K-Way, le chemin du retour (Episode 8 et fin)
Diego Armando Maradona l’utilisait à chaque début de saison, afin de perdre le poids superflu de ses étés.
Moi-même, mais pas au même niveau, quoique la catégorie intitulée cadets nationaux (USC Chantilly), pour ceux qui connaissent, étaient quand même d’un sacré niveau, je l’utilisai, cependant moins pour perdre du poids que pour me protéger de la pluie, ce pour quoi il a été créé, mais avec pour moi deux problématiques incontournables, soit qu’après chaque entraînement, quelque fois sous la pluie, j’étais trempé autant à l’intérieur qu’à l’extérieur (rappelez-vous le sketch de Dany Boon sur le sujet), et ma difficulté récurrente à replier dans les règles le vêtement en question, afin de le mettre dans la pochette dédiée, assortie d’un gros élastique noir.
Manifestement pratique, mais pour moi, plutôt gênant, notamment en courant, car se balançant dans tous les sens.
Mais bon, ce fut mon ressenti, car quand son créateur, en 1965, Léon-Claude Duhamel, fils d’entrepreneur de la confection l’imagina, attablé au Café de la Paix à Paris, et qu’il vit une femme et ses enfants vêtus d’un blouson de nylon rouge, à rebours de l’utilisation massive des impers gris, il échafauda de fait ce qui deviendra le K-Way original, qu’il appellera « En-cas » (de pluie), avec justement comme idée de protéger tout à chacun de la pluie.
Idée, qui un an plus tard, avec l’aide de l’agence de communication Havas, deviendra un véritable succès, adoptant donc l’appellation K-Way, association de la 1ère appellation, en changeant le mot cas de « en cas » en la lettre K, et du terme, plus tendance, évoquant notamment « l’american way of life », way. Il se vendra à la suite de ce changement près de 250 000 exemplaires.
Par la suite, volant de succès en succès, la marque devient dans les années 70 et ce jusque dans les années 80 une véritable icône de la mode vestimentaire, notamment vis-à-vis des jeunes, après que Sophie Marceau, dans le film « La Boum » porta un exemplaire bleu marine, mais aussi après que la marque s’associe avec l’équipe de France de ski alpin, avec à la suite, la création d’une gamme de vêtements de sports d’hiver.
Cependant, après des dissensions au sein des propriétaires de la marque, la famille Duhamel, laissant Léon-Claude seul aux manettes, une vente bloquée, par l’Etat français, au groupe Blue Bell, propriétaire de la marque Wrangler, et pour finir une implantation ratée de la marque aux USA, les ventes commencent à baisser à partir de 1988.
Aussi fortement, qu’en 1991, la marque est au bord de la faillite, et ne voit son salut que grâce à son rachat par le groupe italien Pirelli. Ensuite, c’est un enchainement de coups rudes, comme l’incendie de son usine, située dans le Pas de calais, de décisions causées par une urgence financière critique, son chiffre d’affaires passant de 500 millions de francs en 1992, à 100 millions en 1996, avec la délocalisation définitive au Portugal et dans divers pays d’Afrique du Nord de la fabrication, et le manque à gagner d’une tentative de vendre des vêtements plus élaborés, cassée par une concurrence asiatique en pleine expansion.
Au final, en 1996, c’est une banque italienne, la Sopaf, qui rachètera la marque.
Par la suite, et après plusieurs années d’hibernation plus ou moins voulues, c’est encore de l’Italie que viendra son salut, avec son rachat en 2004 par la société Basic Net (www.basic.net), propriétaire de marques sportives comme Kappa ou Superga, qui, flairant certainement un potentiel unique pour s’ouvrir le marché français, décida de se lancer dans ce challenge.
Et très rapidement, grâce à une montée en gamme de la marque renaissante, une diversification plus mode, avec des collaborations prestigieuses avec Philippe Starck, ou Marc Jacobs, des points de vente en propre furent ouverts, avec dès 2013, un retour en force dans l’Hexagone, avec l’ouverture de cinq boutiques, dont une à Lille (2014), terre de ses débuts.
Et comme ce retour ne passa pas inaperçu, le chiffre d’affaires cette année atteindra près de 1,5 millions d’Euros, aidé en cela par de nouveaux produits, comme la doudoune réversible.
Bon, par-contre, la contrepartie de ce renouveau, c’est que désormais les vêtements, souvent élaborés en collaboration avec des marques de renom comme Fendi, Versace, Saint Laurent, ou encore Comme des Garçons, sont proposés à des prix bien loin de ceux d’antan, et que les modèles originaux de la marque, que sont « le Claude », ou « Le Léon », saviez-vous qu’ils s’appelaient ainsi, moi non, sont loin, voire pour certains produits d’aujourd’hui, très loin de ce que nous connaissions nous à l’époque.
Pour vous donner une idée, le modèle de base, pour les 4-6 ans, se vendait à 15 Francs, soit, si mes calculs sont bons, à 2,28 Euros. J’aurai finalement dû garder le mien, tant pis. Et vous ?
Jacques Samela
Sources :
. https://www.k-way.fr/content/6-l-histoire-k-way
. https://fr.wikipedia.org/wiki/K-way
. https://www.vogue.fr/mode/article/veste-impermeable-kway-comme-des-garcons-collaboration
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