Le Rendez-Vous de l'Europe : Compétitivité(s), ETI, Engagement, Elections & Accélération

Publié le par Jacques SAMELA.

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Mario Draghi douche l'enthousiasme d'Ursula von der Leyen sur la compétitivité européenne

https://www.lesechos.fr/monde/europe/mario-draghi-douche-lenthousiasme-dursula-von-der-leyen-sur-la-competitivite-europeenne-2186470

Publié le 16 sept. 2025

A Bruxelles, Mario Draghi et Ursula von der Leyen ont livré des visions opposées sur la compétitivité européenne. Si la présidente de la Commission s'est félicitée des progrès, l'ancien président de la BCE a alerté sur le retard persistant de l'Europe face aux Etats-Unis et à la Chine.

 

Ce mardi à Bruxelles, c'était l'heure du bilan. Un an après la remise du fameux rapport Draghi, dont les propositions étaient censées redonner du muscle économique à l'Europe, la Commission européenne avait organisé une conférence au cours de laquelle Mario Draghi et Ursula von der Leyen se sont succédé sur la même scène, livrant deux visions très différentes de l'action de l'UE sur l'année écoulée.

D'un côté, la présidente de la Commission, rayonnante et visiblement satisfaite des progrès accomplis. De l'autre, l'ancien président de la BCE devenu diagnosticien de l'économie européenne, visiblement peu impressionné par ce qu'il a vu depuis douze mois… La scène restera sans doute dans les mémoires : Ursula von der Leyen qui célèbre ses « neuf mois » de nouveau mandat comme une réussite éclatante, suivie de Mario Draghi qui, avec sa politesse tout italienne, vient rappeler que si l'Europe continue à ce rythme, elle risque simplement… de disparaître de la carte économique mondiale.

La lenteur européenne : un mal chronique

« Trop souvent, on trouve des excuses à cette lenteur. Nous disons que c'est simplement la façon dont l'UE est construite. Parfois, l'inertie est même présentée comme le respect de l'état de droit », a d'abord regretté Mario Draghi. Pour l'ancien président de la BCE, cette lenteur n'est pas une fatalité mais « de la complaisance », quand les concurrents américains et chinois avancent, eux, à marche forcée.

Ursula von der Leyen, elle, a préféré voir le verre à moitié plein. « Nous avons démarré sur les chapeaux de roues », a-t-elle assuré, énumérant fièrement son catalogue d'initiatives : « Le pacte pour une industrie propre, les giga-usines d'IA, le nouvel encadrement des aides d'Etat, le plan d'action pour une énergie abordable… » Une liste impressionnante… qui reste à mettre en oeuvre.

Ainsi, pour l'Italien, l'écart entre les annonces et la réalité est béant. « Les citoyens et entreprises européens expriment une frustration croissante. Ils sont déçus par la lenteur des avancées de l'UE », a-t-il martelé, soulignant que les Européens « sont prêts à agir, mais craignent que les gouvernements n'aient pas saisi la gravité du moment. » L'Allemande a toutefois admis qu'elle « aimerait pouvoir constater » dans le programme de compétitivité de l'UE « le même sentiment d'urgence » que pour le récent plan de défense européen rapidement exécuté, accusant poliment les « colégislateurs » (Parlement européen et Conseil de l'UE) de trop tarder à approuver certaines décisions, notamment les mesures de simplification, dites omnibus.

L'intelligence artificielle : l'Europe déjà décrochée ?

Sur l'IA, sujet crucial s'il en est, Ursula von der Leyen a affiché un optimisme détonant. « L'Europe n'est pas seulement un concurrent, mais c'est aussi un chef de file dans de nombreux domaines qui définiront cette course. » Elle s'est félicitée notamment que l'Europe compte « quatre supercalculateurs dans le Top 10 mondial ».

Mario Draghi, en bon professeur d'économie, a, lui, rappelé les réalités brutales. « Sur la frontière de l'IA, les Etats-Unis ont produit 40 grands modèles de fondation l'année dernière, la Chine 15, l'UE seulement 3. » Un écart qui illustre parfaitement le retard européen sur les technologies de pointe.

Plus problématique encore, selon lui, est la bureaucratie qui étouffe l'innovation. Il a notamment regretté que l'UE n'ait pas suffisamment modifié son emblématique loi RGPD sur la protection des données personnelles. « L'une des demandes les plus claires des entreprises européennes est une simplification radicale du RGPD », a-t-il expliqué, précisant que cette réglementation a « augmenté le coût des données d'environ 20 % pour les entreprises de l'UE par rapport à leurs homologues américaines ».

L'énergie : la facture qui plombe l'économie européenne

L'ancien banquier n'a pas non plus mâché ses mots sur la question énergétique, rappelant que « les prix du gaz naturel dans l'UE sont encore près de quatre fois plus élevés qu'aux Etats-Unis. Et les prix industriels de l'électricité sont en moyenne plus de deux fois plus élevés ». Une situation intenable qui risque d'asphyxier les entreprises européennes.

Sans nier complètement le problème, Ursula von der Leyen a, elle, préféré mettre en avant les progrès. « Plus de 70 % de notre électricité provient de sources à faibles émissions de carbone. Par conséquent, l'an dernier, nous avons réduit notre facture de combustibles fossiles de 60 milliards d'euros. »

Mais elle a tout de même concédé que les « prix énergétiques restent encore beaucoup trop élevés, trop instables et trop différents d'un pays à l'autre en Europe. Dans certains Etats membres, l'électricité coûte trois fois plus que dans d'autres ».

Mario Draghi a aussi pointé les insuffisances des mesures prises. « La principale mesure jusqu'à présent a été d'assouplir les règles en matière d'aides d'Etat afin que les Etats membres puissent subventionner les prix. Cela peut offrir un soulagement temporaire, mais cela ne résout pas les raisons structurelles pour lesquelles l'énergie en Europe est si chère. »

La décarbonation : des objectifs sans les moyens

Sur la transition écologique, Mario Draghi s'est montré particulièrement critique vis-à-vis de certaines politiques européennes, notamment dans le secteur automobile. Il a signalé que l'objectif de zéro émission pour 2035 reposait sur « l'hypothèse d'un cercle vertueux » qui ne s'est pas matérialisé.

« L'installation de points de recharge doit accélérer trois à quatre fois dans les cinq prochaines années pour atteindre une couverture adéquate. Le marché des véhicules électriques a grandi plus lentement que prévu. L'innovation européenne a pris du retard, les modèles restent chers et la chaîne d'approvisionnement est fragmentée. »

Ursula Von der Leyen a, elle, plutôt vu les opportunités. « Le marché mondial des batteries devrait doubler au cours des cinq prochaines années. Le marché mondial des éoliennes continue de progresser de plus de 10 % chaque année. Et le marché mondial des voitures électriques est en plein essor. En Europe, les ventes ont augmenté de près de 25 % par rapport à l'année précédente. »

Dette commune : le tabou que Draghi veut briser

L'ancien président de la BCE a aussi plaidé sans détour pour une mutualisation des dettes afin de financer les grands projets stratégiques européens, une proposition qui reste un tabou dans certaines capitales européennes. « Bien sûr, cette voie brisera des tabous de longue date, mais le reste du monde a déjà brisé les siens. Pour la survie de l'Europe, nous devons faire ce qui n'a pas été fait auparavant », a-t-il insisté, en appelant à « dépasser les stratégies générales et les calendriers repoussés ». Ursula Von der Leyen est restée silencieuse sur ce point dans son discours, préférant insister sur les accords commerciaux conclus récemment et les projets stratégiques à travers le monde.

Bref, là où Ursula Von der Leyen a célébré chaque petite avancée, Mario Draghi a contemplé l'abîme qui se creuse entre l'Europe et ses rivaux. Là où la présidente de la Commission a parlé de « boussole pour la compétitivité », l'ancien président de la BCE a évoqué la « survie de l'Europe ». « Un an après, l'Europe est donc dans une situation plus difficile. Notre modèle de croissance s'estompe, les vulnérabilités s'accumulent et il n'y a pas de chemin clair pour financer les investissements dont nous avons besoin », a-t-il averti.

Von der Leyen, a, elle, conclu sur une note volontariste. « Je suis absolument convaincue que l'Europe peut s'unir autour de ce programme. Tous les Etats membres, de même que le Parlement européen, ont approuvé le rapport Draghi. Nous savons tous ce qu'il faut faire. Et le statu quo n'est pas une option. » 

Fabienne Schmitt (Bureau de Bruxelles)

Des organisations patronales françaises et allemandes veulent remettre les ETI au cœur de la stratégie européenne

https://www.lejournaldesentreprises.com/article/des-organisations-patronales-francaises-et-allemandes-veulent-remettre-les-eti-au-coeur-de-la-2125638?utm_source=20250904%20BRIEF_ALL_PRO%20Le%20brief%20%C3%A9co%20du%20soir%20en%20France%20(20250904_180915)&utm_medium=Newsletters_JDE

Publié le 4 septembre 2025

 

Face aux guerres commerciales menées par les États-Unis et la Chine, à la concurrence technologique, et au risque de désindustrialisation de l’Europe, des organisations patronales invitent à réagir. Le mouvement des ETI (METI) et son homologue allemand BVMW en sont convaincus. Ils appellent à placer les grandes PME et les ETI au cœur de la stratégie de l’Union européenne.

Confrontée à des menaces "lourdes et directes", l’Europe doit s’appuyer sur ses entreprises industrielles du "mittelstand". C’est ce que soutiennent le mouvement des ETI (METI) et son homologue allemand BVMW, dans un courrier commun publié le 3 septembre. Les deux organisations défendent sept axes d’action à mettre en œuvre en priorité.

40 000 PME et ETI industrielles en Europe

Le couple franco-allemand prend les choses en main. Le METI et le BVMW lancent ensemble "l’Appel de Paris pour un Mittelstand européen". Derrière "mittelstand", ce sont 40 000 entreprises (PME et ETI) "majoritairement familiales, orientées vers le long terme, profondément industrielles, exportatrices et ancrées dans leurs territoires", que les deux organisations veulent placer au cœur de la stratégie industrielle de l’UE.

Favoriser les biens et entreprises européennes

Parmi les sept moyens d’action présentés par ces organisations figurent la simplification radicale des normes européennes, un bouclier anti-dumping pour les produits importés qui ne respectent pas les règles de l’UE, ou encore le renforcement de la souveraineté actionnariale, en favorisant les transmissions et successions européennes. De même pour la production, les signataires défendent la priorité du "produire en Europe" dans la commande publique.

Sur le sujet de l’énergie, source de différend entre la France et l’Allemagne, qui disposent d’un mix énergique très différent, le METI et BVMW proposent la "solidarité énergétique". Le but, fixer les prix de l’énergie "sur les standards européens les plus compétitifs et les moins carbonés".

Calquer la fiscalité française sur la production sur celle de l’Allemagne

Une autre mesure concerne spécifiquement le couple franco-allemand. Le "rattrapage compétitif", propose ainsi d’instaurer "une convergence fiscale et sociale de la France vers l’Allemagne en matière de fiscalité de production et de coût du travail qualifié". Le METI et BVMW ont prévu de porter ces sept mesures auprès des institutions allemandes et françaises, ainsi qu’européennes, dans les prochains jours.

http://competitiviteinfrance.overblog.com/2014/01/les-eti-un-gisement-de-croissance-%C3%A0-prot%C3%A9ger.html

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La BEI engage 17,5 milliards d’euros pour accompagner les PME vers l’efficacité énergétique

https://www.lejournaldesentreprises.com/article/la-bei-engage-175-milliards-deuros-pour-accompagner-les-pme-vers-lefficacite-energetique-2126255?utm_source=20250912%20BRIEF_ALL_PRO%20Le%20brief%20%C3%A9co%20du%20soir%20en%20France%20(20250912_182006)&utm_medium=Newsletters_JDE

Publié le 12 septembre 2025

 

Le groupe Banque européenne d’investissement annonce débloquer 17,5 milliards d’euros pour aider les PME à réaliser des économies d’énergie. Un guichet unique sera créé pour faciliter l’accès des entreprises aux produits financiers de la BEI.

350 000 PME européennes vont pouvoir bénéficier d’un soutien de la Banque européenne d’investissement (BEI) pour financer leurs économies d’énergie, annonce le groupe BEI. L’initiative est dotée d’une enveloppe de 17,5 milliards d’euros de financements afin "d’aider les PME qui ont recours à des technologies éprouvées d’économie d’énergie à réduire leur facture énergétique et à renforcer leur résilience ainsi que leur compétitivité", précise le groupe.

Concrètement, il s’agit d’un soutien grâce à des produits financiers du groupe dont des instruments de dette (obligations, prêts) et de fonds propres. Un guichet unique sera créé pour faciliter l’accès et l’accompagnement des entreprises. La Commission européenne interviendra en soutien par des garanties budgétaires de l’UE et des services de conseil.

Un partenariat avec la Fondation Solar Impulse

Le groupe BEI annonce en outre s’associer à la Fondation Solar Impulse pour déployer une approche visant à passer de la vente de produits physiques à la fourniture de résultats.

"Par exemple, au lieu d’acheter du matériel de chauffage ou d’éclairage économe en énergie, les PME paient pour la chaleur ou la lumière qu’elles consomment. Le prestataire de services conserve la propriété de l’équipement et garantit sa performance. Ce modèle élimine les coûts d’investissement initiaux pour les entreprises, ce qui facilite et accélère l’adoption de mesures d’efficacité énergétique", détaille le groupe.

Générer 65 milliards d’euros d’investissement

Avec cette enveloppe, le groupe BEI espère générer un investissement total supérieur à 65 milliards d’euros, permettant de "contribuer à combler une lacune du marché en Europe". Car les PME investissent dans l’efficacité énergétique "à un rythme deux fois moins soutenu que les grandes entreprises", indique Dan Jorgensen, commissaire européen à l’énergie et au logement. "Cette initiative de la BEI soutenue par la Commission sera essentielle pour combler le déficit d’investissement, faciliter l’accès au financement et accélérer le déploiement de solutions d’efficacité énergétique", selon lui.

https://competitiviteinfrance.overblog.com/2018/12/le-rendez-vous-de-l-europe-la-bce-banque-centrale-europeenne-et-la-bei-banque-europeenne-d-investissment.html

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