Résistance de l'économie française

Publié le par Jacques SAMELA.

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Croissance : l'économie française confirme sa résistance, un « bon départ » pour 2026

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Le 30/01/26

 

En hausse de 0,2 % au quatrième trimestre, le PIB a progressé de 0,9 % l'an dernier, selon la première estimation publiée ce vendredi matin par l'Insee.

Au bout du compte, l'année 2025 se sera mieux passée que prévu pour l'économie française. En dépit de l'instabilité politique, des incertitudes budgétaires, et des tensions internationales, la croissance du pays a atteint 0,9 % l'an dernier, après 1,1 % en 2024, selon la première estimation publiée ce vendredi matin par l'Insee.

Un chiffre conforme à ce qui était attendu par l'Institut de la statistique mais légèrement supérieur à ce que prévoyait le gouvernement. Au quatrième trimestre, l'activité économique a néanmoins ralenti, avec une hausse du PIB de 0,2 %, contre +0,5 % au troisième trimestre.

Contribution négative du commerce extérieur

En 2025, la demande intérieure ne contribue que pour 0,7 point au PIB. La consommation des ménages est restée médiocre, en hausse de 0,4 % seulement sur l'ensemble de l'année, avec une petite accélération au cours des trois derniers mois. Décembre a néanmoins été mauvais, avec un recul de 0,6 % des achats de biens, indique l'Insee.

L'investissement des entreprises a, de son côté, stagné, en hausse d'un maigre 0,1 %, après un recul de 2,4% en 2024. Après avoir soutenu l'activité pendant deux années d'affilée, le commerce extérieur a pesé négativement sur l'activité, (-0,5 point après +1,3 point), avec des importations (+2,9 %) qui ont progressé deux fois plus vite que les exportations (+1,4 %). La reconstitution des stocks est ainsi venue en renfort de la croissance en apportant 0,7 point de PIB.

« Bon départ »

Le ministre de l'Economie, Roland Lescure, a salué sur TF1 une « croissance robuste » et « un bon départ » pour 2026. « Nous aurons au moins 1 % de croissance et pourquoi pas de bonnes nouvelles dans l'année », a-t-il commenté, soulignant que « les entreprises ont continué à exporter », malgré le contexte de guerre commerciale menée par Donald Trump. Si certains secteurs sont considérablement affectés - tels les produits à base d'acier, la filière vins et spiritueux, les cosmétique, les nouveaux droits de douane américains ont pour le moment eu un effet limité sur l'économie nationale.

Dans ses dernières prévisions, l'Insee table sur une hausse du PIB de 0,3 % au premier et au deuxième trimestre. A mi-année, l'acquis de croissance se situerait alors déjà à 1 %. « Une croissance résiliente mais pas suffisante » a commenté en décembre dans les colonnes du « Figaro » François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France, qui attend elle aussi 1 % de croissance cette année. « On pourrait être plus bas comme on pourrait être plus haut mais à ce stade, on ne sait pas de quel côté la balance va pencher », observe Anthony Morlet-Lavidalie, économiste chez Rexecode

Avec l'adoption programmée du budget 2026, l'horizon s'éclaircit un peu. « L'incertitude qui a coûté entre 0,2 et 0,3 point de PIB à l'économie française en 2025 va se dissiper, au moins au premier semestre, cela va soutenir la croissance sur la période », estime Hadrien Camatte, économiste senior sur la France et la zone euro chez Natixis CIB.

Amélioration du climat des affaires

En ce début d'année, les enquêtes pointent d'ailleurs une amélioration du climat des affaires, en particulier dans l'industrie. « Les nouvelles commandes en provenance de l'étranger sont très bien orientées. Cela pourrait être le signal d'une accélération des exportations cette année », observe Maxime Darmet. Pour l'économiste senior France chez Allianz Trade, « la production industrielle et les exportations devraient porter l'activité en 2026 ».

« Les cadences accélèrent dans l'aéronautique. La hausse des dépenses militaires et le redémarrage attendu de l'économie allemande avec la relance budgétaire pourraient aussi soutenir l'activité », complète Hadrien Camatte. « 1 point de croissance en plus outre-Rhin c'est 0,1 point de PIB en plus pour la France ».

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