Big data, les français en force

Publié le par Jacques SAMELA.

Inventé par les GAFA*, mais sans la lettre A de Apple, remplacé ici par Netflix, le business model en question, soit le Big Data, devrait selon le Boston Consulting Group (www.bcg.fr) représenter d’ici 2020 près de 1000 milliards d’Euros en Europe.

Loin d’être réservé aux grands groupes américains du numérique comme Oracle, SAP, IBM ou encore HP, le Big Data, dont vous trouverez les chiffres ci-joint à ce texte, est déjà utilisé par des entreprises de l’énergie, des télécoms, de l’agro-alimentaire ou encore de la cosmétique, et ce dans des domaines aussi variés que le ciblage marketing, la réduction des coûts de maintenance, ou en invention de services, de produits et de business model.

Alors, même si ces grands groupes en sont les premiers bénéficiaires, de nouvelles structures, plus communément appelées start-up, se lancent sur ce marché plus que prometteur, et elles sont françaises.

Et, pour ne pas faire de jaloux, en suivant les lettres de l’alphabet, je commencerai donc par la société Bime Analytics (www.bimeanalytics.com). Fondée en 2009 par Rachel Delacour et Nicolas Raspail, architecte en informatique décisionnelle, elle est éditrice de solutions de Business Intelligence en mode SaaS, elle fut lauréate l’année de sa création du concours du ministère de la recherche, et pour le magazine économique américain « Forbes », elle est devenue depuis un acteur incontournable du Big Data.

Donc, aider les entreprises à la décision, accessible en mode cloud, soit partout dans le monde, et ce pour toutes les entreprises, les grandes comme les petites, telle est sa spécialité, et avec près de 300 clients dans le monde, dont un tiers aux Etats-Unis, il est à parier que l’avenir lui sourira encore, aidé en cela également par une levée de fonds de 3 millions d’Euros auprès d’Alven capital (www.alvencapital.com), fonds privé français.

Ensuite, toujours en suivant l’alphabet, je citerai la société Dataiku (www.dataiku.com), plus jeune, car créée en 2013 par Florian Douetteau, avec juste un apport de 25 000 €uros au sein de l’incubateur parisien Agoranov (voir le dossier spécial incubateurs du 29 juin 2015), et dont la spécificité est l’analyse des mégadonnées.

A l’aide du logiciel « Data Science Studio », cette start-up aide les entreprises à déduire de leurs données des prévisions pour leur business, comme par exemple anticiper les comportements d’achat des clients, leurs commandes, et affiner les délais de livraison.

Ancien de Critéo (voir le dossier spécial du 19 novembre 2013), entouré de ses trois associés (Marc Batty, Thomas Cabrol, Clément Stennac), Florent Douetteau, qui n’a jamais emprunté aux banques, car rentable dès sa première année d’existence, mais aussi grâce à un concours, où il a gagné 110 000 €uros de dotations, ainsi qu’ une levée de fonds de 3 millions d’Euros auprès d’Alven (déjà vu plus haut) et de Serena Capital, a pu par-contre séduire près de 1 000 utilisateurs comme BlaBlacar, Vente-privée ou encore Chronopost, avec comme objectif, de conquérir le marché américain, déjà commencé, avec l’ouverture notamment d’un premier bureau à New York, et l’embauche d’une trentaine de personnes pour appuyer cette implantation nouvelle.

La troisième elle, s’appelle OpenDataSoft (www.opendatasoft.com), et elle a été créée en 2011 par Jean-Marc Lazard, ancien de chez Exalead (comme le fondateur de Dataiku), et diplomé en commerce et mathématiques appliquées. Elle fut distinguée par l’Electronic Business Group (www.ebg.net) comme l’une des 10 start-up les plus innovantes en France. Première start-up française à faire partie de l’Open Data Soft (www.theodi.org), organisme anglais dont la mission est de valoriser la culture des données ouvertes, OpenDataSoft propose des solutions clés en main aux problématiques de publication, partage et ouverture de données.

Hébergée sur le cloud, la plateforme OpenDataSoft est donc conçue pour proposer à ses clients la richesse fonctionnelle et les performances nécessaires pour transformer tout type de données en applications innovantes.

Et, déjà considérée comme un poids lourd du Big data en France, et ce malgré sa taille, car ne comptant qu’une dizaine de personnes, OpenDataSoft est déjà passé à autre chose, avec la signature de premiers contrats aux Etats-Unis, véritable Eldorado pour les structures innovantes, en recherche de potentielles ventes.

Et quant à la dernière (dans ce sujet), Talend (www.talend.com), elle est spécialisée dans l’intégration et la gestion des données, dont le but est de simplifier le processus de développement, de réduire le délai d’apprentissage, et de diminuer le coût total de possession via une plateforme unifiée, ouverte et fiable.

Créée par Bertrand Diard et Fabrice Bonan en 2005, cette société compte déjà près de 400 personnes dans le monde, son siège social est basé à Redwood City (USA), mais sa R&D est basée elle à Suresnes en France, car comme le dit l’un de ses fondateurs, "la France est un paradis fiscal pour la recherche et le développement, et, avec le crédit d’impôt recherche, et le statut JEI (jeune entreprise innovante), les ingénieurs sont trois fois moins chers qu’en Californie, et en plus ils sont bons".

Membre fondateur de l’OW2 (www.ow2.org), et de l’Open Solutions Alliance, côté dans la Silicon Valley, Talend à aujourd’hui comme clients Google, Yahoo, ebay ou Orange.

Ayant bénéficié il y a de cela quelques années d’une levée de fonds de 40 millions de dollars, acquérant, pour plus de visibilité d’autres entreprises, et recrutant des salariés chevronnés, les dirigeants de Talend avancent aujourd’hui à pas comptés mais avec assurance vers une entrée au Nasdaq, place financière incontournable pour les nouvelles technologies. A suivre.

Donc, oui, la France à son mot à dire, ces quelques sociétés le démontrent, d’autres certainement (voir ci-dessous Predicsis), mais elles auront fort à faire face aux mastodontes américains, pour la plupart, mais en gardant un esprit start-up, tout en grandissant normalement, par étapes, nos petits « frenchies » y trouveront tous leurs places, si ce n’est les premières. C’est tout le mal que l’on puisse leur souhaiter.

* GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon)

Jacques Samela.

Sources :

. Wikipedia

. Le Monde du 12 décembre 2013

. Libération du 16 décembre 2013

. L’Usine Nouvelle N° 3372 du 10 avril 2014

. L’informaticien du 23 octobre 2014

. Les clés de demain du 17 juin 2015

. Management de juillet-aout 2015

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