Le 14 juillet 2024 (déroulé, rappel et fiction ou réalité ?)

Publié le par Jacques SAMELA.

Le 14 juillet 2024 (déroulé, rappel et fiction ou réalité ?)
Le 14 juillet 2024 (déroulé, rappel et fiction ou réalité ?)
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Le 14 juillet en Avignon de André Lhote (1885-1962) / Musée des Beaux-Arts de Pau (64)

Le 14 juillet en Avignon de André Lhote (1885-1962) / Musée des Beaux-Arts de Pau (64)

 

Le célèbre défilé militaire qui commémore l'histoire du 14 juillet n'aura lieu pas lieu cette année sur les Champs-Elysées en raison des Jeux Olympiques de Paris. On vous dit tout sur le déroulé de la cérémonie.

https://www.linternaute.com/sortir/guide-des-loisirs/1030307-14-juillet-2024-le-traditionnel-defile-change-son-programme-en-raison-des-jo/

 

C'est un incontournable du 14 juillet. Le grand défilé militaire qui se tient habituellement sur la plus belle avenue du monde à Paris et qui entame traditionnellement les festivités de ce jour de fête nationale n'aura pas lieu cette année sur les Champs-Elysées, mais sur l'avenue Foch en raison des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024. "La cérémonie débutera sur la place Charles-de-Gaulle, avant d'emprunter l'avenue Foch pour un défilé plus court d'un tiers", explique le général Christophe Abad, gouverneur militaire de Paris. "La séparation des unités devant la tribune présidentielle s'opérera dans un espace beaucoup moins large que celui offert place de la Concorde (...) De fait, le millésime 2024 devrait se caractériser par une proximité, une intimité inédite avec le public, ce qui va lui conférer une dimension particulière".

Si le nombre de défilants à pied est réduit à 4 000 et le défilé motorisé annulé, les défilés avions et hélicoptères auront bel et bien lieu comme d'habitude. Pour cette édition, une double thématique est annoncée : "l'olympisme et les armées" d'une part et les 80 ans de la Libération de la France d'autre part. Découvrez ci-dessous le déroulé du défilé militaire heure par heure.

Quel est le déroulé de la cérémonie du 14 juillet ?

  • 10 heures : arrivée du Président de la République Emmanuel Marcon sur l'avenue de Friedland.
  • 10h10 : honneurs rendus au Président de la République en bas de l'avenue Foch.
  • 10h16 : animation initiale sur le thème des 80 ans des Débarquements, de la Libération de la France et de la Victoire.
  • 10h32 : défilé des hélicoptères et des avions.
  • 10h36 : défilé des troupes à l'honneur, suivi du défilé des troupes à pied.
  • 11h17 : défilé des avions.
  • 11h23 : défilé à cheval.
  • 11h25 : animation finale sur le thème "Les armées et l'olympisme".
  • 11h41 : départ du Président de la République Emmanuel Marcon.

Quelle est l'histoire de la cérémonie du 14 juillet ?

Après le 14 juillet 1880, le défilé militaire devient une institution. Le 14 juillet 1919, les maréchaux Foch, Joffre et Pétain défilent à cheval sur les Champs-Elysées - passant même sous l'Arc de Triomphe - pour célébrer la victoire dans la Première guerre mondiale acquise quelques mois plus tôt. C'est à ce moment que le traditionnel défilé du 14 juillet prend ses quartiers sur l'avenue la plus célèbre de Paris. Après une éclipse pendant la Seconde guerre mondiale, le défilé du 14 juillet prend son aspect actuel avec la multiplication des chars et des avions. Certains présidents de la République apportent cependant des innovations de courte durée.

Pendant son mandat, Valéry Giscard d'Estaing déplace le défilé dans d'autres artères de Paris, comme le Cours de Vincennes, l'Ecole militaire ou encore entre Bastille et République à Bastille. En 1982, François Mitterrand repoussait le défilé à la nuit tombée. Le cérémonial est parfaitement huilé. Les répétitions du défilé ont lieu en général le 12 juillet aux aurores, soit deux jours avant la date clé. Il s'ouvre avec le passage des avions et hélicoptères. En tout, ce sont environ 4 000 soldats qui défilent sur les Champs-Elysées à un rythme de 120 pas par minute. Les élèves d'écoles prestigieuses comme Saint-Cyr se présentent en grand uniforme. La marche est traditionnellement clôturée par les unités de la Légion étrangère, célèbres pour leur barbe volumineuse et leur pas plus lent.

Quand le 14 juillet est-il devenu la fête nationale de la France ?

Pendant près d'un siècle, la commémoration du 14 juillet est abandonnée. Elle réapparaît en 1880, sous la IIIe République. Le régime, pour se consolider, cherche à construire un nouvel imaginaire national, autour de symboles républicains. C'est ainsi que la Marseillaise devient hymne officiel et le 14 juillet fête nationale. Mais la proposition, qui émane du député de la Seine Benjamin Raspail, n'est pas accueillie unanimement par l'Assemblée. Certains députés mettent en cause la violence du 14 juillet 1789. Et c'est finalement autour du 14 juillet 1790 que se fait le consensus !

Cette année là, on inaugure également le monument surmonté de la statue de la place de la République, et partout sont donnés concerts et feux d'artifices. "La colonne de Juillet" qui surplombe la place de la Bastille, elle, ne se réfère pas au 14 juillet 1789. Elle porte le nom des victimes des journées révolutionnaire de juillet 1830, les "Trois glorieuses".

Que s'est-il passé le 14 juillet 1789 ?

Le 14 juillet 1789 est dans tous les esprits quand on évoque la Fête nationale. Cet été là, une grande agitation règne à Paris. Face au mécontentement populaire, le roi a réuni les Etats généraux, une assemblée des représentants de la noblesse, du clergé et du tiers-état. Ces derniers demandent une réforme profonde des institutions et, le 9 juillet, se proclament Assemblée nationale constituante. L'initiative inquiète le roi qui fait venir en secret des régiments suisses et allemands à proximité de Versailles. La rumeur court bientôt que les troupes royales se préparent à entrer dans Paris pour arrêter les députés. Le 12 juillet, un orateur harangue la foule qu'il appelle à réagir : c'est Camille Desmoulins, monté sur un tonneau, qui annonce une "Saint Barthélemy des patriotes".

Au matin du 14 juillet, des Parisiens en colère vont chercher des armes aux Invalides, puis se dirigent vers la vieille forteresse royale de la Bastille, en quête de poudre. Après une journée de fusillade sanglante, et grâce au ralliement de gardes nationaux, les Parisiens s'en emparent et entament sa démolition. Au final, ils ne libèrent que quelques prisonniers et malfrats sans envergure. Mais cette vieille prison médiévale incarne l'arbitraire de l'Ancien régime. En l'abattant, les Parisiens font tomber un rempart de l'absolutisme. Et cette journée, qui marque le début de la Révolution, restera dans les mémoires comme un jour de liberté.

Mais surprise : notre fête nationale ne commémore pas directement le 14 juillet 1789, même si cette première journée révolutionnaire a une portée symbolique. Le 14 juillet fait officiellement référence à un autre événement, moins connu, bien qu'appris par tous les élèves français dès leur plus jeune âge : la fête de la Fédération, organisée un an plus tard, le 14 juillet 1790...

Que s'est-il passé le 14 juillet 1790 ?

Après l'été 1789, partout dans les provinces françaises, se sont créées des "fédérations" régionales de gardes nationaux. Une réaction à l'affaiblissement du pouvoir central. Afin de contrôler ce mouvement spontané, la Commune de Paris, sous l'impulsion de Lafayette, décide de fonder une grande Fédération nationale regroupant des représentants des fédérations locales et de les réunir à Paris le 14 juillet. La cérémonie est censée célébrer la prise de la Bastille, un an après cette date symbolique, mais aussi apporter un semblant d'ordre et d'unité dans un pays en crise.

Le jour dit, 14 000 soldats fédérés arrivent donc à Paris et défilent sous la bannière de leur département, de la Bastille jusqu'au Champ-de-Mars. Sur une esplanade aménagée pour l'occasion, une grande messe est célébrée, à la suite de quoi le roi Louis XVI jure de maintenir "la Constitution décidée par l'Assemblée nationale". Les 400 000 Parisiens présents ce jour-là acclament leur souverain : la monarchie n'est donc pas remise en cause. L'aspiration à l'union nationale triomphe et la cérémonie se transforme en grande fête populaire. Mais la réconciliation nationale sera de courte durée. Deux ans plus tard, le roi est arrêté et condamné à mort.

Comment le 14 juillet est-il devenu un jour férié ?

Un décret du 6 juillet 1880 instaure un défilé militaire que l'on connaît encore aujourd'hui. Cet événement doit alors effacer le souvenir de la défaite militaire subie pendant la guerre de 1870, la perte de l'Alsace et d'une partie de la Lorraine au profit de l'Empire allemand, et fortifier la République qui n'a pas encore dix ans. La première édition du défilé militaire a lieu à l'hippodrome de Longchamp, où il restera jusqu'en 1914. Le défilé du 14 juillet va ensuite perdurer et devenir un incontournable de la fête nationale.

Mais la loi de 1880 installe aussi le 14 juillet comme jour férié. L'idée est alors de donner une journée non travaillée aux Français pour participer aux commémorations, mais aussi écouter leur président. Dès le 14 juillet 1880, à 12h30, les canons du Mont-Valérien tonnent au-dessus de la Seine avant de se taire pour un discours du président de la République, Jules Grévy. Le Petit journal s'extasie devant un "magnifique spectacle [...] que le soleil de juillet illuminait de ses plus radieuses clartés", évoquant "un vivant symbole d'union entre ces deux forces trop longtemps séparées, l'armée et la nation". Le journal populaire continue : "À l'émotion profonde, indicible, qui a tenu pendant vingt minutes, cent milles poitrines haletantes, on peut affirmer que pour cette foule qui se pressait autour des régiments massés, la remise des drapeaux revêtait sa signification vraie : la reconstitution de la France, la reconstitution de son armée nationale, s'affirmant enfin à la face du pays".

En quoi consiste la fête du 14 juillet ?

Au fil des années, le 14 juillet a connu bien des péripéties, mais aussi des évolutions qui l'ont transformé en fête générale voire globale, associant tous les Français dans des célébrations plus festives et populaires. En 1886, une femme, cantinière du 131e régiment d'infanterie, défile pour la première fois. En 1915, le défilé militaire se déplace du Champs-de-Mars aux Champs-Elysées et en 1919, le "défilé de la victoire" réunit sur place l'ensemble des forces des pays alliés.

En 1936, les syndicats se joignent, à leur façon, à la fête. Après le défilé militaire, un million de personne défilent à l'appel des organisations syndicales. De 1939 à 1945, dans le Paris occupé, la journée n'est pas célébrée. Le 14 juillet 1940, à Londres, le général de Gaulle réitère ses appels à la résistance. Mais en juillet 1945, on célèbre la Libération partout en France. Tous les ans depuis, le 14 juillet est l'occasion de tirer des feux d'artifices et d'organiser des bals populaires... Dans toute la France, des événements sont organisés le 14 juillet ou bien la veille au soir.

L'origine des bals du 14 juillet, et notamment du célèbre bal des pompiers, est d'ailleurs incertaine. Pour beaucoup, cette tradition remonte au début du XXe siècle, et serait née de la frustration des pompiers de ne pas pouvoir participer à cette grande fête. Les uns étaient en effet chargés de défiler avec les militaires quand les autres devaient rester en alerte pour prévenir les incidents et les incendies, courants, on le sait, quand des feux d'artifice sont tirés. Lors d'un 14 juillet indéterminé, des pompiers auraient invité des passantes à danser à l'entrée de leur caserne. Chaque année, ce rendez-vous s'est développé et installé jusqu'à ce que les amicales des pompiers organisent leur propre bal, le 13 ou le 14 juillet. Pour d'autres, c'est la date du 14 juillet 1937, qui signe le début des bals des pompiers. À Paris, à Montmartre, un sergent du nom de Cournet aurait décidé un jour lui aussi d'ouvrir les portes de sa caserne, donnant naissance à une grande fête, rapporte Libération qui a enquêté sur cette tradition en 2014. Cette version de l'histoire est notamment reprise sur le site Internet des pompiers de Paris. 

 

http://competitiviteinfrance.overblog.com/2020/07/ma-petite-histoire-du-14-juillet.html

 

Vu et lu dans Télérama du 10/07/24
Vu et lu dans Télérama du 10/07/24

Vu et lu dans Télérama du 10/07/24

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De la réalité à la fiction, ou l'inverse ?

https://www.telerama.fr/series-tv/le-defile-historique-d-un-village-francais,103929.php

 

Un défilé de maquisards en uniformes : c'est à la fois une scène d'“Un village français” et la réalité. Explications de cet épisode méconnu de la Seconde Guerre mondiale, avec Jean-Pierre Azéma, conseiller historique de la série.

Jour de fête à Villeneuve. Le 11 novembre 1943, les jeunes maquisards parviennent à défiler dans les rues de la ville pour célébrer les victoires d'« hier » et de « demain » contre l'armée allemande, au nez et à la barbe de l'occupant. Les scénaristes d'Un village français auraient-ils l'imagination trop fertile ? Pas vraiment…
Cette scène marquante du 10e épisode (diffusé mardi 29 octobre sur France 3) est directement inspirée d'un fait authentique : le défilé d'environ 200 maquisards en uniforme à Oyonnax (Ain), le 11 novembre 1943, sous les vivats de la population. Jean-Pierre Azéma, spécialiste de la période et conseiller historique de la série, raconte pour telerama.fr ce « coup médiatique » de la Résistance.

« A l'automne 1943, la Résistance a plutôt le vent en poupe. Elle s'est renforcée grâce aux réfractaires au Service du Travail obligatoire (STO) qui, plutôt que de partir en Allemagne, préfèrent entrer dans la clandestinité. Une partie d'entre eux se cache chez des amis ou des parents. D'autres, qui craignent les représailles envers leurs proches, vont se réfugier dans des régions forestières et/ou montagnardes. Certains vont se contenter d'attendre la fin de la guerre et se débrouiller tout seuls, d'autres vont être recrutés par l'Armée secrète pour devenir des résistants à part entière. Ces derniers vont ainsi constituer une petite armée… à ceci près qu'ils n'ont pas d'armes !

Il faut rappeler que les Anglais se méfient des résistants de l'intérieur qu'ils considèrent au mieux comme des éléments incontrôlables, au pire comme des branquignols. Ils refusent donc de leur envoyer des fusils, au profit des pays qui ont organisé la résistance armée : la Yougoslavie recevra ainsi plus de la moitié des armes parachutées par les Anglo-Saxons, devant d'autres pays balkaniques et la Grèce – la France est très loin derrière…

Il y a heureusement eu des exceptions. Dès juin 1940, Churchill avait mis en place la Special Operations Executive (SOE), conçue comme une machine de guerre secrète contre les Allemands. Des officiers anglais prennent ainsi contact avec les premiers résistants pour les aider à s'organiser. Ils se moquent de la couleur politique, seule compte l'efficacité. Deux cadres du SOE, l'Anglais Heslop et le Français Rosenthal, vont ainsi estimer que les maquis de l'Ain sont fiables, biens situés, et qu'ils peuvent gêner les Allemands. Au départ, les résistants de l'Ain n'avaient qu'une seule mitraillette Sten qu'ils se passaient de maquis en maquis pour s'entraîner ! Grâce au SOE, ils recevront d'autres armes, quoiqu'en moindre quantité que les maquisards du Vercors et des Glières. »

« La Résistance est tout sauf démocratique : l'organisation des maquis est militaire, et l'autorité du chef, primordiale. Dans l'Ain, Henri Petit, alias Romans, va se distinguer. C'est un ancien saint-cyrien, qui a combattu en 14 dans l'aviation, avant de faire du droit et de fonder une agence de publicité dans les années 1920. Après la défaite de juin 1940, il s'engage dans Espoir, un petit mouvement de résistance à Saint-Etienne.

Il a l'idée de créer des « Ecoles Maquis » pour distinguer et former des chefs, en réaction à l'Ecole des cadres d'Uriage fondée par le gouvernement de Vichy. Il met en place des maquis totalement autonomes de 60 personnes maximum, sous la direction d'un chef tout-puissant (qui est souvent le seul à connaître les chemins de fuite en cas d'attaque ennemie). Il impose une tactique qui va très bien marcher jusqu'au printemps 1944 : la guerilla – des accrochages brefs, des opérations de sabotages, des exécutions de collabos… Les maquisards de Romans-Petit ne cherchent jamais à prolonger l'affrontement : une fois le coup effectué, ils se sauvent vite pour revenir au maquis. Les Allemands rageaient car ils n'arrivaient jamais à les attraper… »

« Les Allemands et le gouvernement de Vichy avaient interdit les célébrations du 11 novembre. A l'automne 1943, Romans-Petit décide de passer outre, faisant passer le message que ce sera « le dernier 11 novembre de l'Occupation ». Il fait passer le message que des défilés seront organisés dans les principales villes de l'Ain, notamment à Bellegarde et Ambérieu. Mais c'est un leurre : un seul défilé est prévu, à Oyonnax, une ville de 12 000 habitants où il n'y a pas de soldats allemands et où les maquisards ont des complices hauts placés (le commissaire de police et le capitaine de gendarmerie soutiennent discrètement la Résistance).

Quelques jours avant, Romans-Petit et ses hommes vont braver le couvre-feu pour « répéter » discrètement et calculer, à la minute près, le déroulement du défilé. Le jour même, ils sont 200 hommes, venus de quatre maquis différents, à rejoindre Oyonnax en camions. Ils sont habillés comme des soldats, avec des uniformes volés deux mois plus tôt dans un camp de chantier de la jeunesse. Ils portent les armes que leur ont parachutées les Anglais, plus quelques-unes dérobées aux Allemands. 

C'est un vrai défilé militaire : les officiers marchent au pas avec leurs décorations, le porte-drapeau a des gants blancs (prêtés par des mariés !). Devant le monument aux morts, les maquisards déposent une gerbe en forme de croix de Lorraine avec l'inscription « Les vainqueurs de demain à ceux d'hier ». Ils lancent la sonnerie aux morts et chantent La Marseillaise au garde-à-vous. La population applaudit, il y a des scènes d'effusion. Mais au bout de 2 heures, tout le monde repart pour ne pas être intercepté par les Allemands… »

« Le défilé d'Oyonnax a bénéficié de ce que l'on appellerait aujourd'hui une « couverture médiatique », grâce à la présence sur place d'un photographe, André Jacquelain, qui travaillait pour le petit journal résistant Bir-Hakeim. A partir de décembre, ses photos vont être publiées dans différentes publications de la Résistance, mais aussi en Angleterre et jusqu'aux Etats-Unis. Un habitant d'Oyonnax a même filmé deux ou trois minutes du défilé avec sa caméra, mais ses images ne vont être découvertes que bien après la guerre. »

« Avec l'organisation de ce défilé, Romans-Petit voulait démontrer que le maquis, ce n'était ni l'anarchie, ni les « bandes » que dénonçait la propagande des Allemands et de Vichy. Mais, au contraire, des soldats bien entraînés, disciplinés et fiables, qui marchent au pas derrière leurs chefs. C'est une nouvelle étape très positive pour la Résistance, après la réunion de l'assemblée consultative à Alger (où De Gaulle devient le vrai patron politique au détriment de Giraud) et la libération de la Corse, en septembre 1943.

Le problème, c'est que les Allemands ont très bien compris la portée symbolique de ce défilé. Tant que les maquisards se limitaient à distribuer des tracts, ils ne bougeaient pas. Là, ils vont réagir, et violemment. Dès décembre, les GMR (groupes mobiles de réserve, des unités paramilitaires créées par Vichy) vont mener une « descente » autour d'Oyonnax. Et en février 1944, le SD (le service de renseignements des SS) et la 157e division d'infanterie allemande vont attaquer à deux reprises les maquis de l'Ain, qui vont connaître de lourdes pertes.

Puis, en mars-avril, ce seront les « Pâques rouges » dans le Haut-Jura et le Bugey : des représailles terribles contre les populations civiles. De nombreux habitants sont déportés parce qu'ils n'ont pas dénoncé les maquisards. A Oyonnax même, le commissaire de police est exécuté, le capitaine de gendarmerie déporté (il mourra dans les camps). Et le chef de la résistance de l'Ain, le Docteur Mercier, est abattu après avoir été affreusement torturé.

Romans-Petit, lui, en réchappera. Il terminera le conflit avec le rang de colonel, et sera nommé compagnon de la Libération. Il reprendra par la suite son activité de publicitaire et publiera plusieurs livres sur la guerre, dont Les maquis de l'Ain en 1974. »
 

 Un village français, saison 5, épisodes 9 et 10, mardi 29 octobre à 20h45, sur France 3.

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