Soitec & STMicroelectronics (suites)

Publié le par Jacques SAMELA.

Soitec & STMicroelectronics (suites)
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Soitec enregistre une hausse de 23 % de son chiffre d'affaires sur un an

https://www.lyoncapitale.fr/actualite/soitec-enregistre-une-hausse-de-23-de-son-chiffre-d-affaire-sur-un-an-semi-conducteurs

Le 24 juillet 2026

L'entreprise française Soitec, spécialisée dans la conception de semi-conducteurs, a enregistré un chiffre d'affaires en hausse de 23% lors du premier trimestre 2026-2027, sur un an, à périmètre constant.

Soitec a enregistré un chiffre d'affaires de 113 millions d'euros pour le premier trimestre de l’exercice 2026-2027 (période close le 28 juin 2026). Ce résultat est en hausse de 23% sur un an à périmètre constant. Explications.

"Surfer sur la vague" : c'est le terme qui correspond le mieux à l'entreprise iséroise Soitec. Créée en 1992 par deux ingénieurs, André-Jacques Auberton-Hervé et Jean-Michel Lamure, Soitec développe alors une technologie révolutionnaire: "SmartCutTM". Grâce à elle, Soitec a industrialisé la production du silicium sur isolant (SOI) en 1997. C'est un matériau qui permet de fabriquer des composants électroniques plus performants et plus économes en énergie.

À partir de cette date, l'entreprise ne cesse de grandir. La réussite de ses composants pour semi-conducteurs provoque son entrée à la Bourse de Paris en 1999. La valorisation de Soitec s'élève désormais à quatre milliards d'euros. Le groupe installe des filiales à Tokyo, à Taïwan ou à Singapour dès les années 2000, dans une région hautement stratégique pour la production de semi-conducteurs.

Une réussite iséroise et des montagnes russes

Néanmoins, le groupe ne connaît pas seulement la gloire. En 2015, le groupe est au bord du dépôt de bilan. Avec une valorisation de "seulement" 200 millions d'euros en bourse la même année (contre près de quatre milliards désormais), les temps sont durs. D'abord dispersée dans l’énergie solaire ou l’éclairage, la stratégie devient enfin plus clair : se recentrer sur le domaine de l'électronique.

Une crise de gouvernance éclate en janvier 2022. Le conseil d'administration nomme un nouveau directeur général, Pierre Barnabé, pour succéder à Paul Boudre. Or, la décision s'effectue sans la consultation de Paul Boudre lui-même et sans l'avis des cadres de Soitec. Résultat: l'entreprise perd 2 milliards d'euros en valorisation sur la période et le cours de son action chute de près de 20%.

Et quand la crise ne vient pas d'en haut, elle vient d'en bas. En 2019, la CGT conteste le départ d'une vingtaine de dirigeants, anciennement actionnaires, avec 98 millions d'euros de plus-value dans les poches. Pour comprendre, il faut revenir en 2015, où l'entreprise traverse une période de remous. L'action coûte alors 30 centimes, dans le cadre d'un plan de relance. Or, quatre ans plus tard et une relance réussie, le cours de l'action s'est envolé pour atteindre 90 euros.

Mais ce n'est pas tout. La CGT accuse ces mêmes dirigeants d'exil fiscal. Soitec détient une firme à Singapour : un petit territoire, pas plus grand que Berlin, qui a pour caractéristique d'être un paradis fiscal où le taux d'imposition est moins élevé qu'en France, voire nul. Or, pour une entreprise détenue à 25% par l'État et qui voit ses dirigeants partir avec 98 millions de plus-value en poche, la pilule passe mal.

Entre la 5G et l'IA : Soitec jubile

Mais ces dirigeants sont probablement partis trop tôt. Avec l'arrivée progressive de la 5G en France à la fin des années 2010, Soitec saisit sa chance. L'entreprise équipe les smartphones et les objets connectés avec sa technologie "Substrats Connect POI". Elle développe l'intelligence artificielle avec des technologies motivées par une efficacité énergétique et une connectivité optimisée.

Selon la branche "commerce et développement" de l'ONU (CNUCED), le marché de l'intelligence artificielle pourrait peser près de 4 800 milliards de dollars d’ici 2033.

https://competitiviteinfrance.overblog.com/2018/05/soite-une-reponse-francaise-et-europeenne.htm

 

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Isère : STMicroelectronics renoue avec les bénéfices, 1 000 départs restent programmés

https://www.lyoncapitale.fr/actualite/stmicroelectronics-isere-benefices-plan-departs

Le 25 juillet 2026

 

STMicroelectronics renoue avec le bénéfice et enchaîne un troisième trimestre de croissance. Son plan de départs, calibré pendant la crise des semi-conducteurs, court pourtant toujours jusqu'à fin 2027.

Le 23 juillet 2026, le fabriquant de puces isérois STMicroelectronics annonçait 3,49 milliards de dollars de chiffre d'affaires trimestriel, en hausse de 26% sur un an. La veille, la CGT rendait deux avis défavorables sur l'emploi et la stratégie du groupe, au comité social et économique central.

Le désaccord entre l'entreprise et la CGT porte sur ce qu'il faut en tirer pour l'emploi. Et l'Isère y joue gros. Le fabricant franco-italien de semi-conducteurs emploie environ 7 500 personnes dans le département, près des deux tiers de ses 11 500 salariés français. Crolles produit, Grenoble conçoit.

Un bénéfice retrouvé après un an de pertes

Le groupe sortait d'une année 2025 difficile. Son chiffre d'affaires annuel avait reculé de 11,1%, à 11,8 milliards de dollars, et sa marge opérationnelle était tombée à 1,5%. Le deuxième trimestre 2025 s'était même soldé par une perte nette de 97 millions d'euros.

Un an plus tard, le même trimestre dégage 222 millions de dollars de bénéfice net. C'est le troisième trimestre consécutif de croissance, porté notamment par les centres de données dédiés à l'intelligence artificielle.

Un plan taillé pour une crise finie

Le plan de départs, lui, a été calibré dans la crise. Détaillé en avril 2025, il répondait à l'effondrement du marché des semi-conducteurs. Il prévoit jusqu'à 2 800 départs volontaires dans le monde d'ici fin 2027, dont environ un millier en France.

À l'époque, les syndicats jugeaient la cible révisable. Le délégué syndical central CFE-CGC Jean-Pierre Kileddjian relevait ainsi que ces 2 800 départs restaient une prévision, et que l'activité pouvait repartir. Elle est repartie. Le communiqué du 23 juillet maintient pourtant la refonte de l'implantation industrielle et le redimensionnement de la base de coûts parmi les priorités du groupe.

La direction dispose toutefois d'un argument. Son plan ne visait pas le chiffre d'affaires mais les marges. Elle s'est fixé fin janvier 2025 une réduction de 300 à 360 millions de dollars de charges d'exploitation d'ici 2027. Or le résultat opérationnel du deuxième trimestre atteint 187 millions de dollars, soit environ 5% du chiffre d'affaires. La rentabilité reste mince malgré la reprise.

Le dispositif retenu n'est pas un plan de sauvegarde de l'emploi, cette procédure de licenciement collectif contrôlée par l'administration. STMicroelectronics s'appuie sur un accord de gestion des emplois et des parcours professionnels : le salarié se porte candidat au départ, l'entreprise accepte ou refuse. En contrepartie, la direction exclut tout départ contraint et toute fermeture de site. Trois des quatre syndicats représentatifs ont signé. La CGT s'y est refusée.

Les effectifs français reculent pour la deuxième année consécutive. Sur la base des documents présentés au comité central, la CGT relève une baisse de 3,4 % en 2025 par rapport à 2024, et un effondrement des embauches en contrat à durée indéterminée. Le nombre moyen d'heures de formation par salarié tombe à 16 heures en 2025, contre 35,9 heures deux ans plus tôt. Le syndicat rappelle par ailleurs que 177 millions d'euros de subventions publiques étaient attendues au titre de 2025.

Le syndicat en tire une conclusion sans détour, dans son avis économique : « Les indicateurs financiers confirment que la volonté de réduire les effectifs ne répond à aucune logique industrielle. »

L'Isère n'est pas pour autant présentée comme perdante. La direction a désigné la ligne 300 millimètres de Crolles comme le cœur de son écosystème de produits numériques, avec un objectif de 14 000 plaquettes par semaine d'ici 2027. La CGT ne conteste pas cette perspective, mais son exécution : une montée en cadence menée sans recrutement externe.

Le groupe publiera ses comptes du troisième trimestre à l'automne. Il vise 3,70 milliards de dollars, puis plus de 4 milliards au quatrième. Si la trajectoire se confirme, STMicroelectronics maintiendra-t-il sa cible de mille départs jusqu'à son terme, fin 2027 ? Contactée, la direction ne s'est pas encore exprimée sur ce point, ni sur le nombre de départs déjà enregistrés en Isère pour le moment.

http://competitiviteinfrance.overblog.com/2024/03/stmicroelectronics-un-geant-europeen-et-mondial.html

 

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