droit aujourd’hui en France, en l’occurrence à l’Institut national de la propriété industrielle ou INPI (www.inpi.fr), qui cette année fête ses 70 printemps (https://www.inpi.fr/fr/tresors/l-inpi-fete-ses-70-ans-l-occasion-de-celebrer-le-genie-creatif-francais).  

Cela m’a bien évidemment coûté un certain coût, mais surtout, cela me confère son appartenance pendant dix ans, devenant en cela une marque à part entière.

Vu et lu dans Décideurs Collection Guide-Annuaire 2020-2021
Vu et lu dans Décideurs Collection Guide-Annuaire 2020-2021

Vu et lu dans Décideurs Collection Guide-Annuaire 2020-2021

Alors, loin d’être récent, la propriété industrielle apparaît effectivement en France pendant la Révolution française (loi du 07 janvier 1791), sous l’appellation de « bureau des patentes », désignant à cette époque les brevets.

Beaucoup plus tard, en 1900, est créé l’Office des brevets d’invention et des marques de fabrique, suivi deux ans plus tard, de l’appellation ONPI (Office national de la propriété industrielle), ne prenant son appellation d’aujourd’hui qu’en 1951, après la promulgation de la loi n° 51-444.

Entièrement autofinancé, établissement public, cette nouvelle entité sera placée sous la tutelle de différents ministères, dont celui de l’Economie, des Finances et du Commerce Extérieur.

Vu et lu dans Ecomeca n° 94 de novembre 2021
Vu et lu dans Ecomeca n° 94 de novembre 2021

Vu et lu dans Ecomeca n° 94 de novembre 2021

Alors, son rôle ne consiste pas essentiellement en la délivrance de titres de propriété industrielle comme les brevets, marques dessins et modèles, mais aussi à l’accueil et à l’accompagnement des déposants dans leurs démarches, à la mise à disposition d’une documentation juridique, technique, sous la forme d’une vaste base de données facilement consultable, à tenir le Registre du Commerce et des Sociétés, qui en centralisant l’ensemble des informations sur les entreprises françaises, lui permet de fournir nombre de renseignements sur l’environnement économique français, à la sensibilisation et à la formation via son « Académie » à la propriété industrielle vers le grand public et les professionnels en tout genre, sans oublier également la lutte active contre la contrefaçon, part non négligeable, dirigeant en cela le secrétariat général du Comité National Anti-Contrefaçon (http://www.cnac-contrefacon.fr), apportant son savoir-faire et sa connaissance dans le cadre de la mise en place d’actions publics et privé en la matière.

Vu et lu dans Ecomeca n° 94 de novembre 2021
Vu et lu dans Ecomeca n° 94 de novembre 2021
Vu et lu dans Ecomeca n° 94 de novembre 2021

Vu et lu dans Ecomeca n° 94 de novembre 2021

Quant à ses actions, acteur national s’il en est, disposant d’un réseau d’une vingtaine d’implantations régionales, avec plus de 150 experts à disposition, d’un siège à Courbevoie (Hauts-de-Seine), l’institut est également présent à l’étranger, idéalement placé dans des zones considérées comme stratégiques, lui permettant de couvrir près d’une centaine de pays, dont l’Amérique du Nord, où très récemment un accord dit de PPH ou Patent Prosecution Highway (https://www.inpi.fr/fr/faq/qu-est-ce-qu-un-accord-pph-patent-prosecution-highway) vient d’être signé avec l’office de la propriété intellectuelle du Canada, après avoir fait de même le mois dernier avec l’office des brevets et des marques des Etats-Unis (USPTO), lui permettant d’élargir encore plus son champ d’action.

Actions qui se déclinent également dans l’organisation des « Trophées INPI », célébrant cette année leur 30ème anniversaire, et récompensant à chaque fois des entreprises, ainsi que des centres de recherche innovants dans leur stratégie de propriété industrielle, de leur capacité à savoir gérer leurs actifs immatériels (brevets, marques, dessins et modèles), à même de leur permettre l’obtention de résultats tant en termes de chiffre d’affaires, d’emploi, de rentabilité, d’ouverture à de nouveaux marchés, et bien évidemment à la valorisation et à la défense de leurs droits.

Et comme la dématérialisation est en marche, dès 2023, l’INPI aura la charge du nouveau Registre national des entreprises, obligeant l’ensemble des entreprises (commerciales, agricoles, artisanales, indépendantes) exerçant une activité sur le sol national à s’y inscrire, ce qui a termes lui permettra de devenir l’outil de référence en matière d’informations économiques et juridiques, tout en y simplifiant les démarches et les coûts inhérents à toute création pour les entrepreneurs. Il se substituera en cela aux registres d’entreprises nationaux en cours aujourd’hui.

Donc, si vous souhaitez créer une marque, un nom d’usage, déposer un brevet, il est impératif pour vous protéger d’enclencher les démarches habituelles, de suivre les différentes étapes, notamment celle qui consiste à vérifier de son côté « primo-arrivant »,  avec au bout de 6 semaines de recherches environ, l’assurance de son acceptation, appuyé par une publication dans le Bulletin Officiel de la Propriété industrielle.

Par-contre, attention, car cela m’est arrivé, des courriers, venant surtout de l’étranger, vous invite à payer une certaine somme, pour soit disant valider votre nouvelle création, n’y répondez surtout pas, prenez plutôt contact avec les services de  l’INPI (ce que j’ai fait), ils vous diront que eux seuls sont habilité à enregistrer toutes demandes similaires à la vôtre, et de ne pas en tenir compte.

A vous ?

Jacques Samela

 

Sources :

. https://fr.wikipedia.org/wiki/Institut_national_de_la_propri%C3%A9t%C3%A9_industrielle

. https://www.bensussan.fr/pages/le-role-de-linpi/

. https://www.netpme.fr/actualite/linpi-en-charge-du-registre-national-des-entreprises-des-2023/

. https://www.businessfrance.fr/qui-sommes-nous-nos-partenaires-INPI

. http://eco-innover.rhonealpes.fr/InnovR/jcms/rec_7515/l-inpi

. https://made-in-entreprise.fr/actualites/a-quoi-ca-sert-linpi-institut-national-de-la-propriete-industrielle-4875

. https://www.inpi.fr/fr/l-inpi-signe-accord-pph-patent-prosecution-highway-avec-office-de-propriete-intellectuelle-du-canada

. https://www.latribune.fr/opinions/tribunes/guerre-des-brevets-les-entreprises-francaises-de-plus-en-plus-a-risque-898465.html?utm_term=Autofeed&utm_medium=Social&utm_source=LinkedIn#Echobox=1639572661

 

 

 

Vu et lu dans Décideurs Collection Guide-Annuaire 2020-2021
Vu et lu dans Décideurs Collection Guide-Annuaire 2020-2021

Vu et lu dans Décideurs Collection Guide-Annuaire 2020-2021

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Ombrea, l’apôtre du microclimat idéal

Publié le par Jacques SAMELA.

Ombrea, l’apôtre du microclimat idéal
Ombrea, l’apôtre du microclimat idéal

Vous vous souvenez certainement de cet épisode de froid intense en avril dernier, où une partie significative du vignoble français, ainsi que les productions de fruits ou de légumes de plusieurs régions françaises se sont retrouvés démunis face à ce qui semble être une des multiples conséquences du réchauffement climatique ?

On parle là de plus de deux milliards d’Euros de dommages, et pourtant ils essayèrent d’y remédier par divers moyens, plus ou moins efficaces. Moins que plus malheureusement.

Et alors que ces événements reviendront certainement de plus en plus, des solutions doivent être trouvés, et justement, la société Ombrea (www.ombrea) en a semble-t-il trouvée une, consistant à réagir aux aléas météorologiques.

En effet, elle développe ce qu’ils appellent des ombrières, fixées dans le sol à l’aide de poteaux ajustables en hauteur, soutenant des rails sur lesquels coulissent des panneaux en acier galvanisés, similaires à des panneaux solaires, et qui, couplées à des capteurs, permettent de recueillir des informations sur la lumière, l’hygrométrie, le vent et la température, traitées par la suite par des algorithmes, afin qu’elles puissent, quand cela est nécessaire, faire de l’ombre aux plantations en question. Ce sont près d’un million de données météorologiques par site et par an qu’elle peut assurer aux utilisateurs finaux.

Photo Ombrea / Tecsol

Photo Ombrea / Tecsol

Prévues pour des parcelles allant de 1 000 m2 à plusieurs hectares, elles répondent donc parfaitement aux besoins des viticulteurs, horticulteurs et maraîchers, qui, grâce à celles-ci, peuvent protéger leurs récoltes tout au long de l’année, mais également rendre la production de fraises 50 % plus productives, ou celle des tomates de 63 %, et ce avec un tiers d’eau en moins.

Cependant, une autre activité devrait lui permettre de s’ouvrir un marché plus vaste, c’est celui que l’on appelle l’agrivoltaïsme, soit l’utilisation des ombrières pour produire de l’énergie, avec l’apport de panneaux photovoltaïques installés dessus.

Activité qui a fait l’objet en début d’année d’une collaboration avec Total Quadran (www.totalenergies.com), afin d’installer six grandes installations de production agrivoltaïque, censées répondre aux besoins énergétiques de près de 20 000 habitants.

Cette collaboration couvrira 35 hectares en Occitanie, en Provence-Alpes-Côte d’Azur et en Auvergne-Rhône-Alpes afin d’y produire 18 GWh, les mises en service étant prévues dès 2023.

Et comme tout cela n’était pas suffisant, elle vient de lever en septembre dernier la somme de 10 millions d’Euros, susceptible de lui permettre de continuer son développement, qui l’air de rien est loin d’être anodin pour une entreprise qui existe seulement depuis 2016, créée en famille par un père et sa fille, en l’occurrence Julie Davico-Pahin, et Christian Davico, qui dans le cadre de son activité de l’époque, soit agriculteur, perdit un quart de sa production de feuillages durant justement une sécheresse.

Alors, même si ce fait fût impactant pour son activité, il lui a finalement permis de réfléchir à des solutions pour mieux vivre de son activité professionnel face à des phénomènes météorologiques violents,  selon lui amenés à se répéter, et donc à créer, grâce à son profil technique, ce qui s’appelle désormais des ombrières. L’apport de sa fille lui donnant le courage de se lancer dans une aventure inconnue pour lui, la création d’une entreprise.

Donc aujourd’hui, avec cette manne financière, ils vont justement pouvoir se consacrer à l’amélioration de leurs « agroéquipements numériques intelligents », tout en appuyant leur succès grandissant par l’embauche de nouveaux collaborateurs, leur permettant de répondre dès aujourd’hui, mais surtout dans l’avenir à des demandes de plus en plus pressantes des agriculteurs, cherchant à s’adapter rapidement face aux défis des nouveaux effets du réchauffement climatique.

Alors, habituellement je souhaite aux entreprises que je présente de belles années de développement et de marchés, ce que je m’apprête à faire également aujourd’hui, sauf que cette fois-ci, cela sera dû aux effets de ce changement climatique qui vient, et que nous allons devoir supporter. Mais bon, vu que c’est une entreprise française, que sa réussite soit bien évidemment au rendez-vous.

Jacques Samela

 

Sources :

. https://www.irce.fr/portrait/christian-davico-ombrea/

. https://www.usinenouvelle.com/article/ombrea-digitalise-le-beau-temps.N952506

. https://www.lesechos.fr/pme-regions/innovateurs/ombrea-sassocie-a-total-quadran-pour-developper-lagrivoltaique-1280884

. https://www.europe1.fr/societe/ombrea-protege-les-cultures-du-changement-climatique-4044400

. https://www.leparisien.fr/environnement/les-effets-du-gel-davril-2021-decuples-par-le-rechauffement-climatique-15-06-2021-22X57EDYY5G3BHMT4475HPFUGA.php

. https://madeinmarseille.net/98938-agriculture-la-start-up-ombrea-leve-10-millions-deuros-et-va-creer-50-nouveaux-emplois/

. https://www.usine-digitale.fr/article/ombrea-leve-10-millions-d-euros-pour-une-agriculture-preservee-des-aleas-climatiques.N1145942

 

A lire :

. https://www.edf.fr/groupe-edf/inventer-l-avenir-de-l-energie/r-d-un-savoir-faire-mondial/toutes-les-actualites-de-la-r-d/une-annee-sous-les-panneaux-d-agri-pv

. https://www.lechodusolaire.fr/iberdrola-et-ombrea-signent-un-partenariat-pour-le-developpement-de-grands-sites-agrivoltaiques-en-france-et-en-europe/

 

 

 

Photo Ombrea / L'Echo du solaire

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Ayro, toutes voiles dehors

Publié le par Jacques SAMELA.

Ayro, toutes voiles dehors
Ayro, toutes voiles dehors

Le commerce maritime a doublé entre 1999 et 2018, devenant en cela l’un des secteurs les plus émetteurs de gaz carbonique, soit autant que le transport aérien (3 %). Et d’ici 2050, ses émissions devraient augmenter de 50 %.

Quelles peuvent donc être nos réponses à cette problématique ? Limiter le trafic, possible ? Rien n’est moins sûr.

Par-contre, une start-up française en a peut-être trouvé une partie, Laquelle ?

Celle de remettre au gout du jour l’utilisation des voiles sur l’ensemble des mers et océans de notre chère planète, j’ai nommé Ayro (www.ayro.fr) et son système de propulsion éolienne baptisé « Oceanwings » ou aile à Canopée.

Système qui sera élaboré en France, à Caen, sur le port de commerce, où sera implantée la première usine au monde consacrée à la fabrication de ces modèles innovants.

Innovants, parce-que l’image d’une voile marine telle qu’on la connait depuis des siècles, et passablement oubliée, n’est vraiment pas d’actualité ici, et ce même si la poussée vélique (https://www.encyclopedie.fr/definition/Pouss%C3%A9e_v%C3%A9lique), soit la force aérodynamique exercée par le vent reste la même, revenant justement à l’honneur.

Photo de Gilles Martin-Raget

Photo de Gilles Martin-Raget

Et avec succès en plus, puisqu’en 2010, durant la mythique coupe de l’America, le trimaran USA 17 de l’équipe BMW Oracle Racing, battit son adversaire principal à plate couture, à l’aide justement d’une aile double de 72 mètres (plus grande qu’une aile d’Airbus A380), élaboré par le cabinet d’architecture navale français, VPLP (https://www.vplp.fr/course/usa17-bmw-oracle-racing-90/), précurseur en ce domaine, et fondateur de la start-up en question, chargée de commercialiser dans le monde du transport maritime ce qui peut se voir aujourd'hui sur le catamaran laboratoire Energy Observer (www.energy-observer.org), équipé de deux ailes de 32 m2 , lui ayant permis depuis de comptabiliser près de 10 000 heures de navigation au compteur. Un vrai showroom en grandeur nature.

Photo / Français d'Allemagne 2017

Photo / Français d'Allemagne 2017

Ce qui a eu pour effet également de permettre à Ayro de recevoir en mars dernier le Trophée Innovation Océan 2020-2021 (https://www.gican.asso.fr/Actualite/512/AYRO-recoit-le-Trophee-Innovation-Ocean-2020-2021), dans la catégorie « Décarbonation du transport, maritime par la propulsion éolienne », récompensant en cela 6 ans de R&D.

Mais, et sans attendre ce premier prix gratifiant, il est un projet, issu d’un appel d’offres lancé en 2017, où Ayro pourra à nouveau démontrer et tester son concept innovant, Canopée (https://www.lesechos.fr/thema/economie-durable/canopee-le-voilier-alize-qui-transportera-les-fusees-ariane-1254663), c’est son nom, soit celui du futur navire roulier de 121 m de long, essentiellement dédié au transport des tronçons de la nouvelle fusée Ariane 6 jusqu’à Kourou en Guyane, et dont l’idée est justement d’utiliser un système de propulsion hybride, alliant deux moteurs diesels, garant d’une fiabilité assurée afin de satisfaire les délais de livraison inhérent à ce genre de programme complexe, avec l’utilisation de 4 ailes verticales de 33 mètres de haut par 11 mètres de large chacune, intelligentes, articulées, occasionnant là une baisse de 30 % en moyenne des émissions de CO2, ainsi qu’une baisse équivalente en carburant. Sa mise en service est prévue en 2023.

Photo / Paris Match / DR

Photo / Paris Match / DR

Et 2023 sera peut-être aussi l’aboutissement d’un autre projet auquel participe Ayro, avec à nouveau VPLP Design, mais aussi Alwena Shipping (www.alwenashipping.com), autre acteur français, et le Shanghai Ship Design & Research Institute (www.sdari.com.cn), qui comme son nom l’indique certainement est chinois, consacré lui à la mise en service d’un porte-conteneurs de 196 m de long, destiné à opérer à courte distance, cabotage ou feedering (http://geoconfluences.ens-lyon.fr/glossaire/feeder-feedering), utilisant également le même mode de double propulsion, et appelé le Trade Wings 2500 (https://jeunemarine.fr/2021/05/le-porte-conteneur-trade-wings-2500-recoit-une-approbation-de-principe-par-le-bureau-veritas/).

 Et, venant d’obtenir une AiP ou approbation de principe (voir lien ci-dessus) pour naviguer de la part du groupe de certification internationale  Bureau Veritas (www.bureauveritas.fr), il devrait contribuer de son côté à une baisse de près de 35 % d’émissions de CO2, par rapport à un navire conventionnel.

Photo / Alwena Shipping

Photo / Alwena Shipping

Donc, une question s’impose, sommes-nous vraiment à l’amorce d’un changement radical, avec un petit retour aux sources quand même, dans le domaine du transport maritime, sachant que selon certaines estimations, la propulsion à la voile, en assistance d’une propulsion classique, permettrait d’économiser de 5 à 20 % du carburant consommé et des émissions associées, et que seule, le résultat pourrait même monter jusqu’à près de 80 % ?

L’unique frein, semble-t-il, résiderait dans le fait quand même que ce mode de propulsion serait assez gourmand en capitaux, d’où quelques doutes. Cependant, en France, certains y croient déjà, car l’air de rien près d’une quinzaine d’acteurs se revendiquent comme pionniers, certains de pouvoir répondre aux besoins futurs en la matière, ce qui fait que notre pays pourrait devenir à l’échelle européenne et mondiale, un des leaders, et ce même si d’autres acteurs, notamment en Europe du nord, pointent également leur nez.

Il serait donc bon de garder l’avantage, sans tergiverser, car le potentiel est énorme.

Jacques Samela

 

Sources :

. https://www.francebleu.fr/infos/transports/une-nouvelle-usine-d-ailes-articulees-pour-les-navires-de-commerce-s-installe-a-caen-100-emplois-1630488055

. https://www.lesechos.fr/partenaires/bpifrance/ayro-suscite-un-vent-doptimisme-1308792

. https://www.gican.asso.fr/Actualite/512/AYRO-recoit-le-Trophee-Innovation-Ocean-2020-2021

. https://www.journalmarinemarchande.eu/actualite/shipping/bureau-veritas-accorde-une-aip-a-un-porte-conteneur-a-voiles-de-conception

. https://www.journalmarinemarchande.eu/actualite/shipping/le-vent-de-la-consideration-va-t-il-enfin-tourner-en-faveur-de-la-propulsion-a-la

. https://www.lesechos.fr/industrie-services/tourisme-transport/la-propulsion-velique-des-cargos-futur-du-transport-maritime-mondial-1332108

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Pasqal, objectif 1 000 qubits

Publié le par Jacques SAMELA.

Pasqal, objectif 1 000 qubits
Pasqal, objectif 1 000 qubits

Elle ne fait pas encore partie de ce club de plus en plus étoffé des licornes françaises, mais par-contre, elle est en passe de devenir la tête de gondole du quantique à la française, avant peut-être d’en devenir son leader. Découvrons-là.

Créée en 2019 par cinq chercheurs de renom dans leurs catégories respectives que sont Georges-olivier Reymond, Christophe Jurczak, le professeur Alain Aspect, considéré comme le père de la seconde révolution quantique, le docteur Antoine Browaeys, récompensé récemment d’une médaille d’argent du CNRS, et le docteur Thierry Lahaye de l’Institut d’optique du CNRS, la toute jeune entreprise, Pasqal (www.pasqal.io), spin-off* de l’Institut d’Optique (IOGS-CNRS), maîtrisant parfaitement la manipulation d’atomes de rubidium piégés (technique n’est-ce pas), s’inspire grandement des travaux de deux de ses fondateurs susnommés que sont donc Antoine Browaeys et Thierry Lahaye, mais aussi des travaux initiés dans les années 80 par le physicien Alain Aspect, autre co-fondateur, consacré au phénomène d’intrication** quantique.

Vu et lu dans Les Echos du 09/06/21
Vu et lu dans Les Echos du 09/06/21
Vu et lu dans Les Echos du 09/06/21

Vu et lu dans Les Echos du 09/06/21

Alors, à la différence de grands noms tels que Google ou IBM, déjà présents dans ce domaine, et qui utilisent des qubits*** supraconducteurs fabriqués par des procédés manuels, l’ordinateur, car il s’agit effectivement d’un ordinateur, ou plus précisément d’un rack modulaire de deux mètres sur trois, équipé pour être installé sans encombre dans un centre de calcul, repose donc sur une approche différente, soit par l’utilisation d’atomes dits neutres, permettant selon les dires de ses instigateurs, d’élaborer des qubits plus que parfaits.

Aujourd’hui, ils en sont à près de 200 qubits, et leur objectif est d’atteindre d’ici à 2023 les 1 000 et plus.

Vu et lu dans Les Défis du CEA Hors Serie 2020
Vu et lu dans Les Défis du CEA Hors Serie 2020

Vu et lu dans Les Défis du CEA Hors Serie 2020

Et manifestement cela interpelle déjà, car, cité par le président Macron durant la présentation du plan national consacré au quantique en janvier dernier, prévoyant un budget global de 1,8 milliards d’Euros,  la société vient de réaliser une nouvelle levée de fonds de 25 millions d’Euros auprès d’acteurs de choix, comme le tout nouveau Fonds Innovation Défense du ministère des Armées, géré par Bpifrance, étrennant là son objectif d’appuyer des projets et les nouvelles technologies considérées comme hautement stratégiques pour assurer et garder en France, voire en Europe, une indépendance de choix dans des domaines militaires bien sûr, mais également civils, ce que l’on appelle en fait des applications duales, le fonds Quantonation (www.quantonation.com), ainsi que d’autres comme RunA Capital (www.runacap.com),  Daphni (www.daphni.com), ou encore Eni Next (www.eni.com).

Vu et lu dans Les Echos du 15 juin 2021
Vu et lu dans Les Echos du 15 juin 2021

Vu et lu dans Les Echos du 15 juin 2021

Donc, assurée grâce à cette somme de pouvoir continuer ses travaux dans des conditions optimum, elle n’a cependant pas attendue celle-ci pour tester en grandeur nature sa technologie auprès d’EDF notamment, lui permettant d’optimiser ses bornes de recharge de véhicules électriques, de signer un accord de partenariat avec le groupe Atos (http://competitiviteinfrance.overblog.com/2019/05/atos-le-mousquetaire-du-numerique.html), afin de développer un accélérateur quantique pour les systèmes de calcul haute performance (HPC), ou encore d’autres avec des centres de calculs haute performance européens, comme l’italien CINECA (www.cineca.it), ou le GENCI (www.genci.fr) en France.

Mais en attendant ces échéances plus ou moins lointaines, mais très prometteuses, il en est une qui devrait voir le jour cette année, c’est le lancement de son propre service de calcul quantique en cloud, rejoignant en cela des acteurs de renoms comme IBM, Honeywell ou encore Xanadu, lui permettant de répondre rapidement à des problématiques industrielles très concrètes, et pourquoi pas de les concurrencer très rapidement.

Je fais donc un pari, rejoignant en cela le début de ce sujet, soit qu’elle deviendra la future licorne française avec, je le pressens, une levée de fonds exceptionnelle, à hauteur, si ce n’est au-delà des précédentes ayant eu cours cette année, déjà six à ce jour (https://www.businessinsider.fr/voici-la-liste-des-16-licornes-francaises-dont-fait-partie-lassureur-sante-alan-187246).

Vous en pensez quoi ? Réponse dans quelques mois.

*Apanage des grands groupes, mais aussi des centres de recherche, des universités, voire de quelques ETI/PME, le spin-off est désormais utilisé par les entreprises comme un levier d'innovation. Innovation sociale, permettant aux salariés de s'épanouir dans l'entreprenariat en toute sécurité, innovation technologique, en favorisant une R&D externalisée (www.le-tout-lyon.fr).

**L’intrication quantique est un phénomène qui lie intimement les propriétés de deux particules, quelle que soit la distance qui les sépare (www.future-sciences.com).

***On nomme qubit (quantum + bit ; prononcer kiou-bite) l'état quantique qui représente l'unité de stockage d'information quantique. Il se compose d'une superposition de deux états de base, par convention notés  et   . Un état qu-bit est constitué d'une superposition quantique linéaire de ces deux états. Une mémoire à qu-bits diffère significativement d'une mémoire classique par le fait qu'un bit ne peut prendre que les valeurs 0 et 1, et une seule à la fois. Un qubit n'a pas cette restriction (www.future-sciences.com).

Jacques Samela

 

Sources :

. https://www.industrie-techno.com/article/calcul-quantique-pasqal-s-impose-dans-la-cour-des-grands-avec-ses-atomes-froids.63718

. https://www.usine-digitale.fr/article/pasqal-la-pepite-francaise-du-quantique-qui-seduit-industriels-et-instituts-de-recherche.N1096464

. https://www.frenchweb.fr/pasqal-fer-de-lance-de-la-france-dans-le-quantique/415261

. https://www.lanouvellerepublique.fr/economie/pasqal-leve-25-millions-d-euros-pour-s-affirmer-comme-un-leader-des-technologies-quantiques

. https://www.industrie-techno.com/article/atos-s-allie-avec-la-start-up-pasqal-pour-developper-un-accelerateur-quantique-a-50-qubits-d-ici-deux-ans.62574

. https://www.lefigaro.fr/societes/quantique-le-fonds-du-ministere-des-armees-investit-dans-la-start-up-pasqal-20210608

. https://www.industrie-techno.com/article/le-plan-quantique-francais-est-enfin-lance-tous-les-details-de-cette-strategie-a-1-8-milliard-d-euros-sur-5-ans.63594

 

A lire :

. https://forteza.fr/2020/01/09/quantique-le-virage-technologique-que-la-france-ne-ratera-pas-remise-de-mon-rapport-au-gouvernement-le-9-janvier-2020/

 

A découvrir :

. https://systematic-paris-region.org/cartographie-quantique-des-membres-systematic/

 

A écouter :

. https://podcasts-francais.fr/podcast/decode-quantum

Vu et lu dans Les Echos du 15/06/21

Vu et lu dans Les Echos du 15/06/21

Vu et lu dans Les Défis du CEA n° 242 de mars & avril 2021
Vu et lu dans Les Défis du CEA n° 242 de mars & avril 2021

Vu et lu dans Les Défis du CEA n° 242 de mars & avril 2021

Vu et lu dans Les Défis du CEA n° 243 de mai & juin 2021

Vu et lu dans Les Défis du CEA n° 243 de mai & juin 2021

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Qista, l’anti moustiques à la française

Publié le par Jacques SAMELA.

Qista, l’anti moustiques à la française
Qista, l’anti moustiques à la française

A vous qui comme moi êtes importunés chaque année par les hordes de moustiques, à la recherche de sang frais, oubliez insecticides, répulsifs, moustiquaires, citronnelle et tout autre remède plus ou moins efficace.

La réponse ultime semble être trouvée, et elle émane d’une entreprise française du nom de Techno-Bam (www.qista.com), dont le produit en question se nomme Qista.

Créée comme certains grands de l’informatique mondiale, dans un garage, l’idée d’origine a germée dans la tête des deux fondateurs que sont Pierre Bellagambi et Stéphane Vincent, qui, après la lecture d’un article d’un certain docteur Poulin, consacré aux zones humides et à leur démoustication, furent estomaqués par l’impact catastrophique des méthodes actuelles et courantes de lutte anti-moustique sur l’environnement, et la faune animale, qui, comme par exemple les hirondelles ou les libellules sont souvent des victimes collatérales de cette lutte acharnée.

Mais, tout en rappelant quand même que le moustique est l’espèce qui tue le plus d’humains chaque année, soit environ 750 000 morts (Fondation Bill Gates), et que la femelle d’un moustique tigre, l’ennemi actuel, est capable de pondre 200 œufs toutes les 48 heures.

Donc, après l’élaboration de premiers prototypes, d’essais permanents, puis fructueux, ils présentèrent le résultat de leurs recherches au Centre de recherche de la Tour du Valat (www.tourduvalat.org), et au Parc Naturel de Camargue (www.parc-camargue.fr), afin de tester cette fois-ci en situation leur borne, et trouver des partenaires dont les activités côtoient de près le sujet.

Le dépôt d’un brevet en 2014 enclenchera par la suite la création de la société, qui très rapidement, l’année suivante, installera 16 bornes dans le village du Sambuc en Camargue, devenant de fait le site du 1er essai grandeur nature. Le résultat en fut exceptionnel, avec une chute de 88 % de la nuisance habituelle des moustiques.

Mais au fait, et avant d’aller plus loin, comment fonctionne-t-elle réellement cette borne révolutionnaire ?

Assez simplement dirais-je, puisque la borne en question simule la respiration humaine en expirant du CO2 recyclé, tout en expulsant une odeur corporelle similaire à la nôtre, induisant donc une méprise de la part du moustique, qui, persuadé d’être en contact avec une personne respirant, s’approche donc de celle-ci, et, est tout simplement aspiré.

Vu et lu dans le JDD du 30/05/21

Vu et lu dans le JDD du 30/05/21

Alors, après l’utilisation plus que prometteuse dans la première ville test (voir plus haut), puisque grâce à l’utilisation des bornes, les cours de récréation des écoles de cette ville ont pu accueillir les enfants sans interruption, d’autres villes ont également souhaité s’équiper, en l’occurrence Marseille, afin de les installer aux abords de ses crèches, Bouc Bel Air pour ses écoles, Hyères, mais aussi La Nouvelle Calédonie, La Réunion et La Polynésie, sans oublier bien évidemment l’étranger, comme le Sénégal, où près d’une centaine de ces bornes ont déjà été installées, au Canada, où une borne a capté en l’espace de 24 heures 12 000 moustiques, un record, et ou encore aux Etats-Unis, où là, à la différence des collectivités, des gouvernements, voire des ONG, qui représentent aujourd’hui l’essentiel des clients, ce sont plutôt les particuliers qui représente la majorité des acquéreurs de ces bornes.

En tout, ce sont plus de 7 000 bornes qui sont déjà en action dans le monde, avec comme objectif, de s’ouvrir rapidement l’Asie, continent qui, avec l’Afrique, est certainement le plus touché par ce fléau.

Même si il est désormais clair qu’avec le réchauffement climatique en cours, c’est l’ensemble de la planète qu’il faudra certainement équiper, ce qui pour cette société augure de longues années de croissance, de développement, en France, un souhait des dirigeants, privilégiant justement comme au début de l’aventure l’innovation, ce qui par le passé, récent, lui a apporté divers prix comme le Med’Innovant en 2017, le World Efficiency en 2018, et la consécration, pour l’instant, avec 2 awards au CES de Las Vegas (http://competitiviteinfrance.overblog.com/2019/01/la-petite-histoire-du-ces.html), pour la connectivité et le monitoring en temps réel de leur borne anti-moustique.

Ce qui me fait revenir sur ce que je disais plus haut, comme quoi le principe de la borne était assez simple, je pensais bien évidemment à l’idée, non pas à la partie technique (pas la mienne de partie justement), certainement complexe à mettre en œuvre. Loin de moi l’idée de minimiser un travail manifestement bien réalisé, comme vous pouvez le lire ci-dessus.

Par-contre, vu que leur activité semble lancé pour plusieurs années, je serai tenté de leur demander un service, soit de réfléchir à un système similaire à celui-ci, mais cette fois-ci pour contrer l’avancé inexorable des frelons asiatiques en France.

Peut-être qu’ils y pensent déjà, je n’en sais rien, mais si ils lisent ce sujet, ils pourraient peut-être s’y pencher sérieusement, avec comme premiers supporters les apiculteurs, à la recherche d’une parade efficace, mais aussi les particuliers (voir plus haut), et bien sur les collectivités, où des pièges fleurissent déjà, sans pour autant connaître leur efficacité.

Donc Messieurs, l’idée est lancée, à vous de la prendre en compte, ou pas.

Et puis finalement, pourquoi ne pas réfléchir à d’autres nuisibles, de nombreux marchés en devenir n’attendent qu’à s’ouvrir, comme par exemple la problématique de la mineuse du marronnier (pour ceux qui comme moi ont connu les cours d’écoles avec ses marronniers, et donc joués avec les marrons, voir les feuilles séchées de nos marronniers aujourd’hui m’insupporte), ou encore celle des chenilles processionnaires, pour ne citer que ces quelques exemples, qui malheureusement s’allongent chaque jours.

Jacques Samela

 

Sources :

. https://qista.com/fr/a-propos

. https://www.ecologie.gouv.fr/qista-ou-comment-se-debarrasser-des-moustiques

. https://www.huffingtonpost.fr/entry/qista-la-borne-anti-moustique-qui-sexporte_fr_5f7607f8c5b6c35a64196dba

. https://www.challenges.fr/start-up/qista-la-start-up-serial-killer-de-moustiques_488148

. https://www.laprovence.com/article/economie/6190673/la-start-up-aixoise-qista-exporte-son-savoir-faire-en-afrique.html

. https://gomet.net/qista-leve-500-000e-accelerer-croissance/

 

 

 

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Ynsect, InnovaFeed, Tomojo, le trio de tête de la coléocuture

Publié le par Jacques SAMELA.

Ynsect, InnovaFeed, Tomojo, le trio de tête de la coléocuture
Ynsect, InnovaFeed, Tomojo, le trio de tête de la coléocuture

Je ne sais pas vous, mais moi, manger des insectes, à moins d’y être obligé cause famine exceptionnelle par exemple, il y aura du temps avant que je n’y consente.

Et pourtant, quand on y pense un moment, au de-là de la préservation de la planète, qui devient quand même chaque jour de plus en plus primordiale, avec la quasi obligation de nourrir l’ensemble de la planète dans les années à venir,  qui plus est quand nous aurons atteint le seuil tant redouté des 10 milliards d’individus, il va bien falloir trouver des solutions.

C’est certainement, et surement, une question d’habitudes, car ne mangeons-nous pas des crevettes, qui ressemblent à s’y méprendre à des crickets, des escargots, des huitres, et j’en passe ?

L’Asie (du sud-est surtout ?) semble il est vrai être précurseur en la matière, et je me souviens de reportages sur les tribus d’Amazonie, se délectant de gros vers blancs, mais bon.

Mais bien évidemment cela ne concerne que moi, car d’autres, et notamment en France, se sont décidés eux à miser sur ce qui semble être l’or de demain, censé répondre à l’augmentation (+ 70 %) de la production alimentaire globale pour faire face aux besoins de la population mondiale, humaine bien évidemment, mais aussi animale, car les animaux d’élevage consomment déjà aujourd’hui 20 % des protéines mondiales.

Alors, qui sont donc ces acteurs, français je me répète, et qui semblent prendre une longueur d’avance sur leurs principaux concurrents ?

Le premier, par ordre de création j’entends, jamais de favoritisme dans mes sujets, s’appelle donc Ynsect (www.ynsect.com), et il a été créé en 2011 par 4 personnes d’horizons divers (Antoine Hubert, Jean-Gabriel Levon, Fabrice Berro, Alexis Angot), mais avec la même envie, nourrir la population mondiale, préserver les ressources et la diversité, et lutter contre le réchauffement climatique grâce à l’élevage et à la transformation des insectes.

Et quelle réussite, car 10 ans après sa création, et sa dernière levée de fonds en octobre dernier, lui permettant d’atteindre en tout et pour tout plus de 300 millions d’Euros d’apport global, un record mondial dans le secteur agricole, surtout pour une société non américaine, lui donnera l’occasion de concrétiser son grand projet, soit la construction de la plus grande ferme verticale du monde, du côté d’Amiens dans les Hauts de France, appelée une « fermilière », car rappelant à ses instigateurs la structure d’une fourmilière, avec ses réseaux de tunnels superposés les uns sur les autres de manière justement verticale.

Mais là, ce ne seront pas des fourmis, mais les larves des deux espèces phares de leur projet initial que sont le Tenebrio molitor, et l’Alphitobius diaperinus, plus communément connu sous l’appellation vers de farine. Ce qui, vous le verrez par la suite, ne sera pas forcement le même choix chez les deux autres protagonistes du sujet.

Donc, concernant Ynsect, le choix s’est donc porté sur ce ver de farine, qui est vous ne le savez peut-être pas, le rejeton du scarabée, considéré comme le nec plus ultra pour répondre aux challenges alimentaires de demain.

Déjà utilisé dans l’alimentation des animaux domestiques, les zoos, ou encore la pisciculture, il est composé à plus de 70 % de protéines de haute qualité, mais surtout, il possède des nutriments essentiels à la santé animale donc, mais aussi humaine, car il contient des acides gras polyinsaturés Oméga 6 et des vitamines.

Il peut même être utilisé comme fertilisant, appelé « le Frass », pour les plantes et les cultures, assurant un rendement supérieur de 35 %.

Mais pour revenir à son utilisation dans l’alimentation humaine, il faut savoir que le produit fini, sous forme de farine, pouvant être utilisé comme ingrédients protéinés dans les pâtes, le pain, les biscuits, hautement digestible, et manifestement anti cholestérol,  vient de recevoir l’avis favorable de l’Autorité européenne de la sécurité européenne (EFSA) en janvier dernier, ultime verrou peut-être à la pérennisation de la coléoculture dans l’agriculture de demain, nom donné à cette nouvelle activité.

Activité qui s’européanise déjà avec le rachat ce mois-ci du Néerlandais protifarm, lui assurant dès à présent un  site de production, mais aussi 37 brevets, avant certainement le grand saut par de-là l’Atlantique, où soit dit en passant, l‘acteur Robert Downey Jr, celui d’Iron Man, a récemment fait l’éloge de leurs produits durant l’émission du Late Show. Belle entrée en matière sur le sol américain.

Vu et lu dans Les Echos du 07/10/20
Vu et lu dans Les Echos du 07/10/20

Vu et lu dans Les Echos du 07/10/20

Sol américain que la société InnovaFeed (www.innovafeed.com), le deuxième protagoniste de ce sujet convoite également, avec pour lui un contrat de commercialisation déjà acté avec le groupe cargill (www.cargill.fr), afin de proposer des protéines d’insectes pour le domaine de l’aquaculture, mais aussi, et ce après avoir effectué lui aussi une levée de fonds importante en novembre dernier, de 140 millions d’Euros, soit un mois après celle d’Ynsect, la possibilité d’envisager la construction d’une usine aux Etats-Unis, à Decatur (Illinois) plus précisément, au siège même du groupe américain, géant de l’agroalimentaire, ADM (Archer-Daniels-Midland Company), lieu du plus gros site de transformation de maïs au monde, avec qui un partenariat a été signé, afin d’y produire 60 000 tonnes de protéines d’insectes, soit quatre fois celle de l’usine de Nesle, également dans les Hauts de France, qui ne produit aujourd’hui que 15 000 tonnes.

Créé en 2016, dans une salle de bain, selon la légende écrite par Clément Ray, l’un des fondateurs et actuel président, sa première usine est montée à Gouzeaucourt, également dans les hauts de France, devenant l’air de rien un fief de cette industrie du futur, où, grâce à l’Hermetia Illucens, ou plus précisément la mouche soldat noire, je vous l’avez dit, chacun sa petite bête, elle put rapidement élaborer ces produits phares que sont bien évidemment la farine de protéine, vendue notamment à la filière d’élevage de poisson,  notamment en collaboration avec le groupe Auchan, de l’huile, pour les volailles et les porcins, ainsi que des engrais produits avec les résidus de production.

Et comme il va bénéficier du Plan de Relance à hauteur de 4,5 millions d’Euros, InnovaFeed va pouvoir réorienter sa production, en la généralisant à l’usine de Nesle, transformant en cela le site historique de Gouzeaucourt en laboratoire à idées, avant de s’attaquer à d’autres marchés porteurs dans les années à venir, comme par exemple l’Asie du sud-est, continent il est vrai où l’utilisation des insectes et autres petites bêtes est vraiment plus avancé que chez nous. De bien belles perspectives.

Egalement pour le 3ème protagoniste de ce sujet, la société Tomojo (www.tomojo.co), créée elle en 2017 par deux amies d’enfance que sont Madeleine Morley et Paola Teulières, et qui également a effectué une levée de fonds en octobre dernier de 500 000 Euros, bien moindre il est vrai que ces deux autres congénères, mais qui, au regard de son nombre d’années d’existence n’est pas si mal.

Quoique cette jeunesse ne l’a en rien empêché de connaître le succès rapidement, en effet, ses croquettes pour chiens et chats, c’est sa particularité, pour l’instant, se vendent déjà très bien à l’étranger, de la Corée du sud en passant par l’Afrique du sud, l’Allemagne, l’Espagne, ou encore les Emirats Arabes Unis, augmentant significativement sa production, en passant de 10 tonnes en 2019 à plus de 50 tonnes en 2020, avec comme objectif cette année d’atteindre les 300 tonnes.

Chiffre que ne devrait pas mécontenter son partenaire industriel, Sauvale Production (www.sauvaleproduction.com), spécialiste de la fabrication d’alimentation animale, et en charge de la transformation de l’ensemble des ingrédients de ses croquettes, soit 80 % de mouches soldats noirs, 20 % de Tenebrio molitor (rappelez-vous), complétées par des protéines végétales.

Surtout qu’au regard de ce marché, dont l’industrie réaliserait en France 1,6 milliards d’Euros de chiffre d’affaires, avec à nourrir plus de 20 millions d’animaux, ingurgitant près de 400 000 tonnes de sous-produits de viande par an, il est fort à parier qu’une place est à prendre. Ce qui je crois ne manqueront pas de vouloir faire les jeunes créatrices.

Vu et lu dans Les Echos du 19/02/21

Vu et lu dans Les Echos du 19/02/21

Bon, je ne sais pas vous, mais même après la rédaction de ce sujet, je suis encore réticent à tester ces produits, même si cela est du « Fabriqué en France ». Par-contre, que les leaders de ce marché colossal en devenir soient justement français, cela me plait bien plus.

Donc qu’ils continuent sur leur lancée, leur avenir semble tout tracé, car l’alimentation de l’humanité toute entière est déjà en jeu.

Jacques Samela

 

Sources :

. https://fr.wikipedia.org/wiki/%C5%B8nsect

. https://www.alliancy.fr/antoine-hubert-ynsect-industriels-impliquer-deeptech-francaise?utm_source=Email&utm_medium=Newsletter&utm_campaign=NewsletterAlliancy&utm_content=20210415

. https://www.usine-digitale.fr/article/foodtech-ynsect-avale-le-neerlandais-protifarm-pour-conquerir-le-marche-de-l-alimentation-humaine.N1083339

.  https://www.frenchweb.fr/proteines-dinsectes-innovafeed-recolte-140-millions-deuros-aupres-de-temasek-et-creadev/410099?utm_source=FRENCHWEB+COMPLETE&utm_campaign=8bb116c7ab-EMAIL_CAMPAIGN_2019_07_16_AM_COPY_01&utm_medium=email&utm_term=0_4eb3a644bc-8bb116c7ab-106733281

. https://www.lesechos.fr/pme-regions/hauts-de-france/innovafeed-le-specialiste-des-proteines-dinsectes-leve-140-millions-deuros-1266451

. https://www.economiecirculaire.org/data/sources/users/3047/innovafeed-en-bref.pdf

. https://www.lobservateur.fr/cambresis/2021/03/25/gouzeaucourt-lentreprise-innovafeed-prend-son-envol/

. https://www.usinenouvelle.com/article/made-in-france-tomojo-veut-imposer-les-insectes-dans-les-croquettes-de-vos-chiens-et-chats.N1017504

. https://bpifrance-creation.fr/entrepreneur/temoignage-invite/tomojo-croquettes-aux-insectes-chiens-chats

. https://www.lesechos.fr/industrie-services/conso-distribution/comment-la-france-est-devenue-pionniere-dans-lelevage-dinsectes-1163807

 

A lire :

. https://tastefranceforbusiness.com/fr/proteines-dinsectes-les-start-up-francaises-veulent-nourrir-le-monde/

Publié dans L'entreprise du mois

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Rivierre : Rester dans les clous

Publié le par Jacques SAMELA.

Rivierre : Rester dans les clous
Rivierre : Rester dans les clous

Elle n’a pas levée des millions d’Euros, elle n’est pas ce que l’on peut considérer une start-up, elle ne fait pas partie des secteurs dits d’avenir, et pourtant, elle s’impose dans le monde entier depuis des décennies, et nous croisons ses produits chaque jour, mais de quoi, de qui parle-t-on ?

Eh bien de la clouterie Rivierre (www.clous-rivierre.fr), fondée en 1888 à Creil dans les Hauts de France par Théodore Rivierre, vendéen de naissance, qui après avoir obtenu un brevet pour une nouvelle technique de fabrication des clous à partir de fils de métal, élaborée avec l’aide d’un pointier (fabricant de pointes) du nom de Oscar Watteuw,  décida donc de s’installer dans cette ville fortement industrialisée, à même d’y trouver une main d’œuvre qualifiée, mais aussi une gare ferroviaire de premier ordre en termes de transport de marchandises, pouvant répondre aux commandes pressenties et souhaitées par son créateur.

Et réalisées, car son savoir-faire fut rapidement reconnu, notamment sur le marché dit des semences (petits clous pyramidaux), utilisés en cordonnerie et en tapisserie, et dont les catalogues de l’ensemble de sa production, se retrouvèrent également de l’autre côté de l’Atlantique.

Malheureusement, cette course vers la consécration s’arrêta quelques années plus tard, avec le décès de son créateur en 1900, à l’âge de 44 ans, laissant en cela son entreprise orpheline.

Vu et lu sur www.imagedubeaumonde.com

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Malheureusement, cette course vers la consécration s’arrêta quelques années plus tard, avec le décès de son créateur en 1900, à l’âge de 44 ans, laissant en cela son entreprise orpheline.

Mais heureusement pas pour longtemps, car sa femme, Marie Rivierre, âgée de 25 ans seulement, décida de remplacer son défunt mari, ce qui à l’époque n’était pas commun, en prenant les rênes de l’entreprise, lui donnant une impulsion telle, que durant 35 ans, de nouveaux brevets furent déposés, son succès international ne se démentira pas, et qu’à l’orée de la 1ère guerre mondiale, à laquelle elle participera (l’entreprise), indirectement, en fabriquant justement des semences pour l’armée, son usine comptera près de 400 ouvriers, à la manœuvre pour utiliser plus de 1 000 machines à clous.

Par la suite, et avant de quitter définitivement l’entreprise en 1935 au profit de la société des Forges et Aciéries de Commercy, fournissant près de 85 % du marché français de la semence,  elle se diversifiera en 1922, en rajoutant à son site de production une tréfilerie, se lancera dans la production de clous avec des chevilles en laiton et en acier, devenant par la suite une société anonyme en 1925 sous l’appellation « La Société des Etablissements Théodore Rivierre ».

Cependant, ce passage de témoin ne sera pas de tout repos, puisque durant la 2ème guerre mondiale, le site de l’usine, proche de la gare ferroviaire de la ville de Creil, sera fortement endommagé par les bombardements successifs, mais aussi, débuta un long déclin de l’activité, conséquence de la concurrence et de l’utilisation de plus en plus souvent de colles en cordonnerie, et d’agrafes en tapisserie.

Mais, après avoir quitté le giron de son propriétaire (voir plus haut) en 1989, et être racheté en 2006 par son directeur, l’entreprise, toujours installée sur son site d’origine (voir plus haut), est plus que jamais axé sur son domaine de prédilection, proposant encore aujourd’hui à son catalogue plus de 2 800 clous différents, élaborés sur les mêmes métiers (plus de 300) construits par les ouvriers à la fin du XIXème siècle et au début du XXème, adaptés désormais avec les moyens technologiques actuels, lui permettant de produire à des cadences aussi rapide que ses principaux concurrents, venant vous l’imaginez bien, de Chine, en capacité, on le sait bien, de produire en très grand nombre.

Vu et lu dans Vivre Montataire 2014

Vu et lu dans Vivre Montataire 2014

Et l’attribution en 2007 du label national « Entreprise du patrimoine vivant », lui apportera une reconnaissance plus que mérité  à ce savoir-faire désormais unique en France, mais à même de répondre à des exigences du monde d’aujourd’hui, ainsi qu’aux attentes de ses clients, fidèles, avec la particularité par exemple de reproduire à l’identique des modèles plus qu’anciens, comme pour la restauration du fort Vauban de la ville de Besançon, à la recherche de clous similaires à ceux utilisés durant sa construction, en 1680.

Par-contre, si après ce sujet, vous souhaitez vous procurer pour votre usage personnel divers modèles de ces clous, il faut savoir qu’ils ne sont pas vendus dans les magasins de bricolage, mais essentiellement aux professionnels, spécialisés, vous le savez à présent dans la tapisserie, la décoration ou la cordonnerie, mais aussi dans la construction d’engins de chantier, de maquettes ferroviaires, d’instruments de musique, la maroquinerie, la coutellerie, ou encore dans les éléments réfrigérants, fervents utilisateurs des carvelles, bossettes, goujons, rivets, pointes en maillechort ou laiton,  et autres clous annelés, modèles incontestés* de ce fabriqué en France plus que centenaire, qui soit dit en passant, est visible chaque année durant les « Journées européennes du patrimoine ».

* https://www.clous.eu/Vocabulaire/

 Jacques Samela

 

Sources :

. www.clous-rivierre.com/histoire-usine/

. Wikipedia

. www.picardiegazette.fr/article/clouterie-rivierre-la-derniere-clouterie-de-france

Vu sur www.imagedubeaumonde.com

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