L’ESA, rampe de lancement pour l’Europe spatiale

Publié le par Jacques SAMELA.

L’ESA, rampe de lancement pour l’Europe spatiale
L’ESA, rampe de lancement pour l’Europe spatiale
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Alors que Musk, Bezos et autres milliardaires aux poches bien pleines phagocytent à leurs profits les prérogatives de la célèbre NASA (www.nasa.gov), l’Agence Spatiale Européenne, ou European Space Agency ou encore ESA (www.esa.int) fête cette année les 50 ans de sa création, effective le 30 mai 1975, après que 11 pays européens décidèrent de s’unir afin de se positionner dans la course menant à l’espace, sans pour autant se retrouver dépendant des deux principaux acteurs de l’époque qu’étaient les Etats-Unis et l’URSS.

Alors même si l’aventure spatiale européenne était déjà active quinze ans plus tôt, notamment avec le lancement le 1er décembre 1960 de la Commission préparatoire européenne pour la recherche spatiale (COPERS), aboutissant deux ans plus tard à la création de deux entités que furent le Conseil européen de recherches spatiales (CERS), et le Centre européen pour la construction de lanceurs d’engins spatiaux (CECLES), que la France, en 1965, envoya dans l’espace son premier satellite du nom d’Astérix, au moyen de la fusée Diamant (https://cnes.fr/actualites/y-50-ans-diamant-lancait-asterix-premier-satellite-francais), lui permettant de devenir le 3ème pays au monde à mettre en orbite par ses propres moyens un satellite conçu dans l’Hexagone, ou encore les échecs successifs de la fusée Europa ( https://fr.wikipedia.org/wiki/Europa_(fus%C3%A9e)), poussèrent finalement à la création de la dite agence.

L’idée étant donc de concurrencer les pionniers de la conquête spatiale, l’ESA, très rapidement, confia au Centre national des études spatiales (CNES), la mise en œuvre du programme connu sous le nom d’Ariane, avec dès le 24 décembre 1979, l’envol du centre de Kourou en Guyane, de la toute première fusée Ariane 1.

Aujourd’hui, l’ESA comporte 22 Etats membres, son siège est basé à Paris, et son budget pour l’année dernière était de 7,4 milliards d’Euros, faisant d’elle la 3ème agence spatiale mondiale derrière la Nasa et la CNSA chinoise.

Par contre, n’étant pas une institution de l’UE, qui a sa propre structure connue sous l’appellation EUSPA (https://www.euspa.europa.eu/) ou Agence de l’Union européenne pour le programme spatial, avec comme prérogatives de mettre en œuvre des objectifs européens, ainsi que d’exploiter des projets dans le domaine de l’espace, des accords sont fréquemment signés entre elles afin de définir des missions communes.

Le dernier en date fût signé en novembre 2000, régi par un accord cadre dit de partenariat financier (FFPA), impliquant pour l’UE un investissement financier à hauteur de 9 milliards d’Euros pour une période allant de 2021 à 2027, et pour l’agence, la mise en œuvre du volet spatial européen.

Et au final donc, des missions ayant largement répondues aux souhaits du projet européen dans sa globalité, avec du côté de l’ESA, l’apport de sa science spatiale, l’observation de la Terre, les télécommunications ou encore les lanceurs, et du côté de l’UE, une réponse plus que jamais dédiée aux besoins de ses citoyens, en intégrant l’espace dans des secteurs comme les transports, la sécurité, l’agriculture, et bien évidemment l’environnement.

Alors bien évidemment le programme Ariane en est un qui compte et représente la tête de gondole par excellence de cette collaboration, mais que dire de celui censé favoriser un accès autonome de l’Europe à internet, baptisé Iris2 (https://cnes.fr/actualites/iris2-nouvelle-constellation-de-satellites-europeenne), et dont on dit qu’il pourrait remplacer l’actuel fournisseur d’accès Starlink, propriété de M. Musk, ou encore de Galileo (https://cnes.fr/projets/galileo), système de navigation par satellites unique au monde, composé d’une trentaine de satellites placés en orbite à 23 222 km d’altitude, accouplés à des stations au sol disséminées tout autour de la terre, et dont le but sera de fournir des informations de positionnement exceptionnels, on parle là d’une précision de 20 cm.

 Et aujourd’hui, plus de 4 milliards de smartphones compatibles avec ce système sont déjà en utilisation dans le monde.

Donc, 50 bougies cette année, avec un sentiment que le travail accompli ne pourra que se bonifier dans l’avenir, avec comme objectif principal, d’appuyer l’émergence d’une autonomie stratégique européenne avec des programmes comme la fusée Ariane 6, dont le 1er vol commercial fût un succès (https://www.numerama.com/sciences/1947629-la-premiere-grande-evolution-technique-de-la-fusee-ariane-6-se-dessine-deja.html), Vega C (https://cnes.fr/projets/vega-c), lanceur léger conçu pour les petits satellites et les constellations, avec mise en orbite basse, la mise au point d’un lanceur partiellement réutilisable (https://ariane.group/transport-spatial/maia/), l’élaboration d’une nouvelle génération d’engins spéciaux, avec lancement prévu d’ici à 2030, la continuation de son concourt dans la construction et le fonctionnement de la Station spatiale européenne (ISS), dans celle de la formation des futurs astronautes européens avec le Centre des astronautes européens (https://www.esa.int/About_Us/EAC), d’où en est sorti Thomas Pesquet, ainsi que la toute nouvelle française, Sophie Adenot (https://www.esa.int/Space_in_Member_States/France/Sophie_Adenot), et j’en passe, car cela serait trop long à énumérer.

A vous d’être curieux, et d’aller visiter le siège de l’ESA, à Paris je le rappelle, où un lieu entièrement dédié au public et appelé l’Astrolabe a été ouvert en ce sens (https://www.esa.int/Space_in_Member_States/France/Le_siege_de_l_ESA_a_Paris_seduit_les_visiteurs_avec_une_exposition_ultramoderne). Bonne visite.

Sinon, pour donner une idée de l’importance de ce secteur à hauteur d’un pays comme le nôtre, 2ème pays contributeur à l’agence à hauteur de 20,4 %, et donc de son importance dans ce programme commun, il faut savoir que la France consacre près de 4 milliards d’Euros à l’espace, la positionnant à la 4ème place des pays les plus impliqués (Etats-Unis, Chine, japon, devant et dans l’ordre), et que la filière française représente aujourd’hui, plus de 1 700 entreprises, pour un chiffre d’affaires de près de 11 milliards d’Euros chaque année.

Jacques Samela

 

Sources :

. https://www.esa.int/Space_in_Member_States/Belgium_-_Francais/Les_trente_ans_de_l_ESA_un_bilan_remarquable_pour_l_Europe_spatiale

. https://www.cite-telecoms.com/blog/histoire/histoire-conquete-spaciale/programme-spatial-europeen-lesa/#:~:text=L'ESA%20est%20n%C3%A9e%20sous,France%20souhaitait%20un%20lanceur%20spatial

. https://www.touteleurope.eu/histoire/qu-est-ce-que-l-agence-spatiale-europeenne-esa/#:~:text=Le%2030%20mai%201975%2C%2011,place%20des%20entit%C3%A9s%20pr%C3%A9c%C3%A9demment%20cit%C3%A9es.

. https://www.touteleurope.eu/economie-et-social/la-politique-spatiale-europeenne-histoire-objectifs-programmes/

. https://www.agenda-2030.fr/a-la-une/actualites-a-la-une/article/l-agence-spatiale-europeenne-et-les-objectifs-de-developpement-durable?

 

A découvrir :

. https://reves-d-espace.com/espace-les-defis-et-perspectives-de-2025/

. https://cnes.fr/actualites/spatial-francais-10-dates-de-2025-ne-manquer

. https://www.latribune.fr/idees/tribunes/souverainete-strategique-l-espace-a-besoin-de-l-europe-1021847.html?utm_term=Autofeed&utm_medium=Social&utm_source=LinkedIn#Echobox=1743488969

. https://www.ecinews.fr/fr/airbus-va-concevoir-et-construire-la-plate-forme-datterrissage-du-rover-exomars-de-lesa/?hash=3a386f4879cf27cef9d62c4691766df372d1cf6e7b7ea82e4c51ab6a14fe2660&utm_source=mautic&utm_medium=email&utm_campaign=ECI-15-04-2025

 

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Publié dans L'entreprise du mois

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