Altrad, réussite d'un batisseur.

Publié le par Jacques SAMELA.

Mohed Altrad, fondateur du groupe éponyme, devrait atteindre d’ici peu la barre des 100 acquisitions. 97 à son palmarès pour l’instant.

Leader mondial de la production d’échafaudages, de brouettes et de bétonnières, le groupe Altrad (www.altrad.com), est donc l’œuvre de ce français d’origine bédouine, dont le début dans la vie ne fut pas de tout repos, au contraire.

En effet, né dans le désert de Syrie entre 1948 et 1955, son passeport indique 1951, il est rejeté par son père, et sa mère répudiée. Apprenant à lire seul, il se rend à l’école en cachette, et même si il est peu apprécié par ses camarades en raison de son origine, il arrive néanmoins premier de sa région au bac, et obtient une bourse pour étudier à l’étranger. Ce sera la France. Ce sera sa chance, lui qui dit que l’école l’a sauvé. Il s’y forme tout d’abord en chimie à Montpellier, et ensuite en informatique à Paris.

Ensuite, après une première expérience dans les Emirats comme ingénieur, il revient dans la région de Montpellier, à Florensac, où l’aventure Altrad commencera en 1985. En effet, cette année, on lui propose de reprendre une société d’échafaudage en faillite, qu’il achète pour 4,5 millions de francs de l’époque, soit 670 000 Euros. Et aujourd’hui, son groupe représente près de 7 000 salariés dans le monde, un chiffre d’affaires de plus de 600 millions d’Euros, une présence dans 17 pays, et surtout une croissance annuelle de 20 % depuis 28 ans. Et, toujours en quête de croissance, il ouvre son groupe à de nouveaux marchés comme les raffineries, la pétrochimie, ou encore les centrales nucléaires.

Et cela marche, car au-delà de ses nouvelles acquisitions en devenir, il est devenu la 85ème fortune professionnelle de France.

Homme drapé de mystère, d’après ses détracteurs, il est partisan d’un management simplifié. Pas de secrétariat, de service de presse, il décide seul, son siège est toujours situé à Florensac, et pour le joindre, il suffit tout simplement de lui envoyer un courriel, il répondra, dixit l’opératrice.

Ensuite, souhaitant certainement assoir une notoriété, lui affirme avoir voulu donner de la visibilité à son groupe, et être vu à la télé, il rachète en 2011, au seuil de la faillite, le club de rugby de la ville de Montpellier, le MHR (Montpellier Hérault Rugby), tout en sachant qu’il ne gagnera pas ou peu d’argent, et dans lequel il a déjà investi 10 millions d’Euros. L’entraineur en est Fabien Galthié, ancien joueur de l’équipe de France, et, est manifestement très apprécié, pour ne pas dire plus.

Mais une autre facette de sa personnalité ressort également, plus personnelle, moins connue, celle d’écrire. En effet, son premier livre, rédigé en 1985, et dont le nom est « Badawi », était une autobiographie romancée, suivi depuis par d’autres publiés chez Actes Sud son éditeur depuis dix ans, et dont il contribue aujourd’hui à financer l’association culturelle du Méjan (www.lemejean.com).

Et comme chez lui, le personnel rejoint le professionnel, il a également rédigé un livre dans lequel il pose la question de savoir si les grandes entreprises ont une patrie, lui qui se sent partout en exil. Il s’appelle « Différences culturelles & Management international », il est traduit en plusieurs langues, et, est remis systématiquement à ses directeurs de filiales afin d’expliquer notamment sa stratégie de long terme et multiculturelle, car en bâtisseur qu’il est, son but est de pérenniser son empire et non de vendre après s’être rempli les poches. Donc, on peut s’attendre à ce qu’il ne s’arrête pas là. On le suivra de près.

Jacques Samela

Sources d’inspiration:

. Libération du 17/04/13.

. Le Figaro du 19/12/13

. Courrier cadres & dirigeants février 2014.

. Les Echos du 20/03/14.

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Publié dans L'entreprise du mois

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