Atos, Duralex (suites)
Atos choisit Onepoint et David Layani pour sa restructuration financière
Le 11 juin 2024
Après une longue attente et de nombreuses spéculations, le verdict est enfin tombé pour Atos.
Le groupe informatique français, lourdement endetté, a annoncé mardi qu’il acceptait l’offre de reprise du consortium mené par Onepoint, son principal actionnaire, écartant ainsi la proposition de l’homme d’affaires tchèque Daniel Kretinsky.
« Atos travaillera avec le consortium Onepoint (emmené par David Layani) pour parvenir à un accord définitif de restructuration financière qui sera ensuite mis en œuvre par le biais d’une procédure accélérée dédiée d’ici à juillet 2024 », a indiqué Atos dans un communiqué. L’offre de Onepoint, qui bénéficie du soutien de nombreux créanciers financiers d’Atos, assure ainsi une plus grande certitude quant à la conclusion de cet accord.
Une crise financière prolongée
Embourbé dans une crise financière depuis près de trois ans, Atos a vu sa valorisation boursière chuter à des niveaux inédits, descendant sous le seuil des 2 euros. En février, l’entreprise avait alors initié une procédure de restructuration sous la direction de l’experte en redressement Hélène Bourbouloux, notamment connue pour son travail sur les dossiers Casino et Orpéa.
Pour maintenir son activité, Atos avait alors déclaré avoir besoin de 1,1 milliard d’euros de liquidités pour la période 2024-2025 et visait à réduire sa dette brute de 3,2 milliards d’euros, contre actuellement à 4,8 milliards d’euros. C’est donc dans ce contexte que de nombreuses offres ont vu le jour.
Une bataille acharnée
Pourtant, l’offre de Onepoint, en concurrence avec celle de Daniel Kretinsky, allié au fonds Attestor, est celle qui a finalement été retenue. David Layani, patron de Onepoint, associé à l’homme d’affaires Walter Butler, à la société Econocom et à plusieurs créanciers, a ainsi mené une intense bataille en coulisses afin d’avoir le dernier mot. Notons d’ailleurs que cette rivalité a retardé à plusieurs reprises le calendrier fixé par la direction d’Atos.
L’offre de Onepoint prévoit un effacement de la dette à hauteur de 2,9 milliards d’euros, convertis en fonds propres. En outre, elle inclut un apport de 1,5 milliard d’euros sous forme de dette et une augmentation de capital de 250 millions d’euros. Cela aboutira à une nouvelle répartition du capital avec 21 % pour le consortium mené par Onepoint et 9 % pour les titulaires d’obligations.
De nombreuses tentatives
Kretinsky, après de longues discussions et deux révisions de son offre, n’a pas réussi à convaincre les créanciers d’Atos. Ce revers marque un rare échec dans la trajectoire ascendante de l’homme d’affaires tchèque, qui poursuit toutefois ses acquisitions, notamment l’opérateur postal britannique Royal Mail pour 4,2 milliards d’euros, 20 % des activités sidérurgiques de Thyssenkrupp et le contrôle du distributeur français Casino.
David Layani, de son côté, après avoir échoué à racheter les activités stratégiques d’Atos en 2022 et être devenu le premier actionnaire avec 9,9 % puis 11,4 % du capital fin 2023, réussit enfin son pari. Onepoint, avec ses 3 300 employés et un chiffre d’affaires revendiqué de 500 millions d’euros, s’est imposé face à Daniel Kretinsky, dont l’empire s’étend sur les secteurs de l’énergie, de la distribution et des médias.
L’intervention de l’État français
En parallèle de cette restructuration financière, l’État français a réaffirmé son intention d’acquérir les activités jugées stratégiques d’Atos. Ces activités incluent alors les supercalculateurs pour la dissuasion nucléaire, des contrats avec l’armée française et également des produits de cybersécurité. Ainsi, une offre pour acquérir ces branches, valorisées entre 700 millions et 1 milliard d’euros, est attendue pour mi-juin.
De plus, rappelons que le ministère de l’Économie a accordé un prêt de 50 millions d’euros à Atos et acquis une action de préférence pour mettre son veto à certaines opérations de Bull, la filiale spécialisée dans les supercalculateurs.
Un rôle crucial pour les JOP-2024
Enfin, partenaire informatique mondial du Comité international olympique (CIO) depuis 2002, Atos jouera un rôle clé lors des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 de cet été. Le groupe sera responsable de la gestion des accréditations, de la diffusion instantanée des résultats et de la cybersécurité, confirmant son importance dans le secteur technologique.
Ainsi, avec l’acceptation de l’offre de Onepoint, Atos espère tourner la page de sa crise financière et assurer sa pérennité. Cette décision marque donc un tournant pour l’entreprise, qui devra maintenant mettre en œuvre les mesures nécessaires pour redresser sa situation et continuer à jouer un rôle clé dans le secteur technologique mondial.
http://competitiviteinfrance.overblog.com/2019/05/atos-le-mousquetaire-du-numerique.html
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Duralex : soulagement pour la verrerie française, la justice accorde un délai supplémentaire aux potentiels repreneurs
Le 06 Juin 2024
Le tribunal de commerce d'Orléans a annoncé mercredi qu'il accordait un délai supplémentaire de trois semaines aux potentiels repreneurs de Duralex. Mardi, la verrerie a étudié quatre lettres d'intention reçues en vue de la reprise de l'entreprise.
Voilà de quoi respirer... du moins pour quelques semaines. Mercredi, le tribunal de commerce d'Orléans a accordé un délai supplémentaire de trois semaines aux potentiels repreneurs de Duralex, a annoncé le secrétaire du CSE de l'entreprise de verrerie française en redressement judiciaire.
La décision du tribunal, au terme d'une audience à huis clos dans l'après-midi, fait suite à une demande des syndicats de l'entreprise après l'étude - mardi lors d'une réunion extraordinaire du comité social d'entreprise (CSE) - de quatre lettres d'intention reçues par la société.
« On a obtenu un report du dépôt d'offres au 28 juin à 18h00 ainsi qu'une prochaine audience au tribunal de commerce le 17 juillet », a indiqué aux médias à l'issue de l'audience le secrétaire du CSE de Duralex, Vasco Da Silva.
Jusqu'à la date butoir fixée par le tribunal, de nouvelles offres peuvent ainsi être déposées auprès de l'entreprise.
Quatre propositions de rachat
Parmi les quatre propositions étudiées mardi lors de la réunion extraordinaire du CSE au siège de Duralex, à La Chapelle-Saint-Mesmin (Loiret), figurent deux banques, un fonds d'investissement ainsi qu'une société coopérative et participative (Scop), dans laquelle près de 130 salariés se sont déclarés prêts à mettre 500 euros.
Mais « pour l'instant, aucune des offres n'est complète, sérieuse ou aboutie », a indiqué mardi une source syndicale auprès de l'AFP, estimant que seule la Scop permettrait, pour l'heure, de « reprendre tous les actifs sociaux et maintenir l'ensemble des 227 emplois » de l'entreprise.
« Tout ce qu'on souhaite, c'est une reprise avec tous les salariés et dans les meilleures conditions possibles », a souligné Vasco Da Silva, avant de préciser que les syndicats n'ont, à l'heure actuelle, aucune information sur l'identité des repreneurs potentiels. Si la CFDT et le secrétaire du CSE de Duralex ont affirmé soutenir le projet de Scop porté par une partie des salariés de la verrerie, seule une offre industrielle permettrait une continuité de la production de l'entreprise.
Deux options s'offrent désormais à la verrerie pour son avenir : soit Duralex a les moyens de poursuivre son activité et celle-ci se dirige vers une cession, soit il faudra envisager une liquidation. « On espère avoir le moins de casse sociale possible », a déclaré un représentant syndical, soulignant que les salariés « commençaient à avoir l'habitude de ce type de situation ».
De son côté, le gouvernement a assuré « être prêt à accompagner Duralex (si) une offre de reprise solide émerge ».
Victime de la crise de l'énergie
Fin avril, la mythique verrerie avait pris de court salariés, organisations syndicales et responsables publics en demandant une nouvelle fois à être placée en redressement judiciaire, trois ans après une précédente procédure. Le tribunal, qui avait accepté la demande, avait alors nommé un mandataire judiciaire et deux administrateurs judiciaires pour une période d'observation de six mois.
Mais les difficultés que rencontre l'entreprise de verrerie ne sont pas nouvelles. « Duralex est en difficulté depuis pas mal d'années », concédait ainsi la nouvelle PDG de l'entreprise, Géraldine Fiacre, dans un entretien au quotidien régional La République du Centre fin avril. « En 2021, nous avions un beau projet verrier, mais la crise énergétique a été le plus gros frein qui a entraîné la mise en veille du four », expliquait-elle, ajoutant qu'en 2023, l'entreprise a « subi une forte chute de la consommation ».
L'entreprise a, en effet, subi de plein fouet la flambée des prix du gaz consécutive à l'invasion de l'Ukraine par la Russie début 2022. Elle avait été sauvée temporairement la même année par un prêt de 15 millions d'euros de l'État, qui lui avait permis de rouvrir son four verrier et de relancer sa production après cinq mois de fermeture. Mais dès 2023, de nouvelles difficultés ont émergé, que la direction attribue à l'inflation, à un environnement de consommation « en fort retrait » et à une « concurrence exacerbée ». En outre, Duralex a été condamnée à payer les droits à polluer de son ancien exploitant. Ce jugement « rendu mi-mars », contre lequel la société a annoncé son intention de faire appel, « compromet sérieusement la santé financière de NDI et sa capacité à maintenir ses activités de manière durable », avait-elle indiqué.
Atouts significatifs
Affaibli, Duralex dispose néanmoins d'atouts significatifs : à commencer par un savoir-faire reconnu et unique. Fondée en 1945 par Saint-Gobain, la marque fait partie intégrante du patrimoine industriel français et devrait ainsi ne pas manquer de postulants, d'après un expert du secteur de la verrerie.
Elle dispose aussi d'une notoriété nationale et internationale. Verres des restaurants scolaires, mais aussi objets design de la boutique du MoMA de New York, contenants à whisky pour James Bond dans Skyfall, ses créations sont connues dans le monde entier.
http://competitiviteinfrance.overblog.com/2024/05/duralex-vraiment-incassable.html
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