Choose France, son résultat, et la France résiste
Investissement industriel : près de 30 nouveaux projets annoncés dans le cadre de Choose France
Publié le 17 novembre 2025
Un nouveau format de Choose France, habituellement réservé aux investissements étrangers, a réuni les entreprises françaises investissant dans l’Hexagone. À cette occasion, le gouvernement a compilé 151 projets d’investissements industriels dont près de 30 sont nouveaux.
Sur les 151 projets industriels annoncés par l’Elysée dans le cadre de l’édition nationale de Choose France, seuls une trentaine sont nouveaux. Habituellement dédié aux investissements étrangers, l’événement Choose France qui s’est tenu ce 17 novembre à la Maison de la Chimie à Paris, est cette fois réservé aux investissements français.
9,2 milliards d’euros d’investissements nouveaux
Au total, l’ensemble de ces projets représentent 30,4 milliards d’euros d’investissements, dont 9,2 milliards d’euros sont dédiés à des projets qui n’ont pas déjà été annoncés jusque-là, selon le gouvernement.
C’est le cas d’Eclairion, entreprise spécialisée dans les calculateurs à haute densité et dans l’intelligence artificielle, qui va investir 2,5 milliards d’euros sur ses prochains sites en Moselle (Grand Est) dans les quatre ans à venir.
En Auvergne-Rhône-Alpes, la start-up marseillaise Sesterce a quant à elle confirmé 1,5 milliard d’euros d’investissement dans un data center à Alixan près de Valence. En février dernier, l’entreprise évoquait un projet atteignant 1,8 milliard d’euros en intégrant le coût des serveurs. Dans la même région, Elyse Energy a annoncé 70 millions d’euros d’investissements dans des projets de production d’e-méthanol en Isère et de carburants d’avion durable dans les Pyrénées-Atlantiques.
Dans les Hauts-de-France, Opella a annoncé investir 15 millions d’euros dans son usine de Compiègne pour augmenter les volumes de fabrication et améliorer le volet environnemental du site.
Des projets nouveaux déjà annoncés par les industriels
Parmi les nouveaux projets cités par le gouvernement, certains ont aussi déjà été annoncés par les industriels. C’est le cas d’Urgo, qui a indiqué investir 60 millions d’euros dans une nouvelle usine de la Loire ou encore Holosolis qui injecte 800 millions d’euros dans son usine du Grand Est. Le fabricant de panneaux photovoltaïques vient d’ailleurs d’annoncer avoir sécurisé plus de 200 millions d’euros sur ce projet.
Toute sorte de secteurs concernés
"Ces investissements concernent toutes sortes d’entreprises, un tiers de grandes entreprises, 15 % d’ETI, 25 % de PME et 25 % de start-up. On y retrouve toutes sortes de secteurs", a commenté Roland Lescure, ministre de l’Économie à l’ouverture de Choose France. Il cite notamment les cosmétiques avec L’Oréal qui a investi 60 millions d’euros dans son usine de Gauchy (Hauts-de-France) ou encore la santé avec Opella qui annonce augmenter le volume de production de Doliprane de 150 millions de boîtes supplémentaires par an, selon le ministre.
Réindustrialiser "malgré les difficultés"
Pour l’exécutif, cet événement est surtout l’occasion de faire passer plusieurs messages aux entreprises. "Nous allons être à vos côtés pour qu’ensemble, malgré les difficultés, on puisse retrouver les voies d’une réindustrialisation", a prévenu Roland Lescure. Pour le ministre de l’Économie, la période est difficile d’un point de vue budgétaire et international.
L’examen du budget 2026 à l’Assemblée nationale a conduit les députés à adopter plusieurs mesures visant directement les entreprises comme des créations de taxe mais aussi, à l’inverse, l’accélération de la baisse de la CVAE. Pour Roland Lescure, il est en effet "hors de question que la stabilité politique se fasse sur le dos des entreprises, il faut trouver des voies de passage qui font en sorte qu’on va tous contribuer au redressement budgétaire".
"L’Europe doit être au rendez-vous"
Le ministre de l’Économie a également cité "l’environnement mondial bouleversé" avec la concurrence de la Chine dans plusieurs secteurs clés et les taxes sur les importations mises en place par les États-Unis. Face à ce contexte international, "l’Europe doit être au rendez-vous", a martelé Roland Lescure, notamment avec la préférence européenne et le soutien de la production locale.
Ce discours est tenu quelques semaines après la publication du baromètre industriel de l’État. L’outil de recensement des ouvertures et fermetures d’usine a confirmé un ralentissement du dynamisme industriel début 2025, qui devrait s’accentuer dans les mois à venir.
-----------------------------------------------------------------------------------------------------
La France résiste aux droits de douane américains dans certains secteurs
Publié le 24 novembre 2025
Dans une étude publiée le 10 novembre, les douanes françaises tirent un premier bilan de la nouvelle politique tarifaire des États-Unis à l’encontre de l’Union européenne. En France, certains secteurs s’en sortent bien et d’autres souffrent.
Le commerce extérieur de la France s’en sort plutôt bien face à la mise en œuvre des nouveaux droits de douane des États-Unis. Dans leur dernier bilan trimestriel, les douanes françaises tirent de premières conclusions sur les conséquences de ces taxes décidées par le président Donald Trump.
Une anticipation dans le secteur des vins et de la maroquinerie
D’abord, les exportateurs français ont anticipé. "La perspective de mesures tarifaires pourrait avoir dynamisé les exportations de la France et de l’Union européenne vers les États-Unis", écrivent les douanes. Les vins et les produits de maroquinerie français ont été particulièrement concernés par ces hausses. Les exportateurs ont ici fait preuve d’une "anticipation des mesures tarifaires". Au 1er trimestre 2025, les exportations françaises vers les États-Unis ont ainsi fait + 6 % par rapport au 1er trimestre 2024 et les exportations de l’UE (hors Irlande) + 8 %.
La France résiste dans certains secteurs
Autre point intéressant de cette étude : la France s’en sort mieux que ses voisins européens, à l’exception de l’Italie. "Les exportations de la France semblent mieux résister à l’effet des droits de douane additionnels entrés en vigueur aux États-Unis début avril", indiquent les douanes.
Grâce à l’aéronautique, les exportations de la France augmentent légèrement (+ 2 %) entre les trois premiers trimestres de 2024 et ceux de 2025. "L’aéronautique est un des rares produits dont les ventes vers les États-Unis progressent", notent les douanes. La hausse est importante : + 17 % soit + 1,2 milliard d’euros. Les produits chimiques de base sont aussi en forte hausse à + 38 % soit 600 millions d’euros supplémentaires.
-17 %
C'est la baisse des exportations de parfums et cosmétiques
À l’inverse, les secteurs des parfums et cosmétiques chutent drastiquement de -17 %, soit 360 millions d’euros de moins. Tout comme le secteur des boissons (-30 % soit une baisse de 350 millions d’euros) en raison de la réduction des exportations de cognac, vins et champagnes.
La baisse du dollar aussi en cause
Les droits de douane ne sont pas la seule explication à cette situation. Selon les douanes, il faudrait regarder du côté du cours du dollar. "Un effet collatéral très important des annonces de mesures tarifaires du président Trump a été en effet la dépréciation très significative du dollar", expliquent les douanes. Il s’est en effet déprécié de 13 % par rapport à l’euro de janvier à septembre 2025.
Des reports de flux depuis la Chine
Côté importations, les douanes relèvent "des mouvements atypiques" posant la question de "reports de flux dans les importations françaises depuis l’UE". Les importations originaires de Chine, de Hong Kong, du Canada et du Mexique sont particulièrement concernées par cette tendance.
+ 18 %
des importations depuis le Canada
Parmi les principaux produits importés de Chine vers la France, les produits pharmaceutiques ont presque triplé en valeur, ceux de la construction automobile ont augmenté de 23 % et ceux de l’aéronautique de 20 % quand ceux d’habillement ont vu des hausses plus limitées, à + 10 %.
Le Canada est aussi à l’origine d’une hausse des flux commerciaux vers la France (+ 18 %). Les produits de la culture et de l’élevage jouent fortement sur cette hausse, tout comme ceux de l’aéronautique et du secteur pharmaceutique.
En juillet dernier, l’UE et les États-Unis ont conclu un nouvel accord tarifaire. Mais pour les douanes, "il est encore trop tôt à ce stade pour évaluer ses éventuels impacts".
/image%2F0284039%2F20251126%2Fob_8543d3_complement-d-information.png)
/image%2F0284039%2F20251126%2Fob_135f0b_photo-complement-d-infos.jpg)
/image%2F0284039%2F20251126%2Fob_5ca8c1_logo-competitivite-in-france-ines-rich.jpg)