Qwant, moteur de découverte à la française

Publié le par Jacques SAMELA.

Dominé à plus de 90 % en Europe par Google, le monde des moteurs de recherche s’est vu depuis peu compléter par un acteur Made in France du nom de Qwant (www.qwant.fr).

En effet, après près de deux ans de recherche en toute discrétion, Qwant a été créé par deux hommes d’horizons divers que sont Jean-Manuel Rozan, le financier et actuel président, et Eric Léandri, le spécialiste en sécurité informatique et directeur général aujourd’hui, accompagné en cela par une société spécialisée dans le développement de moteurs de recherche professionnels, Pertimm (www.pertimm.fr).

Lancé en 2013, en version bêta (pour les initiés), Qwant, dont le nom se voudrait un mélange de « quantité » et de « want », ou alors un clin d’œil à la société Quantum of Search, experte dans les moteurs de recherche spécialisés (n’hésitez-pas à m’interpeller, car les sources s’avèrent différentes), est donc aujourd’hui présent dans près de 30 pays, et proposé dans une dizaine de langues.

Alors, l’idée première de ce nouveau moteur de recherche, n’était pas de faire du Google au sens strict du terme, car d’autres le font déjà, mais au contraire d’être différent. Mais, comment me direz-vous ?

Tout d’abord, ils proposèrent d’afficher sur une même page plusieurs types de résultats en colonne selon qu’ils proviennent d’un site web, d’une encyclopédie, d’un réseau social ou d'une boutique. Ensuite, misant plutôt sur les réseaux sociaux, les utilisateurs peuvent se connecter via Facebook ou Twitter, et, ils peuvent également choisir eux-mêmes leur propre mise en page, soit la « Classic », la « Mosaîc », la « Media », et la « People ».

Et cela fonctionne. En effet, car après la mise en ligne de ce moteur de recherche, ce sont près de 150 000 visiteurs, curieux, qui s’y connectèrent, et, depuis, l’audience progresse de près de 20 % chaque mois, avec près de 8 millions de requêtes par jour (d’après la direction) et près de 1,5 milliards l’année dernière.

Cependant, ne cherchant pas à rattraper, voire à dépasser le maitre en la matière, mais plutôt de s’installer durablement dans le paysage, d’être crédible et donc de susciter l’adhésion, les dirigeants axent aujourd’hui vers ce qui pourrait être leur avenir, soit le développement d’un outil vers un public jeune avec une version « enfants » de leur moteur de recherche, où n’apparaissent pas les sites à caractère violent ou pornographique par exemple.

Testé actuellement par le ministère de l’Education nationale au sein de plusieurs centaines d’écoles, l’objectif est de pouvoir lancer cette version plutôt grand public à la rentrée prochaine. A suivre, sachant que le Brésil pourrait même être le premier pays à proposer cette version, en test également.

Et l’avenir justement, il se construit également avec des moyens, d’où l’importance de l’apport du groupe de presse Axel Springer (www.axelspringer.de), qui a investi l’année dernière près de 5 millions d’Euros, soit 20 % du capital, avec l’assurance pour Qwant de bénéficier de la puissance de ce groupe, l’intégration à l’un de ses sites, lui permettant rapidement de passer à près d’un milliard de requêtes par mois, et non plus sur l’année.

Et comme les éditeurs web européens, rassemblés sous l’entité Open International Project, emmenés justement par Axel Springer ainsi que le groupe Lagardère, réclament des règles de jeu plus équitables face aux géants de l’internet mondial, et donc américain, une plainte formelle auprès de la Commission européenne a même été déposée récemment, une place est certainement à prendre entre les très grands quasi inatteignables et les autres, plus secondaires, que sont Bing, Ask ou encore Voilà.

Donc, à moins d’être racheté par un de ces très grands justement, il y a fort à parier que Qwant, de par son positionnement de moteur de découverte plutôt que de recherche comme le dit son directeur général, l’absence de cookies, garant d’un respect de la vie privée, alors qu’aujourd’hui se pose justement la question de notre liberté de choix face à l’utilisation de plus en plus massive des moyens de communication, arrivera à attirer de nouveaux internautes, et deviendra peut-être dans un temps pas si lointain le challenger de Google.

Jacques Samela

Sources :

. Wikipedia

. Le Figaro du 12 février 2013

. Atlantico du 16 février 2013

. Webmarketing&com du 10 avril 2013

. Les Echos du 13 janvier 2015

. France Inter du 16 mars 2015

. Télérama n°3406 du 22 avril 2015

Qwant, moteur de découverte à la française
Qwant, moteur de découverte à la française

Publié dans L'entreprise du mois

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B
Je l'ai découvert en début d'année et effectivement même s'il y a encore beaucoup à faire, l'expérience utilisateur est différent de ce qu'on a l'habitude sur Google.
La répartition par catégories des résultats est attrayante mais à voir sur l'avenir si sa notoriété se développera.
Merci.
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