Christian Louboutin, retour à la source

Publié le par Jacques SAMELA.

Photo J.S.
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Alors que venait de s’ouvrir au palais de la Porte Dorée (www.palais-portedoree.fr) l’exposition intitulée « L’Exhibitioniste », condensé de 30 ans de carrière du créateur Christian Louboutin, voici avant sa  réouverture, et donc la fin de notre confinement, un petit retour en arrière sur la vie et l’avènement du roi de vos pieds Mesdames, mais pas que, j’y reviendrai.

Né à Paris en 1964, il est le petit dernier d’une famille composée déjà de trois grandes filles, avec il l’apprendra bien plus tard, une petite différence venue manifestement de très loin, rapport à sa peau mate, en totale contraire de ses trois sœurs plutôt blondinettes.

Fréquentant assidûment les lieux emblématiques de son quartier, comme le Zoo de Vincennes, la Foire du Trône, ou l’aquarium tropical, c’est justement durant une de ses visites du Palais de la Porte Dorée, chef d’œuvre de style art déco, créé à l’occasion de l’exposition coloniale de 1931, et désormais Musée national de l’immigration, qu’il découvrit un panneau indiquant que le port de talons aiguilles y était interdit, en raison du parquet ancien.

Il y fût saisi par ce dessin, représentant à la perfection un escarpin noir, avec un talon pointu et vertigineux, qui deviendra justement une de ses marques de fabrique, et juste après cette vision, une fixation, se mettant à dessiner avec frénésie ce même type de soulier, notamment en classe.

Ensuite, et après une adolescence plutôt chaotique, le menant notamment à fréquenter certains lieux de nuit, et notamment le Palace, temple de la nuit parisienne de l’époque, il devient à 18 ans stagiaire chez le chausseur de luxe, Charles Jourdan (1883-1976), considéré comme l’inventeur du talon aiguille, où, en titi parisien qu’il était, et accueilli plutôt fraichement, il apprends la technique de la création, ainsi que le métier de modéliste. Il y restera seulement un an.

Travaillant par la suite en free-lance pour Hervé Léger ou Chanel, il devint en 1988 l’assistant personnel de Roger Vivier (1913-1998), styliste français spécialisé également dans la chaussure, avec pour l’occasion, la possibilité de participer à l’organisation d’une exposition dédiée à son œuvre.

Cependant, après cette expérience certes enrichissante, il bifurque pourtant vers une activité totalement différente, mais déjà une passion pour lui, celle de paysagiste. Il y officiera pendant plusieurs années, avant d’ouvrir finalement sa première boutique à la fin de l’année 1991, lançant en cela sa marque définitivement. Deux autres suivront les années suivantes, avant celles de New York.

Quatre ans après, et quelques tâtonnements, il devient le chausseur attitré des défilés de créateurs comme Jean-Paul Gaultier, Azzaro, Givenchy, Lanvin, ou encore Yves Saint Laurent, pour qui il crée une marque éphémère pour ses adieux, appelée « Christian Louboutin for Yves Saint Laurent Haute Couture 1962 – 2002 ».

Il lance également sa première collection de sacs à main, prémisses d’une diversification à venir, dont celle consacrée au monde de l’homme, avec l’ouverture notamment de sa 45ème boutique en 2011, la création en 2014 de sa première collection de vernis à ongles, la commercialisation en 2015 de sa première gamme de rouge à lèvres, ses premiers parfums en 2016, suivi en 2017 d’une gamme de maquillage pour les yeux.

Et comme vous pouvez le voir, on parle de couleurs, et notamment de ce rouge, utilisé pour les semelles de ses chaussures, reconnues entres toutes, et qui bien sûr est devenu sa marque de fabrique. Mais d’où cela vient t’-il exactement ?

Eh bien tout simplement d’une de ses collaboratrices, qui un jour, se faisant les ongles avec un vernis de la marque Chanel rouge, interpella le créateur, qui de suite eu l’idée d’en badigeonner une semelle de chaussure à sa disposition, habituellement noire, comme l’ensemble des chaussures en fait. L’effet est saisissant, rappelant en lui cette couleur rouge utilisé par Andy Warhol et son désormais pop art, dont il raffole. Il vient de trouver là une nouvelle différence, et qui fera date celle-ci. Pour la petite histoire, et pour être technique, le rouge employé est la couleur numéro 18.1663TP du nuancier Pantone (www.planetecouleur.com).

Depuis, et après quelques collaborations avec Ladurée pour ses macarons, le groupe Mattel pour quelques-unes de ses poupées Barbie, Disney pour une (la) chaussure de Cendrillon, ou encore le Crazy Horse dans le cadre du spectacle intitulé Désirs, il s’est effectivement adressé aux hommes, avec comme déclencheur, le chanteur Mika, qui un jour en 2007,  lui demanda de réfléchir à une chaussure pour sa prochaine tournée.

Ravi certainement du résultat, mais surtout du ressenti plus que favorable du chanteur, il se lança donc trois ans plus tard en créant sa première collection masculine, avec bien évidemment, la semelle rouge, il n’y pas de raison.

Et depuis, ce sont près d’une quinzaine de boutiques pour hommes qui ont été ouvertes, complétant en cela la centaine de points de ventes mixtes à travers le monde, démontrant la montée en puissance de la gent masculine dans la clientèle autrefois essentiellement féminine.

Et que dire de cette édition limitée en 2017, dédiée aux bébés et appelée Loubibabys ?

Une demande de ses aficionados, désormais parents et souhaitant perpétuer une tradition dans le temps, ou tout simplement un  souhait du créateur afin de préparer les futures générations à ses modèles moins classiques comme les baskets, qui, désormais partie plus que prenante de sa panoplie de modèles, sont même devenues les plus contrefaites de sa collection, avec la petite maroquinerie ?

Sans oublier bien évidemment sa fameuse semelle rouge, qui, succès oblige, occasionna des litiges assez longs contre des marques comme la Maison Yves Saint Laurent aux Etats-Unis, Zara, ou encore la marque brésilienne Carmen Steffens, car proposant également des semelles rouges sur leurs modèles de chaussures, sciemment ou pas, ou en tout cas avec le souhait de surfer sur la vague, firent que Christian Louboutin, en plus de ces actions de justice, créa un site en ligne (www.stopfakelouboutin.com), afin d’informer sa clientèle de ces agissements, mais également de leur donner des indications pour obtenir réparation, réparation qu’il obtint lui finalement en 2018 par la Cour de justice européenne, après la cour d’appel de paris, en précisant que sa semelle rouge représentait bien une marque en soi, avec possibilité de la protéger par tous les moyens légaux.

Victoire donc, qu’il souhaitait certainement partager avec ses fidèles, ainsi qu’avec ce public, attendu en nombre, mais, c’était compter sans ce virus, qui malheureusement nous obligera à attendre, avant d’aller voir son univers haut (comme ses chaussures) en couleurs.

Jacques Samela

 

Sources :

. Wikipedia

. Le Parisien Weekend du 15/09/17

. Le Parisien Weekend du 14/02/20

. Elle n° 3870 du 21/02/20

 

 

 

Vu dans Le Parisien Weekend du 14/02/20

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Vu et lu dans Le Parisien Weekend du 14/02/20
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Vu et lu dans Elle n° 3870 du 21/02/20
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Vu et lu dans le Parisien Weekend du 15/09/17
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Vus et lus dans Les Echos du 11/06/18, et Challenges n° 571 du 21/06/18
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Vus et lus dans Gala n° 1394 du 27/02/20, Stylist n° 281 du 13/02/20, et M et magazine du Monde n° 442 du 07/03/20
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Publié dans Portrait français.

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