La Cité internationale, une grande illusion ?
Au sortir de la 1ère guerre mondiale (https://www.vie-publique.fr/eclairage/19334-premiere-guerre-mondiale-1914-1918-un-lourd-bilan#:~:text=Mais%20on%20peut%20entrevoir%20le,sur%20les%20champs%20de%20bataille.), une utopie portée par quelques personnes engagées dans la vie publique, et dont la philanthropie était reconnue, pris forme, avec la ferme intention de promouvoir la paix et le dialogue entre les peuples, dépassant pour cela les frontières, à l’origine souvent de conflits majeurs.
Le premier à y penser donc, s’appelait André Honnorat, avec dès 1919, le souhait de créer un lieu où se rassembleraient les jeunes du monde entier (de l’époque), afin de se rencontrer, se découvrir, s’apprécier, conditions sine qua non selon lui pour construire un avenir et un monde en paix.
Et un an plus tard, alors ministre de l’Instruction publique et des beaux-arts, il peaufinera son idée avec l’aide de Paul Appell, mathématicien, recteur de l’Université de Paris, et cofondateur de l’association française pour la Société des Nations (https://www.ungeneva.org/fr/about/league-of-nations/overview), en imaginant cette fois-ci une cité accueillant des étudiants d’origines diverses.
Ensuite, de l’apport d’un certain Emile Deutsch de la Meurthe, industriel à la tête de la société Pétroles Jupiter, ancêtre du groupe Shell France, viendra la concrétisation du projet, avec le financement en 1925 de la 1ère résidence sous l’appellation Fondation Emile et Louise Deutsch de la Meurthe, complétée s’il en est par la création également d’une Fondation nationale, reconnue d’utilité publique, et portée par deux autres personnages du même calibre, que furent Jean Branet, conseiller d’état et PDG des Pétroles Jupiter, et David David-Weill, banquier de son état.
L’équipe au complet, et aidés par d’autres donateurs aussi bienveillants, un terrain d’un hectare et demi sera acquis en 1927, occasionnant pendant les 15 années suivantes, la construction de 19 maisons étudiantes.
Constructions enrayées par la 2ème guerre mondiale, mais reprisent dès sa fin, avec pendant plus de 20 ans, l’édification de 17 nouvelles maisons, occasionnant à l’orée des années 70 l’accueil de près de 6 000 étudiants. Cette période sera décrite comme l’expansion de la Cité Universitaire.
Aujourd’hui, année de son centenaire, s’étendant dans un parc arboré de 34 hectares, la Cité comprend 47 maisons et 7 000 logements, accueillant chaque année 12 000 nouveaux étudiants de près de 150 nationalités, répartis pour la plupart dans celles correspondant à leurs pays d’origine, souvent reconnaissables, grâce notamment à la représentation faite par des architectes ou des designers de renom ayant souhaités évoquer par leurs créations le pays en question, comme par exemple la Grande Bretagne, avec le Collège franco-britannique, censé évoquer les campus de Cambridge et Oxford, ou encore la Grèce, avec la Fondation hellénique, représentée là par un style néo-grec que n’aurait pas renié les bâtisseurs de la dite Grèce antique. En même temps, j’imagine que c’était le but recherché.
Et pour rester dans l’inspiration, la dernière maison à avoir été ouverte, celle de l’Egypte en 2023, s’inspire bien évidemment de l’Egypte ancienne, avec des dizaines de hiéroglyphes positionnés sur les deux façades entourant une baie vitrée de plusieurs étages.
Mais de cela vous le découvrirait je l’espère durant les prochaines Journées européennes du patrimoine, prévue les 20 et 21 septembre prochain, avec justement comme thème principal, le patrimoine architectural.
Et l’avenir dans tout cela me direz-vous (vraiment ?), eh bien après avoir fêtée ses 100 ans, la Cité semble vouloir combler ce qui reste encore de libre avec semble t’il la construction de nouvelles maisons consacrées cette fois-ci à l’Europe centrale, aux Balkans, voire à la Turquie.
Suite donc aux prochaines.
Jacques Samela
Sources :
. https://www.ciup.fr/la-cite-internationale-fete-son-centenaire/
. Télérama Sortir n° 3933
. Art & Décoration
A découvrir :
. https://journeesdupatrimoine.culture.gouv.fr/
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