Avant le 06 juin 1944
80e D-Day. Comment les résistants ont-ils aidé les Alliés dans la Manche ?
Publié le 28/05/2024
Sans la Résistance, le Débarquement et l’avancée des troupes alliées dans la Manche auraient été plus compliqués. Renseignements, sabotages, récupération d’armes, sauvetages de parachutistes et attaques de soldats ont eu un impact conséquent. À l’occasion du 80e anniversaire du Débarquement de Normandie, coup de projecteur sur ces femmes et hommes de l’ombre.
Le territoire de la Manche n’était pas propice à la constitution de grands maquis du type de celui du Vercors, lors de la Seconde Guerre mondiale. Pour autant, des mouvements de résistance se sont structurés. Des femmes et des hommes sabotant des équipements, transmettant des informations utiles aux chefs militaires, protégeant les soldats alliés… Coup de projecteur sur ces femmes et hommes de l’ombre qui ont joué un rôle marquant, favorisant par leurs actions, le succès du Débarquement et de la Bataille de Normandie, en 1944.
Les résistants dans la Manche étaient principalement des agents de renseignement
Pendant l’Occupation, les résistants manchois renseignent les Alliés. Fournissent de faux papiers, sabotent, attaquent des soldats isolés. Font de la propagande. « Près des deux tiers sont des agents de renseignement et plus de 20 % des agents de liaison », selon l’historien manchois Michel Boivin. Parmi eux, des personnels administratifs, des cheminots, des postiers, des ouvriers. La Résistance recrute aussi chez les réquisitionnés du travail obligatoire (STO).
Le département est proche des côtes anglaises. D’où la présence d’une armée d’occupation conséquente. D’où aussi l’importance d’avoir sur le terrain des hommes et des femmes capables de fournir des informations sur les implantations des troupes allemandes, les armements, les transports, les effectifs des unités et leurs commandements.
Outre les télécommunications, les résistants manchois feront sauter les voies ferrées pour empêcher le transport de soldats allemands vers le front manchois
Outre les télécommunications, les résistants manchois feront sauter les voies ferrées pour empêcher le transport de soldats allemands vers le front manchois | FONDATION DE LA RÉSISTANCE
Verlaine et les carottes sont cuites
Dans la Manche, il existe plusieurs réseaux de résistants. Leurs chefs tentent assez tôt de créer une unité pour mieux coordonner les actions à mener. « Il y a eu plusieurs tentatives en vain jusqu’au 5 mars 1944 », précise Michel Boivin. Pourtant les premiers essais d’unité sur le plan militaire datent de l’automne 1943, menés par Louis Renault (FTPF) Marcel Lucas (Libération Nord) et Marcel Tabur (OCM). Au final, à la veille du D-Day, selon les sources, entre 1 800 et 2 800 résistants sont unis et répartis en quatre zones : le Cotentin, le Coutançais, le Saint-Lois, l’Avranchin-Mortainais.
Les groupes FFI (Forces françaises de l’Intérieur) ne disposent pas de beaucoup d’armes. Ils en ont récupéré lors de deux parachutages dans l’Orne et le Calvados, en ont volé ou caché. Avant même le D-Day, la mobilisation commence dès le 1er juin 1944. Avec le message de la BBC, « L’heure du combat viendra », suivi des premiers vers du poème de Verlaine Chanson d’automne qui annoncent le Débarquement.
La nouvelle fait le tour des réseaux et des plans d’actions sont définis. Des volontaires rejoignent des groupes, forment de petits maquis et s’apprêtent à se battre. Michel Boivin rapporte : « Le 5 juin le chef départemental de la résistance, Yves Gresselin, est à son poste de commandement au château de Rauville-la-Place. Dans la soirée, le message « Les carottes sont cuites » annonce le Débarquement et invite les résistants à passer à l’action. »
Les objectifs ? Pratiquer la guérilla, saboter les voies ferrées, détruire les communications téléphoniques. Il faut empêcher toute communication entre les troupes, leurs commandements, l’État-major et même avec Berlin. Les câbles souterrains entre Saint-Lô et Cherbourg, entre Saint-Lô et Jersey sont visés. Lors de la libération du département une trentaine de résistants manchois seront tués. Certains les armes à la main. D’autres arrêtés, torturés, seront tués sur place ou fusillés peu après. Une douzaine d’entre eux internés à la prison de Saint-Lô mourra sous les bombes alliées.
https://competitiviteinfrance.overblog.com/2023/05/l-esprit-de-resistance-toujours-present.html
/image%2F0284039%2F20260602%2Fob_8c3103_agenda.png)
/image%2F0284039%2F20260602%2Fob_a352c0_avant-le-jour-j-2.jpg)
/image%2F0284039%2F20260602%2Fob_96fc43_avant-le-jour-j-1.jpg)
/image%2F0284039%2F20260602%2Fob_f5a9f4_le-chant-des-lions-1.jpg)
/image%2F0284039%2F20260602%2Fob_baae92_le-chant-des-lions-2.jpg)
/image%2F0284039%2F20260602%2Fob_66ced0_premiere-rafle.jpg)
/image%2F0284039%2F20260602%2Fob_1637e2_logo-competitivite-in-france-ines-rich.jpg)