L'emploi des séniors, encore du boulot

Publié le par Jacques SAMELA.

L'emploi des séniors, encore du boulot
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L'emploi des seniors s'améliore mais les 60-64 ans restent dans la zone grise

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Publié le 29 juillet 2026

Les seniors sont bien plus exposés au chômage de longue durée que le reste de la population active.

En 2025, le taux d’emploi des 55-64 ans en France franchit un nouveau seuil historique pour atteindre 61,7 %. Derrière ce chiffre tiré par la réforme des retraites, le pays accuse toujours un retard marqué sur la moyenne européenne, en particulier sur la tranche des 60-64 ans. Un phénomène qui met en lumière l'émergence d'une zone grise en fin de carrière.

En un quart de siècle, la présence des seniors sur le marché du travail français s’est métamorphosée. Alors qu’au début des années 2000, le taux d’emploi des 55-64 ans ne dépassait pas 31 %, il s'établissait à 60,4 % en 2024 avant de progresser à 61,7 % en 2025.

Pourtant, le rattrapage vis-à-vis des partenaires européens demeure incomplet. À l'échelle de l'Union européenne, la moyenne s'élève à 66,4 % (après 65,2 % en 2024 selon la Dares). L’écart ne réside pas dans l'ensemble des seniors, mais se concentre spécifiquement sur le segment des 60-64 ans, qui décrochent plus prématurément en France que chez plusieurs de ses voisins.

Le verrou des 60-64 ans

Jusqu'à la fin de la cinquantaine, l'intégration des actifs français reste solide, affichant un taux d'emploi supérieur à 80 % jusqu'à 56 ans. Une baisse progressive s’amorce ensuite, suivie d’un recul net dès 60 ans. Seuls 44,4 % des 60-64 ans occupent un emploi en France, contre 55,0 % au sein de l'Union européenne.

Un faible taux de chômage masque en partie ces disparités. En 2025, le chômage des plus de 55 ans s’établit à 5,2 % (après 5,4 % en 2024), soit un niveau inférieur à celui de l'ensemble de la population active. Mais cet indicateur dissimule la réalité des seniors « NER » — ni en emploi, ni à la retraite.

Une réforme qui déplace le problème

La mise en œuvre de la réforme des retraites de 2023 sur les générations nées entre 1962 et 1964 montre des effets mesurables : à âge égal, leur taux d'emploi entre 60 et 64 ans s'avère supérieur à celui des cohortes précédentes.

Le recul de l'âge légal de départ freine la sortie précoce du marché du travail, mais il déplace l'incertitude. Pour ces générations, la proportion de personnes ni en emploi ni à la retraite tend à baisser à 60 et 61 ans, pour augmenter à 62 ans.

« Le trou d'air ne disparaît pas : il se décale vers 62 ans, à mesure que la retraite recule. »

Cette prolongation d’activité s’avère plus aisée pour les cadres que pour les salariés soumis à de l'usure professionnelle. Les seniors demeurent en effet surreprésentés dans des métiers moins qualifiés et exposés physiquement, comme le nettoyage, les soins, la logistique ou la sécurité, rendant la fin de carrière plus fragile pour ces catégories.

Un impact financier et organisationnel encore incertain

Sur le plan budgétaire, l'élévation du taux d’emploi génère des rentrées de cotisations immédiates et retarde le versement des pensions. Toutefois, cet équilibre comptable risque d'être contrebalancé par le report d'une partie des coûts sur l'assurance maladie, les prestations d'invalidité ou les minima sociaux.

Pour les entreprises, la gestion des secondes parties de carrière exige une adaptation des postes de travail et des investissements accrus dans la prévention de l'usure professionnelle. Sans ces ajustements, l'amélioration des statistiques globales continuera de coexister avec la précarisation des actifs de 60 à 64 ans.

 

https://competitiviteinfrance.overblog.com/2026/02/les-seniors-au-service-de-la-competitivite.html

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