Le dossier du mois : Les pôles de compétitivité.

Publié le par Jacques Samela.

Créés en 2005, après un appel à projets du gouvernement de l'époque, les pôles de compétitivité (www.competitivite.gouv.fr) sont devenus aujourd'hui de véritables "usines à projets".

Mais, qu'est-ce qu'un pôle de compétitivité ?

Imaginés à l'époque (pas si lointaine) pour accélérer la croissance de l'économie française et de ses entreprises par l'innovation, ils rassemblent aujourd'hui des acteurs (entreprises petites et grandes, laboratoires de recherche, établissements de formation, collectivités) d'un même territoire, dont le but est de favoriser le développement de projets collaboratifs particulièrement innovants, de développer la croissance et l'emploi sur des marchés porteur en structurant et animant notamment des filières régionales dont le résultat est l'amélioration de l'attractivité de la France, grâce notament à une visibilité internationale renforcée.

Au nombre de 71, ils ont permis depuis le dépôt de 977 brevets, la création de 93 start-up, la mise en place de 3 748 projets labellisés et de 2 500 innovations.

Et, au vu de la deuxième évaluation des pôles de compétitivité confié au consortium Bearing - Erdyn - Technopolis ITD, et piloté par la Dgcis (www.dgcis.redressement-productif.gouv.fr) et la datar (www.datar.gouv.fr), le constat est plus que positif, avec notamment comme recommandation principale de reconduire la politique des pôles de compétitivité, devenus des communautés d'échanges dédiés à l'innovation, et dont l'efficacité de leurs actions est mise en évidence, la majorité des entreprises membres déclarant même avoir augmenté leurs investissements en R & D depuis leur adhésion, leur chiffre d'affaires, ainsi que leur capacité à exporter. Et près de 66 % de ces mêmes entreprises affirment également avoir créé des emplois et + de 80 % en avoir maintenu.

Je rappelle que la première évaluation en 2008 avait conclu au dynamisme des structures naissantes et à la mobilisation prometteuses des entreprises, même si des choses sont à revoir aujourd'hui, comme justement le positionnement de cette politique dans la stratégie actuelle de l'Etat, la consolidation par ses acteurs (l'Etat, les collectivités) du FUI (fond unique interministériel d'aide à la R & D), afin d'assurer une plus grande robustesse financière à ces structures, car, avec un tarissement de la manne publique (256 millions d'Euros en 2008, 149 millions d'Euros en 2011), le nombre de projets financés est justement passé de 222 à 156, d'ou l'idée à l'avenir que les pôles se devront de développer des revenus d'origine privé pour palier aux manques de financement de l'Etat.

Et, qui sont ces pôles de compétitivité ?

Tout d'abord, ils sont classifiés en trois catégories. Il y a les pôles mondiaux comme Aerospace Valley, Finance Innovation, Lyonbiopole, Medicen, Minalogic, SCS et Systematic, ensuite, les pôles à vocation mondiale comme I-Trans, Cap Digital, IAR, Axelera ou encore Mov'eo, et pour finir, les plus nombreux, les pôles nationaux comme Advancity, Plastipolis, Elopsys, Astech, etc...

Et sur l'ensemble de ces 71 pôles, 20 sont jugés très performants, 35 performants, et 16 moins performants.

Donc, au final, le résultat est plutôt positif, même si certains, notamment les 16 moins performants doivent revoir leur copie, et démontrer que leurs difficultés actuelles ne sont que passagères, car comme durant la précédente évaluation, six sur treize s'étaient vu retirer leur label.

Quant aux autres, les premiers de la classe, le 15ème appel à projets collaboratifs de R & D, lancé en novembre dernier, leur permettra de mettre justement en évidence de nouveaux projets innovants, susceptibles d'être sélectionné dans la liste des projets publié en mars 2013. C'est donc en cours d'évaluation, et je reviendrai sur le sujet pour rendre compte des résultats. A bientôt.

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