Jacques Delors, un européen par excellence
En ce début d’année 2024, disparait donc un des personnages phare de la construction européenne, rejoignant en cela le cercle restreint des dits pères fondateurs.
Homme politique français, inspirateur (parmi d’autres) de la seconde gauche, il débutera sa carrière sous l’égide de Jacques Chaban Delmas (https://www.gouvernement.fr/jacques-chaban-delmas), alors 1er ministre du président Pompidou (https://www.gouvernement.fr/georges-pompidou), comme conseiller en charge des affaires sociales et de la formation professionnelle.
Adhérant en 1974 au parti socialiste, il deviendra en 1981 ministre des finances du président Mitterrand (https://www.elysee.fr/francois-mitterrand) jusqu’en 1984.
Et en 1995, pressenti pour représenter la gauche à la présidentielle, il décidera de ne pas se présenter, estimant selon lui qu’il ne pourrait bénéficier d’une majorité suffisante pour gouverner dans de bonnes conditions. Il en deviendra l’homme qui dit non (https://www.cultura.com/p-jacques-delors-l-homme-qui-dit-non-3253529.html), ayant par deux fois déjà, refusé la fonction de 1er ministre.
Par contre, sur la scène européenne, on peut considérer que ce fut plutôt une succession de oui, et ce depuis son élection au parlement européen en 1979, où justement il acceptera la présidence de la Commission économique et monétaire jusqu’à son retour sur la scène nationale en 1981 (voir ci-dessus).
Donc, Oui à la présidence de la Commission européenne, et ce pendant 10 ans, Oui à l’acte unique, en 1986, élargissant en cela les compétences de l’Union dans les domaines de la cohésion économique et sociale, de l’environnement et du dialogue social, Oui à la réforme des institutions communautaires, à l’élargissement à l’est, Oui au budget européen, à l’Europe sociale, à Erasmus (http://competitiviteinfrance.overblog.com/2018/09/le-rendez-vous-de-l-europe-erasmus.html), considéré aujourd’hui comme l’une des plus belle réussite de l’UE, et bien sûr Oui à l’Euro (http://competitiviteinfrance.overblog.com/2018/11/le-rendez-vous-de-l-europe-l-uro.html).
J’en oublie, c’est certain, mais il est clair que son passage aura plus que bouleversé une construction européenne quelque peu malmenée à son arrivée, la laissant pour le coup, consolidée, et élargie à 15 Etats au moment de son départ en 1995.
Cependant, loin de quitter la scène européenne, au sortir de son dernier mandat, Jacques Delors créera un think tank appelé « Notre Europe », aujourd’hui connu comme l’Institut Jacques Delors (https://institutdelors.eu/). Il deviendra par la suite président du conseil d’administration du Collège d’Europe de Bruges (https://www.coleurope.eu/fr) de 1995 à 1999, et recevra en 2015 par le Conseil européen, la distinction de Citoyen d’honneur de l’Europe. Sans oublier le prix Jean Monnet, reçu lui en 1988, qui je le rappelle, est considéré comme l’un des pères de l’Europe (http://competitiviteinfrance.overblog.com/2018/09/le-rendez-vous-de-l-europe-les-peres-fondateurs.html).
Et c’est bien ce parcours qui fût honoré par nombres de dirigeants européens durant la cérémonie du 05 janvier dernier, aux Invalides, où même le 1er ministre hongrois, pourtant peu soupçonné d’être un fervent supporter des instances européennes, avec pour la clôturer, le président de la République, saluant là un homme qui a selon lui « réconcilié véritablement la France avec l’Europe », et « l’Europe avec son avenir », qui je le rappelle en passant se jouera à nouveau les 6 et 9 juin prochain (https://elections.europa.eu/fr/).
Et oui, comme à chaque fois en fait .Car comme la dernière fois, et à 5 mois des résultats finaux, nous avons droit à la même rengaine de la part des médias (https://www.euractiv.fr/section/elections/news/europeennes-2024-au-parlement-europeen-un-glissement-vers-la-droite-attendu/?utm_source=Euractiv&utm_campaign=ac571e9037-EMAIL_CAMPAIGN_2023_11_03_09_29_COPY_01&utm_medium=email&utm_term=0_-340ef6fac4-%5BLIST_EMAIL_ID%5D) concernant une arrivée puissante et tonitruante à l’hémicycle européen de forces que j’appellerai réactionnaires (pour ne pas dire plus), avec comme idée principale, pas très cachée (ou alors tellement bien que cela en devient de l’aveuglement facile), de détruire l’UE de l’intérieur.
Alors il est clair que si on relate de ce qui ne vas pas très bien dans l’UE aujourd’hui, à longueur de journées, on peut légitimement se poser des questions. Cependant, depuis les dernières élections, on peut considérer que tout ne va pas si mal sur le « vieux continent », avec on le voit une prise de conscience quant à sa défense, sa souveraineté, ses projets d’avenir, et son rôle international, devenant chaque jours de plus en plus visible, ce qui bien évidemment n’est pas du goût de certains, dont des relais bien distincts, tentent de saper les avancées de ce projet, qui comme vous le savez, avait pour but d’éviter à nouveau la guerre sur son territoire, mais aussi d’obliger des Nations à se réunir pour bâtir l’avenir de leurs enfants, au lieu de repartir sur des bases bien trop utilisées durant le siècle dernier.
C’est ce que dit tout simplement Robert Schuman le 09 mai 1950, « L'Europe ne se fera pas d'un coup, ni dans une construction d'ensemble : elle se fera par des réalisations concrètes créant d'abord une solidarité de fait », et que Jacques Delors ne renia en rien durant son long passage à la Commission.
Donc, ne nous laissons pas mener par des idées à contre-courant, soit disant de ruptures (plutôt de séparations comme le Brexit), nous serions rapidement mis au ban du monde de demain, à la merci d’acteurs dont leurs buts est tout simplement d’imposer leurs manières de penser, sans pouvoir ne plus prendre des décisions fortes comme celle qui permis de lever 750 millions d’Euros (une 1ère fois) pour répondre à la crise du Covid, ou encore celle consistant à adopter de lourdes sanctions (exceptionnelles) pour répondre à l’agression de l’Ukraine.
Et j’en passe, car bien évidemment d’autres sujets, comme le « Green Deal » ou pacte vert pour l’Europe (https://www.touteleurope.eu/environnement/qu-est-ce-que-le-pacte-vert-pour-l-europe/), la cybersécurité, l’immigration clandestine, l’élargissement à d’autres pays, seront à mener pour les prochaines années, avec je l’espère, des forces politiques n’ayant qu’un seul but, soit de continuer les projet des pères fondateurs de l’Europe, qui plus est encore cette année, avec la célébration du 80ème anniversaire du débarquement allié en Normandie (https://www.normandie-tourisme.fr/evenement/anniversaire-du-debarquement-normandie-1944/), car selon moi, cela serait un message particulier, pour ne pas dire gravissime quant à la suite de l’avancement de l’UE, et une claque à tous ceux qui se sont sacrifiés hier pour nous permettre de vivre en liberté.
Attention à nos choix, notre avenir européen en dépend.
Jacques Samela
Sources :
. https://institutdelors.eu/tous-les-contributeurs/jacques-delors/
. https://www.sciencespo.fr/histoire/fr/fonds-archive/delors-jacques.html
. https://www.gouvernement.fr/actualite/hommage-national-a-jacques-delors
. https://www.touteleurope.eu/histoire/jacques-delors-digne-heritier-des-peres-de-l-europe/
A lire :
. https://www.touteleurope.eu/institutions/qui-sont-les-dirigeants-des-institutions-europeennes/
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