La France tient bon (malgré tout)

Publié le par Jacques SAMELA.

La France tient bon (malgré tout)
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Croissance meilleure qu'attendue, inflation stable... l'économie française tient bon

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Publié le 28/11/25

La croissance du troisième trimestre laisse augurer que la France dépassera la prévision de 0,7 % attendue par le gouvernement en 2025, selon les chiffres publiés par l'Insee ce vendredi. L'inflation reste pour sa part stable sous 1 % en novembre.

Deux bonnes nouvelles pour l’économie française ce vendredi. La première, c’est que la croissance, qui a « accéléré » au troisième trimestre, a atteint 0,5 % entre juillet et septembre, confirme ce vendredi l’Insee dans ses résultats détaillés. C’est mieux que la stagnation en Allemagne et en Italie, et presque autant que l’Espagne (+0,6 %). C’est surtout mieux qu’attendu : la prévision initiale de l’Insee anticipait une croissance de 0,3% au troisième trimestre, comme au deuxième trimestre, après + 0,1% au premier.

Cette surperformance laisse augurer que la France dépassera la croissance de 0,7 % attendue par le gouvernement en 2025. L’acquis de croissance, c’est-à-dire ce que serait la croissance annuelle si le produit intérieur brut (PIB) n’évoluait plus du tout en fin d’année, est de 0,8 % à la fin septembre. Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, avait salué, après l’estimation provisoire de l’Insee fin octobre, « une performance remarquable », dans une réaction transmise à l’AFP : « Malgré les soubresauts politiques et les incertitudes internationales, nos entreprises investissent, exportent et font progresser le pays. »

La croissance portée par une hausse de production d’Airbus

Mais cette croissance française est en trompe-l’œil. Et pour cause, l’économie française a surtout bénéficié durant l’été d’une poursuite du rebond de l’aéronautique, qui avait été pénalisé depuis le Covid par des problèmes d’approvisionnement, expliquait à l’AFP fin octobre Stéphane Colliac, économiste chez BNP Paribas. Airbus a augmenté en septembre le rythme de ses livraisons, une hausse de production perçue comme « un phénomène durable » pouvant se traduire, « en année pleine, par 0,3 ou 0,4 point de croissance », détaillait-il.

Selon les résultats détaillés de l’Insee ce vendredi, la croissance du PIB est notamment portée par une hausse des exportations (+ 3,2%). Parmi les exportations, l’Insee constate une « très forte hausse des exportations de matériels de transport (+ 13,4%) »« Au total, la contribution du commerce extérieur à l’évolution du PIB est positive », explique l’institut, tout comme « la demande intérieure finale hors stocks », qui contribue à hauteur de 0,3 point à la croissance du PIB ce trimestre. En revanche, la variation des stocks a pesé négativement sur la croissance.

Consommation des ménages

De son côté, la consommation des ménages continue d’augmenter légèrement, grâce à un rebond des dépenses en énergie (+1,3 %) qui compense le repli des dépenses en produits alimentaires (-1 %). Mais leur pouvoir d’achat « se replie nettement », avertit l’Insee, avec une baisse de 0,4 % au troisième trimestre, sous l’effet combiné du ralentissement des prestations sociales, des impôts versés qui « accélèrent légèrement » (+1,4 %), et d’un prix à la consommation qui « repart à la hausse » (+0,5 %).

Mécaniquement, le taux d’épargne des ménages est en baisse, à 18,4 % au troisième trimestre contre 18,7 % au trimestre précédent. Au cœur des débats du projet de loi de finance toujours en cours au Parlement, les dépenses publiques ont augmenté de 2,6 milliards d’euros au troisième trimestre, mais moins que les recettes publiques (+2,7 milliards d’euros), qui ont augmenté « sous l’effet du rebond des impôts sur le revenu et le patrimoine »« Ainsi, le besoin de financement des administrations publiques demeure quasi stable au troisième trimestre », affirme l’Insee.

Stabilité de l’inflation

La deuxième bonne nouvelle, c’est l’inflation. Les prix à la consommation ont augmenté en France de 0,9% sur un an en novembre, comme en octobre, selon une estimation provisoire de l’Insee publiée ce vendredi. Cette stabilité de l’inflation s’explique « par un ralentissement des prix des services » et par une « diminution plus soutenue des prix des produits manufacturés », a précisé l’Institut national de la statistique et des études économiques dans un communiqué.

Les prix des services ont augmenté de 2,2 % en novembre, après 2,4 % en octobre, « tirés à la baisse par les services de communication ». Les prix de l’énergie baissent de 4,6%, à un rythme un peu moins soutenu qu’en octobre (-5,6

%) tandis que les prix de l’alimentation progressent de 1,4 %, contre 1,3 % en septembre, malgré l’accélération de la baisse des prix des produits frais (-2,8 %, contre -2,2 % en octobre). La hausse des prix du tabac s’est stabilisée à 4,1 %, comme en septembre et octobre.

Sur un mois, les prix à la consommation se replient de 0,1 % en novembre, après +0,1 % en octobre, en raison de la baisse « des prix des services, notamment ceux des services de transports et des services de communication, et dans une moindre mesure de la baisse des prix des produits manufacturés ».

L’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH), qui permet les comparaisons au niveau européen, a augmenté de 0,8% en novembre par rapport au même mois un an plus tôt. Comparé au mois d’octobre, il se replie de 0,2%.

(Avec AFP)

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Le choc politique qui a coupé l'élan de la France : la croissance 2025 plafonne à 0,8%

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Publié le 02/12/25

 

Le climat de tension de l’année 2025 aura eu raison de la croissance française. Celle-ci n’atteindrait que 0,8 % cette année, d’après les projections de l’OCDE, publiées ce mardi dans ses « Perspectives économiques ». Ce serait moins que son niveau de 2024 – 1,2 % selon l’Insee – mais plus que les précédentes estimations de l’organisation internationale, qui tablait encore en juin sur une croissance de 0,6 %.

La faute à qui ? À l’instabilité politique principalement. « La forte incertitude qui a prévalu sur le plan intérieur, en 2025, année marquée par la démission de deux Premiers ministres, a pesé sur la croissance », estime l’OCDE. La situation aurait pu être pire si les exportations du secteur aéronautique n’avaient pas contrebalancé le phénomène.

La suite dépendra toujours des élus français. « L’incertitude politique actuelle continuera à freiner la demande intérieure pendant un certain temps », présage l’institution. Surtout si le budget, actuellement en cours d’examen, n’est pas voté d’ici la fin de l’année. L’OCDE mise donc sur une croissance en légère hausse pour 2026 et 2027, à 1 %.

Comparé aux autres grandes économies du bloc européen, la France ne s’en sort pas si mal. Sa croissance est toutefois inférieure à celle de la moyenne de la zone euro. Et l’ensemble des pays partageant la monnaie unique font pâle figure par rapport aux autres poids lourds économiques que sont les États-Unis, la Chine et l’Inde. Rien n'est toutefois acquis pour personne.

L’Europe fait preuve de résilience

L’Allemagne devrait voir sa croissance atteindre difficilement 0,3 % cette année, une prévision de l’OCDE plus basse encore que celle de juin (0,4 %). La première économie de l’Union européenne a elle aussi subi les conséquences d’une incertitude liée à l’action publique, à la suite de la formation d’un nouveau gouvernement au printemps. Pays très exportateur, l’Allemagne a en outre été touché par les hausses des droits de douane imposées par les États-Unis.

La guerre commerciale devrait également avoir des répercussions sur l’Italie, dont la croissance n’est attendue par l’OCDE qu’à 0,5 % en 2025, en recul par rapport à juin (0,6 %). A contrario, celle de l’Espagne pourrait atteindre 2,9 %. Ce serait moins que l’année précédente (3,5 % en 2024) mais largement au-dessus de la moyenne de la zone euro, estimée à 1,3 %.

Pour les deux années à venir, l’OCDE prévoit que « la croissance devrait gagner de la vigueur, grâce à la robustesse de la consommation privée et à un rebond des échanges » dans les pays qui partagent la monnaie unique. Mais l’organisation se veut prudente en raison d’une possible « aggravation des tensions commerciales », le président américain Donald Trump ayant déjà montré à quel point il peut être imprévisible.

Les États-Unis résistent

De l’autre côté de l’Atlantique justement, l’économie américaine a bien résisté d’après l’OCDE. Elle la prévoit à 2 % en 2025, alors qu’elle tablait sur 1,6 % en juin. L’institution s’attendait alors à des répercussions plus importantes des hausses des droits de douane. C’est finalement surtout la dégradation du marché de l'emploi, l’inflation persistance et la récente paralysie budgétaire – le shutdown le plus long de l’histoire du pays – qui devraient entraîner la croissance américaine à la baisse par rapport à 2024, où elle s’était affichée à 2,8 %.

L’avenir ne s’annonce pas radieux pour le pays de l’Oncle Sam. Car la consommation des ménages et la contribution des achats publics, qui ont soutenu la forte croissance du PIB ces dernières années, devraient ralentir. Si bien que l’économie pourrait reculer encore en 2026, à 1,7 %, avant de repartir légèrement à la hausse l’année suivante (1,9 %).

La Chine et l’Inde restent vigoureuses

Bien que très loin de ses niveaux à deux chiffres, la croissance de la Chine devrait demeurer inchangée en 2025 par rapport à l’année précédente, à 5 %. La première économie asiatique reste toutefois embourbée dans une crise dont elle peine à se défaire, liée à son secteur immobilier en difficulté, une consommation morose et un marché du travail faible.

L’OCDE se veut toutefois confiant, estimant que la Chine est en capacité de « préserver une croissance raisonnablement vigoureuse à moyen terme » si elle engage des « réformes structurelles ambitieuses », notamment concernant la création d’entreprise, l’application des réglementations environnementales ou la protection sociale. Elle entrevoit néanmoins pour l’heure un fléchissement de la croissance sur les deux prochaines années, à 4,4 % en 2026 puis 4,3 % en 2027.

La palme du dynamisme revient à l’Inde. Le pays fait une fois de plus figure de champion régional de la croissance, avec un niveau attendu à 6,7 % sur l’exercice 2025-2026. C’est toutefois très en retrait par rapport au 8,2 % du précédent, la faute à une inflation élevée. Si elle est aujourd’hui stabilisée, les hausses des droits de douane ont pesé sur les exportations indiennes et devraient encore avoir de l’impact les deux prochaines années. Si bien que l’OCDE table sur une croissance en recul en 2026-2027, à 6,2 %, avant de remonter à 6,4 % l’exercice suivant.

 

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