Sigfox, l'envol du papillon
Avec une levée de fonds de 100 millions d’Euros, la société française Sigfox (www.sigfox.com), spécialisée dans le domaine des objets connectés, est devenue la première start-up française à avoir levé une telle somme. Et d’après Ludovic Le Moan (voir photo), l’un de ses fondateurs, l’autre étant Christophe Fourtet, c’est près de 130 millions qu’ils auraient pu lever.
Avec cette somme exceptionnelle, Sigfox pourra accompagner son développement international, avec comme point de mire les Etats-Unis, car pour être un acteur incontournable dans les objets connectés, il ne faut surtout pas rater ce pays.
Fondée en 2009 à Toulouse, Sigfox a construit son succès sur l’idée d’exploiter des fréquences hertziennes libres de licence, et donc de créer un réseau de télécoms à très bas débit, plus facile à installer, peu coûteux et peu vorace en énergie, à contre-courant de l’ensemble des opérateurs télécoms, utilisant eux le haut débit.
La technologie s’appelle le M2M (machine to machine), soit le dialogue entre les machines via internet.
Aujourd’hui, considéré comme l’un des leaders du secteur des objets connectés au Web, avec un chiffre d’affaires de près de 6 millions d’Euros, une cinquantaine de brevets à disposition, Sigfox affirme disposer d’un carnet de commande de plus de 5 millions d’objets connectés (vélos, alarmes, compteurs intelligents, dispositifs de sécurité, etc…), tout en préparant l’avenir, avec par exemple la mise au point de systèmes autonomes fonctionnant sans batteries, ou encore le développement d’un système bimode (satellite et terrestre) avec le groupe Airbus dans le cadre d’un projet de R&D appelé "Mustang".
Et l’avenir, il se construit également à l’échelle des hommes, en l’occurrence d’une femme, Anne Lauvergeon (voir photo), devenue depuis peu présidente de la société, ancienne présidente du groupe Areva (2001-2011), et qui par son aura, son carnet d’adresse, a certainement permis d’attirer des investisseurs, quelque peu frileux quand il s’agit d’investissements financiers. L’étape suivante concernera certainement une entrée en bourse.
Et quand on sait que le marché des objets connectés pourrait peser entre 15 000 et 19 000 milliards de dollars en 2020, il y a de fortes chances que l’avenir soit prometteur, et que Sigfox en soit un des leaders mondiaux, suivi de près par d’autres acteurs français, car si il est un secteur émergent où la France est bien placé, c’est bien celui-ci.
Et justement, les autorités françaises ne s’y sont pas trompées, avec la bonne place de ce secteur dans la Nouvelle France Industrielle, comité de pilotage des 34 plans industriels, lancé par le président de la République en septembre dernier, qui devraient devenir d’ici peu dix, afin d’être plus proches du marché, l’apport non négligeable de la BPI (voir le dossier du 30 septembre 2013) pour accompagner les futures pépites de ce secteur, en entrant au capital de certaines dont Sigfox, ou encore l’importance de la délégation française au dernier Consumer Electronics Show de Las Vegas (voir complément d’information du 15 janvier 2015), où 120 entreprises françaises avaient fait le déplacement.
C’est donc bien à un envol auquel nous assistons, avec ce souhait, que des myriades de papillons tricolores suivent ce précurseur, et envahissent le monde entier.
Jacques Samela
Sources :
. le Monde du 29/03/14.
. Enjeux Les Echos / Septembre 2014.
. Le Figaro du 04/12/14.
. Management / Février 2015.
. Le Figaro du 12/02/15.
. La Tribune du 20/02/15.
. Les Echos du 09/03/15.


