Les Fintech (suite)

Publié le par Jacques SAMELA.

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Alan, Qonto, Ledger... Ces fintechs qui ont bousculé la finance française

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Par Danièle Guinot / Le 14/04/26

En une dizaine d’années, grâce à leur offre innovante, ces jeunes pousses françaises ont réussi à se faire une place dans l’industrie de la finance. Le secteur des fintechs est entré dans une phase de maturité, les entreprises étant plus nombreuses à gagner de l’argent.

Elles s’appellent QontoAlan ou Ledger. En une dizaine d’années, ces jeunes pousses françaises (fintechs) ont réussi à se faire une place dans l’industrie de la finance. Et bousculé les poids lourds du secteur. Avec plus de 600.000 entreprises clientes et une présence dans huit pays européens, Qonto est en train de percer sur le marché des TPE-PME. L’an dernier, la start-up a déposé une demande de licence de crédit pour devenir une banque à part entière et accorder des prêts à ses clients. Ce qui va secouer encore un peu plus les banques traditionnelles, qui multiplient les offres en ligne et ferment des agences pour s’adapter à cette nouvelle donne.

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En dix ans, Alan est lui parvenu à s’imposer sur le marché très encadré de l’assurance santé en entreprise, en bousculant les mutuelles traditionnelles. La jeune pousse, qui compte aujourd’hui plus d’un million d’assurés, fait partie des grands gagnants de la réforme de la protection sociale des fonctionnaires. En 2024 et 2025, Alan a remporté quatre appels d’offres lancés par des ministères (dont celui des Finances) pour assurer la couverture santé de leurs agents. Ledger, est, lui, devenu leader dans la sécurisation des cryptoactifs. Il vient d’ouvrir un bureau à New York, dans le cadre d’un investissement de plusieurs millions de dollars.

Ces trois entreprises sont sur le podium du palmarès Fintech 100 réalisé par Truffle Capital et Finance Innovation, en partenariat avec BPCE et Sopra Steria. L’étude recense les 100 meilleures fintechs tricolores, principalement positionnées dans l’assurance, l’épargne ou les paiements, en fonction de leur chiffre d’affaires, de leur nombre de salariés ou des fonds levés. «Qonto, Alan et Ledger sont en train de s’installer dans le paysage et d’atteindre une taille significative, relève Bernard-Louis Roques, cofondateur de Truffle CapitalElles se sont lancées avant les autres et ont obtenu de bons financements au bon moment.» 

De fait, pendant quelques années, lorsque les taux d’intérêt étaient au plancher, les fonds d’investissement, en quête de rendement, ont massivement misé sur les fintechs et autres start-up prometteuses. Mais, depuis 2022 et la remontée brutale des taux d’intérêt, l’argent s’est tari : en 2025, les levées de capitaux ont encore fondu de 22% par rapport à 2024, déjà en forte baisse, selon le palmarès Fintech 100.

Simplicité, transparence sur les coûts et accessibilité

«Les fintechs qui sont parvenues à tirer leur épingle du jeu ont des produits innovants ou une expérience client de qualité répondant à des besoins concrets et à une demande croissante de simplicité, de transparence sur les coûts et d’accessibilité des consommateurs», avance Mikaël Ptachek, président de l’Observatoire de la fintech. Elles sont agiles, capables d’évoluer et leurs activités s’adressent souvent à des entreprises. Des secteurs souvent un peu délaissés par les banques ou les compagnies d’assurances, qui avaient peu évolué ces dernières années. »

De façon générale, l’industrie de la fintech française, qui ne compte pas de néobanque d’envergure à l’image de Revolut ou de N26, s’est transformée ces dernières années. Certaines entreprises ont tiré le rideau (notamment les néobanques comme Ma French Bank ou Orange Bank). Et, faute de carburant, les créations de start-up, notamment par des jeunes tout juste sortis d’école, ont chuté. Les entreprises toujours en vie ont été contraintes de revoir leur business model pour continuer à avancer. «Les fintechs sont entrées dans une phase de maturité, en cherchant avant tout à devenir rentables, explique Bernard-Louis Roques. 

En deux ans, le changement est énorme et presque culturel. Ces entreprises continuent à croître, mais de façon plus modérée et disciplinée. Elles font attention à la solidité de leurs modèles, font des efforts sur le plan opérationnel et font très attention à leurs dépenses. Cela se voit notamment au niveau de leurs effectifs, qu’elles évitent de trop augmenter.» Nombre de ces jeunes pousses s’appuient sur l’intelligence artificielle. «L’IA joue un rôle clé dans cette nouvelle phase. Elle devient un moteur de performance et de transformation des business models, en particulier sur le développement de l’informatique», souligne Bernard-Louis Roques.

Grâce à une gestion plus rigoureuse, imposée par les fonds d’investissement désormais très exigeants, les fintechs sont de plus en plus nombreuses à atteindre l’équilibre, à l’image d’Alan, Qonto, Alma, Swile ou Nikel«Plus de la moitié (57%) des fintechs françaises a atteint le seuil de rentabilité et plus d’un tiers des jeunes pousses de moins de cinq ans ont un résultat opérationnel positif», note le palmarès Fintech 100. Les plus solides peuvent désormais se tourner vers le financement bancaire : il a augmenté de 20% par rapport à 2024, constate l’étude.

Ces nouveaux fonds serviront notamment à financer le développement des fintechs. «Près de la moitié des entreprises (46%) ont des projets de croissance externe ou de fusion, dont l’essentiel (73%) à l’international, principalement en Europe au cours des douze prochains mois», souligne Bernard-Louis Roques. L’écosystème des fintechs est en pleine recomposition : alors que certaines cherchent à grandir, plus d’un tiers d’entre elles, envisage de se vendre (+24% en un an), de préférence à un grand groupe (seulement 8% auprès d’une fintech). 

«Ces sociétés ont besoin de trouver des liquidités pour rémunérer les investisseurs qui veulent céder leurs parts ou pour continuer à se développer», explique Bernard-Louis Roques. Seulement quelques-unes pourront envisager d’aller en Bourse, comme Younited récemment ou encore Legder, qui aurait en projet de s’introduire à Wall Street. «Les plus solides, comme Alan ou Qonto, peuvent continuer leur route seules», ajoute l’expert. La France n’a pas les mêmes capacités que certains pays, dont principalement les États-Unis, à faire émerger de grands acteurs mondiaux de la finance.

http://competitiviteinfrance.overblog.com/2016/01/fintech-de-la-confrontation-a-la-complementarite.html

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