BleuBlancRouge

Publié le par Jacques SAMELA.

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Comme vous le savez désormais, j’interviendrai chaque mois jusqu’à la prochaine présidentielle, sur un sujet me semblant important pour comprendre notre pays, le connaître, ce qu’il est aujourd’hui, ce qu’il était hier, voire demain, ses institutions, ses représentations, afin que chacun de nous, nous puissions en tout état de cause prendre la bonne décision dans un choix qui à chaque fois semble primordial pour la France, pour nos vies, mais qui selon moi, cette fois-ci, peut représenter un tournant majeur, en raison notamment de l’agissement de certains, qui dans un but indéfinissable, ou alors plutôt le contraire, s’autorisent à « révisionner », voire « négationner » certains pans de l’Histoire de France, afin d’en réécrire leur propre version.

Dans la littérature de science-fiction, cela s’appelle une uchronie (https://www.polytechnique.edu/bibliotheque/fr/regard-sur-uchronie-et-dystopie-entre-imaginaire-et-r%C3%A9alit%C3%A9).

Point ici, et après mon interprétation autour de la devise de la République française (http://competitiviteinfrance.overblog.com/2021/09/liberte-egalite-fraternite.html), voici celle consacrée au drapeau tricolore, basée sur une histoire et des « légendes », initiées il y a plus de 200 ans.

Tout commencerait donc au moment de la révolution française de juillet 1789, avec en ligne de mire la révolution américaine de 1776, où la garde nationale, commandée par un de ses héros (celle américaine), le général de La Fayette, arbora à sa demande des cocardes rouge et bleu, les couleurs de la ville de Paris, le blanc n’intervenant que plus tard, mais sans vraiment savoir qui du général ou du roi Louis XVI survint ce rajout, qui je le rappelle est la couleur des royalistes.

Ensuite, à l’automne 1790, l’assemblée constituante (https://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/Assembl%C3%A9e_constituante/182724) décida que l’ensemble des bateaux français, de guerre comme de commerce, porteraient dorénavant un pavillon à trois bandes verticales, représentant les trois couleurs citées ci-dessus. Le sens vertical fut choisi afin d’éviter la comparaison avec le pavillon néerlandais, utilisant les mêmes couleurs, mais donc dans l’autre sens.

Mais ce fut surtout en 1794, le 15 février (27 pluviose an II) plus précisément, que la  Convention nationale (https://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/Convention_nationale/114563) décréta que le drapeau national serait formé de trois bandes verticales, toujours à l’œuvre aujourd’hui.

Quant à l’ordre des couleurs, il se dit que ce fut le peintre et révolutionnaire Jacques-Louis David (1748-1825) qui eut le privilège de choisir.

Photo / www.pexels.com

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Mais, loin d’être de tout repos, comme l’histoire de France en fait, son existence fut jalonné de nombreux soubresauts, comme durant les périodes dites de Restauration (https://lelephant-larevue.fr/thematiques/restauration-difficile-experience/), de 1814-1815 et 1815-1830, où il perdit ses couleurs bleu et rouge, au profit du blanc monarchique, ou encore en 1848, durant la proclamation de la République (un prochain dossier), où les insurgés de l’époque voulurent utiliser un drapeau rouge sang, finalement oublié, grâce à l’intervention du poète Alphonse de Lamartine (1790-1869), alors dans le gouvernement provisoire, qui sut à cette occasion défendre le drapeau tricolore, lui conférant une aura patriotique, à même de rallier à son panache les français de toute tendance confondue. En voici le texte :

... le drapeau tricolore a fait le tour du monde, avec le nom, la gloire et la liberté de la patrie. [...] Si vous m'enlevez le drapeau tricolore, sachez-le bien, vous enlevez la moitié de la force extérieure de la France, car l'Europe ne connaît que le drapeau de ses défaites et de nos victoires dans le drapeau de la République et de l'Empire. En voyant le drapeau rouge, elle ne croira voir que le drapeau d'un parti ; c'est le drapeau de la France, c'est le drapeau de nos armées victorieuses, c'est le drapeau de nos triomphes qu'il faut relever devant l'Europe. La France et le drapeau tricolore, c'est une même pensée, un même prestige, une même terreur au besoin pour nos ennemis.

Alphonse de Lamartine (https://www.elysee.fr/la-presidence/le-drapeau-francais)

Aujourd’hui, mentionné dans l’article 2 de la Constitution française de 1958 comme emblème national de la République française, il flotte sur tous les édifices publics, mémoriaux (monuments aux morts, Arc de Triomphe), ambassades, consulats, il est déployé durant les cérémonies officielles, civiles et militaires, et il représente un des éléments forts de la fête nationale.

Dans un esprit moins solennel, il est aussi utilisé durant des événements sportifs pour accompagner les exploits des représentants français à l’œuvre, durant les échecs, la tendance est plutôt de baisser pavillon comme on dit.

Il fut également largement déployé suite aux attentats de 2015, afin d’affirmer haut et fort notre soutien à la Nation attaquée.

Pour ma part, et pour ceux qui ont connu le service militaire, à la fin de mes classes, durant la cérémonie de clôture, sur la place d’armes, au petit matin, frais et brumeux, après l’allocution du colonel et la levée des couleurs, je ressenti une certaine fierté en levant la tête vers ce drapeau flottant au vent, avec le sentiment de participer à un événement important, solennel, car cette cérémonie se clôtura en musique, militaire bien sûr, et en défilant devant une flopée de gradés, comme durant le défilé du 14 juillet en fait.

Bon, j’avais 20 ans, et féru d’histoire (ce que je suis toujours), notamment des moments glorieux de l’histoire de France, j’avais certainement l’impression de vivre le mien de moment d’histoire.

Mais pour revenir au drapeau, qui mieux que le tableau du peintre Eugène Delacroix (1798-1863) intitulé « La Liberté guidant le peuple* », visible au Louvre,  pour représenter sa symbolique et son importance, hier comme aujourd’hui ?

Photo / www.kazoart.com

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Moins il est vrai pour imposer des velléités guerrières ou belliqueuses, ce qui fut fait plus d’une fois, mais plutôt pour fédérer aujourd’hui autour d’un symbole fort de la nation les français de toutes conditions, qu’ils soient natifs, dans le (bon) sens, issus de plusieurs générations, où venant d’autres horizons, s’appropriant cet emblème significatif et tout ce qui s’y rattache, rendant finalement la France on ne peut plus meilleure au fil de son histoire millénaire (les exemples ne manquent pas, mais certains ne le souhaitent pas, car il n’y a aucune obligation à cela), à l’inverse de ce que d’aucuns s’échinent à faire, soit de diviser. A l’œuvre hier comme aujourd’hui.

* https://www.kazoart.com/blog/loeuvre-a-la-loupe-la-liberte-guidant-le-peuple-de-delacroix/

Jacques Samela

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