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Le Mobilier National, au service des ors de la République

Publié le par Jacques SAMELA.

Le Mobilier National, au service des ors de la République
Le Mobilier National, au service des ors de la République

Les Journées Européennes du Patrimoine (www.journeesdupatrimoine.culture.gouv.fr) approchent (18 & 19 septembre 2021), avec son lot de lieux divers et variés à découvrir. Et si cette année, votre désir est de trouver l’originalité, voire la visite d’un lieu unique au monde, je vous conseille celui que l’on appelle aujourd’hui  le Mobilier National (www.mobiliernational.culture.gouv.fr) ?

Le quoi ? Mais qu’est-ce donc, un nouveau magasin de déco ?

Eh bien non, il s’agit en fait de ce qui fut un temps le Garde-Meuble de la Couronne française, créé en 1604 par le roi Henri IV, afin de pourvoir en meubles et tapisseries les différentes résidences royales éparpillées au sein du royaume de France de l’époque. Lui-même remplaça ce qui était appelé encore auparavant l’intendance royale.

Vu dans Art & Décoration n° 556 de janvier / février 2021
Vu dans Art & Décoration n° 556 de janvier / février 2021

Vu dans Art & Décoration n° 556 de janvier / février 2021

Réorganisé en 1663 par Colbert (1619-1683), durant le règne du roi Louis XIV, installé en 1772 à l’hôtel de la Marine, récemment rénové et ouvert désormais au public, il fut pillé et supprimé pendant la Révolution, appelé Mobilier Impérial sous Napoléon 1er, tout en devenant au fil du temps et des régimes, une institution unique tant en France qu’à l’étranger, avec comme missions, d’assurer la conservation, la restauration et l’enrichissement de ses collections, ce qui représente aujourd’hui encore, plus de 130 000 pièces, objets mobiliers ou textiles, de perpétuer et de transmettre des techniques traditionnelles des métiers d’arts, de mener des recherches afin de mettre au point de nouvelles techniques, tout en y assurant une formation dans l’ensemble des spécialités représentées, et de créer aussi des œuvres d’arts textiles (tapis, tapisseries, dentelles, broderies), du mobilier contemporain, mis en valeur par la suite dans le cadre de présentations, expositions, prêts, catalogues ou publications de toutes sortes.

Et ce sans oublier bien évidemment ce pour quoi cette institution a été pensée, créée, soit l’ameublement des hauts lieux de pouvoir ou de représentations de la République aujourd’hui, du royaume hier, comme les ministères, les préfectures, les ambassades, ainsi que les 650 autres lieux de l’Etat, dont sont inclues bien évidemment les diverses résidences présidentielles.

Donc, pour ceux qui seraient vraiment intéressé de s’y rendre, sachez que le site actuel se situe au 42 avenue des Gobelins, à Paris, et ce depuis 1662. Par-contre, le bâtiment d’origine lui n’est plus, puisqu’il a été remplacé par un édifice créé pour l’occasion en 1937 (https://paris-promeneurs.com/le-mobilier-national/), par l’architecte de renom Auguste Perret (1874 - 1954), considéré comme l’un des pionniers du béton armé en France, et connu pour son œuvre phare, la reconstruction du centre-ville de la ville du Havre, inscrit au Patrimoine Mondial de l’UNESCO (https://www.seine-maritime-tourisme.com/fr/je-decouvre/10-lieux-incontournables/le-havre/architecture-perret-le-havre.php).

Vu dans Art & Décoration n° 556 de janvier / février 2021
Vu dans Art & Décoration n° 556 de janvier / février 2021

Vu dans Art & Décoration n° 556 de janvier / février 2021

Vu dans Art & Décoration n° 556 de janvier / février 2021
Vu dans Art & Décoration n° 556 de janvier / février 2021

Vu dans Art & Décoration n° 556 de janvier / février 2021

S’y trouvent donc entreposés divers objets, en attente de placement, mais aussi un ensemble d’ateliers de restauration, sept en tout, dont celui créé en 1964 à l’initiative du ministre de la culture de l’époque, André Malraux (1901 – 1976), connu sous l’appellation « ARC » pour Atelier de recherche et de création, avec comme objectif de promouvoir la création du design contemporain dans les bâtiments officiels, hôpitaux, maisons de la culture, logements, centres de vacances, ou encore prisons (aussi), soit la création de plus de 600 prototypes d’une centaine de designers durant plus de 50 ans d’activités. Roger Tallon (http://competitiviteinfrance.overblog.com/2016/11/roger-tallon-en-voiture-simone.html), Andrée Putman, ou encore Matali Crasset, créatrice du bureau de la première dame actuelle, Madame Macron, en sont d’illustres exemples.

Vus et lus dans Le Journal du Dimanche du 21/02/21, et Le Parisien Weekend n° 23846 du 30/04/21
Vus et lus dans Le Journal du Dimanche du 21/02/21, et Le Parisien Weekend n° 23846 du 30/04/21
Vus et lus dans Le Journal du Dimanche du 21/02/21, et Le Parisien Weekend n° 23846 du 30/04/21
Vus et lus dans Le Journal du Dimanche du 21/02/21, et Le Parisien Weekend n° 23846 du 30/04/21

Vus et lus dans Le Journal du Dimanche du 21/02/21, et Le Parisien Weekend n° 23846 du 30/04/21

Cependant, s’estimant quelque peu éloignée de son écosystème, en l’occurrence l’ensemble de ce que l’on nomme les métiers d’art, c’est « grâce » au 1er confinement, qu’elle s’est finalement attelée à reprendre contact, en lançant tout d’abord une campagne de restauration de 150 000 Euros pour des pièces de la collection des années 30 à 50, la relance de la production française de laine auprès d’une entité appelée Collectif Tricolor (www.collectiftricolor.org), dont font partie le groupe de luxe LVMH, Le Slip Français, ou encore la société Saint James, avec comme objectif d’ici 2024 d’accroître de 4 % à 24 % la part de la laine « Fabriqué en France », ce qui au vu du nombre de moutons élevés dans l’hexagone, 7 millions, est loin d’être irréalisable, ensuite un partenariat avec les PME d’Aubusson, reconnu mondialement, permettant en cela la préservation de 120 emplois, et aussi la commande exceptionnelle d’un montant de 250 000 Euros, passée auprès de designers contemporains, d’éditeurs et de galeries françaises, privilégiant en cela les jeunes créateurs, car selon elle, les plus impactés par la crise sanitaire à la sortie de leurs écoles respectives. L’idée serait même de réitérer l’opération cette année et l’année prochaine.

Vu et lu dans Les Echos du 15/12/20

Vu et lu dans Les Echos du 15/12/20

Ce qui finalement, dans le cadre du plan de relance du ministère de la Culture, représentera une manne financière non négligeable d’un million d’Euros, permettant aux 500 partenaires identifiés, parmi les PME, ateliers, artisans, éditeurs, designers, architectes d’intérieur du secteur, d’être accompagnés, tout en apportant un continuum dans son activité et ses missions, que vous connaissez à présent, ainsi qu’une créativité nouvelle, garante d’un renouvellement précieux pour ce trésor national durant les prochaines décennies.

Alors, convaincus ? Si oui, excellente visite.

Jacques Samela

 

Sources :

. www.mobiliernational.culture.gouv.fr

. Le Journal du Dimanche du 21/02/21

. Arts & Décoration n° 556 de janvier/février 2021 

. https://www.lesechos.fr/industrie-services/services-conseils/le-mobilier-national-acteur-de-la-relance-des-metiers-dart-1273545

A voir :

. https://www.hotel-de-la-marine.paris/L-Hotel-de-la-Marine/Le-Garde-Meuble-de-la-Couronne/garde-meuble-couronne

. http://www.mobiliernational.culture.gouv.fr/fr/expositions-et-evenements/palais-disparus-de-napoleon

 

 

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Industrie & Territoires : le renouveau du Pastel français

Publié le par Jacques SAMELA.

Industrie & Territoires : le renouveau du Pastel français
Industrie & Territoires : le renouveau du Pastel français

Ayant passé la dernière partie de mes vacances dans la ville d’Albi en Occitanie, cité dite épiscopale où trône fièrement la cathédrale Sainte Cécile, inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, mais aussi et surtout (pour les amateurs), berceau du célèbre peintre Henri de Toulouse-Lautrec (1864-1901), son musée vous y attends, j’ai découvert avec curiosité et intérêt la renaissance d’un produit naturel de ce territoire chargé d’histoires, le pastel, de son nom scientifique Isatis Tinctoria.

Albi Tourisme
Albi Tourisme
Albi Tourisme
Albi Tourisme

Albi Tourisme

Terre de Pastel

Terre de Pastel

Renaissance en effet, car après avoir fait la fortune et la renommée de véritables dynasties dites pastellières entre le XVème siècle et le XVII siècle dans le Lauragais et l’Albigeois, le pastel a vu progressivement sa production diminuer, voire disparaître, due notamment aux guerres de religion ravageant le royaume de France de l’époque (https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerres_de_Religion_(France)), mais aussi en raison de la concurrence de l’indigo, originaire de l’Inde, pourtant bien loin, mais possédant manifestement des propriétés tinctoriales plus puissantes, moins long à travailler, et par-dessus le marché, bien moins cher.

Et donc, depuis quelques années, grâce à des passionnés, du produit bien sûr, mais aussi de leur territoire, le pastel retrouve petit à petit une visibilité, une production, raisonnée, répondant en cela par ce désir de plus en plus fort de chacun de nous d’utiliser des produits naturels, fabriqués en France qui plus est, et surtout dans ce triangle d’or historique situé entre les villes d’Albi, Toulouse et Carcassonne, soit finalement un vrai retour aux sources.

Le Parisien Weekend du 28/06/19
Le Parisien Weekend du 28/06/19
Le Parisien Weekend du 28/06/19

Le Parisien Weekend du 28/06/19

Comme celui de sa fabrication également, celle qui, d’une plante aux fleurs jaunes (eh oui), similaire à vue de nez et pour les novices (que je suis) au colza, bisannuelle, ayant plusieurs pousses dans la saison, pouvant aller jusqu’à 5 récoltes entre le mois de juin et le mois d’août, et dont il faut une tonne de matière pour obtenir 1 kg de pigment, et qui, après leur récolte, les fleurs sont donc séchées, broyées, façonnées en une pate dont la fermentation dure pendant près de quatre semaines, avant d’être pétrie et formée en une boule que l’on nomme cocagne*, origine de l’appellation « pays de Cocagne », et qui par la suite, sera mise à sécher, avant d’être à nouveau émiettée, pétrie, remise en tas, arrosée, retournée régulièrement afin d’assurer une seconde fermentation, pour au final obtenir ce que l’on appelle l’agranat, soit la matière utilisée par les teinturiers pour parfaire les différentes étoffes à leur disposition, afin de réaliser chemises, écharpes, pelotes de laine, sacs, et j’en passe, car le choix est vaste et très ouvert.

Le Petit Espanté / Tarn Tourisme
Le Petit Espanté / Tarn Tourisme

Le Petit Espanté / Tarn Tourisme

Terre de Pastel

Terre de Pastel

Et justement, avant de vous rendre en nombre dans les magasins dédiés, sachez également que dès l’origine de son utilisation, soit depuis l’antiquité, où elle était connue sous l’appellation « isado », ce qui en grec (ancien ?) signifiait « guérir, soigner », cette plante était donc très apprécié pour ses vertus dermatologiques et notamment cicatrisantes, due à l’huile de pastel issue elle de ses graines, pressées à froid.

D’où sa présence par la suite dans les dits jardins des Simples** ou jardins médiévaux, développés au Moyen-Âge dans les abbayes ou les monastères à des fins médicales,  bénéficiant par la suite d’une inscription à la pharmacopée française, signe de qualités curatives reconnues et plus qu’appréciées.

Qualités que l’on retrouve justement à nouveau aujourd’hui auprès de ces nouveaux créateurs, avec la mise sur le marché de divers produits cosmétiques, associant les plaisirs et les principes de beauté aux bienfaits de bien-être et de santé, dans un esprit et une démarche équitable et écologique bien évidente.

Ce qui en soit ne peut qu’interpeller favorablement l’ensemble de la « communauté » des producteurs, ennoblisseurs textile au pastel ou en teinture naturelle, maîtres teinturiers, artisans d’arts, créateurs-designers, voire chercheurs et des scientifiques en quête permanente de nouveaux procédés d’extraction, de production et de teinture, appuyé en cela par le comité du Patrimoine ethnologique et immatériel du Ministère de la Culture, qui, après une candidature portée conjointement par la Chambre des métiers et de l’artisanat d’Occitanie et de La région, vient d’inscrire (juin 2021) à l’inventaire national du patrimoine culturel immatériel français les différents savoir-faire liés à l’exploitation et à l’utilisation du pastel, permettant à l’ensemble des intervenants d’utiliser désormais le logo, de plus en plus prisé, intitulé « Patrimoine culturel immatériel de la France ».

Bon, je ne sais si après ce sujet vous allez effectivement vous empresser de vous rendre en boutiques ou sur internet, afin de vous rendre acquéreurs d’un produit de votre choix, sachez que pour ma part, après mon passage dans l’une des deux boutiques (en fait les deux) de la ville d’Albi, j’ai acheté deux produits que j’utilise à présent, et que si vous voulez avoir de plus amples informations sur son histoire, et que vous êtes sur Toulouse, vous pouvez toujours aller visiter le musée dédié, dont l’appellation « Muséum du Pastel » résume bien le sujet, mais aussi le château de Magrin, situé lui dans le Tarn, entre les villes de Lavaur et de Puylaurens.

* http://www.lauragais-patrimoine.fr/PATRIMOINE/PASTEL/PASTEL01.htm 

** https://jardinage.lemonde.fr/dossier-3962-jardin-simples.html 

 

Jacques Samela

 

Sources :

. www.grainedepastel.com

. www.bleudecocagne.fr

. https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/tarn-le-pastel-symbole-d-un-savoir-faire-occitan-est-desormais-inscrit-au-patrimoine-culturel-immateriel-francais-2210485.html

. https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/tarn/le-pastel-de-retour-au-pays-de-cocagne-1025865.html

. Le Petit Espanté n° 4 / www.tourisme-tarn.com

 

A visiter :

. www.pastel-chateau-musee.com

. www.terredepastel.com

 

A lire :

. https://livre.fnac.com/a9849852/Chantal-Armagnac-Le-pastel-en-Pays-de-Cocagne

Muséum du Pastel - Terre de Pastel
Muséum du Pastel - Terre de Pastel
Muséum du Pastel - Terre de Pastel

Muséum du Pastel - Terre de Pastel

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Le Nouvel Espace à la française

Publié le par Jacques SAMELA.

Le Nouvel Espace à la française
Le Nouvel Espace à la française

En ce mois de juin 2021, aurait dû se dérouler la 54ème édition du salon aéronautique international du Bourget. Seulement voilà, en raison de la crise sanitaire, toujours en cours, il a été décidé de la reporter en juin 2023.

Et pourtant, les secteurs de l’aéronautique et de l’espace sont en pleine ébullitions.

En effet, d’un côté, l’aéronautique civile qui panse ses plaies tout en se projetant vers l’avenir en imaginant de nouveaux procédés pour répondre au trafic de demain, et de l’autre, l’espace, ou plutôt ce que l’on appelle aujourd’hui le New Space, de plus en plus remodelé, notamment par l’arrivée d’acteurs privés, obligeant les acteurs historiques à se remettre en question, afin de ne pas se faire distancer, voir tout bonnement disparaitre à leurs profits.

La NASA l’a par exemple très bien compris, puisqu’elle utilise désormais les fusées Space X, toutes droites sorties de la tête d’Elon Musk, le monsieur Tesla, gage de moyens financiers presque sans fin, ce qu’elle ne peut plus faire aujourd’hui, mais apportant par-contre son savoir-faire et son expérience incontournable dans l’élaboration de programmes spatiaux dignes de ce nom.

A l’échelle de l’Europe, pas encore d’acteurs privés capables d’élaborer des lanceurs à forts rendements, et donc de concurrencer Arianespace, mais par-contre, et notamment en France, de nouveaux acteurs, pour la plupart start-up, pourvoyeurs d’innovations disruptives, et en quête de marchés plus que prometteurs, arrivent sur le devant de la scène.

Vu et lu dans Challenges n° 693 du 08/04/21

Vu et lu dans Challenges n° 693 du 08/04/21

En voici donc mon podium personnel, avec tout d’abord celui qui semble être le leader toute catégorie de l’activité, Kinéis (www.kineis.com), opérateur de nano-satellites pour l’IoT, ou de connectivité globale dédié à l’internet des objets comme aiment le préciser les dirigeants, basé à Toulouse, et dont la création, effective en 2018, a hérité de 40 ans d’expertises du Centre national d’études spatiales (CNES), et de la société CLS (Collecte Localisation Satellites) sur le système Argos (www.argos-system.org).

Ayant effectué une levée de fonds de 100 millions d’Euros en 2020, historique pour l’activité en France, et avec laquelle il compte lancer l’année prochaine une constellation 100 % française de 25 satellites entièrement dédiée aux objets connectés, il vient d’intégrer récemment le Next40 (www.lafrenchtech.com), représentant une sélection des 40 startups françaises ayant le potentiel pour devenir des leaders technologiques mondiaux, garant selon son président, Alain Tisserant, d’une visibilité incomparable en France, mais surtout à l’étranger, rappelant qu’à terme, les trois-quarts de leurs activités se feront en dehors de l’Europe.

Mais aujourd’hui, et donc dans l’attente de cette montée en puissance, leurs satellites déjà en action servent à des usages scientifiques et environnementaux comme le suivi d’animaux sauvages, de troupeaux ou de bétails sur de très grandes zones (Australie, Amérique du sud), mais également au monitorage des sols, à la surveillance des réseaux d’infrastructures, ou encore au suivi des conteneurs et à la surveillance des bateaux (Afrique de l’Ouest, l’Asie).

Cependant, dans l’attente de ce qui serait une première pour un acteur français (voir plus haut), dont des contrats ont déjà été signés en 2019 avec des leaders du secteur de l’IoT comme Bouygues Telecom et la Wize Alliance (Suez, GRDF, SagemCom), d’autres programmes sont en cours de finalisation pour les prochains mois, soit la livraison du premier modèle d’une série de station-sol, destinée à être disposée tout autour de la planète afin de recevoir les signaux de leurs satellites, ou encore le lancement d’une balise individuelle équipée d’un système « Search & Rescue », intégrant le système mondial d’alerte Cospas-Sarsat (1500 vies sauvés chaque année), destinée à la localisation des sinistres, voire à celle de sportifs en montagne ou dans le désert.

Mais pour revenir à ce lancement de 25 nano satellites, une question reste encore en suspens, soit, où trouver un ou des lanceurs adaptés, capable de répondre à la complexité nouvelle qui est celle d’envoyer des satellites de plus en plus petits, alors qu’habituellement, ils pèsent entre 150 kg et bien plus. Espérons juste que cette réponse sera trouvée en Europe, avec Arianespace, en attente de son prochain lanceur, Ariane VI

Par-contre, cette problématique, le suivant ne se la pose pas directement, car son activité elle, consiste à développer des systèmes de propulsion électriques pour petits satellites, destinés à y optimiser leur orbite, à leur éviter toute collisions, et à leur permettre un retour sur terre pour ceux, qui en fin de vie, pollueraient fatalement l’espace, ce qui est déjà pas mal le cas.

Vu et lu dans l'usine Nouvelle n° 3646 du 13/02/20, et Kinéis (Plaquette)
Vu et lu dans l'usine Nouvelle n° 3646 du 13/02/20, et Kinéis (Plaquette)
Vu et lu dans l'usine Nouvelle n° 3646 du 13/02/20, et Kinéis (Plaquette)

Vu et lu dans l'usine Nouvelle n° 3646 du 13/02/20, et Kinéis (Plaquette)

Vus et lus dans Les echos du 08/01/21 et du 26/02/21
Vus et lus dans Les echos du 08/01/21 et du 26/02/21

Vus et lus dans Les echos du 08/01/21 et du 26/02/21

 

Donc, cette société, dont je n’ai pas encore donné le nom, s’appelle Exotrail (www.exotrail.com), et elle a été créée en 2017 par des anciens de Polytechnique et du CNRS.

Basée à Toulouse, ainsi qu’à Massy, site inauguré en 2019 en présence de la secrétaire d’Etat à l’Economie Agnès Pannier-Runacher, elle non plus n’a pas attendue longtemps pour faire sa place dans ce nouveau monde, avec sur l’année 2020, des levées de fonds de près de 20 millions d’Euros, suivies de premiers contrats prometteurs, notamment avec la société anglo-suédoise AAC Clyde Space, considérée comme l’un des principaux fournisseurs européens de nano satellites, mais aussi avec les principales agences spatiales françaises et européennes que sont le CNES et l’ESA, et le Commandement de l’espace français.

Succès non démentis encore aujourd’hui, avec en décembre dernier, à plusieurs milliers de km de la terre, la réussite de la mission de son nouveau propulseur électrique appelé EXOMG tm, élaboré en à peine dix mois, s’allumant et poussant dans l’espace un petit satellite d’à peine 8 kg, une première mondiale.

D’autres existent déjà, comme le propulseur EXO MG Nano, dédié aux satellites de 10 à 20 kg, et l’EXO MG Micro, dédié lui aux satellites pouvant aller jusqu’à 100 kg.

Mais comme l’idée n’est manifestement pas de se cloisonner à une seule activité, avec comme souhait également de se démarquer de ses principaux concurrents (Comat, ThrustMe, Enpulsin), elle élabore également des logiciels de commande à distance et de navigation des satellites, tout en planchant sur un modèle de véhicule de transport orbital, pouvant héberger des nano satellites ou des micro satellites, afin de les transporter jusqu’à leur orbite finale, et dont le nom est SpaceVan. Possible décollage d’ici 2024.

Concernant enfin le troisième larron, son nom est Anywaves (www.anywaves.eu), basée elle aussi à Toulouse, elle a été créée également en 2017, par Nicolas Capet, ancien du CNES, et son activité principale consiste à fabriquer des antennes à partir de l’impression 3D en céramique, alliée en cela avec la société 3DCeram (www.3dceram.com), utilisées pour compléter les nouvelles constellations de satellites, plus performantes que les antennes traditionnelles.

Tellement performantes, qu’en 2020, elle obtient le prix de la « Start-up de l’année » au concours Les Innovations 2020, mais surtout, elle signe en décembre dernier, son premier contrat international avec une start-up indienne appelée Pixxel (www.pixxel.space), dont l’objectif est de lancer à termes une constellation d’au moins 24 nano-satellites, afin de fournir des images satellitaires mondiales en temps réels et à prix abordables, et dont le souhait était d’acquérir deux modèles de vol de son antenne bandes pour équiper un autre satellite de la start-up, dont la mise en orbite est prévue elle cette année.

Et en tout, ce sont près d’une soixantaine d’antennes qui ont déjà été vendues, cinq par exemple pour Eyesat, un microsatellite de communication expérimental américain, pour le programme Angels, le premier nano satellite « Made in France », pour Thales Alenia Space, fournissant des antennes missions sur les deux premiers nano satellites de la constellation IoT américaine Omnispace, et très récemment, avec la signature d’un contrat avec la société californienne Loft Orbital (www.loftorbital.com), également présente à Toulouse, et spécialiste de l’organisation de missions spatiales, pour deux antennes embarquées sur le micro satellite YAM-3, dont le lancement s’effectuera depuis et grâce à la fusée Falcon 9 de Space X.

Vu et lu dans Les Echos du 08/07/20

Vu et lu dans Les Echos du 08/07/20

 

Space X que vous commencez à bien connaître désormais, notamment grâce au lancement récent de la mission spatiale où Thomas Pesquet représentera la France et l’Europe à bord de la station spatiale internationale ou ISS (International Space Station), , ce qui pose finalement la question de la solvabilité dans le temps des acteurs français, petits par la taille, mais déjà reconnus par leur apport innovant, face aux mastodontes en devenir, américains bien évidemment, mais aussi chinois, voir indien ?

Eh bien, à l’heure où justement en France, certains demandent expressément le lancement d’assises du New Space français, d’autres se sont lancés dernièrement dans la création d’une alliance fédérant les principaux acteurs français de ce domaine, appelée Alliance Newspace France, dont font partis deux des acteurs présentés dans ce dossier, à savoir Kineis, Anywaves, (et Exotrail ?), et dont le but est de promouvoir ce vivier à l’échelle internationale, tout en faisant déjà du lobbying au niveau national et européen, représentant déjà près de 1 000 salariés et des dizaines de millions d’Euros de chiffres d’affaires.

Vus et lus dans Les Echos du 03/12/20 et du 06/04/21
Vus et lus dans Les Echos du 03/12/20 et du 06/04/21

Vus et lus dans Les Echos du 03/12/20 et du 06/04/21

 

Mais justement, pour aller encore plus loin, il ne faudra surtout pas occulter le poids de l’Europe dans l’aventure spatiale, commencé le 30 mai 1975 avec la création de l’Agence spatiale européenne ou ESA, et bien évidemment par la suite sa tête de gondole que représente la fusée Ariane, à même d’assurer une assise incontournable, une expérience de premier plan, pour développer, pérenniser dans le temps ce secteur clé pour garantir une certaine indépendance dans ce qui semble devenir une course contre la montre dans cette nouvelle aventure spatiale, apparue il y a déjà quand même près de vingt ans aux Etats-Unis.

Jacques Samela

 

Sources :

. https://fr.wikipedia.org/wiki/Kineis

. https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/constellation-satellites-kineis-constellation-nanosatellites-100-francaise-ici-2022-72794/

. https://www.bpifrance.fr/A-la-une/Actualites/Kineis-le-champion-francais-du-NewSpace-qui-a-integre-le-Next40-52005

. https://www.challenges.fr/entreprise/aeronautique/constellation-de-satellites-kineis-le-nouveau-champion-du-new-space-francais_697061

 

. https://www.challenges.fr/entreprise/la-start-up-exotrail-fait-decoller-le-new-space-francais_653243

. https://www.frenchweb.fr/exotrail-leve-11-millions-deuros-pour-propulser-des-constellations-de-petits-satellites/403287

. https://business.lesechos.fr/entrepreneurs/actu/0602790778487-spatial-la-jeune-pousse-exotrail-annonce-son-premier-contrat-335191.php

. https://www.essonne.fr/economie-amenagement-mobilites/lactualite-economie-amenagement-mobilites/exotrail-la-tete-dans-les-etoiles-les-pieds-sur-terre

 

. https://www.bpifrance.fr/A-la-une/Actualites/Anywaves-les-antennes-made-in-France-dans-la-course-au-New-Space-51270

. https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/la-pepite-francaise-anywaves-s-ouvre-le-marche-indien-877202.html

. https://actu.fr/occitanie/_31/toulouse-societe-anywaves-specialisee-dans-mini-satellites-recompensee_31426784.html

 

. https://www.msn.com/fr-fr/finance/economie/pourquoi-il-est-urgent-de-lancer-des-assises-du-new-space-fran%C3%A7ais/ar-AAKA1Qg

. https://www.lesechos.fr/pme-regions/innovateurs/une-nouvelle-alliance-federe-les-acteurs-francais-du-new-space-1315030

 

A lire :

. https://digital.essais-simulations.com/essais-simulations-145/65718611

. https://www.futura-sciences.com/sciences/definitions/new-space-new-space-16591/

. https://www.frenchweb.fr/les-problematiques-du-new-space-francais-ce-sont-celles-du-new-space-americain-il-y-a-15-ans/419385

. https://www.20minutes.fr/high-tech/3051875-20210601-8-projets-similaires-a-starlink

 

A écouter :

. https://www.minalogic.com/evenements/enjeux-et-opportunites-du-newspace-conference-n9-environnements-controles-enjeux-vitaux-pour-le-spatial/

 

A voir :

. https://www.minalogic.com/evenements/space4/

. https://www.3af.fr/agenda/summer-space-festival-2021-2114

 

Vu et lu dans Les Echos du 02/06/21

Vu et lu dans Les Echos du 02/06/21

Vu et lu dans Les Echos du 07/01/21
Vu et lu dans Les Echos du 07/01/21

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Industrie & Territoires : La Manufacture de Sèvres, trois siècles de création (ou presque)

Publié le par Jacques SAMELA.

Industrie & Territoires : La Manufacture de Sèvres, trois siècles de création (ou presque)
Industrie & Territoires : La Manufacture de Sèvres, trois siècles de création (ou presque)

Certainement dû à des problèmes d’influences au sein de la cour du roi Louis XV, initiée par Madame de Pompadour, la favorite du roi, la Manufacture de Sèvres est créée en 1740, sous l’appellation Manufacture de Vincennes, avec comme souhait de concurrencer d’autres manufactures de renoms comme la Manufacture royale de Meissen dans la région de Saxe en Allemagne, mais surtout semble-t-il, celle de Chantilly (http://www.ville-chantilly.fr/wp-content/uploads/2011/09/porcelaine-internet.pdf), créée elle en 1725 par Louis IV Henri de Bourbon Condé, propriétaire également du château de Chantilly, dont j’ai pu vous compter l’histoire il y a de cela quelques mois (http://competitiviteinfrance.overblog.com/2020/05/le-chateau-de-chantilly-son-domaine-et-ses-a-cotes.html), et dont la particularité était qu’elle produisait de la porcelaine tendre, grâce notamment à la mise au point d’une nouvelle formule par le chimiste Cicaire Cirou pour le compte de cette maison, contrairement à celle de Meissen, produisant elle de la porcelaine dure, élaboré à base de kaolin.  

Devenu très rapidement l’un des premiers lieux de production de la porcelaine en France, avec des années de succès à son actif, le décès de son instigateur principal (voir plus haut) sonnera par-contre le début de son déclin, avec une production en diminution flagrante, et surtout le départ de ses meilleurs ouvriers, qui pour la plupart, après en avoir revendu les secrets de fabrication, rejoindront la nouvelle Manufacture de Vincennes en création, par un certain Jean Louis Henri Orry de Fulvy, transférée par la suite à Sèvres, près du château de Bellevue de Madame de Pompadour, prenant là son appellation définitive.

Rattachée par la suite à la Couronne royale en 1759, elle produisit également de la porcelaine tendre jusqu’en 1770, date à laquelle les premières productions de porcelaine dure commencèrent en France, grâce notamment à la découverte de gisements français de kaolin du côté de Limoges (Saint Yrieix la Perche), matériau jalousement gardé depuis longtemps par la Manufacture Royale de Meissen.

Quant à sa renommée, elle l’acquiert surtout durant la période de gouvernance d’Alexandre Brongniart, scientifique de renom, chimiste, et minéralogiste, de 1800 à 1847, avec à la clé un nouveau déménagement de l’établissement en bordure du parc de Saint-Cloud, encore aujourd’hui, et la création du Musée céramique et vitrique en 1824, dont l’ambition, sous l’égide cette fois-ci d’un certain Champfleury (1821-1889), homme de lettres et critique d’art,  sera de présenter l’ensemble de la création céramique à travers les âges et des quatre coins du monde, tout en inventant une nouvelle discipline scientifique du nom de céramologie (https://www.inrap.fr/les-sciences-de-l-archeologie/La-ceramologie), soit l’étude systématique des objets en terre cuite.

Vu et lu dans Télérama n° 3717 du 07/04/21

Vu et lu dans Télérama n° 3717 du 07/04/21

Quant à sa renommée, elle l’acquiert surtout durant la période de gouvernance d’Alexandre Brongniart, scientifique de renom, chimiste, et minéralogiste, de 1800 à 1847, avec à la clé un nouveau déménagement de l’établissement en bordure du parc de Saint-Cloud, encore aujourd’hui, et la création du Musée céramique et vitrique en 1824, dont l’ambition, sous l’égide cette fois-ci d’un certain Champfleury (1821-1889), homme de lettres et critique d’art,  sera de présenter l’ensemble de la création céramique à travers les âges et des quatre coins du monde, tout en inventant une nouvelle discipline scientifique du nom de céramologie (https://www.inrap.fr/les-sciences-de-l-archeologie/La-ceramologie), soit l’étude systématique des objets en terre cuite.

Et aujourd’hui encore, le Musée national de céramique (www.sevresciteceramique.fr) conserve une collection de référence de près de 50 000 œuvres diverses, extra-européennes et chinoises, sans oublier bien évidemment les créations propres de la Manufacture. Reconnu à juste titre comme une institution de référence en ce domaine, il accorde de nombreux prêts en France et à l’étranger, tout en participant également à des expositions en dehors des murs de l’établissement.

Cependant, le règne de Napoléon, dont on fête cette année le bicentenaire de sa mort, permis à la Manufacture, alors en perte de vitesse, de retrouver une certaine vigueur, avec notamment un rattachement à la Maison de l’Empereur en 1805, occasionnant pour elle une production essentiellement dédiée à la gouvernance, la propagande, les victoires et l’extension de l’empire, et donc à ses palais, des cadeaux familiaux, ainsi que des cadeaux diplomatiques.

Alors, pour celles et ceux qui sont des connaisseurs, je ne leur apprendrai pas, mais pour les autres (moi en l’occurrence), la porcelaine de Sèvres est aussi reconnu pour sa couleur référence, que l’on appelle communément le bleu de Sèvres, élaborée à base d’oxyde de cobalt.

Mais, dans un souci permanent d’être perçu comme un lieu de création en perpétuel mouvement, la Manufacture s’est depuis de nombreuses années associé à des artistes de renom comme Alexandre-Evariste Fragonard, Rodin, Hector Guimard, Alexandre Calder, Ettore Sottsass, Arman, Pierre Soulages, ou encore Louise Bourgeois, démontrant en cela un réel désir de suivre l’air du temps, en s’ouvrant à différentes inspirations créatrices.

Ce qui fait que grâce à ses collaborations, des milliers de pièces sont produites chaque année, destinées pour une grande part aux grands corps de l’Etat comme le Palais de l’Elysée, l’Hôtel Matignon, dans ses galeries à Sèvres et à Paris, ainsi que durant de grands salons d’art comme la Fiac, le Pavillon des Arts et du Design à Londres, ou encore à Bruxelles, dans le cadre du Brafa.

Vu et lu dans Le Figaro du 07/09/20

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Exosquelettes, au service de l’homo Sapiens

Publié le par Jacques SAMELA.

Exosquelettes, au service de l’homo Sapiens
Exosquelettes, au service de l’homo Sapiens

Le cinéma l’a plus d’une fois imaginé, Star Wars, Terminator, Robocop, Edge of Tomorrow, Iron Man, et j’en oublie.

Et aujourd’hui, d’autres commencent enfin à aboutir à de nombreuses années de recherche.

En effet, car ce sujet prend sa source dans les prémisses de l’industrie nucléaire, où se posa très rapidement la question de la manipulation humaine face à la problématique des matières radioactives. Donc, sont apparus des pinces et des bras mécaniques, avant qu’un ingénieur américain de l’Argonne National Laboratory, en 1954, parvienne à élaborer ce qui semble être le premier télémanipulateur électronique, fonctionnant à l’électricité, et capable de restituer au niveau de la poignée de commande, la sensation d’effort.

Cependant, loin d’être à la traine, la France, en 1965,  par l’entremise d’un certain Jean Vertut, ingénieur au CEA (http://competitiviteinfrance.overblog.com/2016/04/le-cea-au-service-de-l-industrie-francaise.html), développa lui un manipulateur mécanique, avant d’inventer par la suite le premier robot manipulateur électronique français, le MA22, remplacé en 1974 par le MA23, qui sera à l’origine du programme « Spartacus », dont l’objectif sera de rendre à un patient tétraplégique un certain degré d’autonomie, et suivi quelques années plus tard par la dite station « Master » d’aide aux personnes handicapés, dont les travaux recevront la médaille d’or de l’innovation de la Commission européenne en 1995.

Vu et lu dans Les défis du CEA n° 226 d'avril 2018
Vu et lu dans Les défis du CEA n° 226 d'avril 2018
Vu et lu dans Les défis du CEA n° 226 d'avril 2018
Vu et lu dans Les défis du CEA n° 226 d'avril 2018

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Bon, à la différence des films cités en introduction, quoique certains sont assez réalistes, et d’une utilisation plus que légitime dans le nucléaire, les principaux axes de recherche concernent surtout une utilisation des exosquelettes (enfin, j’arrive à le placer) à des fins de santé, et donc de permettre à des personnes handicapés de pouvoir remarcher un jour, mais aussi à développer des solutions qu’ont appellent « aides à l’effort », censées répondre à des besoins dans le monde industriel, occasionnant souvent, quand l’effort est répétitif, des « TMS » ou « troubles musculo-squelettiques ».

Et en effet, près de 90 % des maladies professionnelles seraient causées par ces désagréments, concentrés notamment au niveau des mains, poignets, doigts, représentant à eux seuls 34 %, suivi par les épaules avec 31 %, le coude avec 22 %, le dos avec 7 %, et le genou avec 2 %. Quand on sait que les musiciens, dont c’est le métier, peuvent également être touchés par ces problèmes souvent récurrents, on peut imaginer également l’utilisation de ces dites solutions, même si là on pourrait se poser la question quant à leur apport réel ou fantasmé pour l’adaptation de toute œuvre musicale ? J’imagine même le regard des puristes. Mais bon, si cela peut vraiment aider à pratiquer, pourquoi pas.

Vu et lu dans l'Usine Nouvelle n° 3584 du 08/11/18, et n° 3646 du 13/02/20
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Par-contre, concernant l’utilisation la plus flagrante aujourd’hui, soit de permettre la mobilité à ceux qui n’en n’ont plus, ou peu, un acteur en France se détache, il s’agit de la société Wandercraft (www.wandercraft.eu), créée en 2012 par trois étudiants de Polytechnique, ayant reçu de nombreux prix, et dont le modèle de référence, connu sous l’appellation «Atalante», est déjà utilisé dans nombres d’hôpitaux de réadaptation européens, et en attente d’une validation de la FDA (www.fda.gov), l’agence américaine en charge d’autoriser tout médicaments ou matériel à être vendu aux USA.

Vu et lu dans l'Usine Nouvelle n° 3609 du 02/05/19
Vu et lu dans l'Usine Nouvelle n° 3609 du 02/05/19

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Pour les autres applications, d’autres se positionnent également, et notamment la société RB3D (www.rb3d.com), dont j’avais pu déjà relater de son savoir-faire en 2013 (http://competitiviteinfrance.overblog.com/l-entreprise-du-mois-rb3b), créée elle en 2001, et dont le programme Hercule (https://www.army-technology.com/features/featurefrench-hercule-robotic-exoskeleton/), élaboré conjointement avec le CEA List et l’ESME Sudria (www.esme.fr), et financé par la direction générale de l’armement (DGA), a permis à la France de se retrouver dans le peloton de tête dans la course à l’élaboration de solutions d’assistances au port de charges à des fins militaires. Aujourd’hui elle se consacre également à répondre aux nombreuses problématiques du monde industriel, ce qu’on appelle donc les TMS (voir plus haut).

Et justement, une autre société, plus récente, puisqu’elle a été créée en 2017, se consacre aussi à ces nouveaux outils, que l’on appelle aussi « Dispositifs d’Assistance Physique » ou « DAP », dédiés au monde du travail répétitif, aux postures contraignantes, avec une pénibilité accrue, il s’agit de HMT (www.hmt-france.com) pour Human Mechanical Technologies, dont la particularité dans ce petit monde, est de proposer quasi exclusivement des solutions adaptées (comme les autres j’imagine ?), et ce dans une démarche personnalisée (là est peut-être sa différence ?). Quant à ses produits, ils ont comme noms, Plum’, pour les travaux de bras en hauteur, Moon, pour les mouvements de cou, et Light Mobility, pour les manutentions répétitives.

Vu et lu dans Le Parisien Weekend du 21/09/18
Vu et lu dans Le Parisien Weekend du 21/09/18

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Mais, comme la France semble être à la page dans ce domaine (et bien d’autres, vous le savez désormais), voici donc deux autres sociétés qui complèteront cette présentation, loin d’être définitive.

La première s’appelle Japet (www.japet.eu), située à Lille, elle vient de recevoir la médaille d’or de l’innovation par la Fondation Carcept Prev (www.carcept-prev.fr), et, depuis sa création, en 2016, elle a déjà vendu plus de 100 exosquelettes en France et à l’étranger (Allemagne, Hong Kong), collaborant également avec de grands noms de l’industrie française comme Airbus, Engie, la SNCF, Décathlon, mais aussi avec les services de réanimation, qui vous le savez désormais, doivent régulièrement retourner les patients en grand difficultés.

Quant à sa spécificité, elle est surtout axée vers le domaine de la prévention de la lombalgie, du au port de charges lourdes, et dont l’utilisation de ses solutions répondent aux besoins de l’industrie, du transport, et de la logistique, permettant également aux personnes souffrant du mal de dos, de maintenir leur activité, évitant en cela des arrêts maladie récurrents.

Et donc, la deuxième, la dernière de la présentation, mais manifestement une des plus anciennes, puisqu’elle a été développée il y a près de trente ans dans la région nantaise par plusieurs technopôles et laboratoires de recherche, avec comme idée de devenir le leader européens des dits systèmes d’assistance physique à l’opérateur, elle s’appelle Gobio (www.gobio-robot.com), et elle intègre désormais le groupe Europe technologies (www.europetechnologies.com).

Foncièrement similaire aux autres, elle complète parfaitement les solutions à disposition, en élaborant des exosquelettes (actifs ou passifs), et des bras zéro gravité articulés, qu’elle propose dans l’agroalimentaire, l’agriculture, les collectivités, les établissements de santé,  le BTP, et  l’industrie dans son ensemble, comptant dans ses plus proches clients, Renault, PSA, ou encore Total Dev.

Vu et lu dans l'usine Nouvelle n° 3630 du 17/10/19, et Challenges n° 630 du 14/11/19

Vu et lu dans l'usine Nouvelle n° 3630 du 17/10/19, et Challenges n° 630 du 14/11/19

Alors, pour celles et ceux qui comme moi ont connus la série intitulée l’Homme qui valait 3 milliards (https://www.scifi-universe.com/series/18463/l-homme-qui-valait-3-milliards/episodes), on est en droit de se poser des questions, notamment d’éthiques, car tant que cela touche à l’aide aux personnes, handicapées ou pas, cela ne me pose pas de problèmes, au contraire même, mais si cela nous amène à termes à des utilisations autres, et notamment violente, il faudra je pense y regarder à deux fois avant de se lancer dans l’élaboration de solutions robotiques, à même d’être utilisé sur des terrains de guerre (https://lesrobotsfautilenavoirpeur.weebly.com/la-robotique-militaire.html), ou ailleurs.

Je n’aimerai pas en arriver à l’histoire de ce livre que je vous conseille, Robopocalypse, de Daniel H Wilson, dont Steven Spielberg racheta les droits, où les robots prennent le pouvoir, et dont une sortie de film était prévue l’année dernière avec Chris Hemsworth, mais reportée en raison de la crise sanitaire en cours.

Rappelez-vous également l’histoire de Terminator. Du cinéma également, mais bon, ne tentons pas le diable quand même.

Jacques Samela

 

Sources :

. Les Défis du CEA n° 226 / Avril 2018

 

A lire :

. https://lejournaldeleco.fr/lexosquelette-ou-lavancee-incroyable-vers-une-marche-quasi-humaine/#.XVp7z017mM8

. https://www.francebleu.fr/infos/sante-sciences/en-images-un-labo-stephanois-et-une-entreprise-d-auxerre-developpent-un-exosquelette-contre-le-mal-1612982704

. https://production-maintenance.com/pourquoi-ergosante-specialistes-exosquelettes-choisit-allemagne-filiale-international/?utm_source=email&utm_campaign=N9__Lactualit_de_la_maintenance_par_Production_maintenance&utm_medium=email

. https://www.essentiel-sante-magazine.fr/sante/innovation/homme-bionique

. https://www.centraliens-lille.org/medias/editor/files/Homme_Bionique_289_HD.pdf

. www.ergonoma.com

 

Vu et lu dans Les défis du CEA n° 226 d'avril 2018
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Le biomimétisme, la France enfin

Publié le par Jacques SAMELA.

Le biomimétisme, la France enfin
Le biomimétisme, la France enfin

Comme souvent, pas comme toujours, mais comme bien souvent quand même et c’est bien dommage, la France se retrouve un moment donné distancée dans tel ou tel domaine. Celui en présentation ce jour, le biomimétisme, ne dérogeant pas à cette constatation, car en 2016, un retard évident était déjà constaté, notamment vis-à-vis de l’Allemagne, ayant elle structurée depuis de nombreuses années un réseau d’acteurs, composé de start-ups, de PME, de grandes entreprises, d’universités, où près de 20 établissements enseigne cette « nouvelle » science, autour de ce thème plus que prometteur.

Et pourtant, en 2007, il était déjà considéré comme un outil incontournable de la prochaine révolution industrielle en cours, à même de répondre à un développement définitivement plus durable.

Le biomimétisme, la France enfin
Le biomimétisme, la France enfin
Vu et lu dans Ecomeca  de février 2021
Vu et lu dans Ecomeca  de février 2021

Vu et lu dans Ecomeca de février 2021

Et puis, comme souvent, notre pays a enfin décidé de se pencher pour de bon sur ce sujet, avec l’inauguration en 2014 du Centre européen d’excellence en biomimétisme (CEEBIOS), dont l’objectif sera de fédérer un réseau de compétences, tout en devenant un trait d’union entre la recherche fondamentale ou appliquée, les entreprises, voire les ONG, s’intéressant également de très près à ces différentes techniques.

Et depuis, le centre en question, a déjà identifié près de 200 équipes de recherche travaillant sur le sujet, touchant des secteurs comme la chimie, l’énergie, la robotique, ou encore le domaine des matériaux.

Vu et lu dans Jitec n° 226 de mars/avril 2021
Vu et lu dans Jitec n° 226 de mars/avril 2021
Vu et lu dans Jitec n° 226 de mars/avril 2021
Vu et lu dans Jitec n° 226 de mars/avril 2021

Vu et lu dans Jitec n° 226 de mars/avril 2021

Mais au fait, avant d’aller plus loin, savez-vous vraiment ce qu’est le biomimétisme* ?

Relancé en 1997 par la biologiste américaine Janine Benyus et son livre intitulé « Biomimicry : Innovation Inspired by Nature », il aurait pour les spécialistes près de 4 milliards d’année d’existence, et comme son nom l’indique (si si), il consiste à s’inspirer du monde vivant pour tirer parti des solutions produites par la nature, intégrant pour ce faire toutes les formes, matières, propriétés, processus et fonctions du vivant à différentes échelles (microscopique, macroscopique, écosystémique).

Et les exemples concrets ne manquent pas, car il faut savoir que Léonard de Vinci s’inspirait déjà à son époque des oiseaux et des ailes de chauve-souris pour dessiner ses machines volantes (http://blogue-ton-ecole.ac-dijon.fr/petitblogdeleonard/2018/03/28/laile-volante-de-leonard-de-vinci/), que les frères Wright, pionniers américains de l’aéronautique, s’inspirèrent eux des vols de pigeons pour élaborer le 1er aéronef plus lourd que l’air (https://www.herodote.net/17_decembre_1903-evenement-19031217.php), et que le Velcro ou Scratch que nous connaissons tous, a été élaboré à partir de plantes dites à crochets, comme la bardane ou la benoîte commune (https://www.especes-menacees.fr/le-saviez-vous/velcro-biomimetisme-plante/).

Mais  bien d’autres, plus actuels ont fait eux aussi l’objet d’inspirations naturelles, comme par exemple l’observation des vautours permettant à Airbus d’améliorer une aile sur l’A320 (https://tpe183.wordpress.com/2017/01/24/ii-le-biomimetisme-ameliorateur-des-vols/), occasionnant en cela une économie de 4 % sur le carburant, soit l’équivalent de plusieurs centaines de millions d’Euros épargnés chaque année, ou encore l’étude de la trompe du moustique par deux entreprises pharmaceutiques japonaise, Terumo Corporation et Okano Industrial, leur permettant d’inventer une aiguille conique ne faisant pas mal, intégré désormais sur les seringues Nanopass 33, vendues à plusieurs millions d’exemplaires dans le monde (https://www.wipo.int/ipadvantage/fr).

Vu et lu dans Les Echos du 19/02/21

Vu et lu dans Les Echos du 19/02/21

Et je pourrais continuer tant les exemples sont nombreux, mais ne souhaitant pas écrire un livre sur le sujet, je vous engage à vous rendre sur l’ensemble des liens et des documents que vous trouverez tout au long de ce sujet.

Cependant, ayant encore de quoi vous informer, voici la suite.

Donc, comme je vous l’écrivais ci-dessus, la France, après un certain retard, a enfin décidé de s’intéresser de près à ce nouveau processus de conception, avec par exemple le 29 novembre 2019, l’organisation d’une journée de travail sur le sujet, intitulée « Biomimétisme : quels leviers de développement & quelles perspectives pour la France ?** », sous l’égide de France Stratégie (www.strategie.gouv.fr), le Ceebios (déjà vu plus haut), et le cabinet Myceco (www.myceco.com), avec l’idée que ce modèle alternatif, remplace la dite traditionnelle synthèse des matériaux, se reposant essentiellement sur l’usage abondant des énergies fossiles que sont le charbon, le pétrole ou encore le gaz, et réponde en cela aux objectifs que se fixent chaque année les différentes « COP », ainsi que l’Europe, ayant elle aussi pris le sujet comme une de ses priorités pour l’avenir, avec notamment le lancement d’un plan d’action en faveur de l’éco-innovation, la création d’un Observatoire de l’éco-innovation, l’OEI (www.eco-innovation.eu), et la constitution d’un réseau européen appelé European Biomimicry Alliance (www.biomimicry.eu), calqué sur le modèle américain, existant depuis de nombreuses années, permettant justement aux Etats-Unis d’en être le leader sur la scène internationale, suivi de la Chine, la France se positionnant elle plutôt vers la 5ème place, derrière l’Allemagne et la Grande Bretagne.

Mais bien évidemment, rien n’est perdu, car, que cela vienne de petites structures (startups, TPE, PME), de grands groupes, de centres de recherche renommés comme le CNRS (www.cnrs.fr), qui vient d’inscrire le biomimétisme dans ses priorités stratégiques pour la période 2020-2023, et bien d’autres que vous découvrirez dans les documents joints, il semble effectivement que ce sujet d’avenir donc, le devienne également chez nous, avec comme preuve supplémentaire, les 300 millions d’Euros et plus levés durant ces cinq dernières années.

Et de l’argent il en faudra pour accompagner ces projets, évitons comme cela arrive de temps en temps, qu’ils partent sous d’autres cieux, car, loin d’être limité, d’autres spécificités pointent leur nez, comme par exemple le géomimétisme, désignant lui l’ensemble des pratiques consistant à piéger le carbone atmosphérique dans les sols et les organismes vivants, avec comme actions concrètes la reforestation, à même de rafraîchir le climat, le développement de l’agroécologie, l’élargissement des zones humides, ou encore la constitution de puits de carbone océaniques.

*https://universiteouverte.u-cergy.fr/biomimetisme-le-vivant-comme-modele-de-societe

**https://cdn.weweb.app/public/clients/myceco/RappFrStrat-200709.pdf

Jacques Samela

 

Sources :

. www.ceebios.com

. https://www.gralon.net/articles/materiel-et-consommables/materiels-industriels/article-biomimetisme---quand-l-industrie-s-inspire-de-la-nature-9884.htm

. https://www.bearingpoint.com/fr-fr/blogs/energie/le-biomimetisme-au-service-du-developpement-durable-4-milliards-dannees-damelioration-continue-13-biomimetisme-formel/

. https://www.lesechos.fr/thema/transition-energetique/biomimetisme-quand-la-nature-inspire-des-innovations-plus-vertes-1240323

. https://positivr.fr/pole-eco-conception-biomimetisme/#:~:text=Le%20biomim%C3%A9tisme%20en%20France%20En%20France%2C%20le%20Centre,ainsi%20qu%E2%80%99%C3%A0%20celui%20d%E2%80%99outils%20d%E2%80%99accompagnement%20et%20de%20formations.

. https://euramaterials.eu/thematiques/les-multiples-marches-concernes-par-les-materiaux/

. https://up-magazine.info/livres/ecologie/65868-geomimetisme-reguler-le-changement-climatique-grace-a-la-nature/

. https://www.strategie.gouv.fr/publications/performances-economiques-environnementales-de-lagroecologie

 

A voir :

https://www.mnhn.fr/fr/explorez/dossiers/nature-futur-biomimetisme

 

 

Vu et lu dans Elle du 15/01/21, l'Usine Nouvelle n° 3677 du 08/10/20, et Télérama n° 3708 du 03/02/21
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Le biomimétisme, la France enfin

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Industrie & Territoires : Un caviar bien de chez nous

Publié le par Jacques SAMELA.

Industrie & Territoires : Un caviar bien de chez nous
Industrie & Territoires : Un caviar bien de chez nous

Après les paludiers de la presqu’ile de Guérande (http://competitiviteinfrance.overblog.com/2020/10/industrie-territoires-l-eldorado-de-la-presqu-ile-guerandaise.html), voici les pisciculteurs du caviar à la française, car oui, cela existe également chez nous, et plus particulièrement en Nouvelle Aquitaine, avec six acteurs, dont quatre (Groupe Kaviar, Caviar House & Prunier, Caviar de France, l’Esturgeonnière) sont regroupés sous l’appellation « Caviar d’Aquitaine » (www.caviar-aquitaine.org), les deux derniers (Perle Noire et Caviar de Neuvic) étant manifestement indépendant, et un en Sologne, intitulé tout simplement, Caviar de Sologne (www.caviardesologne.fr).

Et ces acteurs permettent l’air de rien à la France de revendiquer la 3ème place au classement des producteurs de caviar, derrière la Chine et l’Italie, avec pour l’année 2019, 43,5 tonnes recueillis, dont 41,5 tonnes en Aquitaine, et 2 tonnes en Sologne.

Mais au fait, comment se fait-il que la France soit devenue une terre de production de ce met de choix, et bien évidemment de luxe ?

Tout d’abord, il faut savoir que la salaison des œufs remonterait aux Phéniciens, mais que c’est surtout au XVII siècle en Russie, sans oublier l’Iran, où l’appellation caviar viendrait d’un mot perse qui signifierai « œufs de poisson », que la production à vraiment pris son envol, avec une petite anecdote concernant sa première apparition en France et le roi Louis XV, goûtant et recrachant illico presto le caviar offert par le tsar Pierre Le Grand son invité.

Mais l’intérêt véritable des français viendrait lui après la révolution bolchévique (1917), et l’arrivée en nombre de ces russes dits blancs, car tsaristes et non rouges comme étaient appelés les communistes, avec dans leurs valises des boites de ce met si apprécié à la cour du dernier tsar de Russie, et qui en France se mariera à merveille avec le champagne (http://competitiviteinfrance.overblog.com/2017/12/le-champagne-des-bulles-des-bulles-toujours-des-bulles.html), devenant en cela  le couple parfait des fêtes mémorables de la haute société française de l’époque.

Mais l’engouement fut tel, et pas seulement en France, que la production en elle-même fût mise en danger, car issue de la pêche à l’esturgeon sauvage, notamment dans la mer Caspienne, où justement les réserves commencèrent à baisser drastiquement, avant que la convention de Washington pour la protection des espèces en danger décida en 1998 d’ajouter l’esturgeon sur la liste des espèces en voie de disparition, ce qui obligera l’ensemble de la profession à changer sa puisette de main, et de passer définitivement à l’élevage en en pisciculture.

Ce que la France commença même à échafauder dès 1993, avec des études menées par le CEMAGREF à l’époque, l’INRAE aujourd’hui (www.inrae.fr) pour un repeuplement naturel de ce poisson vieux de 300 millions d’années quand même, menant finalement à des évaluations plus que positives pour considérer l’élevage en ferme comme une solution non dénuée de sens, en cela qu’elle permettait aux esturgeons sauvages de se régénérer définitivement, sans pour autant rendre ce produit déjà rare et donc cher, impossible à produire en quantité raisonnable.

Et c’est donc en France (déjà en Aquitaine) que les premières fermes d’élevage furent installées, produisant donc ce caviar d’élevage connu désormais, soit près de 90 % de la production mondiale aujourd’hui, mais aussi produisant des alevins d’esturgeons élevés par la suite dans le monde entier.

Mais aujourd’hui, et plus particulièrement cette année, la profession fait face à une baisse inquiétante de ses commandes, dû bien évidemment à la fermeture des restaurants, qui représente chaque année 40 % de leurs ventes, mais aussi à une concurrence féroce, qui elle, représentée notamment par la Chine et ses 90 tonnes de production chaque année, dont 40 % importé en France, à des prix défiant toute concurrence, risquant au final de tuer une spécificité française, car ne l’occultons pas, ce produit est toujours considéré comme le nec plus ultra, donc cher, voire très cher, pour bon nombre de français.

Français, qui comme moi, ne connaissaient pas ou peu l’existence d’une production hexagonale (21 %), même si 53 % en ont déjà goutés au moins une fois, pour ma part, jamais, et 12 % en consommant chaque année.

Mais au fait, pourquoi est-ce encore relativement cher aujourd’hui, alors que sa production n’est plus liée aux aléas des récoltes d’antan ?

La rareté malgré tout, mais manifestement pas seulement, car la production en elle-même est quand même assez longue, avec notamment une attente de 7 ans avant que la femelle esturgeon puisse pondre des œufs, avec seulement  1kg environ pour un spécimen de 8 kg, et suivi par une fabrication pouvant atteindre 13 opérations dans un environnement stérilisé, nécessitant bien évidemment une maîtrise technique de très haut niveau.

Alors, même si les ventes vers l’Asie (Japon, Hong-Kong, Singapour) sont plutôt bien reparties, et que la filière fait le forcing, publicitaire, médiatique, pour que les ventes hexagonales compensent au mieux le manque à gagner de cette année, certains demandent avec insistance la création d’une indication géographique protégée (IGP), garante d’un savoir-faire et d’une origine géographique (justement) bien définie, s’appliquant habituellement aux secteurs agricoles, agroalimentaires et viticoles, mais étonnement pas obligatoire pour ce produit.

Donc, à ceux qui en dégustent chaque année, vous vous rappelez, ils représentent 12 %, à ceux qui en dégustent occasionnellement, et puis à ceux qui souhaiteraient marquer le coup cette année, privilégiez la production nationale,  tout en évitant quand même les contres-façons, nombreuses sur internet.

Jacques Samela

 

Sources :

. https://franchementbien.fr/du-caviar-made-in-france/#:~:text=La%20France%20produit%2035%20tonnes%20de%20caviar%20par,des%20fermes%20d%E2%80%99%C3%A9levage%2C%20comme%20ceux%20produits%20en%20France.

. https://www.ouest-france.fr/economie/agriculture/covid-19-le-caviar-francais-cherche-a-sauver-son-noel-7080439

. https://kissmychef.com/uncategorized/les-francais-et-le-caviar/

. https://www.caviarpassion.com/content/94-caviar-francais.html

 

A lire :

. https://business.lesechos.fr/entrepreneurs/marketing-vente/0610102456420-caviar-les-producteurs-a-la-peche-aux-consommateurs-pour-les-fetes-341279.php#xtor=RSS-24

. https://business.lesechos.fr/entrepreneurs/financer-sa-croissance/le-caviar-made-in-france-huso-leve-745-000-euros-102605.php

. https://www.msn.com/fr-fr/actualite/france/kaviari-%c3%a0-la-t%c3%aate-de-l-entreprise-familiale-karin-nebot-veut-d%c3%a9complexer-le-caviar/ar-BB1cchT6?li=BBkGbOY

Vu et lu dans Version Femina n° 3857 du 13/12/20

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Le Fret ferroviaire, enfin un nouveau départ ?

Publié le par Jacques SAMELA.

Le Fret ferroviaire, enfin un nouveau départ ?
Le Fret ferroviaire, enfin un nouveau départ ?

L’Etat français compte donc en faire un de ses piliers de sa transition écologique, avec dès cette année, 63 millions d’Euros d’alloué, et 63 millions en 2021.

Eh oui, c’est bien du fret ferroviaire dont je parle, avec justement comme souhait de développer de nouvelles autoroutes ferroviaires comme un Bayonne – Cherbourg, ou un Sète – Calais, accompagné de la relance du dit train des primeurs Perpignan – Rungis, à l’arrêt depuis l’année dernière au profit des poids-lourds, mais avec comme souhait de l’étendre entre les villes d’Anvers (Belgique) et Barcelone (Espagne).

Pour cela, et au de-là des sommes en jeu, les droits de péages (eh oui, là aussi) des trains de marchandises seront eux gratuits jusqu’à la fin de l’année, divisés par deux en 2021, permettant, si les envies sont suivis d’effets, d’alléger les routes de France de 20 000 poids-lourds, soit 425 000 tonnes de CO2 émis en moins.

Vaste et beau projet, seulement voilà, depuis de nombreuses années, ce secteur, peu connu, est en phase plus que descendante.

Et pourtant, le transport de marchandises par voies ferroviaires était plus que florissant il y a encore quelques années de cela, avant que la route ne grignote son pré carré, et le remplace petit à petit. En voici un petit historique.

Donc, tout d’abord, il faut savoir qu’avec l’avènement du chemin de fer, la France comptait en 1852, 3 000 km de voies, 17 000 en 1870, et 26 000 en 1882, devenant en cela le réseau le plus développé d’Europe.

Bien évidemment, le transport de marchandises s’imposa très rapidement, souvent accolé aux gares voyageurs, avant de bénéficier de halles dédiées en périphérie des agglomérations, dotées de vaste cours de débords ou cours marchandises, permettant le transbordement entre les wagons et les véhicules routiers. Et, pour faciliter le transport entre les sites industriels et le réseau ferré général, de nombreux embranchements particuliers seront créés, soit 3 800 à l’orée de la 1ère guerre mondiale.

Et concernant les types de transports, deux seront mis en oeuvre, soit la petite vitesse (PV), représentant la majorité du trafic avec des tarifs avantageux, et la grande vitesse (GV), plus coûteuse, et utilisée surtout pour le transport des animaux vivants, ainsi que les fruits et légumes, nécessitant pour le coup un transport plus rapide.

Ensuite, par le regroupement des anciens réseaux, privés et publics, la SNCF est créée le 31 août 1937, avec comme résultat, un réseau élargi de 42 500 km, et 6 500 embranchements particuliers (voir plus haut).

Cependant, c’est également durant ces années que la concurrence routière pointa son nez, avec une réelle augmentation durant les années 50 et 60, et ce même si 6 000 gares ou points frontières traitaient encore près de 30 000 wagons de marchandises quotidiennement.

Mais c’est surtout vers la fin des années 80 que le fret entra vraiment dans une période de déclin, passant de 60 milliards de tonnes km à 32 milliards en 2012. Et encore, la SNCF était toujours en position de monopole, ce qui changea avec l’ouverture de la concurrence en 1993, avec les nouveaux entrants qui prirent une bonne partie des dits marchés rentables, soit les trains massifs, dont la composition n’est pas remanié entre l’origine et la destination, lui laissant finalement la partie la plus couteuse, ce que l’on appelle les trains dits de lotissements.

Et depuis, ce ne sont plus que reculs, avancées, reculs, de cette activité toujours aussi primordiale, dont voici une chronologie ci-dessous :

. 1970 : Création de la Sernam (Service national des messageries), qui s’occupera des transports de colis.

. 1989 : Création de l’entité Fret SNCF, tout en fermant jusqu’en 1993, près de 28 000 gares au service du fret.

. 2002 : Le CA de l’activité fret monte à 1,96 milliards d’Euros, avec un trafic de 128 millions de tonnes transportés, 13 850 clients en Europe, comptant encore 1 800 gares de fret, 19 gares de triages, 4 535 installations terminales embranchées, et 45 terminaux de transport combiné, appuyé en cela par 80 000 wagons fret, 2 200 locomotives, et 1 200 locotracteurs.

. 2003 : Le CA tombe à 1,86 milliards d’Euros, le trafic à 124,8 millions de tonnes transportées, et il ne reste plus que 1 509 gares fret, 17 gares de triages, et 29 terminaux combinés.

. 2004 : Perte de près de 400 000 millions d’Euros.

. 2008 : Le groupe SNCF rachète Geodis, renommant sa branche fret, SNCF Geodis. Le CA tombe lui à 16,5 milliards d’Euros.

. 2009 : Le trafic subit une chute de 25 % au 1er semestre.

. 2010 : Création de l’entité Captrain en dehors du territoire français.

. 2014 : Circulation d’un train de 1 500 mètre de long, une première en Europe, et retour de la croissance avec un CA en hausse de 0,6 %.

. 2015 : Suppression de 450 postes, l’activité a transporté 19,9 milliards de t.km, réalisé un CA de 1,06 milliard d’Euros, et la part du transport de marchandises par le rail est descendue sous la barre des 10 % (9,5 %). Cependant, Fret SNCF a fait circuler le train le plus long jamais acheminé sur le réseau ferré national, soit d’une masse de 5 410 tonnes, long de 974 mètres, et comptant 67 wagons et 3 locomotives.

. 2017 : En partenariat avec la société Traxens (http://competitiviteinfrance.overblog.com/2018/07/traxens-par-de-la-les-mers-et-les-oceans.html),  Fret SNCF teste le train connecté, équipant chaque wagon d’un boitier, permettant au conducteur (via une tablette), de vérifier le serrage et le desserrage des freins, la pression, l’hygrométrie, ou encore l’ouverture et la fermeture télécommandée des trappes. Quant à l’avenir, Fret SNCF souhaite faire circuler des trains de fret autonomes à partir de 2023.

. 2018 : Perte de 170 millions d’Euros pour un milliards de CA et cinq milliards de dettes.

. 2019 : Fret SNCF rejoint l’alliance européenne de wagons isolés « XRail », aux côtés d’autres opérateurs ferroviaires européens.

. 2020 : Fret SNCF devient une société par actions simplifiées, affiliée à la SNCF, et doté de 170 millions de fonds propres.

Donc, comme vous pouvez le constater, du chaud et du froid, mais quand on regarde au de-là de nos frontières, proches et plus lointaines, on peut se dire qu’avec une réelle volonté, ce qui semble être à nouveau le cas aujourd’hui, suivi de moyens plus que suffisants, et peut-être (certainement) moins de grèves, on pourrait se rapprocher de ces pays qui ont depuis de nombreuses années choisi ce moyen de transport, comme par exemple la Suisse, qui avec 70,5 % du trafic marchandises transporté par rail, a réussi en 10 ans à baisser le trafic routier de marchandises, passant l’air de rien de 1,4 millions de camions en 2 000, à 898 000 en 2019, et ce malgré l’augmentation du transport de marchandises entre ce pays et l’Europe notamment. Et depuis 1994, ce désir de transport par rail, est même inscrit dans la Constitution fédérale depuis 1994.

Beaucoup plus loin, aux Etats-Unis cette fois-ci, le transport de marchandises par rail représente encore 45 % du trafic terrestre, alors qu’au sein de l’UE, à 27, cela ne représente qu’environ 5 % du total mondial, loin de la situation de puissance économique, qui s’ignore encore, et qui avec et depuis la crise de 2008, le fret ferroviaire européen a subi une baisse de 15 % à 20 % du trafic kilométrique.

Donc, que ce soit chez nous, ou au sein de l’UE, il y a encore beaucoup à faire avant que le fret ferroviaire devienne une priorité, notamment dans les pays membres les plus récents, et plutôt axés à rénover leurs infrastructures terrestres, mais, avec les ambitions affichées par la nouvelle commission européenne d’intégrer plus de vert dans les actions économiques à venir, ce que d’aucuns appellent le « Green deal européen », il se pourrait que ce mode autrement moins énergivore devienne enfin majoritaire, comme chez nos amis suisses (voir plus haut).

Le plus dur sera certainement de convertir le puissant lobby routier, en l’amenant à considérer comme solution fiable et fructueuse, surtout, le transport combiné.

Vaste chantier, mais primordial afin d’atteindre les objectifs affichés de notre pays et de l’UE.

Jacques Samela

 

Sources :

. Wikipedia

. Le Monde 

. Les Echos

. Challenges

. Actu Transport Logistique

 

 

Vu et lu dans VoxLog de septembre 2020

Vu et lu dans VoxLog de septembre 2020

Vu et lu dans l'Usine Nouvelle n° 3673 du 10/09/20
Vu et lu dans l'Usine Nouvelle n° 3673 du 10/09/20
Vu et lu dans l'Usine Nouvelle n° 3673 du 10/09/20
Vu et lu dans l'Usine Nouvelle n° 3673 du 10/09/20

Vu et lu dans l'Usine Nouvelle n° 3673 du 10/09/20

Vus et lus dans Les Echos du 16/09/20 et Eco Savoie Mont-blanc n° 37 du 11/09/20
Vus et lus dans Les Echos du 16/09/20 et Eco Savoie Mont-blanc n° 37 du 11/09/20

Vus et lus dans Les Echos du 16/09/20 et Eco Savoie Mont-blanc n° 37 du 11/09/20

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Industrie & Territoires : L'Eldorado de la presqu'île guérandaise

Publié le par Jacques SAMELA.

Industrie & Territoires : L'Eldorado de la presqu'île guérandaise
Industrie & Territoires : L'Eldorado de la presqu'île guérandaise

Suite au confinement, et à l’émission « Echappées belles », que je visionnais tous les dimanches matin durant mes séances de vélo d’appartement, j’ai décidé de me rendre cet été en Loire Atlantique, où j’ai pu découvrir entre autres et avec intérêt ce que l’on appelle ici-bas l’or blanc de Guérande.

Et comme mon idée était justement de vous proposer des sujets consacrés à des territoires et leurs particularités économiques, c’est donc avec ce produit que nous connaissons tous pour l’utiliser dans nos cuisines que je commence cette nouvelle série, trouvant sa source en bordure de l’océan atlantique, situé entre les embouchures de la Loire et de la Vilaine, sur la dite presqu’ile de Guérande.

Représentés donc sous la forme de marais, salants donc, ils s’étendent sur près de 2 000 hectares, avec une première trace d’activité de récolte du sel vers l’âge de fer, ensuite au 3ème siècle avec les romains, qui l’utilisèrent comme salaire (salarium) pour payer, sous la forme de ration de sel, les légionnaires, et prolongée au 10ème siècle par les moines de l’abbaye de Landévennec, qui grâce à l’étude des marées, du vent, et du soleil, firent que cette particularité devint ce qu’elle est aujourd’hui encore, avec ses contours si particuliers. Cinq salines encore exploitées aujourd’hui trouveraient quant à elles leur origine à l’époque carolingienne.

Photo J.S
Photo J.S
Photo J.S
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Photo J.S

Mais avant de continuer plus en avant, je souhaite vous présenter le processus menant à l’élaboration du sel, qu’il soit sous forme de gros sel(1), de sel fin (2), ou de fleur de sel (3), considéré comme le caviar de cette production locale.

Donc pour commencer, l’océan atlantique pénètre durant les grandes marées les nombreux bras de mer appelés les traicts, remonte par la suite un système de canaux appelés les étiers, avant de finir sa route dans différents bassins appelés eux des vasières, premiers de plusieurs autres appelés eux cobiers, fares et adernes, servant de bassins d’évaporation et de réserves journalières pour alimenter les derniers bassins dans la chaine de production, connus sous le nom d’œillets.

Et ce sont donc dans ces œillets que le sel se cristallise avant d’être travaillé par l’exploitant de ce terrain agricole, car cela en est un, que l’on appelle un paludier ou cueilleur de sel, récoltant toujours le sel comme autrefois, à l’aide notamment d’un outil en bois appelé le Las, lui permettant de pousser le sel sur le bord des bassins, et ensuite sur une surface en argile, dédiée à cet usage, afin que le sel recueilli puisse s’égoutter pendant la nuit, prêt le lendemain à être rajouté à un tas beaucoup plus grand, en attente lui d’être enlevé pour finir dans les usines de transformation, et ensuite sur nos tables

Photos J.S
Photos J.S
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Alors, il faut savoir que des marins salants ils en existent également ailleurs en France (www.selsdefrance.org), ce qui fait que le secteur dans son ensemble représente près de 4 500  emplois directs et indirects, avec depuis quelques années une baisse généralisée des exportations, surtout en Europe, dû certainement à l’attention particulière des consommateurs d’aujourd’hui sur une utilisation massive de sel et ses conséquences sur la santé.

Mais pour revenir à Guérande, ce sont près de 80 collaborateurs et plus de 200 paludiers qui y animent encore l’extraction et la production du sel sur ce territoire, avec bon an mal an,  près de 13 000 tonnes de sel recueilli, représentant au final un chiffre d’affaires annuel de 25 millions d’Euros. A l’échelle individuelle, un paludier guérandais produit en moyenne à lui tout seul entre 60 et 90 tonnes de gros sel, et de 2 à 3 tonnes de fleur de sel par an.
 

Seulement voilà, cette activité de plein air est bien évidemment soumise aux aléas de la nature, de plus en plus capricieuse, et pas seulement causée par la mer. Car par exemple, après de fortes pluies, il faut savoir que c’est une semaine de travail qui se perd à chaque fois, et paradoxalement, les périodes de sécheresses, que nous vivons depuis un certain temps, n’amènent pas toujours des désagréments, car cette année, avec celle survenue en juillet, la récolte était même plutôt en avance, puisqu’au moment de ma visite, mi-août, elle était déjà en attente pour être traitée et transformée, permettant finalement aux exploitants de préparer bien en avance la prochaine saison, peaufinant et réparant au mieux leur outil de travail.

Photos J.S
Photos J.S
Photos J.S
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Photos J.S

Comme quoi, le réchauffement planétaire, si cela est bien cela, peut avoir aussi du bon, même si à moyen ou long terme, la question de la montée des eaux, attendue, se posera de toute manière, obligeant les acteurs à se poser (doublement donc) les bonnes questions, ce qu’ils ne manquent pas de faire dès à présent, avec le souhait justement  de relever très prochainement de plus d’un mètre les digues du marais salant,  installées là pour la protection des salines entre le XVIIème et le XVIIIème siècle, et fortement endommagées durant la tempête Xynthia de 2010.

Mais comme à leur habitude, loin de baisser les bras, les exploitants souhaitent plus que tout pérenniser pour de très nombreuses années leur activité, ce qu’ils firent par déjà par le passé, où un projet de marina et de rocade routière était en passe l’air de rien de détruite ce patrimoine vivant, mais finalement abandonné, car que ce soit justement les exploitants, accompagnés par des riverains, des écologistes du cru, ainsi que des universitaires, ils réussirent en se fédérant à combattre ce projet fou, pour obtenir après d’âpres batailles, une victoire éclatante, complétée en 1972, par la création d’ un regroupement d’une centaine de paludiers sous l’appellation « Le Guérandais », obtenant par la suite , en 1988, le statut de coopérative agricole, et en 2012, la consécration, avec l’obtention de l’IGP (Indication géographique protégée), sous la double appellation « Sel de Guérande » et « Fleur de sel Guérande ».

Et depuis, ces produits sont vendus dans plus de 50 pays.

Donc, pérenniser pour de très nombreuses années, voire quelques siècles encore, afin que justement cette spécificité régionale s’éternise dans le temps, voici donc ce qu’est et sera la mission première de ces hommes et de ces femmes, travaillant chaque jour les pieds dans l’eau pour le bonheur de nos papilles.

Et  comme le disait Jules César, Alea Jacta Est (les dés sont jetés), tout doit rester tel quel dans ce petit territoire de France,  si particulier, et pour l’éternité. On peut faire confiance à ceux qui le façonnent chaque jour.

1/ Le gros sel est un sel marin provenant directement de l’eau de mer. Sa structure à gros grains permet de le distinguer des autres types de sel. Pour cause, les grains du gros sel ont un diamètre pouvant aller jusqu’à 6 millimètres. On l’obtient par évaporation de l’eau de mer, plus celle-ci est lente et plus les grains de sel seront gros. Après évaporation, le gros sel peut être lavé, tamisé et raffiné. Contrairement à la fleur de sel et bien qu’il en existe différentes variétés, le grain de gros sel est dur, sec, légèrement translucide et nacré. Certaines variétés de gros sel non raffinées et non lavées ont une couleur qui se rapproche du gris cendré. Comme les autres variétés de sel, le gros sel est composé majoritairement de chlorure de sodium. www.cuisineaz.com   

2/  Sel séché et broyé finement. Il est blanc ou gris et souvent non complètement sec si c'est du sel de salins et blanc et très sec s'il s'agit de sel gemme de salines. www.encyclopedie.fr

3/ La fleur de sel est formée de petits cristaux qui se forment à la surface des marais salants les jours où l'évaporation est importante. Ces cristaux blancs peuvent prendre une teinte légèrement rosée ou violette, ceci étant dû notamment à une algue rouge microscopique, la Dunaliella. Contrairement au sel, qui est de forme cubique, la fleur de sel est légèrement pyramidale.
La fleur de sel est ramassée avec précaution à l'aide d'un râteau en bois de châtaignier, la lousse, puis mise à sécher au soleil. Traditionnellement, la fleur de sel était ramassée par les femmes. www.marmiton.org

Jacques Samela

 

Sources :

. www.leguerandais.fr

. www.selsdefrance.org

. https://actu.fr/pays-de-la-loire/guerande_44069/guerande-salicornier-l-autre-cueilleur-des-marais-salants_36118691.html

 

Vu et lu dans Le Parisien Weekend n° 23636 du 28/08/20

Vu et lu dans Le Parisien Weekend n° 23636 du 28/08/20

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Le Commissariat au plan ?

Publié le par Jacques SAMELA.

Le Commissariat au plan ?
Le Commissariat au plan ?

Au-delà du nominé, dont je parlerai brièvement à la fin du sujet, qu’est-ce vraiment que cette fonction de commissaire au plan qu’il vient d’obtenir, mais surtout, à quoi va servir la renaissance du commissariat au plan, ou CGP ?

Créé en 1946 par le général de Gaulle, avec comme mission, au sortir de la 2ème guerre mondiale, de formuler au gouvernement, en place et d’unité nationale, des propositions pour préparer les prochaines années, et censées répondre aux problématiques de l’époque qui étaient d’accroître la production industrielle et les échanges commerciaux, assurer le plein emploi, porter le rendement du travail au niveau des pays les plus en avance dans ce domaine, et pour finir, élever le niveau de vie des français, très impactés par ces six années de guerre.

L’accent fut donc porté sur des secteurs clés de l’époque comme le charbon, l’électricité, la sidérurgie, les matériaux de construction, les transports et le machinisme agricole, rejoint par la suite (1947) par les carburants et les engrais.

Son premier commissaire en fût Jean Monnet (1888-1979), considéré aujourd’hui comme l’un des pères fondateurs de l’UE (http://competitiviteinfrance.overblog.com/2018/09/le-rendez-vous-de-l-europe-les-peres-fondateurs.html).

Loin de valoir, dans l’esprit tout au moins, la dite planification à la soviétique, les actions, que l’on nomma plans quinquennaux, ont pendant 40 ans répondus à divers moments importants de la France, comme l’essor industriel, la modernisation des équipements collectifs, l’aménagement du territoire, ou encore à l’avènement de situations particulières comme l’entrée de la France dans le marché commun, la guerre d’Algérie, Mai 68, ou encore les chocs pétroliers. Reconnu en son temps par le président Mitterrand (1916-1996), qui, nouvellement réélu en 1988, disait même que les pays qui réfléchissent à leur avenir, sont en avance sur les autres, et qu’une nation à le droit de savoir où elle va.

Cependant, perdant peu à peu de sa raison d’être au fil des ans, dû certainement à une plus grande dépendance de l’économie française aux aléas d’un monde de plus en plus globalisé, il fût décidé en 2006 de le remplacer par un centre d’analyse stratégique, et en 2013 par une entité appelée France Stratégie (www.strategie.gouv.fr), devenant en cela un lieu de réflexion prospective, de débats, et d’élaboration de politiques nouvelles.

Et puis, survint cette crise sanitaire, assortie vraisemblablement d’une crise économique, ce qui a certainement fait dire et penser au gouvernement qu’à situation exceptionnelle, réponse exceptionnelle, avec la renaissance de cette entité, censée répondre aux problématiques du moment, nombreuses, mais aussi préparer la France de demain, privilégiant des domaines à fort potentiels, comme le seront certainement la transition énergétique, le numérique, l’arrivée de la 5G, la relocalisation effective d’entreprises de secteurs redevenus primordiaux pour l’indépendance de notre pays, une réorganisation territoriale plus poussée, donnant plus de pouvoirs aux régions, et bien d’autres, qui seront mis sur la table par l’équipe nouvellement créée par le commissaire au plan, François Bayrou donc, ancien ministre, maire de la ville de Pau (64), et allié politique d’Emmanuel macron, et qui dans le cadre d’un de ses livres, intitulé « Résolution française », expliquait déjà qu’il était un nostalgique de ses plans, ayant permis à la France de réfléchir à l’après, loin il est vrai d’être le cas du temps politique, beaucoup plus court, en raison bien évidemment des échéances électorales rythmant nos démocraties.

Son vœux a donc été exaucé, souhaitons-lui bien évidemment réussite, car de celle-ci, décidera de notre futur proche et plus lointain.

Jacques Samela

 

Sources :

. Wikipedia

. https://www.leparisien.fr/politique/qu-est-ce-que-le-commissariat-au-plan-que-macron-envisage-de-ressusciter-13-07-2020-8352051.php

. https://www.francetvinfo.fr/politique/jean-castex/gouvernement-de-jean-castex/qu-est-ce-que-le-haut-commissariat-au-plan-que-veut-ressusciter-le-gouvernement_4041727.html

 

 

Vus et lus dans Les Echos du 08/09/20
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