Le Rendez-Vous de l'Europe : Galileo, investissements industriels, EU Inc

Publié le par Jacques SAMELA.

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Pourquoi l’Europe veut renforcer Galileo en se dotant d’un «super GPS»

https://www.lefigaro.fr/economie/pourquoi-l-europe-veut-renforcer-galileo-en-se-dotant-d-un-super-gps-20260312?utm_source=premium&utm_medium=email&utm_campaign=20260312_NL_ECONOMIE&een=4a95be661899427ee6aa70e0e909d272&seen=2&m_i=WXN9sN138fijszbD%2BP6j4JBOFt4a%2BWLKVmOhvrWLgfjvXiEWcgK8C9LWwv5aRsmxplCZnJ7qJwK2qpvJdoibdbL6nWdmfH5iWv

 

DÉCRYPTAGE - Les deux premiers satellites de la mission Celeste doivent être lancés le 24 mars prochain, depuis la Nouvelle-Zélande.

Doter l’Europe d’un « super GPS », c’est-à-dire d’un système de navigation et de positionnement par satellites multi-orbites, afin de gagner en performance, en précision et en robustesse face aux menaces de brouillage et de leurrage. Cela, en renforçant le GPS européen, Galileo. Pleinement opérationnel à l’échelle mondiale depuis 2016, celui-ci est constitué de 28 satellites qui tournent en orbite moyenne (MEO) à 24 000 km de la Terre. Il a complété le système Egnos, avec ses trois satellites placés en orbite géostationnaire (GEO, à 36 000 km de la Terre), mis en service en 2004, notamment en charge de la navigation aérienne et maritime.

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C’est donc pour créer un super GPS que l’Agence spatiale européenne (Esa)* a lancé le programme FuturNav en 2022. L’Esa s’apprête entrer dans le vif du sujet, avec le lancement de la mission de démonstration Celeste, destinée à tester une « petite sœur » de Galileo, selon l’expression de l’agence. Elle est composée d’une constellation de 11 petits satellites, déployés à 500 km de la Terre. Les deux premiers engins, des « cube Sats » de 30 kg, doivent être lancés, au plus tôt le 24 mars prochain, par Electron, la petite fusée de la société américaine d’origine néo-zélandaise Rocket Lab.

L’Esa s’est tourné vers une fusée étrangère car « il n’y avait pas de créneau disponible sur les lanceurs européens. Et nous sommes contraints par le calendrier d’utilisation des fréquences allouées pour Celeste », explique Alan Le Priellec, ingénieur systèmes de l’Esa. Les autres satellites, des engins de 70 à 100 kg, devraient en revanche être lancés, en 2027, par une fusée européenne - Ariane 6 ou le petit lanceur italien Vega C - ou par un des mini-lanceurs en cours de développement, tel que Maia, de Maia Space (filiale d’Ariane Group, le constructeur d’Ariane). Les satellites et les deux stations sol (basées à Berlin et à Madrid) ont été confiés à deux consortiums européens. Le premier est piloté par Thales Alenia Space (TAS, filiale de Thales et de l’italien Leonardo) France et Italie ; le second par l’espagnol GMV Aerospace & Defence, avec l’allemand OHB.

« Celeste, qui apporte une couche supplémentaire en orbite basse à Galileo, a trois objectifs : démontrer ses bénéfices en termes de performance et de robustesse, éprouver de nouvelles technologies et générer de nouveaux services », détaille Alan Le Priellec. La constellation fonctionnera de façon synchronisée avec Galileo« En étant plus proche de la Terre, Celeste aura un signal plus puissant et plus précis (de l’ordre de 10 cm) qui sera réceptionné en temps réel grâce à un temps de latence quasi nul, en particulier dans les environnements où le signal de Galileo “passe mal”, comme c’est le cas dans les milieux très urbanisés, les immeubles ou encore les zones polaires où le temps de latence excède plusieurs minutes », explique Michel Monnerat, directeur des offres et projets avancés en navigation de TAS.

Une future constellation de 200 satellites

Une amélioration de performances qui répond aux besoins de nombreuses applications, qui ne peuvent se permettre de perdre le signal, telles que les réseaux de transport d’énergie, les voitures autonomes ou les armements (missiles de croisière, bombes, artillerie longue portée, drones militaires…). Les régions en conflit - Ukraine, Moyen-Orient notamment - subissent régulièrement des opérations massives de brouillage des signaux du GPS et de Galileo. Les infrastructures spatiales ne sont pas non plus à l’abri de cyberattaques et autres manœuvres hostiles en orbite.

L’Esa a pris l’initiative de lancer Celeste afin de préparer le lancement d’un futur programme. La mission de démonstration a reçu le soutien d’une large majorité d’États membres de l’Esa qui se sont mis d’accord pour mobiliser 728 millions d’euros, dont 485 millions décidés fin 2025. Celeste prépare et « dérisque » les technologies d’un futur programme « qui devrait être décidé à partir de 2028 », précise Alan Le Priellec. La future constellation en orbite basse devrait compter 200 satellites pour livrer des services complets (civils et militaires, NDLR) et « devrait, comme Galileo, être financée par la Commission européenne ». Quant à son budget, il n’a pas été rendu public. Dans ce cadre, Galileo, qui a coûté 7 milliards, restera « la colonne vertébrale » du futur système multiorbites.

En se dotant d’un tel système, qui interconnectera les trois GPS (Egnos, Galileo et le successeur de Celeste), l’Europe renforcera son autonomie stratégique mais aussi économique. Galileo compte près de 5 milliards d’utilisateurs dans le monde : des particuliers, via leur smartphone, mais aussi les entreprises de tous les secteurs (banque, transport, automobile, réseaux d’énergie, etc.), les gouvernements, les armées. Le monde d’aujourd’hui serait handicapé sans GPS. « Selon une étude américaine, une coupure totale du GPS coûterait entre 1 et 1,5 milliard de dollars par jour à l’économie des États-Unis. L’impact serait du même ordre de grandeur pour l’économie européenne », illustre Michel Monnerat.

Le Vieux Continent n’est donc pas le seul à vouloir renforcer cette infrastructure critique, en lui ajoutant une composante en orbite basse, qui à terme serait également interconnectée à Iris2, sa future constellation de connectivité spatiale. C’est le cas des États-Unis, pour leur GPS, mais aussi de la Chine, pour le système Beidu, et de la Russie pour Glonas. Outre-Atlantique, le Pentagone et la Nasa testent des solutions qui s’appuieraient sur Starlink, la constellation d’internet spatial de SpaceX. L’objectif étant d’utiliser les signaux de communication pour faire aussi du positionnement.

https://competitiviteinfrance.overblog.com/2026/01/galileo-deja-bien-parmi-nous.html

*https://competitiviteinfrance.overblog.com/2025/04/l-esa-rampe-de-lancement-pour-l-europe-spatiale.html

Vu et lu dans La Tribune Dimanche du 08/03/26
Vu et lu dans La Tribune Dimanche du 08/03/26

Vu et lu dans La Tribune Dimanche du 08/03/26

« On va passer du rêve à la réalité » : Bruxelles dégaine « EU Inc », ce passeport européen tant attendu par les start-ups

https://www.lefigaro.fr/secteur/high-tech/on-va-passer-du-reve-a-la-realite-bruxelles-degaine-eu-inc-ce-passeport-europeen-tant-attendu-par-les-start-up-20260317?utm_source=CRM&utm_medium=email&utm_campaign=20260318_NL_TECHWEB&een=4a95be661899427ee6aa70e0e909d272&seen=2&m_i=Mf2MU1kQuvo45PChZwhLbIYmoiFh1x4hp9D_uPKS4%2B3FZgQ58MQ1gQy2z3bFObh_zq3ADDH7pwc_f7Hw7C8p57CibD7kaU7kMu

Le 18/03/26

 

DÉCRYPTAGE - Ce nouveau statut permettra de lancer une activité dans n’importe quel pays européen en une poignée de jours et avec un minimum de contraintes. Il doit permettre aux start-ups de gagner en agilité et donc en attractivité auprès des investisseurs.

Ce n’est pas encore le marché unique, mais les start-ups ne comptent pas faire la fine bouche. Depuis plusieurs années, elles poussent l’idée d’un passeport professionnel leur permettant de s’établir en quelques jours dans n’importe quel État membre, afin d’y vendre leurs produits et services. La Commission, qui présente mercredi son projet de 28e régime, rebaptisé « EU Inc », les a entendues. Pour moins de 100 euros, il permettra à n’importe quelle entreprise de s’enregistrer dans un registre numérique sous ce statut paneuropéen à partir du pays où elle s’est créée.

Une fois inscrite, elle pourra depuis Paris se lancer à l’assaut du marché espagnol, allemand ou autrichien, par exemple, dans les plus brefs délais, sans s’acquitter de l’innombrable paperasserie nécessaire jusqu’ici pour s’y installer. « Il faut se rendre compte de la complexité pour une société européenne de vendre à travers le continent. Ce projet est dans les tuyaux depuis longtemps, on va passer du rêve à la réalité », se réjouit Hala Fadel, managing partner au sein du fonds Eurazeo, l’un des principaux investisseurs européens.

Même son de cloche chez France digitale. « Nos premières contributions sur le sujet datent de trois à quatre ans. Mais la Commission a accouché d’un texte ambitieux », indique Maya Noël, la directrice générale du lobby français des start-up. D’autant plus ambitieux qu’il prendra la forme d’un règlement et non d’une directive qui aurait pu être affaiblie par le jeu des transpositions nationales. Plus qu’une simple opportunité, EU Inc est vital, à entendre Pascal Canfin, négociateur sur le texte pour le groupe Renew au Parlement. « Lorsqu’une start-up commençant son activité en France ou en Allemagne veut passer à l’échelle, c’est actuellement plus facile pour elle de créer une deuxième filiale aux États-Unis plutôt qu’en Europe. Nous voulons en finir avec ce paradoxe », rappelle-t-il.

Les start-ups, agiles et internationales

Les start-ups sont à l’évidence les entreprises qui devraient le plus bénéficier de ce nouveau statut. Agiles et internationales par nature, à la recherche de taux de croissance à deux chiffres, elles verront sans doute une opportunité énorme dans la possibilité d’accéder rapidement à un marché de 450 millions de consommateurs, avec le moins d’obstacles possibles. « Ce temps économisé sur les contraintes réglementaires, dans l’époque actuelle, c’est ce qui peut faire la différence entre une bonne entreprise et une licorne ou une décacorne (valorisée plus de 10 milliards d’euros, NDLR) », explique encore Hala Fadel.

Une autre mesure, particulièrement attendue par les start-ups, concerne le sort des stock-options distribuées aux salariés dans leur package de rémunération. Aujourd’hui, les disparités sociales et fiscales entre États membres font de l’implémentation de ces dispositifs un vrai casse-tête. « C’est possible dans certains États membres, pas possible dans d’autres, cela suscite des frais abyssaux auprès des cabinets d’avocats. Le fait que le 28e régime propose une harmonisation est un bon signal », indique Clotilde Hocquard, en charge des affaires publiques pour France digitale.

L’Europe gagne en attractivité

Pour Hala Fadel, ce passeport va également permettre à certaines start-ups d’émerger sur la carte des fonds de capital-risque ou de capital-investissement. « Nous avons beaucoup d’exemples d’entrepreneurs d’Europe de l’Est qui, faute de juridictions crédibles dans leur pays d’origine aux yeux des investisseurs internationaux, rataient des opportunités. Ils allaient s’implanter aux États-Unis », indique la dirigeante. Avec EU Inc, ils pourront bénéficier d’une carte de visite bien plus attirante. Pour la dirigeante, cette mesure rend l’Union européenne « beaucoup plus attractive par rapport aux États-Unis et à la Chine ».

Pascal Canfin rappelle d’ailleurs que le régime pourrait s’adresser aux entrepreneurs européens mais également à ceux, venus des autres régions du monde, désireux de venir s’implanter en Europe. « Dans le contexte de relocalisation et d’attraction des talents, EU Inc est une bonne marque. Nous voulons que l’innovation change d’échelle en Europe », insiste-t-il. À entendre Maya Noël, ce 28e régime ne préempte toutefois pas les nécessaires avancées sur la constitution d’un marché européen des capitaux. Pas plus que les débats sur la possible création d’un mécanisme de préférence européenne ou de volumes substantiels de commande publique. « EU Inc est un bel objet, il faut construire par-dessus et, surtout, aller vite, maintenant », conclut-elle.

https://www.lefigaro.fr/secteur/high-tech/vous-doutez-encore-de-l-europe-allez-au-diable-d-helsinki-a-berlin-recit-d-une-semaine-ou-la-tech-europeenne-a-releve-la-tete-20251122

 

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