Brevets (suite)

Publié le par Jacques SAMELA.

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Brevets : malgré un léger recul, la France maintient son rang en Europe

https://www.lesechos.fr/industrie-services/services-conseils/brevets-malgre-un-leger-recul-la-france-maintient-son-rang-en-europe-1398405

Pauline Verge / Publié le 5 avr. 2022

Avec 10.537 demandes déposées auprès de l'Office européen des brevets en 2021, la France conserve la deuxième place des pays européens les plus innovants. Particulièrement dynamique, le secteur des transports.

 

L'Hexagone conserve sa place de deuxième pays européen le plus innovant. En 2021, les entreprises et les instituts de recherche français ont déposé 10.537 demandes de brevets, derrière l'Allemagne (25.969 demandes) et devant la Suisse (8.442 demandes), indique l'Office européen des brevets (OEB) dans son baromètre publié ce mardi. Après une performance remarquée en 2020, lorsque les demandes de brevets françaises étaient reparties à la hausse malgré la pandémie, l'année 2021 est marquée par un léger recul (-0,7 %) en France.

Les chiffres français témoignent en réalité « d'un retour à la normale », après une forte hausse des demandes dans le secteur de la pharmacie en 2020, tirées vers le haut par la pandémie, analyse Yann Ménière, économiste en chef à l'OEB.

A l'échelle mondiale, ce constat s'inverse : le « trou d'air » observé en 2020 (- 0,7 % par rapport à 2019) a été compensé par une augmentation plus forte en 2021. En hausse de 4,5 % par rapport à l'année précédente, les 188.600 demandes de brevets déposées dans le monde auprès de l'OEB marquent ainsi un nouveau record.

Le secteur des transports investit dans la transition écologique

Les inventeurs français ont été particulièrement actifs dans les domaines des transports (1009 demandes, en hausse de 0,4 %), devant les technologies médicales (719 demandes, en baisse de 3 %) et l'informatique (669 demandes, en hausse de 5,5 %). « On observe dans le secteur des transports une réallocation des investissements de recherche, avec une baisse de la voilure sur les moteurs thermiques et une forte dynamique autour des véhicules intelligents et des véhicules hybrides », pointe Yann Ménière.

Ford met le paquet dans la voiture électrique en Europe

Le dynamisme du secteur s'explique également par un « boom » de l'innovation dans l'aéronautique, là encore vers des technologies liées à la décarbonation des appareils. Safran confirme cette tendance en s'imposant comme l'entreprise française à l'origine du nombre le plus important de demandes de brevets (540 demandes, soit 27,4 % de plus qu'en 2020). A la deuxième place, le Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) mène la danse du côté des organismes de recherche.

A l'échelle internationale, l'Europe est à l'origine de 44 % des demandes de brevets. Le classement est dominé par les Etats-Unis, mais aussi de plus en plus par les pays asiatiques. « Pour la première fois, les demandes cumulées de la Chine, du Japon et de la Corée du Sud dépassent celles des Etats-Unis », souligne l'économiste en chef à l'OEB. En cause, le dynamisme de ces pays dans les secteurs des technologies numériques et des technologies digitales, au sein desquels ils jouent un rôle moteur.

Les trois entreprises qui ont déposé le plus de demandes de brevet dans le monde sont d'ailleurs des sociétés asiatiques qui évoluent toutes dans ces secteurs, à savoir Huawei (3.544 demandes), Samsung (3.439 demandes) et LG (2.422 demandes).

 

 

«Un puissant pôle d’innovation émerge en Asie », pointe Yann Ménière, de l’Office européen des brevets

«Un puissant pôle d’innovation émerge en Asie », pointe Yann Ménière, de l’Office européen des brevets (industrie-techno.com)

FRÉDÉRIC MONFLIER / Publié le 05/04/2022

 

L’Office européen des brevets (OEB) publie son baromètre annuel de l’innovation sur le territoire européen. Chef économiste à l’OEB, Yann Ménière souligne la montée en puissance du bloc asiatique, en particulier dans le numérique.

Industrie & Technologies : la demande de brevets auprès de l’OEB a progressé de 4,5% en 2021. Cette croissance est-elle particulièrement dynamique ?

Yann Ménière : Elle est supérieure à la croissance tendancielle de 2 à 3% sur la décennie. Mais elle marque en réalité un retour à la normale, après le tassement causé par la pandémie l’an dernier. Les investissements en R&D s’inscrivent sur le long terme et sont donc peu sensibles aux conjonctures comme une crise sanitaire. Les crises économiques font exception car elles amputent les budgets.

Quelles sont les grandes tendances que vous observez ?

Un pôle d’innovation puissant, porté par la vague du numérique, émerge en Asie, principalement en Chine (+23,8% cette année et un quadruplement en dix ans) et en Corée du Sud. Pour la première fois, le cumul des demandes provenant du Japon, de la Chine et de la Corée du Sud dépasse celui des Etats-Unis. La tectonique des plaques a bougé. Par ricochet, la part de l’Europe baisse relativement, malgré sa croissance - quoique modérée - dans l’absolu.

Concernant la Chine, Huawei est devenu le premier demandeur de brevets en Europe en 2021 (succédant à Samsung, ndlr, désormais deuxième) et les demandes liées à l’IA et à la reconnaissance d’image ont doublé par rapport à 2020. L’Europe est plus spécialisée dans les industries traditionnelles, notamment les transports. Les efforts en R&D sont réalloués aux véhicules électriques et intelligents, au détriment des véhicules traditionnels.

Tous pays confondus, l’aéronautique a enregistré une forte augmentation de 22,9 %, liée à la transition énergétique et aux recherches sur les biocarburants, l’hydrogène et l’électrique. La France se distingue avec Safran (540 demandes, +27,4%)

L’OEB considère la France comme le deuxième pays européen le plus innovant, après l’Allemagne. Comment l’analysez-vous dans le détail ?

Les reports et les ajustements dus à la pandémie étant difficiles à déchiffrer, le bilan de ces deux dernières années est positif, malgré un léger recul en 2021(-0,7%). Le diagnostic européen s’applique à la France et les secteurs habituels sont en tête, dont le transport et le médical. Si la croissance dans le transport est faible (+0,4%), la propulsion électrique connaît une hausse de 16 % par exemple. L’industrie médicale et les biotechnologies sont quant à elles à la baisse, après le pic de 2020 consécutif à la crise sanitaire.

En revanche, l’évolution est forte (+5,5%) dans le numérique. Voilà le signe  que l’ensemble de l’industrie française accomplit sa transition numérique, les technologies informatiques étant diffuses.

L’Île de France concentre presque deux tiers des demandes de brevets en France. Quelle est votre explication ?

En Europe, l’Île de France occupe même la deuxième place, derrière la Bavière. Elle forme un hub de classe mondiale caractérisé par la grande variété des acteurs – industries, milieux académiques et start-ups – et des domaines techniques. C’est son originalité.

Les autres régions françaises sont plus spécialisées : l’industrie pharmaceutique à Lyon, l’électronique et les semi-conducteurs à Grenoble, avec la présence du CEA et de ST Microelectronics. La région Occitanie, où sont implantés Safran, Airbus et tout un écosystème, est quant à elle motrice (+23,2%) dans les innovations visant à décarboner le secteur aéronautique.

De façon générale, ces demandes de brevet se soldent-elles par du concret ?

D’après l’enquête que nous avons conduite auprès de PME européennes ayant déposé des demandes de brevets à l’OEB, deux tiers de ces inventions sont commercialisées ou industrialisées. La proportion n’est plus que d’un tiers pour les universités, mais ce n’est pas surprenant : la recherche s’effectue beaucoup plus en amont et s’avère plus risquée.

http://competitiviteinfrance.overblog.com/2015/04/france-brevets-valorisation-a-la-francaise.html

 

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