Les ETI (II), potentiel de croissance

Publié le par Jacques SAMELA.

Les ETI (II), potentiel de croissance
Les ETI (II), potentiel de croissance
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ETI : plus d'un millier d'entreprises de taille moyenne identifiées « à fort potentiel de croissance »

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 Le 09 Avril 2024

 

Quelque 1.118 entreprises françaises ont été identifiées dans une étude comme « à fort potentiel de croissance » et certaines pourraient venir grossir les rangs des entreprises de taille intermédiaire (ETI), selon le vœu de l'exécutif qui souhaite voir leur nombre s'accroître d'un demi-millier d'ici à 2027.

Un demi-millier d'entreprises rejoindra-t-il les rangs des entreprises de taille intermédiaire (ETI) d'ici 2027, comme le souhaite l'exécutif ? Selon une étude, 1.118 entreprises françaises ont été identifiées dans une étude comme « à fort potentiel de croissance » et certaines pourraient devenir des ETI.

Ces « PME de croissance », identifiées à partir de bases de données, et de sa méthodologie propre, par le groupe d'audit BDO, réalisent entre 10 et 200 millions d'euros de chiffre d'affaires, et affichent un taux de croissance moyen de 20% sur les années 2017-2022. Cette étude devait être remise ce mardi à la ministre chargée des Entreprises, Olivia Grégoire.

Manufacture, commerce et réparation de véhicules

Les trois secteurs les plus représentés sont l'industrie manufacturière (275), le commerce ou la réparation de véhicules (106), ou l'information et la communication (155). Elles sont majoritairement situées en Île-de-France (350) et en Auvergne-Rhône-Alpes (176).

Ces entreprises, déjà en croissance, pourraient accélérer celle-ci « en tirant parti de certains leviers » comme le développement des exportations et l'innovation, selon l'étude. La majorité est déjà engagée dans l'export, mais la moitié y réalise moins de 10% de leur chiffre d'affaires. De même, elles « semblent rester en retrait » en matière de dépôts de brevet : 18% seulement en ont déposé un entre 2010 et 2023.

Le panel identifié se compose de PME (petites et moyennes entreprises - moins de 500 employés) et « petites ETI », selon BDO. Alors qu'une ETI se définit comme une entreprise employant entre 250 et 4.999 salariés, ou comme une entreprise plus petite, mais dont le chiffre d'affaires dépasse 50 millions d'euros, 30% des sociétés identifiées par l'étude dépassent les 50 millions d'euros. Mais le panel est constitué à près de 90% de petites structures de moins de 250 salariés.

La France loin derrière l'Allemagne

Ces entreprises - qui ne savent pas nécessairement qu'elles ont été identifiées par cette étude - « pourraient bénéficier des mesures publiques » comme Territoires d'Industrie, France 2030, deux programmes de réindustrialisation, ou du programme ETIncelles, relève BDO.

Partant du constat que la France, avec 5.600 ETI, est loin derrière l'Allemagne qui en compte plus de 10.000, le président Emmanuel Macron a, en effet, lancé en novembre le programme ETIncelles de simplification administrative à leur intention, avec l'objectif d'accroître de 500 leur nombre d'ici à 2027. Il les avait décrites comme « une chance pour le pays et un véritable levier », car souvent génératrices d'emplois, et exportatrices.

Cette étude « est une contribution au débat », car « la définition-même d'une PME de croissance n'était pas forcément établie dans la littérature », a expliqué à l'AFP Arnaud Naudan, président du directoire de BDO France, elle-même membre du METI (mouvement des ETI) et à statut « d'entreprise à mission » pour ses engagements éthiques.

L'ETI, une catégorie d'entreprise mal connue

D'autant que les entreprises de taille intermédiaire (ETI), elles-mêmes, sont méconnues, y compris des gestionnaires de ressources humaines (RH) et des cadres, selon une étude publiée mardi 26 mars réalisées auprès de 200 décisionnaires RH travaillant dans des entreprises de 250 salariés et plus, et 800 cadres du privé.

En effet, d'après un baromètre « Expand ETI », réalisé par l'Ifop pour l'école de commerce EDC Paris Business School, 50% des décisionnaires RH et 67% des cadres « ont entendu parler » des ETI, dont respectivement 19% et 32% assurent « voir précisément de quoi il s'agit ». À l'inverse, 50% des décisionnaires RH et 33% des cadres ne savent pas ce que c'est.

Concernant la définition d'une ETI, 44% des décisionnaires RH savent qu'il s'agit d'une entreprise « qui emploie moins de 250 salariés, mais dont le chiffre d'affaires est supérieur à 50 millions d'euros et plus de 43 millions d'euros de total de bilan », et 25% qu'il peut aussi s'agir « d'une entreprise qui emploie entre 250 et 4.999 salariés et dont le chiffre d'affaires ne dépasse pas 1,5 milliard d'euros ou dont le bilan n'excède pas 2 milliards d'euros ».

Ils citent comme vraies à 43%, 34% et 20% trois autres définitions, en réalité, erronées. Quant aux cadres, seuls 43% et 22% connaissent les deux bonnes définitions, et les mauvaises sont prises pour vraies par 47%, 28% et 24% d'entre eux.

Un « pilier crucial » de l'économie

Si les perspectives de carrière, la qualité des relations humaines ou la diversité des missions proposées sont ressenties comme des atouts des ETI par les décisionnaires RH et les cadres, ces entreprises sont aussi perçues comme ayant « une organisation très hiérarchique et des process rigides » par 45% des décisionnaires RH et 30% des cadres.

Et l'EDC Paris Business School déplore que « les grandes entreprises recrutent plus aisément que les 5.400 ETI », en raison « principalement » de ce déficit d'image et de notoriété.

Or, souligne le communiqué, les ETI constituent un « pilier crucial » de l'économie, représentant « 30% du chiffre d'affaires, 30% des investissements et 27% de la valeur ajoutée de l'ensemble des entreprises ».

(Avec AFP)

 

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Le « destin industriel de la France se fera avec les ETI »

https://www.lafrenchfab.fr/2024/09/04/le-destin-industriel-de-la-france-se-fera-avec-les-eti/

Le 04 septembre 2024

 

Lors des Rencontres des entrepreneurs de France (REF) organisées par le Medef les 28 et 29 août derniers à l’hippodrome ParisLonchamp, l’entreprise à mission KPMG, et le Mouvement des entreprises de taille intermédiaire (METI) ont rendu public une nouvelle étude de marché sur les ETI. Cette étude nationale se penche sur le « facteur chance » que représentent ces structures pour redynamiser l’industrie française. Elle se base sur neuf témoignages de dirigeants d’entreprises. 

Passées de 4700 en 2008 à 6200 aujourd’hui, les entreprises de taille intermédiaire (ETI) détiennent de multiples capacités pour impulser la dynamique de réindustrialisation sur le territoire.  C’est ce que souligne l’étude nationale « (Ré)industrialisation, le facteur ETI » qui s’appuie sur l’expertise de plusieurs experts.

Réalisée conjointement par KPMG, cabinet à mission qui accompagne les entreprises au cœur de leur stratégie de développement et METI, réseau de promotion des entreprises de taille intermédiaire créé en 1995, elle met en exergue les principaux atouts de cette catégorie d’entreprises, souvent comparée au ‘Mittlestand” allemand.  

ETI, une catégorie précise d’entreprises 

Nées avec la loi de modernisation de l’économie (LME) du 4 août 2008, les ETI recouvrent la catégorie d’entreprises situées entre les petites et moyennes entreprises (PME) et les grandes entreprises (GE). Elles comptent entre 250 et 4999 salariés, avec un chiffre d’affaires inférieur à 1,5 milliard d’euro, soit un total de bilan n’excédant pas 2 milliards d’euros, d’après une cartographie des ETI établie par l’Insee. À noter qu’une entreprise de moins de 250 salariés peut également être qualifiée d’ETI à condition qu’elle réalise un CA de plus de 50 millions d’euros, soit un total de bilan qui n’excède pas 43 millions d’euros. 

« Le facteur ETI » : une combinaison d’avantages et de compétences 

L’étude de KMPG et du METI relève plusieurs points forts chez les ETI permettant d’affirmer qu’elles forment « l’ossature de l’industrie française». Tout d’abord, celles-ci ont une forte culture industrielle. Plus de la moitié d’entre elles sont impliquées dans des activités industrielles souvent implantées en dehors d’Ile-de-France, dans des petites ou moyennes villes. Un atout géographique qui favorise le renforcement du tissu productif local et la collaboration avec les pouvoirs publics.

Autre singularité des ETI : leur capacité à innover sur le long terme, à être « visionnaire ». Enfin, ces entreprises savent saisir les opportunités et prendre des risques en raison d’un « circuit de décision court » propre à leur catégorie.  

Les neuf témoignages de dirigeants d’ETI présentés dans l’étude offrent une vision concrète et dialoguée de ce qu’est et sera la réindustrialisation. L’étude s’est notamment focalisée sur des ETI qui ont toutes amorcées au cours des trois dernières années, « de nouvelles capacités productives » dans la région où se trouve leur siège social d’origine pour la plupart.

Cette mobilisation des capacités de production peut prendre la forme d’une création d’usine, d’une extension de site, d’une réhabilitation de friche ou encore d’une relocalisation.

Cinq facteurs maîtrisés par ces ETI à travers leurs nouveaux projets permettent d’atteindre selon les experts de l’étude une “réussite de la réindustrialisation”. Quels sont-ils ? 

 Le facteur opérationnel : les ETI ont su développer leurs capacités industrielles à travers la modernisation des sites de production
– Le facteur foncier : les ETI anticipent la question du foncier économique à travers leurs investissements réfléchis, leur expérience et connaissance de l’écosystème local
– Le facteur environnemental : la décarbonation des activités des ETI est un « prérequis », un « avantage concurrentiel »
– Le facteur humain : par le développement de nouveaux sites de production, qui implique la création de nouveaux emplois, de nouvelles compétences, les ETI s’emparent des enjeux d’attractivité de l’industrie
– Le facteur territorial : l’ancrage territorial des ETI renforce les projets de mutualisation entre acteurs industriels, les pouvoirs publics mais aussi les réseaux professionnels et d’enseignement supérieur 

« La réindustrialisation, c’est avoir confiance en l’avenir »

Pour Paul Burger, président de l’ETI alsacienne Burger & Cie, spécialiste des garde-corps, des systèmes de fixation pour terrasses et maisons à ossature bois ainsi que des produits d’aménagement de jardin, « la réindustrialisation, c’est avoir confiance dans l’avenir et en maillant correctement le territoire, on a un avenir incroyable ».
Avec son nouveau site de production créé cette année, Le groupe Burger, entreprise familiale âgée de 177 ans souhaite développer la marque Grad, sa nouvelle usine de 8000m2 implantée à Lièpvre dans le Haut-Rhin, là où se situe son site historique.

L’objectif est de « répondre à la demande croissante » sur le marché des terrasses clipsables, témoigne Paul Burger, président de Burger et Cie. En 2016, le rachat d’une petite PME, leader nationale sur cette activité, donne à l’ETI l’occasion de se développer à l’international, notamment aux Etats-Unis et au Royaume-Uni. Avec cette nouvelle usine, dont l’exigence environnementale et écologique a été entièrement pensée, l’ETI poursuit l’ancrage local de son industrie. « L’entreprise a créé son bassin d’emploi et contribue à son maintien depuis plus de 160 ans », détaille un des experts de l’étude. 

« La souveraineté est un axe pour notre futur »

Autre exemple de la potentialité des ETI exploré dans l’étude : Naturopea. Selon Kilian O’Neil, membre de la French Fab et cofondateur de l’entreprise indépendante, spécialisée dans l’hygiène pour bébé, féminine et capillaire, « la réindustrialisation est une nécessité pour l’avenir, la souveraineté est un axe fort pour notre futur ».

Son usine La Fabrique à couches est implantée dans les Hauts-de-France et a été créée en 2019. L’entrepreneur et son associé, qui étaient des distributeurs, sont devenus avec cette usine, des industriels. Leur vocation ? « Internaliser la production d’un produit que nous commercialisons » mais aussi « apporter à cette production une innovation écologique ». Le tout en s’appropriant des « savoir-faire perdus » dans le domaine de l’hygiène. En effet, 10 % seulement des couches consommées en France y sont fabriquées, détaille l’entrepreneur dans l’étude.

Culture industrielle, fort ancrage territorial, proximité avec les pouvoirs publics, création d’emploi, conscience écologique, décarbonation, logique d’innovation… Les ETI contribuent à la réindustrialisation en France. Parce qu’elle est génératrice de potentialités, cette catégorie d’entreprises apporte de nouvelles perspectives sur le destin industriel français. Des raisons suffisantes pour que les pouvoirs publics misent « puissamment » sur elles, suggère l’étude.  

 

Et au cas où

https://competitiviteinfrance.overblog.com/2025/01/les-eti-expansion-internationale.html

http://competitiviteinfrance.overblog.com/2014/01/les-eti-un-gisement-de-croissance-%C3%A0-prot%C3%A9ger.html

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