Unowhy, de la cuisine à l’école.
Peu la connaisse sous ce nom, moi-même je l’ignorai, mais par contre sous l’appellation « Qooq », les amateurs de cuisine commence certainement à être interpellés.
En effet, Unowhy (www.unowhy.com) est donc la société qui a imaginé la première tablette tactile culinaire française.
Et tout commence en 2008 avec Jean-Yves Hepp, cofondateur avec son frère Guillaume, qui un jour, bloqué dans un embouteillage, pensa avec plaisir à un plat de sa mère, mais se disant rapidement qu’à moins de la voir à l’œuvre, on ne pourrait pas réaliser soit même cette recette familiale.
Ayant dirigé auparavant la marque Nespresso à l’international, il se mit donc à la recherche d’une manière ludique pour représenter l’acte de faire de la cuisine dans un objet physique, aidé en cela par son frère, ancien du groupe SFR, et qui eut justement l’idée de marier la technologie du téléphone et du cadre photo.
Le coach culinaire, l’appellation tablette numérique n’étant pas encore usitée, est lancé définitivement en 2009 au Bon Marché de Paris.
Depuis, après avoir démarré sa production en Chine (à la mode à l’époque), mais las d’entendre que plus rien ne se fabrique en France (lire le dossier du 22/09/14 intitulé : Délocalisations, relocalisations ?), le dirigeant décide tout simplement de relocaliser sa production en France, à Monceau Les Mines (Saône et Loire).
Confronté à l’augmentation du coût du travail, il décide donc d’amoindrir les coûts de fabrication, de repenser la conception, l’outillage et le système pour réduire le temps de travail, avec comme résultat de trouver par exemple 4 vis là où il y en avait 14, mais aussi de robotiser l’ensemble des taches pouvant l’être.
Le résultat de cette relocalisation ?
Un contrôle qualité amont et aval bien plus important qu’en Chine, un gain sur les coûts, les transports, les suivis de production, et la fiabilité des délais de livraison.
Donc, après avoir réalisé ce rapatriement, un évènement exceptionnel va permettre à cette société de s’ouvrir les portes de la notoriété internationale.
En effet, en déplacement aux Etats-Unis, le dirigeant rencontre des journalistes pour présenter sa tablette, sans savoir que l’un deux travaille pour la présentatrice vedette Oprah Winfrey, qui s’empresse de lui présenter.
Surprise, elle adore, et souhaite la présenter durant son émission, mais avec deux conditions, qu’elle soit couleur vert pomme, et qu’on y trouve des recettes de chefs américains.
Ni une ni deux, les conditions demandées sont réalisées sans poser trop de questions, et au final, la présentatrice vante en direct durant son émission la tablette Qooq, la classant même dans la liste de ses produits préférés.
Depuis, la tablette est distribuée aux Etats-Unis dans près de 120 points de vente, traduite en anglais, avec bien évidemment des recettes de chefs made in USA.
Fort de ce succès, et avec comme idée de s’ouvrir d’autres marchés en Asie ou en Amérique Latine, tout en souhaitant s’ouvrir d’autres horizons, Jean-Yves Hepp, décida de créer une nouvelle tablette, en ciblant cette-fois-ci l’éducation nationale avec « Ted », pour "tablette pour l’éducation digitale".
Elaborée en partenariat exclusif avec le groupe Atos (www.atos.net), une des SSII les plus performantes de France, l’idée du créateur est de développer justement un cloud de l’éducation avec des données sécurisées et restant en France, car comme il le pressent, les tablettes numériques vont devenir les outils principaux de la transmission des savoirs, et il estime fondamental de se positionner comme alternative auprès des donneurs d’ordres face aux leaders que sont les Google, Microsoft, Amazon ou Apple, car c’est tout simplement un enjeu de souveraineté numérique qui est en jeu, avec comme obligation de ne pas se trouver distancé à jamais.
Dédiée tout d’abord aux collèges, elle est actuellement la seule réponse française à figurer dans le plan numérique pour l’éducation, plan qui a pour but d’équiper 1 500 collèges et 1 200 écoles primaires dès cette année.
Son originalité par rapport aux autres modèles en compétition, c’est d’avoir été conçue avec l’aide des enseignants, permettant à celle-ci de répondre à leurs besoins dans le cadre de leurs activités scolaires, comme par exemple pouvoir choisir les sites internet auxquels les élèves auront accès, pouvoir corriger les exercices à distance, en temps réel ou après la classe, pouvoir également bloquer l’accès des élèves aux tablettes, tout en leur donnant également l’occasion de faire évoluer le terminal, les logiciels et les contenus.
Bel exemple de collaboration intelligente.
Et on peut dire que c’est un succès, car en nombre de départements équipés, elle se classe à la deuxième place derrière Apple, et devant Samsung et Lenovo.
Quant à la suite, après la cuisine et l’école, elle est déjà à l’horizon, avec d’après son dirigeant, un secteur vecteur d’avenir qui est celui de la santé, avec justement des projets bien avancés avec des acteurs des nanotechnologies, élaborant des vêtements intelligents pouvant être connectés à des tablettes, afin de mesurer par exemple le taux de cholestérol, les prémisses d’une crise d’hypoglycémie ou d’une crise cardiaque, soit la possibilité d’anticiper les diagnostics, et faire que chacun puisse se rendre de lui-même chez le médecin ou alors aux urgences si cela paraît plus grave.
Et avec de 20 % à 30 % du chiffre d’affaires, réinjecté dans la R&D, il est indéniable que cette société saura trouver de nouveaux marchés pour ses tablettes, et faire qu’un acteur français puisse se confronter, avec ses moyens et ses innovations, aux principaux leaders du secteur (voir plus haut), sachant justement que par le passé, durant le désormais célèbre CES de Las Vegas, l’International Business Times (www.ibtimes.com) estima que la tablette Qook était à suivre de près, et qu’elle fut également l’objet en 2015 d’un sujet du bac SGTM Mercatique*.
Donc, il y a toutes les chances que la transmission des savoirs par le biais des tablettes numériques soit aussi représenté par un savoir-faire à la française, ce qui dans le cadre de l’importance des enjeux de souveraineté numérique et national devient de plus en plus primordial.
* www.marketing-etudiant.fr/mercatique.
Jacques Samela
Sources :
. Les Echos du 18/11/13
. Le Figaro Economie du 19/11/13
. Management de septembre 2016













































