Le CEA, au service de l'industrie française
2015 fût l’année de son 70 ème anniversaire, 2016, l’année de sa reconnaissance internationale, en obtenant la 1ère place du « Top Global Innovators » du groupe Reuters (www.reuters.com).
De qui je parle ?
Eh bien du CEA, ou plus précisément du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies renouvelables.
Mais qu’est-ce-donc et à quoi cela sert ?
Eh bien, au sortir de la 2ème guerre mondiale, après le largage des deux bombes atomiques américaines sur le Japon (Hiroshima et Nagasaki), les deux seules heureusement, et après une rencontre organisée entre le général de Gaulle (1890-1970) et le président américain de l’époque Harry Truman (1884-1972) pour discuter de l’après-guerre et de ses conséquences, le général, sentant une effervescence et un optimisme autour de l’atome et de ses applications possibles, décida à son retour à Paris de créer un organisme de recherche consacré à cette nouvelle énergie.
Le CEA fût donc créé le 18 octobre 1945, avec à sa tête Frédéric Joliot-Curie, directeur du CNRS (www.cnrs.fr), et Raoul Dautry, ministre de la reconstruction et de l’urbanisme, et avec comme objectif, de poursuivre des recherches scientifiques et techniques en vue de l’utilisation de l’énergie nucléaire dans les domaines de la science, de l’industrie, et bien sûr à des fins militaires, avec dès 1948, l’élaboration de la 1ère pile atomique à eau lourde française appelée Zoé, et en 1968, l’explosion de la 1ère bombe H (thermonucléaire ou à hydrogène) au-dessus de l’atoll de Fangataufa dans le pacifique, avec une puissance équivalente à 170 fois celle de la ville d’Hiroshima.
Quand on sait qu’au moment de l’impact, 80 000 personnes y sont décédés, et qu’au final, ce sont près de 250 000 personnes qui y ont succombés, cela fait un peu froid dans le dos.
Mais, et ce depuis 1996 et la signature par la France du Traité d’interdiction des essais nucléaires (TICEN), c’est grâce au programme « Simulation », chargé de recréer les mêmes conditions d’un essai nucléaire à l’aide d’un supercalculateur appelé « Téra 100 » et validé à petite échelle par le laser Mégajoule (LMJ) situé près de Bordeaux, que notre pays maintient sa capacité de dissuasion nucléaire, garante de sa sécurité depuis de nombreuses années.
Quant à aujourd’hui, et comme son nouveau nom l’indique, le CEA n’est plus essentiellement axé vers le nucléaire, même si la fusion y tient une place prépondérante pour le futur avec le programme international Iter (www.iter.org) installé à Cadarache (Bouche du Rhône), sans oublier bien sur son utilisation dans les 19 centrales françaises, mais donc aussi vers les énergies renouvelables comme le stockage d’énergie ou l’efficacité énergétique, la recherche fondamentale avec l’informatique quantique, la recherche technologique pour l’industrie avec notamment la mise en place de cette industrie du futur, sans oublier les micro-nanotechnologies ou la robotique, et j’en oublie certainement.
Ce qui veut dire qu’il est devenu au fil du temps un acteur primordial pour l’industrie française, avec notamment son entité de recherche technologique appelé le CEA Tech (www.cea-tech.fr), proposant des technologies innovantes aux entreprises, et en tant que 3 ème déposant français de brevets, il apporte également sa contribution (essaimage et spin-off) à la création de start-ups (178 depuis 1972), et de sociétés innovantes (115 depuis 2000), grâce notamment à la loi Allègre de 1999 sur l’innovation et la recherche, permettant aux chercheurs de créer leur propre entreprise, suite logique de leur travaux de recherche.
Et avec ses 16 000 employés, ses 500 partenaires industriels, l’allocation de 4 milliards d’Euros versée chaque année par l’Etat, il est indéniable que le CEA continuera à apporter des réponses innovantes aux challenges de demain, avec par exemple l’utilisation des techniques d’imagerie cérébrales utilisées pour diagnostiquer les maladies neurodégénératives, comme la plateforme NeuroSpin (http://i2bm.cea.fr/drf/i2bm/NeuroSpin/Plateforme), et dont la TEP (tomographie par émissions de positions) et l’IRM (imagerie par résonnance magnétique) en sont les précurseurs, la mise en place de l’industrie du futur, gage de compétitivité accrue pour les entreprises, tout en restant axé sur l’humain, ou encore la course aux supercalculateurs, permettant déjà aujourd’hui à la France d’être l’un des quatre grands pays au monde avec les Etats-Unis, le Japon et la Chine, à être producteur de super ordinateurs, garant d’une souveraineté primordiale pour assurer une indépendance totale dans le domaine des essais nucléaires par exemple, mais aussi dans la conception de porte-avions, de sous-marins (nucléaires ou classiques), d'avions, voire de TGV ou tout simplement d’automobiles, assurant donc une place prépondérante dans la compétitivité de l’industrie française d’hier, d’aujourd’hui et de demain.
Et comme demain c’est déjà aujourd’hui, il est fort à parier que le CEA restera celui par qui arriveront les nouveaux usages scientifiques, techniques, industriels, à la hauteur de ses précédents découvertes que sont la mécanique quantique, le magnétisme nucléaire, la radiobiologie ou encore la découverte du boson de Higgs, caractérisant bien là sa devise qui est : De la recherche à l’industrie.
Jacques Samela
Sources :
. Wikipedia
. La Tribune du 01/08/14, du 13/03/15, du 16/10/15, et du 17/03/16
. La Croix du 12/11/15
. Les défis du CEA de Décembre 2015 - Janvier 2016
. Le Parisien Economie du 21/03/16







