Carmat Versus Ynsect
Carmat échappe à la liquidation judiciaire
https://vipress.net/carmat-echappe-a-la-liquidation-judiciaire/
Le Tribunal de commerce de Versailles a finalement validé hier l’offre de reprise de Pierre Bastid, actionnaire historique de l’entreprise, associé à Santé Holding. Un financement total de 110 millions d’euros est prévu pour relancer la machine, mais seulement 88 emplois sur 127 seront maintenus.
C’était moins une ! Dans un communiqué publié tôt ce matin, Carmat, société francilienne qui a développé le cœur artificiel Aeson, a annoncé que le Tribunal des activités économiques de Versailles a validé la seule offre de reprise qui avait été déposée début novembre, permettant ainsi à Carmat d’échapper à la liquidation judiciaire.
Par un jugement du 1er décembre 2025, le Tribunal a retenu l’offre de Carmat SAS, société créée pour les besoins de la reprise et dont le capital social est détenu par Lohas, une société elle-même contrôlée par Pierre Bastid, président du conseil d’administration de Carmat et actionnaire de la société à hauteur d’environ 17%. Pierre Bastid avait déjà déposé une offre de reprise le 31 juillet dernier, offre qui avait alors été jugée non recevable par le Tribunal de commerce de Versailles, lors d’une audience tenue le 30 septembre, faute d’avoir obtenu les financements nécessaires à la reprise.
Les activités de Carmat sont donc désormais poursuivies et opérées par Carmat SAS, y compris le support des patients qui disposent déjà d’un cœur d’Aeson. Carmat SAS va s’appuyer sur la mise en place d’une nouvelle stratégie concentrée notamment sur l’accès au marché nord-américain, indispensable au développement de la société, ainsi que sur l’initiation d’un essai clinique visant à obtenir, à échéance de 2 à 3 ans, « l’indication de thérapie de destination » en Europe, c’est-à-dire l’autorisation qui permettrait d’implanter le cœur artificiel Aeson de manière permanente chez les patients, et non plus temporaire. A court terme, il est également prévu un déploiement commercial plus ciblé.
La reprise s’accompagne de la reprise de seulement 88 salariés sur les 127 que compte Carmat, des actifs et de la très grande majorité des contrats de l’entreprise, ainsi que d’une réduction significative de la consommation de trésorerie. La nouvelle entité, Carmat SAS, prévoit un financement total de 110 millions d’euros, dont 10 M€ disponibles immédiatement et 20 M€ dès le début de l’année 2026. Ces deux premiers apports sont assurés conjointement par Lohas et par Santé Holdings, le family office du docteur Antonino Ligresti (décédé en 2025) et autre actionnaire historique de Carmat.
Si la reprise permet la poursuite des activités au sein de Carmat SAS, elle va entraîner la liquidation judiciaire de l’ancienne entité, Carmat SA. Ce qui signifie que, compte tenu du niveau de passif de la société et des termes de l’offre, « il est hautement probable que les actionnaires de Carmat SA subiront la perte intégrale de leur investissement, tandis qu’une grande partie de ses créanciers subiront une perte très significative pouvant porter sur l’intégralité de leurs créances ».
La reprise par Carmat SAS entrainera également la radiation des actions de Carmat SA actuellement cotées sur Euronext Growth (Paris).
http://competitiviteinfrance.overblog.com/2014/01/carmat-un-r%C3%AAve-se-r%C3%A9alise.html
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Ÿnsect : clap de fin pour l’ex-fleuron industriel de la French Tech
Le tribunal de commerce d’Évry a prononcé la liquidation judiciaire d'Ÿnsect. Après un an en sursis, la société n'a pas réussi à trouver un repreneur pour prendre un nouveau départ.
La promesse était ambitieuse, elle se sera finalement soldée par une immense déception. En effet, Ÿnsect, le spécialiste français de la production de protéines à base d’insectes, ne verra pas 2026. Le tribunal de commerce d’Évry a prononcé la liquidation judiciaire de l’entreprise à l’issue d’une audience qui s’est tenue le 1er décembre. Cette décision laisse les 43 derniers salariés d’Ÿnsect sur le carreau. La société avait jusqu'à fin janvier 2026 pour trouver des investisseurs ou des repreneurs.
Alors que sa survie ne tenait plus qu’à un fil, la société s’était placée sous la protection d’une procédure de sauvegarde en septembre 2024. Une décision pour gagner un peu de temps en vue de trouver une solution à ses problèmes financiers en opérant une restructuration de ses activités. Néanmoins, la situation continuait de se dégrader et l’entreprise avait été placée en redressement judiciaire en début d’année. Mais ni le licenciement de près de 140 salariés au printemps, ni la prolongation de la période d’observation n’auront permis d’inverser la tendance.
Une ferme verticale XXL inaugurée en 2021
A l’entame du calendrier de l’Avent, le tribunal de commerce d’Évry a décidé d’acter ce qui était désormais inéluctable. Ÿnsect avait vu trop grand trop vite. Et les plus de 550 millions d’euros levés depuis sa création en 2011 laissent probablement de sacrés maux de têtes aux investisseurs qui vouloir dans l’entreprise un symbole du renouveau industriel de la France.
La liquidation judiciaire va entraîner de facto la fermeture de sa ferme verticale de Poulainville (Somme) qui s’étale sur 45 000 mètres carrés. Inaugurée en 2021, elle devait permettre d’atteindre à terme une capacité de production de 200 000 tonnes d’ingrédients par an. Il s’agissait de la plus grande ferme verticale au monde dédiée à la production de protéines alternatives pour l'alimentation animale. Quant à l’autre site d’Ÿnsect, dans le Jura, il va être repris par Antoine Hubert, co-fondateur de l’entreprise, via sa nouvelle startup Keprea, révélée par Maddyness.
Forcément, cette décision laisse un goût amer à Emmanuel Pinto, président d’Ÿnsect depuis avril dernier. Il avait remplacé Shankar Krishnamoorthy, nommé à l'été 2023. Arrivé en tant que pompier de service, il n’a pu empêché la chute de la société malgré ses efforts ces derniers mois pour tenter de convaincre des investisseurs de renflouer Ÿnsect. «L’entreprise dispose désormais de technologies et d’un modèle opérationnel solides, même si les financements requis n’ont pu être réunis dans les temps. Nous espérons que les grandes compétences techniques et industrielles développées par les équipes d’Ÿnsect, comme les relations commerciales établies, trouveront un usage productif et pourront contribuer utilement à la fois à l’indépendance protéique de l’Europe et également à la lutte contre le changement climatique», a réagi Emmanuel Pinto. Un discours en forme d’héritage qui poussera peut-être un autre entrepreneur de la French Tech à lancer une nouvelle aventure dans ce secteur gourmand en cash ?
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