Industrie & Territoires : Des oignons rosés aux algues marines

Publié le par Jacques SAMELA.

Industrie & Territoires : Des oignons rosés aux algues marines
Industrie & Territoires : Des oignons rosés aux algues marines
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Sans oublier pour autant les choux fleurs (80 % du tonnage français), les artichauts (75 %), les épinards (49 % de la production nationale), les cocos de Paimpol, les fraises de Plougastel, et même, plus étonnant, la viticulture (https://www.lesechos.fr/weekend/gastronomie-vins/des-neoviticulteurs-pionniers-du-vin-breton-2184587#utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_email_type=retention&utm_campaign=lec_work_in_progress&utm_email_send_date=20250909), faisant donc de la Bretagne la 2ème région française en terme de production agricole (12 %), derrière la région Nouvelle Aquitaine (https://bretagne-environnement.fr/article/production-agricole-elevage-legumes-bretagne).

Alors pour ceux qui ne connaissaient pas encore cette autre spécificité (voir titre), sachez donc qu’elle est produite sur le territoire de la ville de Roscoff, qui se trouve donc en Bretagne, mais plus particulièrement dans le Finistère Nord.

Considérée comme une cité de caractère, dû notamment à son histoire maritime et son rôle de repaire de corsaires et flibustiers de tout poils, elle est donc aujourd’hui connue pour être le fief de la production de cet « Allium Cepa » (https://fr.wikipedia.org/wiki/Oignon#:~:text=L'oignon%20(prononc%C3%A9%20%2F%C9%94,ou%20Liliac%C3%A9es%20(classification%20ancienne).), ou donc oignon rosé, dit de Roscoff qui plus est, car après qu’une cinquantaine de producteurs du cru se réunirent pour obtenir une AOC, reconnaissant en cela la particularité de leur produit phare (2009), ils obtinrent quelques années plus tard (2013) celle appelée l’appellation d’origine protégée ou AOP (https://agriculture.gouv.fr/laoc-et-laop-une-production-et-un-terroir-qui-sexpriment-par-le-savoir-faire#:~:text=le%20protecteur%20europ%C3%A9en-,L'Appellation%20d'origine%20prot%C3%A9g%C3%A9e%20(AOP)%20est%20l,perd%20aussi%20sa%20labellisation%20AOC.).

Pourtant, loin d’être une espèce endémique de ce territoire, il fût au contraire importé par un moine appelé frère Cyril, qui en 1647, qui en escale à Lisbonne (Portugal), découvrit avec intérêt cet oignon, sensiblement plus doux, et en ramena quelques graines pour agrémenter le potager de son couvent.

Vu et lu dans le Télégramme du 07/08/25 / Photo J.S (marché de Morlaix 2025)
Vu et lu dans le Télégramme du 07/08/25 / Photo J.S (marché de Morlaix 2025)

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Et c’est sans plus attendre, qu’il remplaça à la volée les cultures de lin (https://competitiviteinfrance.overblog.com/2022/10/industrie-territoires-le-lin-il-coche-presque-toutes-les-cases.html), cultivés à l’époque en Bretagne, alimentant notamment les marins bretons partant vers les mers lointaines, car répondant par sa teneur en vitamine C à la problématique du scorbut, maladie redoutée par ces forçats de la mer, car pouvant entrainer la perte des dents.

Ensuite, c’est en 1828 qu’il commença à faire vraiment parler de lui, notamment à l’étranger, grâce notamment à un jeune agriculteur du nom de Henri Ollivier, qui désireux d’augmenter ses bénéfices, décida d’aller vendre sa récolte de l’autre côté de la Manche, avec dès son 1er voyage, un succès inattendu, mais tellement probant que d’autres suivirent par la suite son initiative.

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Vu et lu dans le Télégramme du 07/08/25

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Et c’est de cette initiative que naquit le phénomène connut sous l’appellation « Johnny » ou « Petit Jean » en français, surnom donné par les Britanniques aux producteurs du dit oignon rosé, qui à chaque saison traversaient la Manche, et parcouraient, en vélo, la campagne anglaise pour vendre leurs récoltes.

Malheureusement, après cette période faste, arrivèrent les premières difficultés dans les années 30, avec la crise économique, suivie par la 2ème guerre mondiale, la dévaluation de la Livre, et pour finir un certain protectionnisme, ce qui faillit lui être fatal, sauvé qu’il fût par quelques producteurs en quête de continuité (voir plus haut).

Aujourd’hui, bardé de sa confrérie, ainsi que de sa fête (https://www.roscoff-tourisme.com/fr/restauration/les-produits-et-plats-du-leon/oignon-de-roscoff/#:~:text=La%20vente%20de%20l'oignon,end%20du%20mois%20d'ao%C3%BBt.), l’oignon de Roscoff est exporté à travers le monde, et est toujours apprécié par sa saveur légèrement sucrée, fruitée, idéale manifestement pour tous types de cuisines, mais aussi, et peut-être moins connu, pour ses bienfaits médicaux, comme contre les troubles cardiovasculaires, respiratoires, l’ostéoporose ou encore le diabète.

Vus et lus dans Le Parisien Week-end du 08/08/25 et Tél 7 jours de juillet 2025
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Passerelle toute trouvée m’amenant sans plus attendre au sujet suivant, les algues marines, comestibles pour certaines (j’y reviendrai), mais apportant donc également des bienfaits à la santé, avec, et là je viens de l’apprendre en préparant ce sujet, que la ville de Roscoff serait aussi la « capitale (mondial) de l’étude des algues ».

En effet, et ce grâce à la présence, depuis plus de 150 ans quand même, de la Station Biologique de Roscoff, considérée donc comme le leader mondial de la recherche sur les algues, complété s’il en est par le positionnement inédit du littoral breton, reconnu comme le plus grand champ d’algues d’Europe.

Alors par contre, pour être précis sur le sujet, il faut quand même savoir qu’il y a plusieurs espèces d’algues, certaines donc comestibles, avec une dizaine seulement autorisée à la vente, et de différentes couleurs, soit les brunes, dont les plus connues sont le Haricot de mer, le Kombu Royal, ou encore le Wakamé, les rouges, comme la Dulse ou le Nori, les vertes (mais pas n’importe lesquelles, attention*), comme la Laitue de mer, et les bleues, comme la Spiruline.

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Photos J.S (2025)
Photos J.S (2025)
Photos J.S (2025)
Photos J.S (2025)

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Ensuite, les autres sont plutôt concentrées vers des domaines comme la cosmétique, l’industrie pharmaceutique, dans le domaine agricole, avec une utilisation comme engrais, depuis même le 17ème siècle, du dit goémon, ou encore avec une vision plus lointaine mais encore incertaine à ce jour, dans des domaines comme les biocarburants, les bioplastiques, ou en bioraffinerie.

Vu et lu dans Détours en France / Edition 2024
Vu et lu dans Détours en France / Edition 2024
Vu et lu dans Détours en France / Edition 2024

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Photo J.S (2025)

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Et en fait, on estime quand même à près de 800 espèces différentes présentes essentiellement en Bretagne, d’où son positionnement exceptionnel, si fort que le gouvernement vient de lancer une feuille de route pour développer cette filière (algale) en devenir, que l’on appelle algoculture, avec comme objectif notamment de tripler la production d’ici 2027, aujourd’hui autour de 75 000 tonnes, incluant en cela les différentes sources de récolte, qu’elles soient à l’état sauvage, en mer, ou à pied.

Photos J.S
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Photos J.S (2025)
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Cependant, du fait d’une demande de plus en plus croissante, c’est vrai qu’alliant un véritable concentré d’oligo-éléments, d’iode, de vitamines, de sels minéraux, avec en plus une non consommation d’eau douce, de fertilisants, ou de pesticides, elles ont tout pour plaire en fait, il sera nécessaire d’en réglementer la production, car comme toute ressource naturelle, elle demeure limitée, et est donc loin d’être inépuisable.

Evitons juste de faire avec elles ce que nous avons, ou faisons encore avec d’autres. Sachons raison garder, car il en va de leur préservation dans le temps.

Et si de votre côté vous avez justement un peu de temps, n’hésitez pas à vous rendre à Roscoff, afin de découvrir ces trésors.

*https://www.bretagne.ars.sante.fr/les-algues-vertes

Jacques Samela

 

Sources :

. Télé 7 Jours de juillet 2025

. Le Télégramme du 07 août 2025

. Le Parisien Week-end du 08/08/25

. https://www.tourismebretagne.com/selon-mes-envies/gastronomie/les-produits-de-la-mer/les-algues/#:~:text=Cuites%20comme%20un%20l%C3%A9gume%2C%20en,peuvent%20aussi%20remplacer%20le%20sel.

. https://www.bretagne-peches.org/recolte-dalgues-et-algoculture-en-bretagne/

. https://www.mer.gouv.fr/sites/default/files/2024-02/20240227_feuille_de_route_Algues.pdf

. https://www.clusteralgues-bretagne.com/files/3744/195_info-g%C3%A9n%C3%A9rale.pdf

. https://www.bretagnecirculaire.org/articles/h/1-2-la-valorisation-des-algues-bretonnes-algoculture-et-algues-toxiques.html

Photos J.S (2025)
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